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France A Lyon, la tentative de suicide d'un étudiant alerte sur la précarité

15:35  11 novembre  2019
15:35  11 novembre  2019 Source:   liberation.fr

Etudiant immolé à Lyon: Le ministère de l'Enseignement supérieur pris pour cible par des manifestants

  Etudiant immolé à Lyon: Le ministère de l'Enseignement supérieur pris pour cible par des manifestants Des débordements ont eu lieu, mardi soir, lors d'une manifestation contre la précarité © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP Des étudiants manifestant contre la précarité ont forcé la grille du Le ministère de l'Enseignement supérieur, le 12 novembre 2019. PARIS - Des débordements ont eu lieu, mardi soir, lors d'une man Le calme est revenu à Paris.

L'entrée de l'université Lyon-II, où était scolarisé l'étudiant de 22 ans, en mai 2018. © JEFF PACHOUD L'entrée de l'université Lyon-II, où était scolarisé l'étudiant de 22 ans, en mai 2018.

Un jeune homme de 22 ans s'est immolé vendredi devant un bâtiment du Crous. «Entre la vie et la mort», il avait annoncé son geste à l'écrit, dénonçant la paupérisation des étudiants.

«Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable.» Ainsi commence le message sur son mur Facebook de A., étudiant de 22 ans à l’université de Lyon-II. Vendredi, peu avant 15 heures, le jeune homme s’est immolé en pleine rue, devant un bâtiment du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires). Selon le Progrès, «un témoin de la scène qui travaillait sur un chantier s’est précipité avec un extincteur pour éteindre les flammes et des pompiers de passage ont prodigué les premiers secours». Brûlé à 90%, il se trouve «entre la vie et la mort» au Centre des brûlés de l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon, selon les syndicats étudiants SUD-éducation et Solidaires.

Lyon : Après l'immolation d'un étudiant, les syndicats appellent à des rassemblements mardi dans toute la France

  Lyon : Après l'immolation d'un étudiant, les syndicats appellent à des rassemblements mardi dans toute la France Le syndicat étudiant Solidaires appelle à se rassembler mardi à 10 heures devant les Crous ou bâtiment universitaires pour dénoncer la précarité étudiante © LOIC VENANCE / AFP Un restaurant universitaire du Crous. (illustration) MOBILISATION - Le syndicat étudiant Solidaires appelle à se rassembler mardi à 10 heures devant les Crous ou bâtiment universitaires pour d Après l'immolation d'un étudiant vendredi à Lyon, les syndicats étudiants appellent aux rassemblements mardi matin dans toute la France.

Dans son texte, l’étudiant explique : «Si je vise donc le bâtiment du Crous à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et par extension, le gouvernement.» Originaire de Saint-Etienne, A. triplait actuellement sa deuxième année de licence en sciences politiques. Il ne touchait donc plus aucune bourse. «Et même quand j’en avais, 450 euros par mois, était-ce suffisant ?», interroge-t-il.

Beverly Rubin, membre comme lui du syndicat Solidaires et camarade de promotion lors de la précédente année scolaire, confirme à Libération que le jeune homme était en «très grande précarité». «Déjà l’an dernier, il avait du mal à payer ses factures avec sa seule bourse. En plus son logement étudiant était insalubre, avec des punaises de lit, des cafards, mais il n’aimait pas s’attarder sur sa situation personnelle.» Selon elle, il avait demandé au Crous une «aide exceptionnelle», soldée par un «refus». «Ces dernières semaines, il logeait chez sa copine», poursuit-elle.

Étudiant immolé à Lyon : mobilisations dans toute la France, la grille du ministère forcée

  Étudiant immolé à Lyon : mobilisations dans toute la France, la grille du ministère forcée Des manifestations ont eu lieu partout en France mardi, après l'immolation d'un étudiant à Lyon. À Paris, la grille du ministère de l'Enseignement supérieur a été forcée. © afp.com/PHILIPPE DESMAZES Des étudiants manifestent le 12 novembre 2019 devant le Crous à Lyon après que l'un d'entre eux s'est grièvement brûlé en s'immolant vendredi Son message et son acte ont fait descendre les étudiants dans la rue. Nombre d'entre eux se sont réunis dans différentes villes de France, mardi 12 novembre, après qu'un jeune homme s'est immolé par le feu, interpellant les pouvoirs publics sur la précarité.

«Un acte désespéré et surtout politique»

De son côté, la présidente de l’université Lyon-II, Nathalie Dompnier, a assuré à l’AFP samedi n’avoir pas eu «connaissance de difficultés personnelles concernant cet étudiant, très impliqué au sein des instances de l’établissement». A contrario, les organisations syndicales dénoncent la «précarité» de la «vie des étudiant·e·s», selon elles bien connue. «Cet acte désespéré et surtout politique alerte sur ces conditions précaires d’étudiant sans bourse, redoublant, dans un système universitaire de plus en plus concurrentiel, écrit par exemple le syndicat Solidaires Etudiants de Lyon. De nombreux·ses étudiant·es se retrouvent dans des conditions intenables, manque de bourses, ou montants pas assez élevés, logements Crous insalubres et insuffisants, les villes étudiantes ayant souvent des loyers exorbitants, sélection en permanence, créant des situation de stress, de surmenage, alors que la moitié d’entre nous doivent cumuler avec un travail salarié.» Sur Twitter, le mot dièse #LaPrécaritéTue a suscité de nombreux témoignages.

Dans toute la France, des rassemblements de soutien sont prévus mardi devant des Crous. A Lyon-II, Beverly Rubin regrette que la direction de l’université n’ait pas banalisé la journée de cours pour permettre aux enseignants et élèves de participer à la mobilisation. «Tout ce que notre camarade souhaite, c’est que son geste soit entendu», souligne-t-elle. Un écho aux derniers mots du texte publié vendredi par A. : «Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser, et du libéralisme, qui crée des inégalités. […] Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.»

Précarité étudiante : François Hollande empêché de donner une conférence à l'université de Lille .
Quatre jours après l'immolation d'un étudiant à Lyon devant le siège du Crous, des manifestants dénonçant la précarité étudiante ont bloqué la faculté de droit de Lille mardi, provoquant l'annulation d'une conférence de François Hollande. L'ex-chef de l'État regrette "que cette émotion se soit transformée en violence".L'ex-président n'était pas dans l'amphithéâtre lorsqu'une centaine de personnes l'ont envahi, scandant "Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon", "Hollande assassin!", " la précarité tue, tous responsables". Certains ont déchiré les pages de son livre Répondre à la crise démocratique.

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