•   
  •   

France Coronavirus en Chine : « Pour la première fois depuis qu’elle est séparée de sa mère, ma fille craque »

10:55  19 mars  2020
10:55  19 mars  2020 Source:   nouvelobs.com

Jay-Z et Blue Ivy, père et fille complices lors d'un match des Lakers

  Jay-Z et Blue Ivy, père et fille complices lors d'un match des Lakers Dimanche, Jay-Z et sa fille Blue Ivy étaient de sortie au Staples Center pour assister à un match opposant les Lakers aux Clippers de Los Angeles. 1/12 DIAPOSITIVES © London Entertainment/Abaca Jay-Z et sa fille Blue Ivy lors d'un match opposant les Lakers aux Clippers à Los Angeles le 8 mars 2020 Jay-Z et sa fille Blue Ivy lors d'un match opposant les Lakers aux Clippers à Los Angeles le 8 mars 2020 2/12 DIAPOSITIVES © Mark J.

Evolution Coronavirus dans le monde Evolution Coronavirus en France Cas de Coronavirus par Politologue Prix des carburants Tremblements de terre Prénoms garçon et fille Popularité des Covid-19: la barre des 20.000 infections quotidiennes a été dépassée pour la première fois en Belgique

Coronavirus à Lille : Premier jour d’un confinement différent Coronavirus : La recette du « docteur Love » pour ne pas exploser son couple VIDEO. Nous travaillons à l 'amélioration de cette expérience et pendant cette période, le module commentaires a la fin de nos articles n' est pas disponible.

  Coronavirus en Chine : « Pour la première fois depuis qu’elle est séparée de sa mère, ma fille craque » © Copyright 2020, L'Obs

Nous sommes Français et habitons en Chine depuis un peu plus de cinq ans, dans une ville moyenne de la province du Jiangsu, à proximité de Shanghai. Mi-janvier, pour les vacances du Nouvel An lunaire, l’équivalent des fêtes de fin d’année en Europe, nous sommes partis avec nos deux enfants de 2 et 4 ans dans le pays d’origine de ma femme, en Asie du Sud-Est. C’est pendant ces vacances que l’épidémie du nouveau coronavirus a pris de l’ampleur en Chine et que les autorités ont mis en place des mesures radicales pour la juguler. D’abord en isolant la province du Hubei, puis en imposant sur tout le territoire des restrictions draconiennes sur les déplacements et les rassemblements.

PHOTOS - Shiloh, la fille de Brad Pitt et Angelina Jolie : pourquoi l’adolescente de 13 ans fascine autant

  PHOTOS - Shiloh, la fille de Brad Pitt et Angelina Jolie : pourquoi l’adolescente de 13 ans fascine autant Dans un essai publié le 8 mars sur le Time, Angelina Jolie révélait que sa fille Shiloh Jolie-Pitt avait subi une opération. Avec ses cheveux courts et ses looks masculins, l'adolescente de 13 ans brise les codes des enfants stars Hollywood. Retour sur une personnalité qui intrigue. Avec les yeux bleus de son père et la bouche de sa mère, Shiloh Nouvel est bien la fille de Brad Pitt et Angelina Jolie.

Ça y est , la France est de nouveau cloîtrée. Depuis jeudi soir minuit, l ’Hexagone est entré en C’ est ce que préconise Catherine Hill, épidémiologiste et biostatisticienne. Serait -ce utile pour mieux Yannick Noah : bloqué dans les bouchons, il craque complètement après l 'annonce du confinement.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo a annoncé vendredi que le pays allait passer à un « confinement plus sévère ». Il a évoqué « des mesures de la dernière chance » pour tenter de ralentir la pandémie, alors que la Belgique est aujourd’hui le pays au monde où le coronavirus circule le plus.

La première conséquence pour nous a d’abord été une bonne surprise : l’extension des congés. Les entreprises n’étant pas autorisées à reprendre le travail avant le 9 février minuit, nous avons été « forcés » de prolonger d’une semaine nos vacances. Mais l’excitation due à ces congés payés supplémentaires a vite laissé place à une certaine inquiétude, provoquée par l’incertitude des semaines à venir. D’autant que pour moi, travailleur indépendant, tout délai supplémentaire ne fait que retarder la prochaine rentrée d’argent.

La situation ne s’améliorant pas en Chine, et le confinement étant la norme, nous avons décidé que seule ma femme rentrerait pour reprendre le travail lorsque cela serait possible – à la date de son retour, le 9 février l’incertitude était toujours de mise sur la date de reprise, et son bureau ne rouvrira finalement que le 17 février. De mon côté, j’irai en France avec nos enfants, chez mes parents, en attendant une amélioration de la situation, que nous envisagions pour la fin du mois de février.

La France et d'autres pays vont-ils, comme l'Italie, être massivement touchés par le coronavirus?

