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France Olivier Véran, le bizut du gouvernement attendu au tournant par les soignants

16:20  17 février  2020
16:20  17 février  2020 Source:   lexpress.fr

Olivier Véran succède à Agnès Buzyn au ministère de la Santé

  Olivier Véran succède à Agnès Buzyn au ministère de la Santé C’est officiel. Agnès Buzyn, candidate LREM en remplacement de Benjamin Griveaux pour les élections municipales à Paris, quitte le ministère de la Santé. Matignon lui a trouvé un remplaçant dès dimanche soir : Olivier Véran. © GARO / Phanie / AFP Il y avait urgence au ministère de la Santé. Alors qu’Agnès Byzyn devait renoncer à se présenter dans le quinzième arrondissement de Paris aux prochaines élections municipales, afin de gérer la crise de l’épidémie du coronavirus sans oublier l’important mouvement social au sein du milieu hospitalier, elle sera finalement candidate à Paris.

Olivier Véran désigné ministre. Agnès Buzyn a présenté sa démission au chef du gouvernement Edouard Philippe le soir du 16 février. Elle avait souligné un «surcroît d'activité intense, notamment liée à la gestion du coronavirus, demand[ant] une implication totale» et la poussant à être remplacée.

En amont d'une journée de grève des transports dont les appels n'avaient pas fait l'unanimité, le gouvernement a estimé que la grève reconductible était «effectivement terminée». Prédiction non partagée par les acteurs du mouvement social.

La démission de la ministre Agnès Buzyn est vécue comme un abandon de poste par la profession en crise qui n'est pas plus enthousiaste face à son remplaçant.

Agnès Buzyn et Olivier Véran lors de la cérémonie de la passation de pouvoir au ministère des Solidarités et de la Santé, le 17 février 2020. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP Agnès Buzyn et Olivier Véran lors de la cérémonie de la passation de pouvoir au ministère des Solidarités et de la Santé, le 17 février 2020.

"Je veux prendre soin de ceux qui prennent soin de nous". Voilà la promesse adressée par le tout nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, lors de sa passation de pouvoir avec Agnès Buzyn ce lundi. Cette dernière a annoncé la veille qu'elle quittait son ministère pour entrer dans la course à la mairie de Paris et remplacer Benjamin Griveaux, forcé à la démission par la publication de vidéos intimes en fin de semaine dernière.

Qui est Olivier Véran, le nouveau ministre de la santé ?

  Qui est Olivier Véran, le nouveau ministre de la santé ? Ce neurologue ambitieux de 39 ans, député LRM de l’Isère, remplace Agnès Buzyn au gouvernement. Il occupait depuis deux ans et demi le poste stratégique de rapporteur général de la commission des affaires sociales. © Fournis par Le Monde Olivier Véran, le 18 septembre 2018 à L’Elysée. Tout vient à point à qui sait attendre. Déjà pressenti au ministère des solidarités et de la santé en mai 2017, le député La République en marche (LRM) de l’Isère Olivier Véran a finalement été nommé avenue de Ségur, dimanche 16 février. Il remplace Agnès Buzyn, partie en catastrophe à la conquête de la Mairie de Paris.

Olivier Véran , est un neurologue de 39 ans, député de l'Isère et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, rapporteur depuis janvier du volet organique Séduit par le « dépassement des clivages et de la politique politicienne » de celui qui était alors ministre de l'Économie, le neurologue a

| Comme député, Olivier Véran avait remplacé Geneviève Fioraso à l'Assemblée quand elle est nommée ministre dans le gouvernement de Jean-Marc À ce titre, il figurait parmi les rapporteurs sur le dossier des retraites. Il met en place l'obligation d’afficher le Nutri-Score sur les publicités e

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En pleine épidémie mondiale du coronavirus, avec le premier décès annoncé ce week-end en France, et la crise de l'hôpital public qui a mené à la démission d'environ 800 médecins-chefs de service en trois semaines et la mobilisation vendredi dernier de milliers de soignants à Paris à l'appel de tous les syndicats et collectifs hospitaliers, le départ d'Agnès Buzyn n'est pas tellement bien reçu.

C'est "l'aveu d'un échec"

"On a été méprisés", lance ainsi Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) et délégué CGT à L'Express. Même discours au Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) pour qui cette démission est "carrément n'importe quoi", selon le porte-parole Thierry Amouroux interrogé par L'Express. "Vu les circonstances, on voit bien le sens de l'intérêt collectif...", ironise-t-il avant de lâcher : "bon débarras".

