•   
  •   

France A Paris, des manifestants «remontés comme jamais»

19:31  05 décembre  2019
19:31  05 décembre  2019 Source:   liberation.fr

Tueries à Beni : des habitants s’en prennent à la mairie et envahissent un camp de l'ONU

  Tueries à Beni : des habitants s’en prennent à la mairie et envahissent un camp de l'ONU Des centaines de personnes sont sorties ce lundi dans les rues de Beni, à l’est de la République démocratique du Congo, après la mort de huit civils dans la nuit. Selon nos Observateurs, des manifestants ont incendié la mairie de l’agglomération et envahi un camp de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) pour dénoncer l’inaction de l’armée congolaise et des Casques bleus face aux tueries à répétition attribuées au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF).La colère est de nouveau montée d’un cran ce lundi 25 novembre à Beni, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la RD Congo.

A Paris ce jeudi. © Albert FACELLY A Paris ce jeudi.

Des dizaines de milliers de personnes défilent dans la capitale contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. Mais la colère, plus large encore, s'adresse aussi à «Macron et son monde».

«La manif, elle va bouger ?» A deux pas de la gare de l’Est, à Paris (Xe arrondissement), un homme s’interroge en toisant le boulevard Magenta, noir de monde, que l’on regarde vers le nord et Barbès ou vers le sud et la place de la République. Rassemblée depuis la mi-journée, la foule n’a guère avancé en ce milieu d’après-midi, signe d’une mobilisation réussie. Juché à l’arrière d’une camionnette aux couleurs de la CGT, un syndicaliste harangue les manifestants. «Hier, le gouvernement tablait sur 45 000 personnes. Aujourd’hui, il annonce qu’on est au moins 180 000 dans tout le pays. Et encore, c’est leur chiffre…» Hourras dans le défilé, où l’on rivalise d’inventivité dans les banderoles et pancartes. Un homme fait forte impression avec son portrait d’Emmanuel Macron grimé en Louis XVI, surmonté de cette légende : «14 mai 2017 : restauration de la monarchie». Un autre, sur un morceau de carton, a inscrit : «Réformons le régime spécial des actionnaires !»

[Reportage] Géorgie: les manifestants veulent empêcher les travaux du Parlement

  [Reportage] Géorgie: les manifestants veulent empêcher les travaux du Parlement L’opposition occupe les accès du Parlement à l’issue d’une nouvelle manifestation dans les rues de Tbilissi. Plusieurs milliers de manifestants veulent empêcher le Parlement de fonctionner normalement pour protester contre le gouvernement qui s’était engagé à modifier la loi électorale avant d’y renoncer. Avec notre envoyé spécial à Tbilissi, Daniel Vallot Au-dessus du cortège, les couleurs rouges et blanches du drapeau géorgien côtoient celles du drapeau européen. Dans la foule, on exige le départ du gouvernement actuel et l’organisation d’élections anticipées.

Les mots d’ordre dépassent pourtant largement la question des régimes spéciaux et de la réforme des retraites. Jeanne, bibliothécaire de 47 ans à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), est venue dire sa colère contre «Macron et son monde, celui du néolibéralisme et du capitalisme». En grève ce jeudi, elle a le sentiment que les Français «n’adhèrent plus à ce système», «même s’ils ne savent pas forcément comment faire passer le message». Pour elle, il n’était pas question de rater la manifestation, même si elle avoue avoir «peur» de ce gouvernement et de sa police qui «éborgnent le peuple». «Je soutiens le mouvement des gilets jaunes, mais j’ai souvent renoncé à me joindre aux défilés, à force qu’on me rapporte des scènes horribles et de voir les images des blessés.»

Algérie 41e vendredi de manifestation pour dire «non» à la présidentielle

  Algérie 41e vendredi de manifestation pour dire «non» à la présidentielle 41e vendredi de mobilisation, pour les manifestants, en Algérie. Dans la capitale, comme dans d'autres villes du pays, une foule s'est mobilisée une nouvelle fois. À moins de deux semaines de la présidentielle, ils ont continué à dire « non » au scrutin du 12 décembre. « Il n'y aura pas de vote ». Tel était le mot d'ordre des manifestants, à Alger. A moins de deux semaines de la présidentielle, la mobilisation ne faiblit pas. Les contestatairesÀ moins de deux semaines de la présidentielle, ils ont continué à dire « non » au scrutin du 12 décembre.

