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France Marseille : une nouvelle marche contre le logement insalubre et "la criminalisation" des associations

22:15  24 janvier  2020
22:15  24 janvier  2020 Source:   lejdd.fr

Habitat insalubre à Marseille : associations et collectifs interpellent le gouvernement

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Une nouvelle marche contre le logement insalubre est organisée samedi à Marseille. Les associations alertent sur la situation des délogés et dénoncent © Sipa

Une nouvelle marche contre le logement insalubre est organisée samedi à Marseille. Les associations alertent sur la situation des délogés et dénoncent "une criminalisation des solidaires", à quelques jours du procès d'un militant emblématique du collectif du 5 novembre.

Marseille est toujours en colère. Plus d’un an après les effondrements mortels de deux immeubles rue d’Aubagne, dans le centre-ville de la cité phocéenne, une nouvelle marche citoyenne est organisée samedi par plusieurs associations contre le logement indigne. Ils déplorent toujours l’incurie de la municipalité alors que les expulsions se poursuivent et que la situation des délogés ne s'améliore pas. L’occasion aussi d’un appel aux candidats à la mairie. "Pour l’instant, le logement n’est une priorité de la campagne, déplore Valérie Manteau, membre du collectif du 5 novembre. Or ce sujet doit être central. Certes, il n’est pas trop tard, mais cette marche c’est aussi une façon de dire que peu importe le maire élu, nous resterons mobilisés."

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Un procès symbolique

A la colère s’ajoute une nouvelle revendication : "contre la criminalisation des solidaires". Dans quelques jours, Kevin Vacher militant du collectif du 5 novembre sera jugé au tribunal correctionnel pour "violences volontaires en réunion avec préméditation". Un procès "grotesque" pour le collectif. Le 10 septembre dernier, Kevin Vacher, accompagné d’autres militants et de délogés se rendent dans les locaux du bailleur social pour protester contre des expulsions sans respect de la charte des délogés et exiger le relogement des familles. Alors qu’il tente d’ouvrir la porte, une employée du bailleur social s’interpose. C'est à ce moment là qu'elle se serait blessée au doigt. Cette dernière accuse le militant d'un coup et porte plainte, soutenue par le bailleur. D'après le dossier judiciaire consulté par le collectif il y a quelques jours, la blessure relève d’un "hématome au doigt". Le militant est placé en garde à vue pendant 28 heures puis sous contrôle judiciaire.

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Plus que la plainte de l’employée, ce sont les charges retenues qui interpellent. "Violences volontaires en réunion avec préméditation : il risque de la prison, s’alarme Valérie Manteau. C’est délirant. J’étais sur place : le rassemblement était pacifique, nous avons discuté avec la directrice de Marseille Habitat qui a reconnu ses torts, il y avait des familles, des enfants." Kevin Vacher lui-même déclare ne pas se souvenir des faits qui lui sont reprochés. "C’est une vraie stratégie de diabolisation des militants, et j’ai du mal à croire que ce soit un hasard. Kevin est un personnage visible, engagé, dénonce la membre du collectif du 5 novembre. Depuis plus d’un an on se bat pour la dignité des mal-logés. Notre mot d'ordre c'est d'agir avec les familles."

"C'est d'un cynisme décomplexé"

Plusieurs femmes et hommes politiques, dont Jean-Luc Mélenchon, Julien Bayou, Philippe Poutou ou Clémentine Autain, ont apporté leur soutien dans une tribune. "La crise du logement que connaît Marseille a conduit au délogement de plus de 4.000 personnes dans toute la ville […]. En se mobilisant ainsi et en ayant obtenu de grandes victoires par leur solidarité et mobilisation, les collectifs et associations marseillais font tenir cette ville debout", déclarent-t-ils. Un rassemblement est prévu devant le tribunal correctionnel en signe de soutien le 30 janvier prochain, suivi d'un procès citoyen du mal logement le soir-même.

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Entre la ville et les associations le torchon brûle. Ces dernières dénoncent des coups bas à répétition. Emmaüs Pointe-rouge a par exemple reçu une amende de 4.285 euros pour affichage illégal, juste avant Noël. "La ville n’a même pas le nombre légal de panneaux pour l’expression libre et l’expression associative", contre-attaque Fathi Bouaroua, président. Un recours pour excès de pouvoir a été déposé. "Alors que la plupart des marchands de sommeil ne sont toujours pas inquiétés, conclut Valérie Manteau. C’est d’un cynisme décomplexé." Contactée, la mairie n'a pas donné suite aux sollicitations.

Fin de règne pour Jean-Claude Gaudin : "Il n'est pas de mission plus noble que de servir Marseille" .
Après 25 ans à la tête de la seconde ville de France, Jean-Claude Gaudin préside son dernier conseil municipal à Marseille. "La responsabilité est lourde, mais le bonheur est immense d’œuvrer pour le présent et d’ouvrir un chemin pour l’avenir", a-t-il déclaré. Une fin de règne dans un climat tendu : sa gestion de la ville est très décriée par les habitants et élus d'opposition.

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C'est intéressant!