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France Retrait de Griveaux : rencontre avec Piotr Pavlenski, suspect numéro 1

20:20  14 février  2020
20:20  14 février  2020 Source:   liberation.fr

Retrait de Benjamin Griveaux : "On nous prive du combat pour Paris"

  Retrait de Benjamin Griveaux : La secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher, également candidate dans le 16e arrondissement de Paris, a réagi au retrait de Benjamin Griveaux. "On a le sentiment qu’on nous prive de ce combat pour Paris", s’insurge-t-elle sur Europe 1. Après le retrait de Benjamin Griveaux, la République en marche doit trouver en catastrophe un nouveau candidat pour la mairie de Paris. "On a le sentiment qu’on nous prive de ce combat pour Paris", a réagi Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’état auprès du ministre de l’Économie et des Finances, vendredi soir sur Europe 1.

L'artiste-activiste russe, qui affirme avoir mis en ligne les vidéos à caractère privé de l'ex-candidat à la mairie de Paris, tente ce vendredi d'expliquer son acte illégal.

Piotr Pavlenski, 35 ans, est un personnage que l’on qualifiera, au minimum, de complexe et d’excessif. L’artiste-activiste connu en Russie pour plusieurs performances politiques douloureuses, où il s’était cousu la bouche en soutien aux Pussy Riot et cloué le scrotum sur les pavés de la place Rouge, vit en France depuis plus de trois ans. On l’avait rencontré en octobre 2016, pour un portrait, à l’occasion de la sortie en français de son ouvrage le Cas Pavlenski, la politique comme art.

L'activiste russe Piotr Pavlenski en garde à vue pour "violences volontaires avec arme"

  L'activiste russe Piotr Pavlenski en garde à vue pour Il était recherché depuis le 2 janvier par la police dans le cadre d'une enquête sur des violences commises le soir du 31 décembre. © afp.com/Lionel BONAVENTURE L'artiste russe Piort Pavlenski lors d'une interview avec l'AFP à Paris, le 14 février 2020 L'artiste russe Piotr Pavlenski, qui revendique la diffusion de la vidéo intime de Benjamin Griveaux, a été placé en garde à vue ce samedi dans le cadre d'une enquête sur des violences commises le soir du 31 décembre, a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

À l’époque, ce fils d’un père mort d’alcoolisme et d’une mère ancienne infirmière psychiatrique vivait encore à Moscou, où il a été interné en asile, mais où aucune expertise ne l’a déclaré fou. Il quitte la ville en catastrophe en décembre 2016, après avoir été accusé, avec sa compagne, d’agression sexuelle par une jeune actrice. Hurlant au coup monté et à la persécution pour des raisons politiques, le couple s’est réfugié à Paris. Hébergés au départ par la librairie russophone du Globe, dans le Marais, qui appartient à la maison Louison Editions, le performeur, sa femme et leurs deux filles ont rapidement obtenu le statut de réfugiés politiques grâce à un efficace réseau de soutien.

Pavlenski n’étant pas le genre à rester discret, il met le feu en octobre 2017 aux portes d’une succursale de la Banque de France, place de la Bastille, pour protester, dit-il, contre le pouvoir des financiers qui auraient pris symboliquement le contrôle de cette place révolutionnaire. Pour cette action, il est condamné à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis, et passe un peu plus de onze mois en préventive.

Affaire Griveaux : "Soit elle est inconsciente, soit elle s'est fait manipuler", assurent les parents d'Alexandra de Taddeo

  Affaire Griveaux : La jeune fille est en garde à vue dans l'affaire des vidéos intimes attribuées à l'ex-candidat LREM à la mairie de Paris. Ses parents affirment qu'elle est "loin d'être une anarchiste" et que Piotr Pavlenski est entré récemment dans sa vie. © Fournis par Franceinfo Alexandra de Taddeo est actuellement en garde à vue avec son compagnon Piotr Pavlenski dans l'enquête sur la diffusion de vidéos intimes ayant poussé Benjamin Griveaux à retirer sa candidature à la mairie de Paris. Elle "est loin d'être une anarchiste", a confié son père lundi 17 février à franceinfo.

Piotr Pavlenski, ce vendredi à Paris. © Cyril ZANNETTACCI Piotr Pavlenski, ce vendredi à Paris.