  La France et d'autres pays vont-ils, comme l'Italie, être massivement touchés par le coronavirus? Quel sera, à très court terme, le visage européen de la pandémie? Avec plus de 12.400 cas recensés et plus de 820 décès, l'Italie est, après la Chine, le deuxième pays le plus touché par l'épidémie du nouveau coronavirus. Comment peut-on expliquer ce phénomène qui a conduit le gouvernement italien a généraliser des mesures spectaculaires de confinement de l'ensemble de sa population pour tenter d'enrayer la propagation de cet agent pathogène –un dispositif sans précédent dans un pays démocratique? Une telle situation est-elle spécifique à l'Italie ou faut-il redouter qu'elle puisse, à court ou moyen terme, être observée dans d'autre

Le bilan de l 'épidémie s'établit à 36.565 morts, contre 36.020 jeudi, soit 545 nouveaux décès en une Notre objectif est d'assurer la meilleure expérience possible pour nos utilisateurs et de créer une communauté Coronavirus en Belgique : Le Premier ministre annonce « un confinement plus sévère ». Coronavirus : La Chine fait état de 47 cas supplémentaire, plus haut depuis 2 mois. Reuters.

Provenant d’un événement super-propagateur en Espagne, elle s’ est diffusée via les touristes et Aurait-on pu prévenir la deuxième vague de coronavirus déferlant sur l ’Europe cet automne ? Enquête sur les toutes premières apparitions du coronavirus . D’où vient ce coronavirus français

Ces jours où la France s’est confinée

Depuis notre lieu de vacances, nous suivions sur WeChat les analyses quotidiennes du docteur Zagury, un médecin français installé à Shanghai qui apporte un éclairage rationnel et dépassionné sur le développement de l’épidémie. Nous savions donc que, dans notre cas, le risque sanitaire était très faible : les enfants ne sont que très peu touchés, et encore plus rarement gravement atteints, et les adultes dans la force de l’âge ont également très peu de chance de développer une forme grave de la maladie, au cas où ils contractent le virus. Ce n’est vraiment pas le risque de contamination qui a guidé nos choix. Nous voulions surtout éviter les contraintes très lourdes liées à la gestion de l’épidémie en Chine : confinement généralisé, fermeture de tous les lieux de vie collectifs, ambiance anxiogène…

    Mercredi 19 février

Ma femme, qui est en confinement à notre domicile depuis dix jours, vient d’apprendre que la durée de quarantaine est réduite de quatorze à trois jours pour les personnes qui reviennent dans notre ville en provenance de l’étranger. Pour les personnes revenant d’autres régions de Chine, ou même de villes situées à proximité, le confinement obligatoire reste fixé à quatorze jours. Le fonctionnaire qui supervise son confinement vient lui remettre dans l’après-midi le certificat de fin de quarantaine, elle peut enfin sortir – dans une ville encore à l’arrêt quasi complet – et pourra retourner au bureau demain.

France, Chine, Italie... le point en direct sur la situation des pays les plus touchés par le coronavirus

  France, Chine, Italie... le point en direct sur la situation des pays les plus touchés par le coronavirus Le mercredi 11 mars, l'Organisation mondiale de la santé a qualifié l'épidémie du Covid-19 de "pandémie". Les pays les plus touchés par le coronavirus ont pris d'importantes mesures pour éviter la propagation du virus. Gentside fait le point jour après jour sur la situation pays par pays.L'Organisation mondiale de la santé à qualifier le phénomène de "pandémie" le mercredi 11 mars, alors que le cap des 130 000 cas à travers le monde avait été dépassé.

Je suis Français de retour de l ’étranger. Suis -je concerné par des mesures sanitaires (quarantaine, quatorzaine, tests PCR) ? Mon enfant peut-il voyager afin d’aller passer des vacances chez son père/ sa mère qui vit à l ’étranger ? En dehors des frontières intérieures de l ’espace européen (États

Si l ’annonce d’un reconfinement a été difficile à encaisser pour de nombreuses familles, c’ est aussi le cas d’Eglantine Eméyé. Eloignée de son fils Samy, atteint d’autisme, l ’animatrice a pu profiter d’un dernier moment privilégié avec l ’adolescent.

La situation semblant s’améliorer en Chine et le confinement imposé passant à trois jours, il devient beaucoup plus supportable pour les enfants. Nous décidons de rentrer pour nous retrouver en famille et reprendre au plus vite une vie normale. Pour que nous passions cette période de confinement obligatoire tous les quatre ensemble, sans que ma femme s’absente de son travail – ses collègues ne comprendraient pas qu’elle prenne des jours pour rester avec sa famille alors qu’eux-mêmes ont souvent laissé leurs enfants chez les grands-parents et ne les ont pas vus depuis au moins deux semaines à cause des restrictions de déplacement –, nous devons caler ces trois jours sur un week-end et arriver en Chine un vendredi. Nous commencerons le confinement le matin après son départ au travail, elle nous rejoindra en fin de journée et nous terminerons dans la nuit du dimanche au lundi. Tout est acté avec le responsable des quarantaines de notre quartier.

