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France Rassemblements pour réclamer « justice » pour Sarah Halimi

22:15  05 janvier  2020
22:15  05 janvier  2020 Source:   20minutes.fr

Pourvoi en cassation : «Qu’il lui soit rendu justice à elle, Sarah Halimi»

  Pourvoi en cassation : «Qu’il lui soit rendu justice à elle, Sarah Halimi» Le meurtrier présumé de la retraitée tuée en 2017 ne sera pas jugé. Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, les avocats du frère et de la belle-sœur de la victime en appellent notamment à la ministre de la Justice Nicole Belloubet. © Elene Usdin Le Parisien Muriel Ouaknine Melki, Stéphanie Cohen, Oudy Bloch et Nicolas Benouaiche, avocats du frère et de la belle-sœur de Sarah Halimi.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris et Marseille pour réclamer « justice pour Sarah » Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017

Sarah Halimi, une sexagénaire juive, a été tuée en 2017 © Thibaut Chevillard Sarah Halimi, une sexagénaire juive, a été tuée en 2017 MOBILISATION - Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris et Marseille pour réclamer « justice pour Sarah » Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris et Marseille pour réclamer « justice pour Sarah » Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017, et pour exiger un procès pour son meurtrier présumé, déclaré pénalement irresponsable, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dimanche 5 janvier, une marche "pas silencieuse" pour Sarah Halimi

  Dimanche 5 janvier, une marche Dans plusieurs villes de France, un rassemblement en hommage à Sarah Halimi est prévu dimanche 5 janvier, après que son meurtrier a été jugé pénalement irresponsable.Ces derniers jours, plusieurs appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux. Des rassemblements sont prévus dans quelques villes en France, comme à Paris, Marseille, Montpellier, Saint-Etienne, Bastia et Clermont-Ferrand le dimanche 5 janvier.

Le 19 décembre, la cour d’appel de Paris a déclaré Kobili Traoré, mis en examen pour le meurtre, pénalement irresponsable. Les juges ont estimé que ce consommateur de cannabis était alors en proie à une « bouffée délirante ». Il ne pourra donc pas être jugé aux assises. Cette décision a provoqué la colère des parties civiles et de représentants de la communauté juive.

« Incohérences et les dysfonctionnements »

« Justice pour Sarah », ont scandé plusieurs centaines de manifestants réunis Place de la République à Paris, tandis que d’autres, venus en scooters et motos, faisaient retentir leurs klaxons. Autour du socle de la statue, une banderole proclamait : « Sarah tuée car juive ».

A la tribune, William Attal, le frère de Lucie Attal, la victime, – aussi appelée Sarah Halimi – a dénoncé les « incohérences et les dysfonctionnements » à ses yeux de l’enquête menée depuis deux ans, jugeant que sa sœur avait été victime d'« un crime religieux antisémite ».

Meurtre de Sarah Halimi : à Marseille, une marche pour contester l'irresponsabilité pénale du suspect

  Meurtre de Sarah Halimi : à Marseille, une marche pour contester l'irresponsabilité pénale du suspect À 15 heures, une marche est prévue dimanche à Marseille pour protester contre la décision de la cour d'appel de Paris, qui a déclaré en décembre Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi, irresponsable pénalement. La décision avait provoqué l'indignation des proches de la victime. Le 19 décembre, la cour d'appel de Paris a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, l'homme qui avait tué Sarah Halimi, une sexagénaire juive, en 2017. Les magistrats de la chambre de l'instruction ont en effet conclu à l'abolition du discernement du jeune homme alors âgé de 27 ans.

Muriel Ouaknine Melki, l’avocate de William Attal, a qualifié la décision du 19 décembre de « décision de la honte », réclamant un procès aux assises. L’écrivain Marek Halter, lui aussi présent au rassemblement parisien, a mis en garde contre une décision qui pourrait, selon lui, « introduire une nouvelle jurisprudence ».

A Marseille, ce sont 2.500 personnes selon la police qui ont défilé de la préfecture au Palais de justice, brandissant des pancartes ironiques : « fume des joints, il t’arrivera rien ». Parmi eux, de nombreux élus, dont plusieurs candidats aux municipales de mars.

« Je suis très inquiet de cette décision de justice qui vient d’être prise (…) Face à une situation aussi injuste, si tout le monde peut se retrouver derrière la bannière bleu-blanc-rouge, c’est tant mieux ! », a estimé auprès de l’AFP Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Cinq ans après l'Hyper Cacher, "l'angoisse" des Juifs face au djihadisme

  Cinq ans après l'Hyper Cacher, Cinq ans après la prise d'otage meurtrière dans le magasin les Juifs français vivent dans une "angoisse" des crimes antisémites.

« Je ne pouvais pas rester chez moi aujourd’hui »

Un pasteur évangélique, Frédéric Baudin, est venu exprimer son « soutien » aux juifs : « Je m’indigne avec vous de l’absence de procès et de jugement », a-t-il lancé à la foule. Léa, la soixantaine, était venue en famille pour ce rassemblement, « en tant que juive et en tant que citoyenne ». « Il a massacré Sarah Halimi, il l’a défenestrée, et tout ça dans l’indifférence ? Je ne pouvais pas rester chez moi aujourd’hui », a-t-elle expliqué.

Fin décembre, le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui ne participait pas au rassemblement dimanche, avait rendu publique une lettre ouverte adressée à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, s’indignant que le « suspect puisse échapper à la justice » et craignant que cette décision ne revienne à délivrer « un permis de tuer les juifs ».

S’appuyant sur plusieurs expertises, la cour d’appel avait estimé en décembre qu’il existait « des charges suffisantes contre Kobili Traoré d’avoir (…) volontairement donné la mort » à Sarah Halimi, avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, tout en le déclarant « irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ».

Cinq ans après, hommage aux victimes de l'attentat contre l'Hyper Cacher .
Une protestation contre la décision de justice rendue au sujet du meurtrier présumé de Sarah Halimi a également eu lieu lors de cet hommage aux quatre victimes juives. © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP Une affiche montrant les visages de Yoav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et Francois-Michel Saada, les quatre victimes de l'attentat à l'Hypercacher, le 9 janvier 2015.

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