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France Jean-Laurent Bonnafé, patron de BNP Paribas : "La réforme des retraites est nécessaire"

02:05  19 janvier  2020
02:05  19 janvier  2020 Source:   lejdd.fr

Réforme des retraites : pour la CGT, "il peut y avoir une forme d'essoufflement du mouvement"

  Réforme des retraites : pour la CGT, Si Laurent Berger a indiqué mercredi qu'un accord n'était pas encore sur la table avec le gouvernement, les négociations se poursuivent sur la réforme des retraites. Dans ce contexte, la CGT devra trouver les ressources pour ne pas voir la mobilisation faiblir. À l'appel de plusieurs syndicats, une nouvelle journée de mobilisation nationale a lieu jeudi contre la réforme des retraites.

L ’ esprit de défense est - il vraiment nécessaire ? Lui aussi est Fantastique. Vadim Vasilyev, ancien vice-président de Monaco « Pour Mbappé, il faudra mettre 300 millions sur la table ». Le secrétaire à la Défense des États-Unis est membre du Cabinet du président des États-Unis et dirige le département

La rédaction vous conseille. Réforme des retraites : pourquoi ils se méfient de Laurent Berger. Les auteurs de ces agressions sèment la violence et la discorde. Nous les ferons reculer par le rassemblement des Français et la solidarité », a réagi le patrons des députés LREM Gilles Le Gendre.

Le patron de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, fait du bien commun et de la transformation numérique ses priorités. Taux bas, réseau, Gafa, Brexit, réformes Macron… sa vision d'un monde qui change. © Gilles Bassignac/Divergence pour le JDD

Le patron de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, fait du bien commun et de la transformation numérique ses priorités. Taux bas, réseau, Gafa, Brexit, réformes Macron… sa vision d'un monde qui change.

La parole de ce banquier est rare. Le groupe né de la fusion de BNP et de Paribas en 1999 emploie 200.000 personnes dans le monde. Il résiste bien aux changements qui secouent le secteur bancaire. Cependant, pour lui, l'heure n'est pas aux consolidations entre acteurs mais à la croissance organique. Taux bas, réseau, Gafa, Brexit, réformes Macron…Le patron de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, répond aux questions du JDD.

Retraites: nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et manifestations le 16 janvier

  Retraites: nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et manifestations le 16 janvier CGT, FO, la FSU, Solidaires et la CFE-CGC demandent une nouvelle journée interprofessionnelle de grèves le 16 janvier prochain. © REUTERS L'intersyndicale demande une nouvelle journée de mobilisation massive le 16 janvier 2020. L'intersyndicale opposée à la réforme des retraites du gouvernement appelle à une nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations le jeudi 16 janvier, la sixième depuis le début du mouvement le 5 décembre.

En raison de la poursuite de la grève contre la réforme des retraites , la circulation est de nouveau très compliquée ce lundi sur les réseaux SNCF et RATP. Les rares métros, bus et RER qui circulent à Paris ont été pris d'assaut. Les embouteillages cumulés en Île- de -France ont dépassé les 420

Lire aussi - Frédéric Oudéa : "Les banques françaises se bousculent pour le climat"

Les taux d'intérêt vont-ils rester bas longtemps?

C'est un phénomène durable. Plusieurs facteurs y contribuent : la politique monétaire des banques centrales, qui ne remonteront pas leurs taux directeurs tant que l'inflation restera en dessous de 2%, le niveau élevé de l'endettement des États et le ralentissement de la croissance mondiale.

Cela peut-il mettre en difficulté certaines banques européennes?

Depuis la crise financière de 2008, il a été demandé aux banques européennes de doubler ou même de tripler leur niveau de fonds propres et de quadrupler leurs réserves de liquidités, ce qui donne une grande robustesse au système bancaire européen. Toutefois, certains établissements qui ont une rentabilité faible, voire nulle, sont aujourd'hui fragilisés par les taux bas ou négatifs. Cela conduit à une forme de consolidation organique, car les acteurs les mieux positionnés gagnent des parts de marché. D'autres doivent abandonner des activités dans lesquelles ils n'ont pas les compétences ou la taille critique suffisante. Dans ce contexte, nous avons été acteurs de cette consolidation en devenant notamment la première banque européenne des entreprises.