Un départ le lendemain, jeudi 20 février, serait un peu précipité, il n’y a pas d’urgence étant donné que la situation évolue dans le bon sens. Je prends les billets pour le mercredi suivant, pour une arrivée dans la nuit du jeudi au vendredi heure chinoise. Ce départ me permettra également d’honorer quelques rendez-vous professionnels en France.

Shiloh, sosie de Brad Pitt : le destin à part de la fille d’Angelina Jolie

  Shiloh, sosie de Brad Pitt : le destin à part de la fille d’Angelina Jolie À 13 ans, Shiloh, est la fille d'Angelina Jolie mais surtout le doppelgänger de son père Brad Pitt. C'est que l'adolescente a déjà trouvé son style, et elle ne compte pas en démordre. Le portrait craché de son père. À 13 ans, Shiloh Jolie-Pitt ne peut pas renier ses origines : avec sa coupe à la garçonne et ses yeux bleu perçants, elle donne l’impression d’être une mini Brad Pitt, avec juste un soupçon des lèvres rose de sa mère, Angelina Jolie.

Définition : qu' est -ce qu'un coronavirus ? Les coronavirus forment une famille de virus variés (Coronaviridae) qui peuvent infecter aussi bien Sars-SoV-2 ou Covid-19 est pour la première fois identifié en Chine (Wuhan) en décembre 2019. Ce coronavirus a beaucoup de similitudes avec celui

Coronavirus France, suivez l 'évolution de l 'épidémie de CoronaVirus / Covid19 dans le pays. cas confirmés, mortalité, guérisons, toutes les statistiques. Les statistiques peuvent avoir des lacunes, notamment sur le nombre de guérisons qui sont remontés moins facilement que les décès ou les cas.

    Jour du départ vers la Chine, mercredi 26 février, 5 heures en France

Mon téléphone sonne, un appel sur WeChat. C’est ma femme. Elle vient d’avoir l’information : la durée de confinement vient tout juste d’être rétablie à quatorze jours, pour tous sans exception. Le virus commence à se répandre hors de Chine – surtout en Corée du Sud et en Iran pour l’instant, également un peu en Italie –, les autorités chinoises craignent l’arrivée de cas importés alors qu’elles sont en passe de maîtriser l’épidémie à domicile. Notre ville, qui n’a été que très peu touchée (40 cas sur la totalité de la préfecture de 8 millions d’habitants, aucun cas dans la ville même, qui compte environ 2 millions d’habitants), applique très strictement les consignes du pouvoir central. Ce n’est pas le cas partout : à Shanghai, à deux heures de route de chez nous, la gestion de l’épidémie est déléguée aux résidences, les mesures sont donc appliquées de manière très variable, mais globalement avec plus de souplesse (et de discernement, selon ma perception).

Si nous rentrons en Chine, nous aurons exactement ce que nous voulions éviter : deux enfants enfermés dans notre appartement pendant quatorze jours. Nous prenons le temps de peser le pour et le contre, mais il faut décider vite : pour prendre l’avion aujourd’hui, nous devons partir de chez mes parents en début d’après-midi.

Matt Pokora sert de poupée Barbie à Violet, la fille de Christina Milian

  Matt Pokora sert de poupée Barbie à Violet, la fille de Christina Milian Depuis le début de sa relation avec Christina Milian, Matt Pokora est très proche de sa belle-fille Violet. Le chanteur et elle partagent beaucoup de choses, et le jeune papa accepte toutes les expériences venant d'elle Même celle de ressembler à Barbie.Suite au début de la pandémie du coronavirus, Matt Pokora a été obligé de reporter plusieurs de ses dates de tournée en France. Une situation l’amenant donc à retourner aux côtés de sa petite famille pour vivre un confinement obligatoire plus agréable, dans sa villa de Los Angeles.

En restant en France, je peux inscrire les enfants à l’école pour la rentrée de février, ils pourront continuer à jouer dehors et à vivre normalement… sans Maman. Cette séparation ne présente rien d’insurmontable, de nombreuses familles la vivent tout au long de l’année. Mais nous ne l’avons pas choisie, et l’avons vécue dans la précipitation, sans pouvoir donner à nos enfants un horizon certain pour les retrouvailles.

Coronavirus : « Il faut s’attendre à une gifle sanitaire »

Qui plus est, pour leur apporter une certaine sécurité, je leur ai annoncé depuis quelques jours que nous allions rentrer aujourd’hui. Ils ont hâte de retrouver leur maman et leur maison.