VIDÉO - Agnès Buzyn quitte le gouvernement en larmes : "C'est un déchirement"

  VIDÉO - Agnès Buzyn quitte le gouvernement en larmes : Agnès Buzyn a quitté le 17 février le ministère de la santé pour briguer la mairie de Paris. Très émue, la désormais candidate est apparue très émue lors de la passation de pouvoir avec son successeur Olivier Véran. Désormais candidate investie par La République en marche pour la course à la mairie de Paris, la ministre de la santé Agnès Buzyn a quitté ce matin du 17 février son ministère de l'avenue Duquesne. Lors de la passation de pouvoir avec son successeur Olivier Véran, Agnès Buzyn est apparue extrêmement émue. Et c'est en larmes qu'elle a prononcé son discours devant ses équipes.

De chef de l'unité de soins intensifs d'hématologie de l'hôpital Necker à 30 ans à ministre de la Santé à 54, Agnès Buzyn, qui a annoncé remplacer Benjamin Griveaux à la course à la mairie de Paris, va maintenant faire face à sa première expérience électorale.

Elle a donc quitté le gouvernement . «J'ai donc décidé de remettre ma démission au président de la République et au Premier ministre dès ce soir et Olivier Véran a milité contre l’abandon du Numerus Clausus. Son remplaçant a été annoncé dimanche soir : il s'agit du député LREM de l’Isère, Olivier

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Car si les professionnels de la santé sont surpris de ce départ - alors que leur ministre avait bien affirmé qu'elle ne serait pas candidate aux municipales deux jours plus tôt mettant en avant son agenda "trop chargé" - ils ne regrettent pas Agnès Buzyn. "Elle était incapable de mettre un terme à la crise et elle nous méprisait", souffle Thierry Amouroux. Il se souvient de différentes scènes qui, pour lui, mettent en avant le "mépris" qui ont donné l'impression aux infirmiers "d'être des moins que rien". Il dénonce aussi un "abandon de poste".

"C'est l'aveu d'un échec de la part du gouvernement", analyse de son côté Anne-Claire Rafflegeau, membre du collectif Inter-urgences, mobilisé depuis un an pour "sauver l'hôpital public". Elle compare la nouvelle candidate à la mairie de Paris à un capitaine qui abandonne le navire au moment du naufrage. "Ça fait plus de deux ans et demi qu'il n'y a aucune évolution en faveur de l'hôpital, on a perdu confiance en la ministre", ajoute-t-elle.

Tout juste nommé, Olivier Véran annonce une enquête nationale sur le « mal-être » des soignants

  Tout juste nommé, Olivier Véran annonce une enquête nationale sur le « mal-être » des soignants L’intersyndicale des internes a levé son préavis de grève pour « donner une opportunité » au nouveau ministre de la Santé. « Il faut réformer l’hôpital et y associer ceux qui le font vivre au quotidien », a insisté le nouveau ministre lors de la passation de pouvoir. Il a annoncé « une enquête nationale » auprès de l’ensemble des « hospitaliers » pour « tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal-être qu’ils nous disent depuis un certain nombre d’années désormais ».

Orange avec Media Services, publié le dimanche 16 février 2020 à 20h27. Agnès Buzyn, désormais candidate LREM à la mairie de Paris, a quitté le gouvernement ce dimanche 16 février. Elle est remplacée par Olivier Véran , député médecin.

Un des collègues d’ Olivier Véran au gouvernement . Nommé ministre de la Santé à la faveur du départ pour les municipales d’Agnès Buzyn, le médecin Véran devrait cette fois raccrocher la blouse blanche pour se consacrer à 100 % à ses nouvelles fonctions.

Olivier Véran, "on l'attend au tournant"

Dans le même temps, ils n'accueillent pas le député LREM et neurologue au CHU de Grenoble à bras ouverts. Médecins urgentistes, infirmiers ou aides-soignants ne s'attendent pas à un "nouvel espoir" mais plutôt à "l'empire contre-attaque", illustre ainsi Thierry Amouroux du SNPI. Christophe Prudhomme rappelle qu'Olivier Véran était rapporteur du projet de loi de finance de la Sécurité sociale (ou PLFSS). "Il a défendu un budget d'austérité pour l'hôpital, comment peut-on avoir confiance en ce monsieur ?". Il juge cette nomination comme une "provocation" envoyée aux grévistes.

