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France Soldats français morts au Mali : «Je suis laminé, vidé», confie le père d’une victime

23:40  26 novembre  2019
23:40  26 novembre  2019 Source:   msn.com

Mali : 24 soldats et 17 djihadistes tués après une embuscade imputée aux terroristes

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Parmi les 13 militaires morts dans l’accident d’hélicoptères au Mali se trouvait le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul. Enfant adopté, son père raconte un homme qui voulait rendre à la France.

Le Parisien © AFP Le Parisien

« Il voulait rendre à la France ce qu’elle lui a donné. » Né de parents inconnus à Bogotá il y a 35 ans, le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul est mort lundi dans l’accident d’hélicoptères survenu lundi soir au Mali. Passé d’orphelinat en orphelinat dans la capitale colombienne, il est adopté à l’âge de cinq ans et demi, avec sa sœur cadette, par Philippe Salles de Saint-Paul, un notaire girondin et officier de réserve.

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« Dès qu’il a eu le bac, il a voulu rentrer à l’école nationale des sous-officiers de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Mais ma femme l’en a dissuadé. Elle avait trop peur qu’il s’engage dans l’armée », témoigne auprès du « Parisien » son père. Le jeune homme, décrit comme « plein de vie, souriant, apprécié de tous », opte pour un BTS immobilier. Mais il s’ennuie. Le 4 août 2009, l’appel de l’armée est plus fort que tout : Romain s’engage comme militaire du rang au 5e régiment d’hélicoptères de combat.

« Finalement, il est entré par la petite porte, confie, attendri, son père. Je crois qu’il avait besoin de cette famille que représente l’armée. » Devenu opérateur membre opérationnel de soute, il effectue ses premières Opex au Gabon en 2010 et 2013. Il s’envole pour le Mali pour la première fois en 2013, l’année de lancement de l’opération Serval. Il y retourne en 2018 avant de repartir en septembre 2019.

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« Avant qu’il ne parte, je lui ai dit que je l’aimais »

« Je savais que la mission était dangereuse. Avant qu’il ne parte, je lui ai dit que je l’aimais, qu’il devait être prudent, se souvient son père. Il m’a répondu qu’il ferait aux mieux mais que de toute façon, il ferait son devoir jusqu’au bout. » C’est à 7h30, mardi matin, qu’il a été prévenu, par un appel de sa belle, que son fils faisait partie des 13 soldats décédés au Mali. Un officier lui avait laissé un message sur son répondeur, une demi-heure plus tôt, mais il ne l’avait pas entendu. « Ce matin (mardi), j’étais laminé, vidé. Je n’arrive toujours pas à prendre conscience de cela », soupire-t-il.

VIDÉO. 13 militaires français morts au Mali dans un accident d’hélicoptère

Romain Salles de Saint-Paul parlait très peu de ses missions à son entourage. « Il nous disait juste que c’était périlleux et que son camp avait déjà été attaqué. Une fois, il avait été obligé d’aller chercher les corps d’enfants maliens morts… » Lui aussi avait des enfants, deux petites filles de 3 et 7 ans. Leur mère les a emmenées ce mardi à l’école sans leur dire que leur papa était mort. La terrible nouvelle a été repoussée à la fin de la journée. Leur grand-père, Philippe Salles de Saint-Paul, avait prévu de leur parler au téléphone. « Je vais leur dire que leur père les aimait beaucoup et que moi, je serai toujours là pour elles. Elles peuvent être fières de lui », nous a-t-il confié, très digne, en ce mardi après-midi.

« Moi aussi, je suis fier de mon fils. Il défend un certain nombre de valeurs. Il se battait pour notre sécurité », conclut Philippe Salles de Saint-Paul, en parlant de son fils au présent et au passé. Et au sujet de l’ensemble de ses compagnons d’armes : « je veux que l’on se souvienne d’eux comme des jeunes qui se donnaient pleinement ».

VIDÉO. Dans l’enfer d’un sanctuaire djihadiste avec les soldats français, début novembre

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