Au final, nous prenons la décision de maintenir notre retour : étant donné que l’épidémie se développe hors de Chine, il est peu probable que les autorités de notre ville réduisent à nouveau les mesures de confinement avant plusieurs semaines. Repousser le départ ne fera donc que prolonger la séparation de la famille et l’incertitude pour les enfants… et pour les parents. Même s’il nous est plus facile de rationaliser la situation, nous appréhendons de prolonger la période d’incertitude.

Malgré l’appréhension des quatorze jours de confinement, nous prenons donc quelques heures plus tard le train pour l’aéroport de Roissy. J’appréhende le voyage avec deux enfants en bas âge – le vol retour vers la France avait été éprouvant – et les deux semaines à venir, mais j’ai au moins le soulagement de savoir que la nounou qui s’occupe habituellement des enfants en Chine a accepté de passer ces quatorze jours avec nous, et que je ne serai donc pas seul avec eux.

Coronavirus : vingt questions sur la maladie Covid-19

  Coronavirus : vingt questions sur la maladie Covid-19 Derrière la pandémie actuelle qui paralyse le monde, il y a un virus de 125 nanomètres de diamètre. Et une maladie toute nouvelle. Contagion, transmission, symptômes, etc : on fait le point sur les connaissances actuelles. require(["binding"], function (binding) { binding("wcVideoPlayer", "#video_player_ec9ed92f-0ce8-47e1-b361-d5fd3eee0c71").all(); }); Alors que les mesures mises en place pour lutter contre la propagation du Covid-19 paralysent la France, Le Parisien fait le point sur les connaissances actuelles sur cette maladie.

La décision n’a pas dû être facile à prendre pour elle : en discutant sur WeChat avec d’anciens collègues chinois, plutôt éduqués, j’ai compris que la population chinoise a intégré que le virus est extrêmement dangereux (ce n’est pas réellement le cas pour eux, qui sont dans la force de l’âge) et qu’il faut éviter au maximum de sortir de chez soi et d’entrer en contact avec quiconque.

Ma femme ne pourra pas être avec nous pendant la période de confinement : là encore, ses collègues ne comprendraient pas qu’elle puisse bénéficier de télétravail alors que d’autres doivent travailler le week-end pour rattraper les jours passés en confinement imposé, parce qu’ils occupent des postes de production, pour lesquels le télétravail est impossible. Elle se mettrait en porte-à-faux vis-à-vis de son entreprise, alors qu’elle est, ces temps-ci, la seule source de revenus stables du foyer.

Pr Eric Caumes : « Si les hôpitaux n’arrivent pas à faire face, quels patients seront prioritaires en réanimation ? »

Le voyage commence bien : juste avant l’arrivée du train à Roissy, le wagon tangue fort et le petit vomit sur moi son dernier repas. Il recommence deux fois avant l’enregistrement, mais semble encore en forme : il gambade et joue avec sa sœur pendant que je discute avec mon père et ma sœur, qui sont heureusement là pour m’aider. L’enregistrement prend un temps qui me semble infini, les agents de la compagnie doivent résoudre plusieurs problèmes liés à notre réservation.

Les cartes d’embarquement enfin en main, nous quittons le comptoir et… nouveau vomi du petit. Quelque peu inquiétant, alors que nous venons à peine de commencer un voyage de presque trente heures. Il reste deux heures avant le décollage, je décide d’aller au centre médical… situé exactement à l’autre extrémité de l’aéroport.

Après vingt minutes au pas de course, je donne toutes les informations à l’infirmière d’accueil, aussi aimable qu’une porte de prison. L’examen effectué par le médecin de garde ne révèle rien d’alarmant. Vraisemblablement un début de gastro ou une intoxication alimentaire. Elle ne me déconseille pas de prendre notre vol (je l’ai informée de notre destination) et administre un antivomitif. Nous refaisons le trajet en sens inverse et arrivons à la porte au moment même où l’embarquement commence.

Camilla Parker Bowles coupée de ses enfants et petits-enfants : elle craque pour une application qui fait fureur chez les jeunes

  Camilla Parker Bowles coupée de ses enfants et petits-enfants : elle craque pour une application qui fait fureur chez les jeunes Confinée au manoir de Birkall, en Ecosse, Camilla Parker Bowles accuse le coup. Loin de ses enfants et de ses petits-enfants, dont elle est très proche, la duchesse de Cornouailles a cependant trouvé le parfait moyen pour rester en contact avec les siens grâce à une application qui fait fureur chez les jeunes, rapporte le Daily Mail. Depuis l'annonce de la contamination du prince Charles au coronavirus Covid-19 ce mercredi 25 mars, Camilla Parker Bowles est préoccupée. Tenue à l'écart du prince de Galles dans le manoir écossais où ils avaient célébré leur lune de miel, la duchesse de Cornouailles tente tant bien que mal de rester optimiste.

