•   
  •   

France Enfants victimes de violences : "les réactions post-traumatiques durent toute la vie"

20:50  20 novembre  2019
20:50  20 novembre  2019 Source:   francetvinfo.fr

Violences conjugales : faut-il lever le secret médical ?

  Violences conjugales : faut-il lever le secret médical ? Le gouvernement y est favorable pour mieux protéger les femmes victimes des coups de leur conjoint. Mais pour de nombreux experts, il faudrait d’abord que les commissariats prennent bien les plaintes et que la justice ne classe pas les affaires. Le débat. © AFP/Patrick Hertzog Le Parisien Le protocole existe déjà pour les enfants en danger. Demain, la levée du secret médical sera-t-elle étendue pour les femmes victimes de violences conjugales ? Cette recommandation figure en bonne place dans le rapport sur les homicides conjugaux, rendu public ce dimanche par l’inspection générale de la justice.

Mais pas de panique ces piqûres sont rarement suivies d'infections, sauf si l'on gratte avec des mains sales. Le meilleur moyen de lutter contre les piqûres reste de les éviter grâce aux répulsifs L'actu à la une. Enfants victimes de violences : " les réactions post - traumatiques durent toute la vie ".

Les violences, notamment sexuelles, faites aux enfants ont des conséquences dévastatrices tout au long de leur vie. L’association Innocence en Danger alerte sur la situation en France à l’occasion des 30 ans de la Convention des Droits de l’Enfant.

  Enfants victimes de violences : © Fournis par France Télévisions

"Je vous écris pour vous dire que je ne serais pas un bon candidat." C’est par ces mots que commence la surprenante "Lettre de Démotivation", publiée par l’association Innocence en Danger à l’occasion des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ce 20 novembre. Julien Miraute, candidat fictif, interpelle dans cette lettre inspirée de témoignages réels, sur son incapacité actuelle à mener une vie professionnelle stable. En cause : les violences sexuelles qu’il a subies à l’âge de huit ans, lorsqu’un proche de sa famille a abusé de lui.

Violences sexistes et sexuelles : ce qu'il faut retenir du rapport qui pointe les lacunes de la France

  Violences sexistes et sexuelles : ce qu'il faut retenir du rapport qui pointe les lacunes de la France Le rapport du Groupe d'experts sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (Grevio), instance du Conseil de l'Europe, reconnaît les efforts de la France dans la lutte contre les violences faites aux femmes mais pointe de nombreux dysfonctionnements. Des "efforts législatifs", "une mobilisation nationale", mais encore de nombreuses insuffisances. Un rapport publié mardi matin par une instance du Conseil de l'Europe pointe du doigt les lacunes de la France dans la réponse politique et judiciaire contre les violences faites aux femmes.

A lire aussi : Droits de l'enfant : ce qui a changé depuis 30 ans

Un enfant violenté est traumatisé à vie

L’association Innocence en Danger, mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de violences notamment sexuelles, lance en effet une "grande campagne sur les conséquences dévastatrices des violences sexuelles faites aux enfants". Car "un enfant violenté a dans son corps et dans son psyché des réactions post-traumatiques toute sa vie" explique à Allodocteurs.fr Homayra Sellier, Présidente-Fondatrice d’Innocence En Danger. Au quotidien, "nous voyons des victimes qui ont du mal à l’école, du mal à faire des études, à aimer, à se laisser aimer et à faire confiance. Ces victimes sont bousillées" poursuit-elle.

Violences sexuelles : «Il y a une impunité judiciaire et sociale»

  Violences sexuelles : «Il y a une impunité judiciaire et sociale» Pour Noémie Renard, auteure du livre «En finir avec la culture du viol», améliorer la réponse sociale et judiciaire passe autant par la déconstruction des stéréotypes que par un renforcement des moyens. «La justice nous ignore, on ignore la justice.» Début novembre, dans son témoignage choc à propos du harcèlement et des agressions sexuelles qu’elle affirme avoir subis pendant son adolescence, l’actrice Adèle Haenel affirmait sa volonté de ne pas porter plainte car la justice «condamne si peu les agresseurs», seulement «un viol sur cent».

