France: Pourquoi la marche contre l’islamophobie divise la gauche - - PressFrom - France
  •   
  •   

France Pourquoi la marche contre l’islamophobie divise la gauche

19:25  05 novembre  2019
19:25  05 novembre  2019 Source:   nouvelobs.com

50 personnalités de gauche appellent à manifester contre l’islamophobie le 10 novembre

  50 personnalités de gauche appellent à manifester contre l’islamophobie le 10 novembre Parmi les signataires, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Martinez, ou encore la réalisatrice Rokhaya Diallo. « Depuis des années, la dignité des musulmanes et des musulmans est jetée en pâture, désignée à la vindicte des groupes les plus racistes qui occupent désormais l’espace politique et médiatique français », écrivent les signataires de cette tribune publiée vendredi dans Libération.

  Pourquoi la marche contre l’islamophobie divise la gauche © Copyright 2019, L'Obs

Le débat toujours explosif à gauche sur l’islamophobie et la laïcité ressurgit à l’occasion d’une marche organisée dimanche 10 novembre à Paris, à laquelle de nombreux responsables politiques, dont Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, ont appelé à participer.

Pomme de discorde : un texte publié dans « Libération » le 1er novembre, appelant à cette marche pour « dire stop à l’islamophobie » au moment où les thèmes inflammables du voile, de la laïcité ou du communautarisme font de nouveau l’actualité.

« L’attentat contre la mosquée de Bayonne le 28 octobre est la manifestation la plus récente » des « actes qui visent » les musulmans, peut-on lire dans la tribune.

Une partie de la gauche va manifester contre l'islamophobie

  Une partie de la gauche va manifester contre l'islamophobie Plusieurs élus de gauche (EELV, LFI, PCF, Générations…) ont signé l'appel à marcher contre l'islamophobie samedi 10 novembre. L'appel a été lancé le 1er novembre dernier. Dans Libération, plusieurs personnalités et organisations ont appelé à marcher dans les rues de Paris, dimanche 10 novembre, pour dire "Stop à l'islamophobie".

L’objet de la polémique se trouve dans des termes utilisés - « islamophobie », « lois liberticides »… - et l’identité des initiateurs de la marche, le controversé Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), accusé de liens avec les Frères musulmans, organisation internationale de promotion de l’islam politique.

Valls critique « la gauche du renoncement »

Signe d’une certaine gêne sur ce point, un des signataires de la tribune, le député « insoumis » Alexis Corbière, a déclaré au « Figaro » qu’il pensait que « la Ligue des droits de l’homme était à l’initiative de la démarche ».

Ont signé la tribune, outre le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, l’homme fort d’EELV Yannick Jadot, le fondateur de Générations Benoît Hamon, le porte-parole du PCF Ian Brossat, la totalité des députés La France isoumise (LFI)… « La gauche du renoncement, de l’abandon et de la honte », a cinglé l’ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls.

Ces élus de gauche qui n’assument plus d’avoir signé la tribune contre l’islamophobie

  Ces élus de gauche qui n’assument plus d’avoir signé la tribune contre l’islamophobie Plusieurs cadres de la France insoumise, et Yannick Jadot, rétropédalent, n’adhérant pas à une partie du texte, co-rédigé par le controversé Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF).Preuve de la gêne qui gagne les rangs des « Insoumis » depuis la signature de la tribune, plusieurs cadres ont déjà pris soin de prendre leurs distances avec la marche de dimanche. Avec parfois des arguments pour le moins surprenant comme ceux de l’« électron libre » François Ruffin. Invité ce mercredi 6 novembre au matin, au micro de France-Inter, à dire s’il irait marcher aux côtés du CCIF dimanche, le député a une parade toute trouvée. « Je n’irai pas dimanche, je joue au foot.

Aucun responsable du Parti socialiste n’a signé l’appel. Un bureau national doit aborder le sujet, mardi soir et le Premier secrétaire Olivier Faure doit faire un discours sur la laïcité dans les prochains jours, indique à l’AFP un membre de la direction socialiste. Qui explique « Nous voulons lutter contre les discriminations contre les musulmans mais il ne faut pas tout mélanger. On ne s’inscrit pas sous la bannière “islamophobie”, il y a la volonté de segmenter la population sous cette bannière. »

90 personnalités appellent Macron à dire « stop à la haine contre les musulmans de France »

« Ultimatum »

« Islamophobie » est un terme qui dérange aussi, traditionnellement, Jean-Luc Mélenchon. « Je conteste le terme d’islamophobie. On a le droit de ne pas aimer l’islam comme on a le droit de ne pas aimer le catholicisme », disait l’Insoumis dans un tweet de 2015.