Nouveau problème : ma carte d’embarquement ne passe pas. Il faut attendre dix bonnes minutes, les enfants assis par terre, pour que le problème soit résolu et que nous puissions embarquer.

Nous décollons à 23 heures pour Shanghai, via Moscou. Toutes les compagnies européennes ont suspendu leurs vols vers la Chine, il ne reste plus qu’Aeroflot et les compagnies chinoises (qui bizarrement ne m’étaient pas proposées lorsque j’ai réservé les billets). Même Aeroflot a d’ailleurs réduit ses vols. Le seul horaire possible n’est pas idéal pour les enfants, mais il n’y en a pas d’autre.

A mon grand soulagement, les deux vols et l’escale se déroulent finalement bien : pas de nouveau vomi, et les enfants dorment la majorité du temps. Je peux me reposer un peu, la journée de mercredi a été nerveusement éprouvante.

    Jeudi 27 février, 22h30 heure chinoise

Nous atterrissons à l’aéroport de Shanghai Pudong. Sur le trajet Moscou-Shanghai, je n’ai vu qu’un seul passager sans masque, à l’embarquement. Alors que sur le Paris-Moscou, rares étaient les porteurs de masque. J’ai moi-même gardé le mien tout le vol sauf pour manger et boire, ainsi que des lunettes de protection, le masque seul étant peu efficace dans un environnement confiné. Les enfants ne portaient pas de protection car ils les enlèvent systématiquement, mais à force d’explications et de conviction, la grande accepte de garder le sien après la sortie de l’avion à Shanghai. Peine perdue pour le petit, je laisse tomber, même si mes voisins insistent pour que je le force.

A bord de l’avion, j’ai rempli un questionnaire pour chacun de nous, sur lequel j’ai dû déclarer les éventuels symptômes et contacts avec des personnes à risque lors des quatorze derniers jours.

Dans l’aéroport, tout le monde sans exception porte un masque. Certains agents en contact avec les passagers ont revêtu des combinaisons intégrales, identiques à celles du personnel soignant les malades atteints par le virus. Tout ceci devrait être assez impressionnant pour des enfants – ça l’est en tout cas pour des adultes –, mais les miens, comme les autres, ne disent rien.

Confinement et coronavirus : le problème avec la « distanciation sociale »

Avant l’immigration, nous devons faire la queue pour remettre les questionnaires de santé, qu’un agent parcourt en quelques secondes, sans doute pour vérifier s’il y a lieu de pousser un peu plus loin l’inspection. Durant les quinze à vingt minutes d’attente, je n’ai vu aucun passager devant nous s’arrêter plus de quelques secondes, et personne n’a été emmené à l’écart pour plus de questions.

Après avoir passé l’immigration – où nous devons enlever le masque pour que la caméra de reconnaissance faciale puisse faire son office – et récupéré les bagages, nous prenons la voiture pour un trajet de deux heures jusqu’à notre domicile. Nous n’avons mis « que » trente minutes de plus que d’habitude, soit une heure et demie cette fois, entre l’atterrissage et la sortie de l’aéroport. Quelques jours plus tard, le temps minimal sera de quatre heures pour les vols internationaux, les contrôles étant renforcés.

C’est le chauffeur à qui nous faisons régulièrement appel qui est venu nous chercher : depuis le début de l’épidémie, la plupart des chauffeurs privés refusent de prendre en charge des personnes qu’ils ne connaissent pas. La défiance au sein de la société chinoise est généralisée, et dépasse largement cette seule anecdote. Chacun voit en l’autre un potentiel contaminateur.

    Vendredi 28 février, 1h30 du matin

Nous arrivons à l’entrée de notre résidence. Pendant notre trajet depuis l’aéroport, ma femme a quitté notre domicile pour aller s’installer dans une chambre d’hôtel juste à côté. Pour être honnête, nous trouvons toutes ces mesures tout à fait disproportionnées dans le contexte actuel : l’épidémie est quasiment maîtrisée en Chine, nous venons de France où seule une personne reste hospitalisée, et il n’y a eu aucun cas dans la ville où nous résidons depuis le début de l’épidémie !

Arnauld Miguet : « Ma vie de journaliste dans la ville fantôme de Wuhan »

Nous en voulons à ce système si rigide et au zèle des autorités de notre ville, qui appliquent sans discernement les mesures les plus strictes. J’avais envisagé que ma femme vienne nous chercher à l’aéroport pour que nous passions quelques heures en famille avant le début de notre quarantaine. Des étrangers revenus dans notre ville courant février avaient pu faire des courses dans les rares commerces ouverts, avant de commencer leur quarantaine. J’imaginais donc que nous pourrions nous voir à notre arrivée, ne serait-ce qu’un peu.