Et c’est ce que la lettre, également adaptée en film, retranscrit dans le détail en rapportant des "cauchemars éprouvants", une "fatigue générale", des "moments d’irritabilité exacerbée ou de renfermement total", une "incapacité à faire confiance", des "crises d’angoisses soudaines" ou encore des "capacités d’écoute et de concentration très aléatoires".

Une construction brisée

Plus précisément, "les conséquences des violences varient selon le type de violence et selon l’âge auquel l’enfant les subit " nous révèle le docteur Luis Alvarez, psychiatre pour enfants à l’Hôpital Américain de Paris et à la Clinique Périnatale de Paris.

Lorsque la violence est subie à un âge précoce, avant l'âge de deux ans, "elle s’accompagne de dommages physiques très importants qui conduisent parfois au décès des enfants". Si l’enfant survit, "les conséquences sur sa construction d’adolescent puis d’adulte sont dramatiques car ces violences affectent la sécurité interne de l’enfant et la fondation même du socle de sa personne" détaille le docteur Alvarez.

Nos photos de la manifestation contre les violences faites aux femmes

  Nos photos de la manifestation contre les violences faites aux femmes EN IMAGES - Notre photographe Gabrielle Cézard a sillonné la marche parisienne qui se tenait ce samedi 23 novembre.Selon le cabinet Occurrence, pour un collectif de médias, 49.000 manifestants ont défilé dans la capitale. Il y a un an, près de 50.000 personnes s’étaient rassemblées dans toute la France dont 30.000 à Paris selon les organisatrices, la police comptant alors 12.000 manifestants dans la capitale. La police ou les préfectures ont dénombré 5500 manifestants à Lyon, 2000 à Rennes, 1650 à Strasbourg, 1000 à Bordeaux...

Quand l’enfant est plus âgé, "ce sont les images qu’il se créé de ce qu’est un homme, une femme, l’amour, qui sont distordues" poursuit le pédopsychiatre. Enfin, si les violences surviennent à l’adolescence, à ces conséquences s’ajoute "une perte de confiance et d’espoir dans le monde adulte".

En somme, "ces enfants et adolescents se construisent en tant qu’adultes vulnérables au stress et pour qui la violence sera une tentation à chaque écueil de la vie".

Cinq à six millions de victimes

Autres conséquences fréquentes des violences subies à un jeune âge : "un risque plus élevé de suicide ou d’idées suicidaires, d’usage de la drogue, de délinquance ou de radicalisation, de prostitution et même un risque accru de développer des maladies mortelles" liste Homayra Sellier. Et si "chaque individu répond différemment au traumatisme qu’il ou elle subit", le "fil rouge" reste toujours "des problèmes d’ordre sexuel" note la présidente d’Innocence en Danger.

Ces dommages constituent un réel problème de santé publique de vaste ampleur puisque "cinq ou six millions d’enfants seraient victimes de violences" en France, rappelle Homayra Sellier. "Imaginez que demain on découvre une épidémie en France où six millions d’enfants sont touchés par un problème potentiellement mortel, est ce qu’on ne ferait rien ?" s’indigne la présidente de l’association.

Grenelle des violences conjugales : Les associations ne veulent « pas de com ni de mesurettes, mais des moyens »

  Grenelle des violences conjugales : Les associations ne veulent « pas de com ni de mesurettes, mais des moyens » Le gouvernement présente ce lundi les conclusions du Grenelle des violences conjugales © Louise MERESSE/SIPA Les annonces que fera Marlène Schiappa à l'issue du Gre satisferont-elles les associations? ACCOMPAGNEMENT DES VICTIMES - Le gouvernement présente ce lundi les conclusions du Gre Que va-t-il ressortir de ces semaines de concertations et de débat ? Le gouvernement présente un ensemble de mesures lors de la conclusion du Grenelle des violences conjugales ce lundi, en cette journée internationale pour l’élimination de la violenc

"Il n’y a pas d’épidémie d’enfants menteurs"

Mais concrètement, quelles actions peut-on aujourd’hui mener contre ces violences faites aux enfants ? Avant même de pouvoir agir, il faut savoir identifier les victimes. D’où ‘importance de "libérer la parole des enfants", selon le docteur Alvarez, mais aussi de les croire et de les reconnaître comme victime : "il n’y a pas d’épidémie d’enfants menteurs en France" martèle Homayra Sellier.