  A Paris, des manifestants «remontés comme jamais» © Albert FACELLY

«Indifférence»

Casquette rouge labélisée «CGT Roissy» et parka orange fluo des Aéroports de Paris sur le dos, Jean-Marc, 53 ans, se réjouit du «mélange exceptionnel» formé par le cortège. Electricien à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, il est venu manifester pour diverses «préoccupations». D’abord pour dire non à la «désastreuse» réforme des retraites bien sûr, «qui touche tout le monde de près ou de loin», affirme-t-il, mais aussi pour gronder contre la privatisation des aéroports de Paris, combat qui cristallise à elle seule «l’ensemble des problématiques sous l’ère Macron».

«Si l’Etat perd le contrôle des aéroports, il perd une source d’argent, donc on peut supposer qu’il demandera aux Français de payer de nouveaux impôts pour combler ce manque à gagner. De même, si une entreprise privée prend la main sur nos aéroports, on peut imaginer qu’il n’aura guère d’intérêt à maintenir les petits emplois qui font vivre les habitants de la région», développe-t-il par exemple. «Aujourd’hui, on est là pour exprimer notre ras-le-bol face à l’indifférence du gouvernement pour le pouvoir d’achat et le quotidien des travailleurs.»

Grève : 245 rassemblements, des centaines de casseurs... les prévisions des autorités pour le "jeudi noir"

  Grève : 245 rassemblements, des centaines de casseurs... les prévisions des autorités pour le Selon nos informations, les autorités prévoient quelques 20.000 manifestants jeudi dans les rues de la capitale, parmi lesquels plusieurs centaines de casseurs. Les commerces seront fermés sur le parcours du cortège, tandis qu'un grand nombres d'unités de forces mobiles et de brigades ont été mobilisés. Transports, enseignants, pompiers, professionnels de santé… La grève de jeudi contre la réforme des retraites s’annonce particulièrement suivie. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a indiqué que 245 rassemblements ou manifestations ont été déclarés dans toute la France.

Les Français sont «remontés comme jamais»

Yves, 59 ans, est salarié dans le secteur de la métallurgie. Avec son collègue Philippe, il est venu de l’Essonne pour dire non au projet gouvernemental, «même si tout reste très flou». «On veut nous faire croire à l’égalité avec ce système par points, mais si la valeur du point baisse, les retraites vont diminuer, forcément, calcule-t-il. Peut-on réellement vivre avec 1 000 euros de pension par mois ? Les gens qui défendent cette réforme, ils ont déjà vécu avec cette somme ?» En grève pour la journée, il se dit prêt à s’inscrire dans la durée. Un sentiment partagé par Philippe, qui sent les Français «remontés comme jamais» : «Rien que les cheminots, ils sont bien remontés après le mouvement de l’an dernier !»

Sur le pavé, la fameuse «convergence» semble prendre. Régis, 43 ans, ingénieur chez Safran, n’a pas hésité à venir défiler : «Moi, je gagne bien ma vie, et je pense que je toucherai une bonne retraite, mais je suis là pour apporter tout mon soutien au camp des travailleurs. Je bosse pour une entreprise du CAC 40, pour ce grand patronat que Macron chérit tant. Aujourd’hui, ils essaient de monter les corporations les unes contre les autres. Je suis dans la rue pour dire que leur tactique ne fonctionnera pas.»

Claudine, ancienne psychologue scolaire, est à la retraite depuis quelques mois. Agée de 67 ans, elle est une habituée des mobilisations sociales : «Chez moi, c’est traditionnel. Mes parents avaient connu 1936, et cela fait quarante ans que je manifeste.» Elle espère «que tout le monde se sentira concerné par le mouvement du 5 Décembre», et notamment les «retraités». «Dans vingt ans, que vaudra ma pension ?, interroge-t-elle. Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas rien.»

Irak: un adolescent lynché et pendu à Bagdad près de la place Tahrir .
Un adolescent a été pendu et lynché par la foule, ce jeudi matin 12 décembre, en Irak, aux abords de la place Tahrir à Bagdad, là où des manifestants se rassemblent depuis plus de deux mois. Un acte qui pourrait venir ternir l’image pacifique du mouvement. Les manifestants crient au complot et affirment « ne pas être responsables de ces événements ». Avec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann Un adolescent, à moitié nu, pendu par les pieds à un feu de circulation en plein centre-ville de Bagdad. Voilà l'image insupportable qui circule massivement depuis ce jeudi matin sur les réseaux sociaux.

—   Partager dans le Soc. Réseaux

Thématique de la vidéo:

usr: 1
C'est intéressant!