Mais les mesures et les contrôles se sont durcis depuis. Pour éviter tout problème – les peines peuvent être très lourdes en cas d’infraction avérée aux réglementations liées à l’épidémie –, ma femme n’est pas venue nous voir, et elle nous regarde juste passer pour rentrer chez nous. Du local des gardiens de notre résidence, à 10 mètres de nous, elle me fait un petit signe de la main. Les enfants ne la voient pas, je ne leur ai pas dit qu’elle était là, pour éviter les drames… C’est un vrai crève-cœur.

Arrivés chez nous, la grande prend enfin conscience de ce que je lui expliquais depuis hier : nous sommes rentrés à la maison, mais sans Maman. Pour la première fois depuis la séparation, elle craque. Pas facile, mais au moins elle laisse tomber le masque et se laisse aller.

    Vendredi 28 février, 10 heures du matin

Le responsable des mesures de quarantaine pour notre quartier vient me faire signer l’engagement à respecter les mesures édictées par les autorités. La date de sortie est fixée au 12 mars à minuit. Je cherche à grappiller ne serait-ce qu’une demi-journée, mais c’est peine perdue. Je suis frustré de tant de rigidité, mais je n’en laisse rien paraître. Il sera peut-être possible de négocier une remise de peine dans quelques jours.

Les premiers jours ne sont pas évidents pour les enfants : Maman n’est pas là, on ne peut pas sortir, il n’y a pas école (la grande rêve d’y retourner), le temps est gris, il y a peu de lumière naturelle. De mon côté, je m’efforce de leur faire rattraper le décalage horaire. Difficile alors que le soleil reste bien caché et que je ne peux m’en remettre qu’à l’éclairage intérieur pour fixer la différence jour/nuit.

Je suis obsédé par l’idée que les enfants puissent s’ennuyer et déprimer. Malgré la fatigue du voyage et du décalage horaire, malgré la frustration de ne pouvoir réunir la famille, je me démène avec la nounou pour les occuper, les stimuler, leur occuper l’esprit, leur donner un rythme et un semblant de normalité.

Je trouve sur internet des idées de jeu d’intérieur qui leur permette de se dépenser physiquement. Je sollicite les grands-parents, oncles et tantes pour des sessions d’appels vidéo quotidiennes – mauvaise idée, il faudra les espacer, car les enfants en ressortent très excités, dans le mauvais sens du terme. Nous maintenons bien entendu celles avec Maman, qui est officiellement obligée de rester à son travail – alors que, depuis sa chambre d’hôtel, elle a vue sur notre appartement.

« Le Covid-19 était inévitable, et même prévisible » du fait de notre impact écologique

L’activité miracle consistera finalement à passer du temps « dehors », en manteaux sur notre balcon – une fois un semblant de soleil revenu –, à faire des bulles et à les faire éclater avec le pistolet à eau. La vue n’est pas formidable – les autres immeubles de la résidence nous barrent l’horizon – mais nous pouvons observer la vie du quartier, quasiment inexistante. Alors que les appartements sont illuminés le soir, personne ne semble sortir dans la journée. Rares sont les enfants à descendre jouer dans le parc en bas de chez nous, alors qu’il y en a à longueur de journée en temps normal.

Côté approvisionnement, ma femme a fait des courses avant notre arrivée pour que nous ne manquions de rien au moins les premiers jours, et la nounou, qui vient de la campagne, a apporté des légumes frais, fort bienvenus. Ensuite, nous pourrons nous faire livrer. Les livreurs ne peuvent pénétrer dans la résidence, interdite depuis le début de l’épidémie à toute personne qui n’y habite pas, comme pratiquement partout ailleurs en Chine, mais ils déposent les paquets aux gardiens, à l’entrée, qui ont l’obligation de nous les apporter. Ils les déposent devant notre porte, frappent et reculent de deux ou trois mètres avant que nous ouvrions, afin de ne prendre absolument aucun risque. Ils sont évidemment masqués.

    Dimanche 1er mars

J’apprends qu’un voisin français, revenu un jour après nous par le même chemin, n’est soumis qu’à sept jours de quarantaine. Nous prenons contact avec le service de quarantaine et essayons de savoir de quoi il en retourne. Il n’est pas envisageable de leur dire qu’il y a deux poids, deux mesures, ce serait leur montrer que nous doutons de leur gestion et de la pertinence de leurs mesures. C’est bien le fond de ma pensée, mais le leur dire éliminerait évidemment toute chance de sortie anticipée.

Ma femme récupère un contact au sein du service des étrangers, discute avec elle, et comprend qu’il y a une chance pour que nous puissions sortir après une semaine de confinement. Impossible à garantir alors que nous n’en sommes qu’à trois jours (déjà bien longs), mais d’ici quelques jours, nous pourrons refaire une demande pour bénéficier du même régime que notre voisin. En soulignant que nous venons d’une zone non touchée par l’épidémie, que nous n’avons pas croisé de malade sur notre trajet, que nous avons pris toutes les précautions nécessaires, et que nous avons bien respecté les règles du confinement. Dans notre esprit, nous prenons date pour jeudi 5 mars.

