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France Retraite des enseignants : la coupe est pleine

19:30  06 décembre  2019
19:30  06 décembre  2019 Source:   liberation.fr

Grève du 5 décembre : une école sur deux pourrait être fermée dans toute la France

  Grève du 5 décembre : une école sur deux pourrait être fermée dans toute la France La mobilisation des enseignants s'organise dans le cadre de la journée de grève nationale du 5 décembre prochain. Beaucoup d'écoles maternelles et primaires risquent d'être fermées jeudi mais l'ampleur de la mobilisation ne sera connue que le jour même. Parmi les nombreux secteurs contestataires qui préparent la journée de grève nationale du jeudi 5 décembre figure celui des enseignants. L'ampleur de la mobilisation du corps enseignant ne sera connue que le jour même mais ce qui est sûr, c'est que les enseignants s'organisent déjà. Beaucoup d'écoles maternelles et primaires devraient fermer leurs portes jeudi.

Une assemblée générale d'enseignants à la Bourse du travail à Paris, le 5 décembre. © Lucille BOIRON Une assemblée générale d'enseignants à la Bourse du travail à Paris, le 5 décembre.

Le projet de réforme du gouvernement risque de fragiliser un peu plus une profession dont les conditions de travail et le salaire traduisent déjà un manque de reconnaissance flagrant de la part des décideurs politiques.

Tribune. Le projet de réforme des retraites du gouvernement va gravement impacter les enseignants et les fonctionnaires de l’Education nationale.

Ce sont environ 1 million de personnes qui pourraient voir le montant de leur retraite calculé sur toute leur carrière et non plus sur les dernières années d’activité, avec très peu de primes.

Grève du 5 décembre : les enseignants au premier rang contre la réforme des retraites

  Grève du 5 décembre : les enseignants au premier rang contre la réforme des retraites Les enseignants seront parmi les plus mobilisés, jeudi 5 décembre contre la réforme des retraites. © Fournis par Franceinfo Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le reconnaît lui-même : il faut s'attendre à une très forte mobilisation du personnel enseignant à partir du 5 décembre.55% de grévistes dans les écoles primaires, selon les chiffres de l'administration qui se base sur les déclarations d'intention que doivent remplir les professeurs des écoles. C'est à Paris que le taux de grévistes sera le plus important : au moins 78% dans le premier degré.

Alors que les salaires des enseignants sont en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, ce projet régressif des retraites marque une nouvelle fois l’absence de reconnaissance pour celles et ceux qui, au quotidien et partout sur le territoire de la République, s’attachent à garantir la réussite de tous leurs élèves.

Si les premières estimations se confirment, la perte pour un(e) retraité(e) de l’Education nationale pourrait être de 300 à 900 euros par mois.

Question du recrutement des enseignants

Dans ces conditions, comment ne pas mesurer combien le coup porté à la fonction aggravera inévitablement la question du recrutement des enseignants ?

En effet, alors que les candidatures au concours des personnels du second degré sont cette année en baisse de 7,8% – dont une baisse de 16,8% en mathématiques, de 17% et 20% pour les filières technologique et professionnelle –, qui voudrait se lancer dans une profession dont les conditions de travail, le salaire et la retraite souffrent d’un manque de reconnaissance flagrant de la part des décideurs politiques et plus globalement de la société ?

Pourquoi parle-t-on beaucoup de la retraite en ce moment ?

  Pourquoi parle-t-on beaucoup de la retraite en ce moment ? Ce jeudi 5 décembre, de nombreuses personnes font grève en France, c’est-à-dire qu’elles arrêtent de travailler ce jour-là. 150 manifestations sont aussi prévues un peu partout dans le pays. Ces Françaises et Français se mobilisent contre un grand projet du gouvernement : la réforme des retraites. Rassemblements de gens dans la rue pour demander que les choses changent ou pour défendre des idées. Ensemble des ministres, c’est-à-dire des personnes qui dirigent le pays. À partir d’un certain âge, on peut arrêter de travailler et prendre sa retraite.

Comment ne pas comprendre que la spirale du recours aux enseignants contractuels – dont la formation est particulièrement aléatoire – s’enclenche alors pour devenir la «norme» du processus de recrutement, plaçant des personnels en grandes difficultés face à des publics scolaires aux besoins d’accompagnement et de soutien particulièrement aigus ?

Comment ne pas voir dans ce projet de retraite un nouveau coup porté au métier d’enseignant, aux conséquences durables dans certains départements en matière de recrutement au point que, par exemple en Seine-Saint-Denis, les élèves ont 20% de leurs heures de cours perdues faute de professeurs remplacés ?

Une école «du grand écart»

La très forte mobilisation des enseignants lors de la manifestation du 5 décembre traduit à l’évidence cette inquiétude et surtout ce refus de voir une retraite revue à la baisse après une carrière dont le niveau de pénibilité ne cesse de croître.

Formation initiale et continue, conditions de travail, salaires et aujourd’hui problématique de la retraite : c’est bien l’ensemble de la qualité et de l’attractivité de notre système éducatif qui est aujourd’hui en jeu avec au bout du compte une école «du grand écart» qui reproduit, voire qui aggrave les inégalités entre les 10% d’élèves qui réussissent très bien – majoritairement issus de milieux favorisés – et les 20% de ceux qui sont en grande difficulté – souvent issus de milieux défavorisés.

En avril 2017, dans une lettre ouverte aux enseignants, le candidat Emmanuel Macron écrivait : «Vous – les enseignants – qui œuvrez au quotidien pour la réussite des élèves, votre travail doit faire l’objet d’une plus grande reconnaissance de la nation.»

Monsieur le président Macron, il n’est que temps.

Mauritanie: nouveau débrayage dans les collèges et les lycées .
En Mauritanie, les enseignants ont débuté un mouvement de grève ce 9 décembre dans les collèges et les lycées pour dénoncer leurs conditions de travail et exiger des hausses de salaires. En Mauritanie, les syndicats ont décidé de débrayer une nouvelle fois depuis le 9 décembre pour dénoncer notamment les conditions de travail déplorables dans les collèges et les lycées et exiger des hausses de salaires. « Des salles de classe sans porte, sans fenêtre, détaille Sidi Ould Boudidele, secrétaire général de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire. Des établissements scolaires souvent sans clôture sécurisée, sans toilettes du tout.

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