«Je ne révèle pas sa sexualité, je révèle sa contradiction»

Depuis, à part pour son procès, on n’avait plus trop entendu parler de lui. Jusqu’à ce jeudi soir et la découverte de ce site et de cet article signé de sa main où il affirme diffuser des vidéos à caractères intimes d’un candidat à la mairie de Paris. Après avoir contacté le gérant de la librairie du Globe, qui a fait passer le message mais dit «n’avoir que de rares contacts avec lui», Piotr Pavlenski nous a appelés le soir-même. Un rendez-vous a été convenu, le vendredi matin, pour qu’il s’explique sur son geste et son action. Au moment où on le retrouve près des grands boulevards, au Folie’s Café, nom bien choisi pour qualifier ce qui se passe en ce moment, Benjamin Griveaux est sur toutes les chaînes d’info. Il vient d’annoncer qu’il retire sa candidature : «Un site et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela, personne ne devrait subir une telle violence. En ce qui me concerne, je ne souhaite pas nous exposer davantage quand tous les coups sont désormais permis. Cela va trop loin.»

Sextape de Benjamin Griveaux : le frère d'Alexandra de Taddeo sort du silence et profère de graves accusations

  Sextape de Benjamin Griveaux : le frère d'Alexandra de Taddeo sort du silence et profère de graves accusations La famille d'Alexadra de Taddeo a pris sa défense dans les médias. Son frère, qui était jusqu'ici resté silencieux, a d'ailleurs donné son avis sur Piotr Pavlenski. Un homme qui, selon lui, a manipulé sa soeur. La famille d’Alexandra de Taddeo est sous le choc. Ce samedi 15 février, l’avocate de 29 ans a été placée en garde à vue afin d’être entendue par les enquêteurs. Elle, qui confirme être la destinataire des vidéos prétendument envoyées par Benjamin Griveaux, a affirmé qu’elle ignorait comment celles-ci s’étaient retrouvées dans les mains de son compagnon, Piotr Pavlenski.

N’ayant aucune compassion pour l’ex-candidat LREM ou ses proches, Piotr Pavlenski revendique son acte. Le visage émacié, habillé tout en noir, il s’exprime dans un français avec un fort accent, cherche parfois ses mots, utilisant des expressions anglaises ou traduites littéralement du russe. Tout de suite il explique qu’il est «content». Comme la veille par téléphone, il juge que Benjamin Griveaux «est une personne qui s’est lancée dans une campagne tout en méprisant ses électeurs. C’est une personne qui a menti et qui propagandait pour du puritanisme». Lui-même dit qu’il n’est pas puritain, que ses révélations ne sont pas conservatrices : «Avec mon ex-amoureuse, on a habité ensemble, on a eu deux enfants et pendant quatre ans on a eu une relation libre. Moi, j’étais clair avec toutes les personnes. Je l’ai écrit sur Facebook. Je respecte tous les types de relations mais quelqu’un, s’il prend une position, il doit être clair.» Dans son esprit, la grande différence est «l’hypocrisie» et il affirme qu’il ne se serait pas attaqué aux autres candidats à la mairie de Paris. «C’est l’unique candidat qui parle de la famille, pas Hidalgo, Dati ou Villani. Utiliser sa famille, c’est cynique, dégueulasse. […] Je ne révèle pas sa sexualité, je révèle sa contradiction, son mensonge, son hypocrisie dangereuse.»

Piotr Pavlenski avoue avoir volé la vidéo intime de Benjamin Griveaux à sa compagne

  Piotr Pavlenski avoue avoir volé la vidéo intime de Benjamin Griveaux à sa compagne Piotr Pavlenski, l’homme à l’origine de la diffusion de la sextape de Benjamin Griveaux, a donné une interview à CNN. Le Russe affirme avoir volé la vidéo à sa compagne, Alexandra de Taddeo. C’est le feuilleton politique des élections municipales de 2020. À chaque nouvelle révélation, l’affaire Benjamin Griveaux prend une tournure un peu plus étrange. Dans la soirée du 13 février, une vidéo et une correspondance privées, toutes deux attribuées au député LREM, étaient diffusées sur les réseaux sociaux. Le lendemain, l’homme politique de 42 ans annonçait son retrait de la course à la maire de Paris.

«C’est mon idée, c’est ma décision»

On lui fait remarquer que ses méthodes sont dignes du FSB, des genres de kompromat comme on dit en russe, où les services secrets montent des dossiers, souvent sexuels, contre des personnalités qu’ils veulent faire tomber. Il évacue la question, dit que cela n’a rien à voir. «Tout le monde peut faire ça. FSB, pas FSB… non, je sais pas. Le FSB fait d’autres choses. Il pratique la torture.» Il souffle. «Si vous regardez Internet, si vous commencez à lire tout ce que les gens écrivent sur moi, c’est une image de monstre. Je m’en fous. Que les gens parlent du FSB, d’autres services ou d’autre chose, je sais que je suis clair. J’ai déjà vécu des situations très compliquées avec la police, je vis des situations dangereuses et je suis qui je suis.»