    Mardi 3 mars

Des policiers viennent voir ma femme sur son lieu de travail. Sur notre vol Moscou-Shanghai, 8 passagers, des Chinois résidant à Bergame, en Italie, étaient porteurs du virus. Le premier a été diagnostiqué hier, les autres ce matin.

Nos espoirs de libération anticipée s’envolent. Maigre consolation : même si les chances que nous ayons été contaminés durant le trajet sont très faibles – le malade le plus proche de nous était cinq rangées devant, qui plus est de l’autre côté du bloc des toilettes –, la quarantaine prend du sens, et j’en veux un peu moins à la rigidité du système. D’autant que ces derniers jours, l’épidémie commence à s’étendre en Europe. Il aurait été difficile d’expliquer que nous venons d’une zone non touchée. C’était vrai au moment de notre départ de France, ça ne l’est plus désormais.

« De grâce, écoutez-nous » : des médecins italiens dénoncent la minimisation des dangers du coronavirus

A la suite de ces contacts potentiels avec des malades, nous devons faire l’objet d’un dépistage et d’un suivi rapproché.

    Mercredi 4 mars, 10h30

On frappe à la porte, c’est l’équipe médicale qui vient pour le dépistage. Cinq personnes entrent chez nous, vêtues de combinaisons de protection blanches, qui les couvrent de la tête aux pieds, chaussures comprises. Seuls leurs yeux sont visibles, à travers les lunettes de protection, elles-mêmes protégées par une visière transparente. Les enfants sont impressionnés et se rapprochent de moi, le petit s’agrippe à ma jambe.

Chacun notre tour, nous nous soumettons aux prélèvements. D’abord le test sanguin, à partir de quelques gouttes prélevées au bout d’un doigt. Le sang est déposé sur deux réglettes qui donnent leur verdict en quelques minutes, un peu à la manière des tests de grossesse. Il s’agit d’un examen de premier niveau, qui n’est pas suffisant. Les nôtres sont négatifs, mais cela n’écarte pas la possibilité que nous ayons été contaminés. S’ils avaient été positifs, en revanche, la contamination aurait été certaine, et la suite du protocole sans doute différente.

Les résultats des deux autres tests nécessitent en revanche plusieurs heures. Ce matin, l’équipe médicale n’effectue que les prélèvements (dans la gorge et dans le rectum, j’avais été prévenu en amont), qui seront ensuite traités par un laboratoire. Les résultats nous seront communiqués au plus tard le lendemain.

On termine par les enfants qui, malgré leur réaction initiale, ne manifestent pas de crainte. La seule difficulté est de prélever les gouttelettes de sang de la grande, qui est depuis toujours effrayée par les piqûres. Après moult palabres et quelques ruses, c’est fait, et les pleurs ne durent pas.

Le Covid-19 épargne-t-il vraiment les enfants ?

Chaque prélèvement – trois chacun, donc douze au total – ne prend que quelques secondes, mais les précautions sanitaires et la paperasserie allongent la séance, qui s’étire au final sur trois quarts d’heure. Une fois les prélèvements terminés, les « cosmonautes » sortent, et une autre équipe, aussi nombreuse mais un peu moins bien protégée – leurs oreilles sont à l’air libre et ils ne portent pas de lunettes de protection –, entre dans l’appartement.

Ce sont les enquêteurs, qui pendant plus de quarante minutes vont nous questionner sur notre parcours depuis la France – et pas seulement depuis Moscou, où les passagers malades ont embarqué avec nous – et retracer tous nos contacts et tous les contrôles que nous avons passés depuis notre arrivée à Shanghai le 28 février. Quels ont été nos déplacements dans l’avion ? Je leur détaille nos deux déplacements à bord du Moscou-Shanghai, et leur montre avec un schéma dans quelles toilettes nous nous sommes rendus. Avons-nous remarqué des personnes avec des symptômes de la maladie à bord ? Portions-nous des équipements de protection durant le vol ? Et une fois sortis de l’avion ? Combien de temps avons-nous mis à sortir de l’appareil ? Et de l’aéroport ? Avons-nous été soumis à des contrôles de température ? Comment sommes-nous rentrés chez nous ? Qui était présent dans le véhicule, chauffeur compris ? Nous sommes-nous arrêtés en cours de route ? Arrivés à destination, qui avons-nous croisé ? Sommes-nous sortis de l’appartement depuis notre arrivée ?

