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France Elargir la rétention de sûreté aux djihadistes libérés : l’idée qui séduit la droite

14:05  15 janvier  2020
14:05  15 janvier  2020 Source:   nouvelobs.com

Djihadistes détenus en Syrie: Belloubet évoque l'hypothèse d'un rapatriement

  Djihadistes détenus en Syrie: Belloubet évoque l'hypothèse d'un rapatriement « On ne peut prendre le risque d’une dispersion dans la nature », a souligné Nicole Belloubet © Louise MERESSE/SIPA La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le 25 septembre 2019 à l’Assemblée nationale. RETOUR - « On ne peut prendre le risque d’une dispersion dans la nature  La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a évoqué ce samedi l’hypothèse d’un rapatriement des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie, son entourage réfutant toutefois une rupture avec la position de Paris sur ce dossier sensible.

Au lendemain de l’annonce de la libération de Flavien Moreau, le premier djihadiste à avoir été condamné à son retour de Syrie, l’ancienne garde des Sceaux a plaidé pour que les djihadistes puissent être détenus après leur peine de prison, tant que leur dangerosité est avérée.

D'où cette idée d' élargir la rétention de sûreté , adoptée en 2008, au moment où Rachida Dati était ministre de la Justice. Il faut l’ élargir pour les djihadistes , pour les personnes condamnées pour radicalisation, pour acte de terrorisme, mais également pour ceux qui reviennent de ces terrains de

  Elargir la rétention de sûreté aux djihadistes libérés : l’idée qui séduit la droite © Copyright 2020, L'Obs

La libération mardi 14 janvier de Flavien Moreau, premier djihadiste condamné en France après son retour de Syrie, a déclenché des remous.

Mon expérience dans un centre de « déradicalisation »

A droite, des voix se sont élevées pour réclamer l’élargissement de la rétention de sûreté aux djihadistes libérés.

« Il faudrait élargir la rétention de sûreté »

aux « djihadistes, aux personnes condamnées pour radicalisation, pour acte de terrorisme mais également à ceux qui reviennent de ces théâtres de guerre », a plaidé l’ancienne ministre de la Justice Rachida Dati mardi sur Europe 1.

"La prison, c'est l'ENA du djihad", analyse le chercheur Hugo Micheron

  Le chercheur à l'Ecole Normale Supérieure Hugo Micheron a enquêté sur les réseaux djihadistes en France. Il s'est entretenu avec des dizaines de djihadistes incarcérés dans des prisons françaises, et publie, cinq ans après les attentats de Charlie Hebdo, "Le djihadisme français". Il est l'invité de Fabienne Le Moal dans le journal de la mi-journée samedi. Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, a déclaré vendredi dans Libération qu'il n'y avait "pas d'autre solution que de rapatrier en France les djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie".

Au lendemain de l’annonce de la libération de Flavien Moreau, le premier djihadiste à avoir été condamné à son retour de Syrie, l’ancienne garde des Sceaux

En droit pénal français, la rétention de sûreté est une procédure visant à permettre le placement dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté , de prisonniers ayant exécuté leur peine mais présentant un risque très élevé de récidive parce qu’ils souffrent d’un trouble grave de la personnalité.

« Ces individus ne peuvent pas être remis en liberté tant que leur dangerosité est encore avérée », a encore estimé Rachida Dati, en campagne pour les municipales à Paris.

Même si Flavien Moreau fait l’objet d’une surveillance judiciaire depuis sa sortie de prison, et est soumis à certaines obligations et interdictions, pour Rachida Dati, ce n’est donc pas suffisant.

Une mesure contestée…

La rétention de sûreté est une mesure contestée votée en 2008 alors que Rachida Dati était garde des Sceaux. Elle prévoit que les criminels condamnés à des peines de réclusion d’au moins quinze ans peuvent être maintenus en détention une fois leur peine purgée s’ils sont encore considérés comme dangereux et qu’ils présentent une probabilité très élevée de récidive en raison de troubles graves de la personnalité.

"C'est une erreur" : Manuel Valls s'oppose au rapatriement des djihadistes français

  Manuel Valls était samedi l'invité de Wendy Bouchard dans le "Grand journal du soir". Alors que la ministre de la Justice Nicole Belloubet a évoqué samedi matin la possibilité d'un rapatriement des djihadistes français, l'ancien Premier ministre a rappelé son hostilité à cette hypothèse, selon lui source de "risques"."Je crois que ces hommes, ces femmes qui ont commis des faits atroces et qui ont participé à la guerre, à des actes de torture, à des viols, doivent d'une manière ou d'une autre être jugés et payer leurs actes là où ils les ont commis", affirme Manuel Valls.