Il ajoute, affirmant avoir agi seul : «C’est mon idée, c’est ma décision. "Pornopolitique", c’est un nouveau projet. C’est mon projet français.» Sur la manière dont il a obtenu la vidéo, Pavlenski dit qu'il est sûr à «1 000% de sa source», qui serait, selon lui, «la jeune femme» destinataire des messages. A nous, il assure qu’il n’y aura pas de vidéos visant d’autres personnalités, au contraire de ce qu’il a annoncé publiquement.

Face à ce qui ressemble à du revenge porn, unanimement condamné par la classe politique, l’homme ne se soucie pas des conséquences judiciaires, qui peuvent aller jusqu’à deux ans de prison et 60 000 euros d’amende, ou des réactions négatives. Il «s’en fout». «Chaque jour, c’est très possible [que j’aille en prison]. C’est toujours à côté de moi. Maintenant, j’ai l’habitude», explique-t-il. A ce moment-là, on ne sait pas encore qu’il est actuellement recherché par la police pour une bagarre ayant eu lieu dans une soirée coorganisée par l’avocat Juan Branco en décembre 2019, comme le révèle en début d’après-midi ce vendredi Mediapart. L’auteur de Crépuscule, qui balance aussi sur la vie sexuelle des politiques dans son ouvrage, a annoncé au Point qu’il représentait l’artiste russe : «Il m’a consulté comme avocat. J’ai compris que, pour lui, c’était un acte politique. De la même façon qu’il s’était opposé au régime de Poutine, il était prêt à tout pour s’opposer au régime de Macron, qu’il considère comme tout aussi répressif.» Selon Mediapart, les deux hommes se sont rapprochés ces derniers mois et Pavlenski aurait préparé son coup depuis un moment.

Affaire Benjamin Griveaux : Juan Branco plus impliqué que prévu ?

  Affaire Benjamin Griveaux : Juan Branco plus impliqué que prévu ? Le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux dans la course aux municipales parisiennes crée une polémique jamais vue jusque-là. Alors que l'enquête est en cours, qu'en est-il du rôle de Juan Branco, avocat initial de Piotr Pavlenski l'homme qui se cache derrière le scandale ? © Non Stop People Affaire Benjamin Griveaux : Juan Branco plus impliqué que prévu ? Dès que le scandale éclate, vendredi 14 février, un homme revendique la mise en ligne de la vidéo. Il s'agit de Piotr Pavlenski, réfugié politique en France. Son geste a conduit Benjamin Griveaux à se retirer de la course à la mairie de Paris.

«De l’art en utilisant les mécanismes de pouvoir»

Piotr Pavlenski explique qu’il se sent proche de l’anarchisme, sans en être complètement. Il juge que les situations en France et en Russie ne sont pas les mêmes, mais que le moment est «dur» dans l’Hexagone, dénonçant Emmanuel Macron, soutenant les gilets jaunes et les dernières grèves.

Refusant de travailler, de donner son temps et de l’argent à l’Etat, car il n’a «qu’une vie», l’homme raconte qu’il est dans une logique de «faire de l’art en utilisant les mécanismes de pouvoir», pour les retourner contre eux. Se voyant comme un Pandore libérateur, il est persuadé, ou en tout cas il le fait croire, d’avoir été l’auteur d’un acte d’une démocratie folle, «pour le peuple», ne semblant absolument pas voir à quel point ça choque, ni comprendre qu’on ne comprenne pas ses explications.


AUSSI SUR MSN : L'avocat de Piotr Pavlenski dénonce une «tartufferie» de Benjamin Griveaux

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Lors de notre première rencontre, Pavlenski nous avait parlé des «frontières invisibles», entre norme et résistance, raison et folie, et que l’on n’arrivait pas à saisir. Ça continue.

Piotr Pavlenski : Ce célèbre gilet jaune à qui il a demandé de l’aide .
Les vidéos intimes partagées en ligne, non authentifiées mais attribuées à Benjamin Griveaux, ne seraient pas les seuls. Selon plusieurs médias, Alexandra de Taddeo a déclaré aux enquêteurs posséder cinq autres vidéos. Non Stop People vous en dit plus. © maxppp Piotr Pavlenski : Ce célèbre gilet jaune à qui il a demandé de l’aide Avant de diffuser en ligne les vidéos intimes de Benjamin Griveaux, Piotr Pavlenski assure avoir fait part de son projet à deux autres personnes : l’avocat Juan Branco et un célèbre gilet jaune.

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