Réforme des retraites : 60% des Français soutiennent toujours le mouvement de grève

  Réforme des retraites : 60% des Français soutiennent toujours le mouvement de grève Le soutien des Français au mouvement de grève reste majoritaire, selon un sondage Harris Interactive. © afp.com/STEPHANE DE SAKUTIN Des agents de la RATP manifestent près de la Gare de l'Est, le 26 décembre 2019 à Paris, au 22e jour de grève contre la réforme des retraites La bataille de l'opinion se poursuit. 60% des Français continuent de soutenir le mouvement de contestation contre la réforme des retraites, selon un sondage Harris Interactive publié par RTL et AEF Info. 62% des Français avaient cette opinion dans un sondage du 20 décembre dernier.

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Devenir plus gros, ce n'est pas un atout si cela vous rend plus lent dans un monde qui va vite

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Vous ne croyez donc pas à l'imminence de grandes fusions bancaires en Europe?

À l'échelle européenne, certaines banques se renforcent organiquement, et BNP Paribas en fait partie. On ne voit pas, ou peu, le mouvement traditionnel qui consiste à fusionner deux acteurs qui se ressemblent. La réglementation bancaire en matière de solvabilité et de liquidité n'y est pas favorable. Devenir plus gros, ce n'est pas un atout si cela vous rend plus lent dans un monde qui va vite. En revanche, nous avons fait quelques acquisitions ciblées dans des activités qui offrent une bonne croissance.

Et en France, êtes-vous satisfait de la décision d'abaisser le taux du Livret A de 0,75 à 0,5%?

Il est nécessaire d'expliquer que l'augmentation ou l'abaissement du taux du Livret A ne relève pas d'une décision, mais de l'application automatique de la formule de calcul du taux. Cette formule prend en compte le niveau de l'inflation et la moyenne des taux interbancaires avec un niveau plancher fixé à 0,5 %. Ce taux reste comparativement élevé pour un placement qui fonctionne comme un compte à vue, quand un emprunt d'État à dix ans est aujourd'hui à 0%.

Grève contre la réforme des retraites EN DIRECT : Nouvelle journée de mobilisation partout en France, à la recherche d'un second souffle

  Grève contre la réforme des retraites EN DIRECT : Nouvelle journée de mobilisation partout en France, à la recherche d'un second souffle Suivez en direct avec nous la 43e journée de mobilisation contre la réforme des retraites © Ludovic Marin / AFP Des grévistes de la RATP à Vitry-sur-Seine, le 13 janvier 2020. LIVE - Suivez en direct avec nous la 43e journée de mobilisation c L’ESSENTIEL Pour la sixième fois depuis le 5 décembre, l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC et trois organisations de jeunesse) appelle à « une journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations » ce jeudi.

Où en êtes-vous dans la transformation numérique que vous avez engagée à travers le plan 2020?

Nous avons investi près de 3 milliards d'euros sur trois ans, en embarquant et en mobilisant toutes les énergies du groupe et tous nos métiers : des activités de marché pilotées avec des automates jusqu'aux crédits à la consommation en ligne en passant par l'expérience numérique de la banque des particuliers et Nickel, notre néobanque. Cette transformation est en train de réussir.

Cette transition va-t-elle entraîner de nouvelles fermetures d'agences bancaires?

C'est toujours le client qui choisit et qui décide à la fin. Il y a dix ans, il se rendait en moyenne dix fois par an en agence, aujourd'hui c'est plutôt une seule. Nos clients veulent des réponses rapides et des plateformes apportant de l'autonomie. Pour nos collaborateurs, cela signifie une activité de conseil plus importante. Dans notre métier de banquier, la relation client et le face-à-face restent déterminants, notamment au moment des grandes décisions patrimoniales.

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À l'échelle européenne, je ne connais pas de néobanque qui ait démontré sa rentabilité, sauf Nickel

A Amiens, Mélenchon et Ruffin main dans la main pour pilonner la réforme des retraites

  A Amiens, Mélenchon et Ruffin main dans la main pour pilonner la réforme des retraites A Amiens, dans la Somme, Jean-Luc Mélenchon, le patron de La France Insoumise, et François Ruffin, député du département, ont marché côte-à-côte pour critiquer "l'hallucination libérale" d'Emmanuel Macron.Ils ont tous les deux ciblé le président de la République. "Cet homme nous fait payer très cher son hallucination libérale : après le code du travail, le statut de la fonction publique, les retraites", s'est exclamé Jean-Luc Mélenchon au micro de l'assemblée générale.

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Comment gérez-vous l'impact de ces fermetures en ce qui concerne les ressources humaines?