Malheureusement, l’enfant ne peut pas toujours dire la violence qu’il subit. A défaut de récits verbaux, il est donc indispensable de "comprendre leurs récits émotionnels et corporels" explique Luis Alvarez. Problème, "les personnes les plus en contact avec les enfants - comme les médecins, les pédiatres, les acteurs scolaires - manquent de formation pour dépister les signes suggestifs de violences" poursuit le psychiatre.

Après l’identification vient la reconnaissance. Et, en la matière, "les décisions de justice sont aberrantes en France" observe Homayra Sellier. "Les victimes doivent être crues et reconnues et les personnes qui reçoivent les témoignages de ces enfants doivent être formées" poursuit-elle. Ensuite, "la réponse juridique doit être à la hauteur et condamner les violeurs et les agresseurs à des peines proportionnelles au crime commis".

Formation des enseignants, accueil en commissariats... Le gouvernement dévoile ses mesures contre les violences conjugales

  Formation des enseignants, accueil en commissariats... Le gouvernement dévoile ses mesures contre les violences conjugales A l'issue du Grenelle interministériel des violences conjugales, le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé ce lundi une série de mesures destinées à lutter contre les violences conjugales. C’est «le temps de l’action». A l’issue de près de trois mois de concertation, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé ce lundi une série de mesures destinées à lutter contre les violences conjugales, à l’occasion de la clôture du Grenelle interministériel sur le sujet, estimant qu'à ce propos, «la société a besoin d'un électrochoc».

Prendre en charge les thérapies des victimes

Dernier point, et non des moindres : "les victimes doivent bénéficier d’une thérapie" souligne la présidente d’association. Actuellement, plusieurs thérapies ont fait leurs preuves pour "sortir l’enfant de l’aspect envahissant du traumatisme", assure le docteur Alvarez. C’est notamment le cas de "la désensibilisation par la méthode EMDR" (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing), de "psychothérapies spécialement conçues et créées pour les enfants victimes" et de "thérapies cognitives".

Mais comme l’enfant violenté ou violé "n’a pas le temps ni les moyens de suivre une thérapie longue, ces aides doivent être prises en charge par la sécurité sociale", propose Homayra Sellier. De même que les thérapies pour les familles de ces enfants, car "les violences sur les enfants défigurent la vie familiale au quotidien" rappelle le docteur Alvarez.

Venir en aide "au plus grand nombre d’enfants possible"

Pour mettre en œuvre ces solutions, "la France doit avoir l’humilité de regarder ce qu’il se passe ailleurs, dans d’autres pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou les pays nordiques et de voir quelles méthodes thérapeutiques fonctionnent et comment sont accompagnés les enfants victimes" avance Homayra Sellier.

Si l’association Innocence en Danger a aujourd’hui choisi d’orienter sa campagne vers les entreprises, c’est parce que "leur soutien aux grandes causes est absent" déplore Homayra Sellier. "Les entreprises françaises ont la responsabilité d’aider des organisations et des associations, d’apporter leur soutien financier pour qu’on puisse venir en aide au plus grand nombre d’enfants possible" appuie-t-elle.

Selon la dernière étude de l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED) publiée en 2015, en France une femme sur sept et un homme sur 25 déclarent avoir subi "au moins une forme de violence sexuelle" au cours de sa vie. Et en Europe, selon la campagne du Conseil de l’Europe, un enfant sur cinq a déjà été victime d’une forme de violence sexuelle.

Les premiers corps des victimes du camion charnier en Grande-Bretagne rapatriés au Vietnam .
Mercredi, les corps de 16 des 39 victimes retrouvées mortes dans un camion charnier en Grande-Bretagne ont été rapatriés au Vietnam.Les corps de 16 des 39 victimes retrouvées dans un camion charnier en Grande-Bretagne ont été rapatriés au Vietnam, le 27 novembre 2019.

Thématique de la vidéo:

usr: 3
C'est intéressant!