« Les djihadistes sont soignés dans des hôpitaux turcs. Les ministères de la Santé et des Affaires étrangères doivent expliquer pourquoi et comment cela est Alors que la Turquie est de plus en plus souvent accusée de laxisme dans la gestion des entrées et des sorties avec la Syrie, permettant aux

Pour les condamnés, les Constructifs exigent une « rétention de sûreté » qui permettrait de maintenir emprisonné un individu dangereux, même après l’exécution de sa peine. Une idée partagée par Guillaume Larrivé et Eric Ciotti (LR), qui l’ont inscrite dans leur

Cette loi « est faite pour des criminels dangereux, les pédophiles et criminels en série » et « il faut l’élargir », a martelé Rachida Dati.

…mais qui séduit à droite

A droite, c’est une petite musique qui monte. Et Rachida Dati rejoint notamment le député LR de l’Yonne Guillaume Larrivé qui a demandé vendredi que « pour des détenus condamnés pour terrorisme ou pour droit commun, mais qui ont été identifiés comme islamistes dangereux, l’on étudie au cas par cas des mesures de rétention de sûreté », appelant le gouvernement à « recevoir une délégation des élus républicains » sur cette question.

« Aucune action pour renforcer la rétention de sûreté n’a été mise en place par Hollande/Macron pour protéger les Français malgré nos demandes réitérées », a de son côté déploré sur Twitter la députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer.

Quelles mesures seront appliquées au premier djihadiste français libéré ?

  Quelles mesures seront appliquées au premier djihadiste français libéré ? Jean-Charles Brisard, président du centre d'analyse du terrorisme était l'invité de la matinale de Mathieu Belliard lundi. A la veille de la libération de Flavien Moreau, le premier djihadiste français jugé à son retour de Syrie, il détaille les mesures administratives et judiciaires prévues dans cette situation inédite. Flavien Moreau est le premier revenant de Daesh jugé en France à sortir de prison. Il a été libéré dimanche de la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, où il était incarcéré depuis sept ans. Une libération qui inquiète dans un pays encore meurtri par les attentats terroristes des dernières années.

Le conflit en Syrie semble prendre une nouvelle tournure avec la décision de plusieurs groupes euronews, la chaîne d'informations la plus regardée en

Il faudrait élargir la rétention de sûreté (destinée aux criminels les plus dangereux comme les pédophiles et criminels en série, ndlr) pour les djihadistes , pour les personnes condamnées pour radicalisation, pour acte de terrorisme et également pour ceux qui reviennent de ces terrains de

Damien Abad et Bruno Retailleau, présidents des groupes LR à l’Assemblée nationale et au Sénat, ont joint leurs voix à ces demandes mercredi, le premier sur RFI, l’autre sur CNews. Notant que « mettre des mesures de rétention, privatives de liberté, c’est compliqué vis-à-vis de la Constitution », Bruno Retailleau a estimé que « droite, gauche, En Marche !, doivent étudier des mesures de surveillance et administratives ».

Comment déradicaliser ? Dans les laboratoires de l’après-terrorisme

Le député des Bouches-du-Rhône (LR) Eric Diard a par ailleurs déposé une proposition de loi visant à étendre la rétention de sûreté aux détenus radicalisés violents. Elle devait être examinée mardi par l’Assemblée nationale, affirmait-il sur Facebook.

« Nous avons des règles de droit »

Si l’idée séduit donc à droite, elle a cependant des détracteurs, à l’instar de Me Henri Leclerc, avocat et président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme. Sur Europe 1 mercredi, il s’est insurgé contre cette mesure, estimant qu’il s’agissait d’une aberration juridique et sociale.

« Je suis pour la sécurité, pas pour cette sécurité prédictive », a-t-il déclaré. « Nous avons des règles de droit. Il y a un principe de droit fondamental : celui qui a accompli sa peine doit se réinsérer dans la société », a-t-il ajouté.

LIRE AUSSI> Djihadisme : « Les aumôniers musulmans jouent un rôle fondamental dans les prisons »

Enfermer des djihadistes à vie n’est pas la solution pour Me Henri Leclerc qui rappelle que « la prison a des fonctions, établies par la loi ». Parmi elles, s’assurer qu’un individu ne représente plus un danger de la société. L’avocat, qui craint que l’on aille vers une « société pénitentiaire » reconnaît que le risque zéro n’existe pas mais martèle : « Ou alors, on met tout le monde en prison. »

Cinq touristes français portés disparus dans un accident de motoneige au Québec .
Le guide canadien qui encadrait la sortie est décédé. Le groupe s’est engagé sur un sentier non balisé et la glace a cédé.L’accident est survenu mardi en début de soirée dans la région du lac Saint-Jean, lors d’une balade en motoneige avec un guide et huit touristes français qui a viré au drame.

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