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France Nuit debout : «Céder à la violence est contre-productif»

13:00  17 avril  2016
13:00  17 avril  2016 Source:   leparisien.fr

Paris : un homme chute de la statue de la République en marge de Nuit debout

  Paris : un homme chute de la statue de la République en marge de Nuit debout Agé d'une quarantaine d'années selon les pompiers, il a chuté vendredi soir d'une hauteur de trois mètres. Il a été hospitalisé en «urgence absolue». Il n'était pas établi qu'il participait effectivement au mouvement débuté il y a plus d'une semaine. Ce n'est toutefois pas la première fois qu'un drame similaire a lieu.Un homme a été gravement blessé dans la nuit de vendredi à samedi en chutant de la statue ornant la place de la République à Paris, cadre de l'opération Nuit debout, a indiqué la préfecture de police, tout en appelant à la prudence. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années selon les pompiers, a chuté d'une hauteur de trois mètres environ.

Nuit debout est un ensemble de manifestations sur des places publiques, principalement en France, ayant commencé le 31 mars 2016 à la suite d'une manifestation contre la « loi travail ». Ce mouvement social est pluriel et se propose de construire une « convergence des luttes ».

Dérapages et course au profit pour les fourrières parisiennes : Nuit debout : « Céder à la violence est contre - productif » Comme chaque jour depuis le la Comme chaque jour depuis le lancement du mouvement Nuit debout , la place de la République s'est transformée en forum citoyen.

Le Parisien: Rue Keller (Paris XIe), le 9 avril. Premiers débordements en marge de Nuit debout. Des dizaines de casseurs saccagent les vitrines d’agences bancaires et mettent le feu à des poubelles. © (Panoramic/Stephen Caillet.) Rue Keller (Paris XIe), le 9 avril. Premiers débordements en marge de Nuit debout. Des dizaines de casseurs saccagent les vitrines d’agences bancaires et mettent le feu à des poubelles.

Comme chaque jour depuis le lancement du mouvement Nuit debout, la place de la République s'est transformée en forum citoyen. Les stands se montent, les commissions se réunissent et les échanges s'enchaînent dans une ambiance studieuse et bon enfant. Sur l'économie sociale, le combat des sans-papiers ou l'organisation du processus de vote au sein du mouvement. Mais en ce samedi après-midi, un nouveau sujet s'est imposé en ouverture de l'assemblée générale de 18 heures : la position à adopter face aux débordements des derniers jours. « C'est l'oeuvre de gens isolés qui ont noirci un mouvement avec lequel ils n'ont rien à voir », dénonce le premier interlocuteur à s'emparer du mégaphone face aux participants sagement assis sur une place recouverte de slogans appelant à la révolte. « Il faut qu'on réagisse car sinon l'opinion va croire qu'on est des malades et que ces gens-là nous représentent », s'alarme-t-il.

Parfaitement conscients de l'atteinte que ces casseurs font courir à l'image d'un mouvement jusqu'ici plutôt populaire, les organisateurs ont saisi l'enjeu. Un projet de communiqué de presse est d'ailleurs à l'ordre du jour. « Céder à la violence est contre-productif et fragilise le mouvement. S'attaquer à des biens privés qui n'ont aucune portée symbolique jette un discrédit », énonce ce texte qui rejette néanmoins en premier lieu la responsabilité de ces dérapages sur les « provocations policières incessantes ». « C'est une stratégie délibérée pour décrédibiliser Nuit debout. Nous ne sommes pas dupes », énonce encore le porte-voix qui évoque des destructions de structures opérées par les forces de l'ordre ou des jets de gaz lacrymogène sur des manifestants pacifistes.

« Il faut entendre cette colère qui fait suite à des années d'injustice sociale et de mépris », ajoute ce projet de communiqué très largement approuvé par l'assemblée générale mais dont la diffusion était pourtant bloquée hier soir. « Il y a un débat car certains contestent le jugement moral porté sur ces violences », croit savoir un membre du pôle presse dépité. « Il y a une certaine ambiguïté dans le positionnement de l'organisation, analyse Laurent, un riverain, observateur avisé du mouvement auquel il participe. La violence est très clairement marginale, mais cette frange est-elle à l'intérieur ou à l'extérieur de Nuit debout ? On est dans une zone grise... »

«Nuit debout doit définir des objectifs, une stratégie et une tactique»

Dans la foule, la condamnation des débordements paraît pourtant acquise. « Ce n'est absolument pas le but de cette mobilisation. Malheureusement, on ne pourra jamais empêcher des types bourrés et en colère de se défouler », confie Camille, un géographe de 26 ans. Même la thèse des provocations policières ne convainc pas tout le monde. « Très honnêtement, je n'ai jamais assisté à de telles scènes », explique Gwen entre deux gorgées de bière forte.

« Les violences débutent toujours vers 1 heure du matin à la fin du concert lorsque des gens qui n'ont participé à aucun débat de la journée, généralement après une forte consommation d'alcool ou de drogue, vont au contact des policiers pour les agresser, développe Laurent. Les forces de l'ordre essaient de les contenir, mais c'est très violent. Ça pourrait déraper. » Mais selon lui, le véritable enjeu auquel Nuit debout fait face ne réside pas dans la gestion de ces débordements — gênants mais guère représentatifs — mais dans sa transformation en mouvement pérenne et structuré : « Pour ne pas disparaître, Nuit debout doit définir des objectifs, une stratégie et une tactique. Pour l'instant, on n'y est pas encore. C'est une question bien plus cruciale que le comportement d'une centaine de casseurs... »

Nuit Debout : après les incidents, la préfecture durcit le ton .
Des détériorations ont eu lieu la nuit dernière en marge du mouvement, 12 personnes ont été placées en garde à vue. La consommation d'alcool sera interdite ce soir place de la République. © ELLIOTT VERDIER/AFP Cette nuit, place de la République. Une voiture de police a été incendiée. • L'alcool interdit à partir de 19hLa consommation d'alcool est interdite durant les nuits de samedi et dimanche aux abords de la place de la République à Paris, où est installé le mouvement Nuit Debout, afin d'éviter les «débordements», a annoncé la préfecture de police.

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