Notre gestion de ces situations est particulièrement adaptée et lissée dans le temps. Nous avons toujours privilégié le turnover naturel. C'est l'axe principal pour adapter les effectifs. Il peut y avoir, dans certains métiers spécialisés, des plans de départs volontaires, mais nous n'avons jamais de départs contraints. Certaines banques annoncent des plans de réduction qui se chiffrent en dizaines de milliers d'emplois, ce n'est pas notre culture. Et nous continuons à recruter. L'an dernier, nous avons compté 2.000 embauches rien qu'en France. Le défi pour nous est de continuer à former nos collaborateurs pour les préparer à un environnement en perpétuel changement.

Redoutez-vous la concurrence des néobanques comme N26 ou Revolut?

À l'échelle européenne, je ne connais pas de néobanque qui ait démontré sa rentabilité, sauf Nickel, que nous avons acquise il y a quatre ans et qui propose un service adapté aux clients les moins aisés. Si vous n'avez pas une proposition de valeur et un service spécifique, vous n'êtes pas viable. 99 % de l'offre bancaire numérique vient maintenant des banques de réseau, qui sont devenues très fortes. Elles ont un avantage colossal sur les nouveaux acteurs : leur fonds de commerce et leurs clients.

"Le système des retraites ne peut pas se résumer à coup de slogans", assène Laurent Berger

  Le numéro un de la CFDT a réclamé vendredi sur Europe 1 que chacun, syndicats comme gouvernement, sorte de ses postures sur la réforme des retraites. "Au bout d’un moment il y a tout et n’importe quoi qui se raconte", a déploré Laurent Berger.

Craignez-vous l'irruption dans vos métiers des géants numériques américains et chinois?

Nous ne voyons pas arriver les Gafa sur les métiers de l'épargne, qui sont très réglementés. En Europe, le marché est aussi plus fragmenté au regard des règles de protection des consommateurs, par exemple. Ce qui intéresse les Gafa, c'est le paiement, qui leur permet de mieux comprendre les comportements des clients. Pour ma part, je crois plus à l'open banking, à l'ouverture avec des systèmes de paiement concurrents. On ne s'interdit pas, en revanche, de développer nos propres outils de paiement sans contact comme Lyf Pay avec le Crédit mutuel, Paylib, qui regroupe toutes les grandes banques françaises, ou encore le projet européen d'infrastructure de paiement aujourd'hui appelé Pepsi.

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Désormais, la capacité à générer un bénéfice n'est plus le seul indicateur de succès de l'entreprise

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La banque de demain sera encore plus technologique et ouverte?

C'est le bon chemin pour répondre aux attentes des clients. Il y aura demain de plus en plus de coopération entre les banques ou avec les acteurs des nouvelles technologies. C'est pourquoi nous proposons le service de paiement mobile Apple Pay en Belgique, où il rencontre un franc succès, et en France. Ce qui nous importe, c'est de bien servir les clients. Leur offrir le paiement sans contact avec la carte ou le smartphone. Les deux solutions cohabitent. Il en va de même des métiers de la gestion d'actifs, où les clients nous demandent une offre diversifiée. Nous leur proposons les meilleurs produits du marché, pas seulement les nôtres.

Retraites : "Il faut mettre les chiffres sur la table" demande Laurent Berger au gouvernement

  Retraites : Sur Europe 1, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger réclame des garanties de la part du gouvernement, qui présente aujourd'hui en conseil des ministres son projet de loi de la réforme des retraites. "Il faut mettre les chiffres sur la table" demande le leader du syndicat réformiste. C’est une date qui n’a pas été choisie au hasard. Alors que le projet de loi sur la réforme des retraites est présenté vendredi en conseil des ministres, ses opposants se mobilisent à l’occasion d’une 7e journée de contestation. Un mouvement qui doit se poursuivre pour sept Français sur dix selon un sondage BVA.

La transformation du groupe né de la fusion entre BNP et Paribas en 1999 est-elle achevée?

Depuis 1999, nous avons connu quatre temps forts. La période 2000 à 2009 est marquée par des années de croissance organique et externe, avec des acquisitions comme BNL en Italie et Fortis en Belgique, ou l'essor de Bank of the West outre-Atlantique. De 2009 à 2011, c'est le temps des crises financières et de l'euro. Les superviseurs ont demandé aux banques de faire leur métier de manière plus sécurisée et plus éthique. C'est ainsi que nous avons renforcé nos réserves de liquidités, qui dépassent aujourd'hui 300 milliards d'euros. Ensuite, nous avons entamé le plan de transformation numérique qui va encore durer de très longues années. Et depuis la COP21, en 2015, nous voulons à la fois servir nos clients et avoir un impact positif sur notre environnement.

Vous devenez une banque engagée?