Mélenchon assume son soutien à la marche contre l’islamophobie (même s’il n’aime pas le terme)

  Mélenchon assume son soutien à la marche contre l’islamophobie (même s’il n’aime pas le terme) « Je signe un texte pour ce qu’il y a dans le texte et pas en raison de ceux dont je découvre ensuite qu’ils l’ont également signé », se défend le leader des « insoumis ».Les termes utilisés et l’identité de certains initiateurs de l’appel publié dans « Libération » le 1er novembre a conduit une partie de la gauche à ne pas s’y associer – le PS, le PRG, le patron du PCF Fabien Roussel… – et une autre à relativiser son adhésion initiale, comme l’eurodéputé EELV Yannick Jadot et le député LFI François Ruffin.

Pour Djordje Kuzmanovic, qui avait claqué la porte de LFI en 2018 afin de fonder le mouvement République souveraine, Jean-Luc Mélenchon entérine, en signant la tribune, la victoire dans le mouvement « de la gauche à l’anglo-saxonne, multiculturaliste, qui n’hésite pas à mêler religion et politique ».

« Mélenchon avait à juste titre dit qu’il fallait arrêter de parler du voile parce que ça cachait les vrais débats sur la répartition des richesses. Mais là, en signant, il remet une pièce dans la machine », regrette Kuzmanovic.

Macron : Français musulmans, je vous ai compris ?

Selon le journaliste Taha Bouhafs, l’un des initiateurs de la marche de dimanche, le leader insoumis éprouve le besoin de recoller les morceaux avec une partie de son électorat : « Beaucoup de militants Insoumis dans les quartiers ont posé un ultimatum au mouvement » après une polémique similaire cet été, raconte-t-il à l’AFP.

Islamophobie : pour Aurélien Taché (LREM), "le débat politique n’est pas à la hauteur"

  Islamophobie : pour Aurélien Taché (LREM), La marche contre l’islamophobie, qui a lieu dimanche, est accusée d’être proche de l’islam politique. Pour le député LREM Aurélien Taché, invité vendredi soir d'Europe 1, le débat politique sur le sujet "n'est pas à la hauteur des enjeux"."Du coup, la lutte contre le racisme et l’islamophobie a été accaparée par des organisations avec lesquelles on ne peut qu’être en désaccord quand on est démocrate et progressiste. J’ai vu énormément de jeunes des quartiers populaires qui avaient envie d’être défendus par la gauche, se sont tournés vers Dieudonné par exemple, qui est loin des valeurs antiracistes.

« Grincements de dents »

Taha Bouhafs avait en effet mis en cause des propos du philosophe Henri Peña-Ruiz durant l’université d’été du mouvement, en août. « On a le droit d’être islamophobe […] En revanche, on n’a pas le droit de rejeter des hommes ou des femmes parce qu’ils sont musulmans », avait dit celui-ci, dans l’esprit du tweet de Jean-Luc Mélenchon.

La France insoumise se déchire sur la définition de l’islamophobie

Selon Arnaud Le Gall, un cadre du Parti de gauche, composante fondatrice de LFI, des débats et « des grincements de dents » ont eu lieu chez les Insoumis ces derniers jours, mais « à la marge » : « On soutient une minorité ciblée de manière inacceptable, on ne va pas s’en empêcher au prétexte qu’un mot nous gêne. »

Preuve que le débat traverse toute la gauche, l’écologiste Yannick Jadot a confié mardi sur France-Info « ne pas valider l’ensemble du texte », contestant par exemple l’existence d’« un racisme d’Etat dans notre pays ». Pour lui, l’essentiel était d’« alerter sur le danger de faire d’une partie de la communauté nationale le bouc-émissaire de notre société ».

Mélenchon va marcher contre l'islamophobie dimanche et répond à Marine Le Pen .
Critiqué par la présidente du RN pour son éventuelle participation au rassemblement qui divise la classe politique, Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu'il participerait bien à la manifestation. Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a confirmé samedi qu'il participerait à la manifestation contre l'islamophobie le lendemain, avant de répondre à Marine Le Pen qui l'a accusé d'être "main dans la main avec les islamistes".

—   Partager dans le Soc. Réseaux

Thématique de la vidéo:

usr: 2
C'est intéressant!