"Certes, il connaît les dossiers, mais comme rapporteur des lois de finances, il sabre l'hôpital public année après année", ajoute de son côté Thierry Amouroux. Selon lui, les plans d'économie s'enchaînent à cause d'un financement qui n'est pas à la hauteur des besoins. Car l'argent demandé sert, avant tout, à l'emploi et donc à la prise en charge des patients. Or "en quatre ans, 3500 postes ont été supprimés à l'AP-HP [Assistance Publique - Hôpitaux de Paris], ce qui représente 10% des hôpitaux en France. On ne se fait aucune illusion par rapport à son passif", ajoute-t-il.

10 choses à savoir sur Olivier Véran, nouveau ministre de la Santé

  10 choses à savoir sur Olivier Véran, nouveau ministre de la Santé Neurologue isérois et pilier de la majorité à l’Assemblée nationale, l’ambitieux député macroniste vient de succéder à Agnès Buzyn, qui remplace Benjamin Griveaux dans la bataille des municipales à Paris. Véran hérite d’un portefeuille ministériel vaste : trois secrétariats d’Etat lui sont rattachés. Même si elle est pilotée depuis Matignon, la brûlante réforme des retraites est aussi dans son périmètre.Sainte Agnès envoyée au bûcher parisien 2. « Légitime » « Olivier était le plus légitime pour faire le job », note un élu de la majorité.

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En janvier dernier, l'intersyndicale était d'ailleurs venue à Grenoble pour remettre à Olivier Véran un diplôme de "la casse sociale", raconte Christophe Prudhomme. "C'est pour le remercier de son zèle à casser les solidarités, la sécurité sociale et à servir la finance", expliquait alors une militante CGT à France Bleu Isère à l'époque. Au collectif Inter-urgences, il y a un peu plus d'espoir. C'est en effet l'un des premiers députés à les avoir rencontrés il y a un an de cela, raconte Anne-Claire Rafflegeau. Reste à savoir si son discours de l'époque, "plutôt favorable", pourra être mis oeuvre. "On l'attend au tournant mais on n'est pas dupes", prévient-elle. "On n'oublie pas que c'est un homme politique avant d'être un médecin".

La mobilisation va continuer

Tous se demandent s'il aura d'autre part la liberté de décider. "On ne négociait même plus avec Agnès Buzyn, on demandait des rencontres avec le Premier ministre, voire le président de la République", explique ainsi Christophe Prudhomme selon qui les décisions sont prises au-dessus du ministère. "Est-ce qu'Olivier Véran aura une plus grande marge de manoeuvre ?", s'interroge à son tour Anne-Claire Rafflegeau.

Il ne reste plus que quatre patients atteints du coronavirus hospitalisés en France

  Il ne reste plus que quatre patients atteints du coronavirus hospitalisés en France Il s’agit des quatre Britanniques contaminés fin janvier. Depuis le début de l’épidémie, douze cas ont été recensés sur le sol français, et une personne est décédée le week-end dernier. « Aujourd’hui, sur les douze personnes initialement hospitalisées en France, il en reste quatre à l’hôpital encore positives au virus. Trois personnes hospitalisées à Lyon et une personne hospitalisée à Saint-Etienne », a précisé le ministre, à l’issue d’une rencontre avec les représentants des personnels hospitaliers et des médecins libéraux.

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Sur le fond, tous dénoncent les mauvaises conditions d'accueil des patients à l'hôpital et sont témoins de scènes qui les scandalisent, impuissants. Dans leurs récits, il est toujours question d'engorgement des urgences, de maternités surchargées, de patients délaissés.

Christophe Prudhomme renvoie le nouveau ministre face à ses responsabilités : "Il a voté ce budget, il a donc une responsabilité morale sur les patients morts sur les brancards à cause d'une prise en charge trop tardive et sur la maltraitance dans les Ehpad". "Pour certains cas, notamment les AVC, chaque minute compte", souligne Thierry Amouroux, le porte-parole du syndicat infirmier et d'ajouter qu'en France, un patient de 70 ans aurait récemment attendu "cinq jours sur un brancard à Saint-Etienne". Le type d'incident qui n'incite pas les organisations à relâcher leur mobilisation. Toutes espèrent une rencontre très rapide avec le bizut du gouvernement.

Coronavirus : « Pas d’épidémie en France, mais une situation préoccupante aux portes de la France » .
Olivier Véran, le nouveau ministre de la Santé, a présenté la montée en charge des préparatifs face au risque de nouvelles contagions.- L’état de l’Italie est surveillé de près et fait l’objet d’échanges entre les deux pays. « « Il n’y a pas ce soir d’épidémie en France, mais une situation préoccupante aux portes de la France », a estimé le ministre à propos de l’Italie.

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