Dès 2017, nous avons placé l'engagement sociétal au cœur de notre entreprise. Aujourd'hui, nous franchissons une étape supplémentaire en intégrant le développement durable dans nos processus opérationnels. En cette nouvelle décennie, il est essentiel que la banque prenne sa part dans la recherche du bien commun. Toutes nos activités doivent contribuer à cet objectif. Notre "raison d'être", diffusée dans quelques jours à tous nos collaborateurs, servira de colonne vertébrale à cette volonté : être plus inclusifs envers les territoires et les populations fragiles. Et donner un énorme coup d'accélérateur pour soutenir la transition énergétique. Désormais, la capacité à générer un bénéfice n'est plus le seul indicateur de succès de l'entreprise. Il y a des financements et des secteurs qu'il faut abandonner, d'autres qu'il faut développer.

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Nous allons continuer à investir au Royaume-Uni

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À quoi vous engagez-vous concrètement?

« A cause de Macron » : un flash-mob gare de l’Est contre la réforme des retraites

  « A cause de Macron » : un flash-mob gare de l’Est contre la réforme des retraites VIDEO. Les militants de l’association Attac ont dansé ce vendredi sur une reprise du tube de Yelle « A cause des garçons ». > Voir les images du flash-mob :

Nous avons déjà cessé en 2017 de financer tout nouveau projet de centrale à charbon, ainsi que les clients spécialisés dans les hydrocarbures non conventionnels. Plus récemment, nous nous sommes engagés à ne plus avoir de client dont une part de l'activité est liée au charbon thermique dans l'Union européenne d'ici à 2030, et d'ici à 2040 dans le reste du monde. Le travail de pédagogie est activement conduit auprès des clients. Nous sommes la troisième banque mondiale et la première européenne en matière de financement des énergies renouvelables, et l'un des leaders mondiaux des obligations vertes. Nous déployons un outil appelé myImpact pour orienter nos clients de banque privée vers des placements plus engagés. Nous formons nos gestionnaires à ces nouveaux produits. Les besoins sont importants, pour ne pas dire infinis.

Notre avenir dépend aussi de l'Europe. Quel sera l'impact du Brexit?

Les Britanniques souhaitaient massivement sortir, sans doute parce qu'ils n'avaient pas trouvé leur place. La preuve : ils n'avaient pas rejoint le premier projet des vingt dernières années, l'euro. Mais ce n'est pas parce que vous sortez que vous êtes fâché. Nous allons continuer à investir dans cette grande économie. Nous suivrons nos clients. Si certains d'entre eux décident de venir en Europe, nous nous adapterons. Pour l'instant, cette bascule n'est pas manifeste.

Croyez-vous encore au succès de l'Europe?

L'Europe a du mal à dire du bien d'elle-même. Son économie sous-jacente, avec sa capacité à travailler, sa recherche, ses infrastructures, se porte pourtant mieux que certains ne le perçoivent. Mais il y a des disparités géographiques qui créent des tensions au sein même des pays. Or, pour parler sereinement d'un projet futur autour d'une table, il faut déjà être serein chez soi.

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Grâce aux réformes, notre économie est redevenue plus performante que la moyenne européenne

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Quel diagnostic posez-vous sur la France, qui s'est engagée dans une phase intensive de réformes?

La France est un pays qui a longtemps différé ses réformes structurelles. Maintenant, il n'y a plus le choix. Certaines réformes se passent bien, comme celles du marché du travail et de la fiscalité de l'épargne. Elles sont absolument majeures et ont déjà des impacts positifs. Grâce à elles, notre économie est redevenue plus performante que la moyenne européenne. La volonté d'entreprendre, d'inventer, de créer a décuplé en France.

Êtes-vous favorable à la réforme des retraites?

Elle est nécessaire, car le système n'est plus soutenable et s'est déréglé. Il n'est pas étonnant que cela déclenche des résistances fortes. J'observe qu'une convergence est en train de se former. Il est important que cette réforme puisse aboutir.

Cette réforme est-elle une opportunité pour les acteurs de la finance?

Cette réforme permet déjà de sauvegarder le système par répartition. En outre, le plan d'épargne retraite permet de choisir une sortie en rente ou en capital. Le rôle des acteurs bancaires sera dans ce contexte d'accompagner tous les jours davantage les épargnants dans la préparation de leur retraite.

« A cause de Macron » : un flash-mob gare de l’Est contre la réforme des retraites .
VIDEO. Les militants de l’association Attac ont dansé ce vendredi sur une reprise du tube de Yelle « A cause des garçons ». > Voir les images du flash-mob :

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usr: 8
C'est intéressant!