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France SNCF : est-il vrai que les agents de Châtillon exigent le paiement des jours de grève ?

15:25  29 octobre  2019
15:25  29 octobre  2019 Source:   liberation.fr

« Nous aussi, ça nous fout les boules » : Faute de rendez-vous avec leur direction, les cheminots de Châtillon continuent la grève

  « Nous aussi, ça nous fout les boules » : Faute de rendez-vous avec leur direction, les cheminots de Châtillon continuent la grève Une trentaine de cheminots en grève du site de Châtillon (Hauts-de-Seine), à l’origine des perturbations sur l'axe Atlantique, ont tenté de rencontrer leur direction à Saint-Denis, en vain © C-E.AK/20Minutes Un salarié du technicentre de Châtillon (Hauts-de-Seine) en discussion avec une représentante de la SNCF, mardi 29 octobre 2019.

Grève à la gare de Marseille-Saint-Charles (photo d'illustration). © BERTRAND LANGLOIS Grève à la gare de Marseille-Saint-Charles (photo d'illustration).

Des cheminots, qui estiment que la direction est responsable de la grève, réclament notamment le paiement des jours non travaillés depuis la semaine dernière.

Question posée par Vert le 28/10/2019

Bonjour,

Nous avons reformulé votre question, qui était : «Est-il vrai, comme l’a déclaré à France Info Mme Cazenave, directrice TGV Atlantique à la SNCF, que les grévistes du technicentre de Châtillon demandent le paiement des jours de grève pour sortir de la grève ?»

Les cheminots du technicentre SNCF de Châtillon (Hauts-de-Seine), chargés de la maintenance des trains de l’axe Atlantique (les lignes Paris-Nantes, Paris-Rennes et Paris-Bordeaux), ont cessé le travail le 21 octobre. Si la SNCF a réussi à maintenir 80 % à 90 % des trains la semaine dernière, ce n’est plus le cas depuis lundi, comme l’explique le Parisien. Seuls 34 % des trains sont assurés ce mardi puisque, faute de maintenance, ils ne sortent plus des ateliers.

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  SNCF : Pas de paiement des jours de grève, annonce Pepy Le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari avait déjà exclu tout paiement d’une prime et des jours de grève © Jacques Witt/SIPA Le patron de la SNCF Guillaume Pepy. « Aucun client, aucun Français ne comprendrait que l’on paye les jours de grève », a affirmé ce mercredi le président de la SNCFGuillaume Pepy sur Europe 1, alors que le conflit au centre de maintenance de Châtillon se poursuit.

Interrogée par plusieurs médias lundi matin, la directrice de TGV Atlantique, Gwendoline Cazenave, explique : «Depuis mardi, nous discutons, nous négocions, nous travaillons sur les conditions de travail des agents, et malgré cela le travail n’a pas repris. Aujourd’hui, la revendication des agents en grève, c’est le paiement des jours de grève. Et ça, c’est absolument impossible. On continue à travailler.»

Vous nous demandez si cette affirmation sur le paiement des jours de grève est exacte. C’est ce que confirme la SNCF à CheckNews, indiquant qu’il s’agit de «l’une des revendications» des grévistes. Selon l’entreprise, 200 agents sont en grève sur les 700 que compte le technicentre.

Le mouvement a débuté le 21 octobre, à la suite d’une décision de la direction de dénoncer un accord local, revenant à supprimer 12 jours de repos aux cheminots. Alors que la direction est revenue sur cette décision dès le lendemain, le mouvement se poursuit. La SNCF explique que les cheminots réclament désormais «le paiement des jours de grève, l’augmentation des salaires, et une prime».

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Contacté par Libération, Karim Dabaj, délégué SUD rail à Paris Nord explique que, lorsque «la direction a dénoncé un accord local qui attribuait 12 jours de repos, c’est parti en débrayage». Confirmant la demande de paiement des jours de grève, il indique que les cheminots réclament de la direction qu’elle s’engage à ne pas sanctionner les grévistes. «Le point de blocage, résume le syndicaliste, c’est surtout que les agents ont dit à la direction "c’est vous qui avez dénoncé cet accord d’entreprise donc c’est vous les responsables du fait qu’on arrête de travailler. Et c’est vous qui allez payer".»

A l’inverse, un représentant de l’Unsa indique «ne pas avoir porté cette revendication. On réclame un meilleur dialogue social et le respect des accords antérieurs.» Le mouvement étant parti hors de la base syndicale, difficile d’avoir un seul son de cloche sur le sujet. Même si certains le revendiquent. «Le conflit est-il bloqué parce que les salariés demandent le paiement des jours de grève ? Certains salariés le réfutent et accusent la SNCF de mentir. D’autres assument et arguent que la direction était prête à leur donner des primes pour qu’ils acceptent un changement de leurs conditions de travail. "Cela veut dire qu’ils ont de l’argent disponible", soutient l’un d’eux», écrit ainsi le Parisien.

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Dans un communiqué publié dimanche, les cheminots en grève expliquent avoir «cessé le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats». Et détaillent : «Nous ne pouvons plus accepter de travailler avec des salaires proches du smic et gelés depuis cinq ans, en sous-effectif et avec des agents qui démissionnent de plus en plus. […] Nous demandons d’exercer notre métier avec respect et dignité, cela ne pourra se faire ni avec des belles paroles ni des beaux discours, mais avec l’amélioration de nos conditions de travail. Marre des réorganisations, des bas salaires, des suppressions d’emplois et des sous-effectifs !»

Comme nous l’avions expliqué dans une précédente réponse, le non-paiement des jours de grève est inscrit dans la loi.

Cordialement

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