Alors que quatre enquêteurs m’interrogent sans discontinuer – sans doute avec bienveillance, mais difficile d’en juger étant donné qu’il ne m’est pas possible de voir leurs visages –, un autre pose des questions sans doute similaires à la nounou. Pour moi, la discussion se fait en anglais, par l’intermédiaire d’un traducteur électronique vocal lorsque l’enquêteur qui pose la question ne parle pas anglais. Mon chinois est bien trop limité pour pouvoir répondre avec précision. J’essaie de leur donner autant d’informations qu’il m’est possible, et de les rassurer sur le fait que nous avons suivi à la lettre les instructions de quarantaine, bien que nous les trouvions trop lourdes. Tous les échanges sont enregistrés.

Une fois la séance de questions terminée, je fais part aux enquêteurs de mes sentiments. Je leur avoue que j’ai trouvé exagérée la quarantaine imposée, alors que nous arrivions d’une zone peu touchée (même si entre-temps l’épidémie a commencé à prendre son essor en France), et que les enfants n’ont pas pu voir leur mère depuis plus de trois semaines. Mais j’ajoute immédiatement que les contacts potentiels avec les huit passagers contaminés justifient a posteriori cette quarantaine. Une des enquêtrices dit comprendre ma frustration : elle-même est sur la ligne de front depuis un mois et n’a pas pu voir son fils, qui reste chez ses grands-parents.

Comprendre l’efficacité des mesures de « distanciation sociale » contre le coronavirus en 3 vidéos

Nous devrions recevoir les résultats des tests biologiques d’ici le lendemain au plus tard, et subir une nouvelle batterie de tests – sans prise de sang, ce qui devrait éviter un nouveau drame – au 13ejour de confinement, soit dans une semaine. D’ici là, nous devons prendre et communiquer nos températures deux fois par jour. La quarantaine suit donc son cours initial, les compteurs ne sont pas remis à zéro, ouf !

Une fois sortis, ils posent une sorte de scellé (un papier collant) sur la face extérieure de notre porte d’entrée.

Durant tout cet épisode, nos visiteurs m’ont laissé sans difficulté photographier leurs faits et gestes. Mais quelques heures plus tard, ils nous demandent de leur envoyer toutes les photos, et de ne pas les diffuser. Avec amusement, nous nous rendrons compte quelques jours plus tard qu’ils ont utilisé une de nos photos pour illustrer un article d’un journal local sur la gestion des cas étrangers.

    Mercredi 4 mars, 19h42

Message dans le groupe WeChat qui regroupe tous les acteurs de notre quarantaine (ma femme et moi, la nounou, et l’équipe médicale et d’enquêteurs) : « Bonne nouvelle, les résultats sont négatifs. » Je n’avais pas de doute là-dessus, la probabilité d’une contamination était vraiment faible, mais c’est toujours mieux d’avoir cette confirmation.

    Mercredi 4 mars, 20 heures

Les enfants dorment, ils se sont assoupis bien plus rapidement que les jours précédents. La journée a été éprouvante. La grande n’a quasiment pas évoqué les visiteurs de ce matin, je n’ai pas cherché non plus à la faire parler. Je lui dirai juste demain qu’ils reviendront, mais que cette fois, ils ne lui piqueront pas le doigt.

    Lundi 9 mars

Je suis enrhumé depuis deux jours, et ça ne s’arrange pas. Je n’y avais pas prêté grande attention au départ, obnubilé par l’état des enfants et la gestion de notre emploi du temps. Mais malgré les quelques remèdes usuels – boissons chaudes, sommeil (j’en manquais), citron au miel, bains de nez – les symptômes se sont aggravés : désormais je tousse, et ma température a légèrement augmenté.

Ce n’est sans doute qu’un banal rhume. Mais les symptômes peuvent aussi correspondre à une infection par le Covid-19. Le premier dépistage a certes été négatif, mais la durée d’incubation peut aller jusqu’à quatorze jours (des durées plus longues ont même été relevées dans de très rares cas), la possibilité d’une infection n’est donc pas exclue avec certitude.

Comment l’attrape-t-on ? La France est-elle prête ? 12 questions sur le coronavirus

Encore une fois, ce n’est pas le risque sanitaire qui m’inquiète : je ne fais pas partie des populations à risque, et si c’était vraiment le virus, il y a peu de chances que mon cas s’aggrave – même si le risque ne serait pas totalement exclu.

En revanche, cela impliquerait très vraisemblablement de me séparer des enfants et de prolonger leur confinement de quatorze jours – voire plus s’ils étaient eux aussi positifs. Tout ceci n’est qu’hypothétique, mais je suis inquiet. J’ai lu dans des groupes de discussion WeChat qu’en cas de tests positifs, les enfants étaient séparés des parents.

    Mardi 10 mars, fin de journée

A force de précautions et de remèdes de grand-mère – rarement ai-je été aussi assidu dans le traitement d’un rhume –, mes symptômes s’atténuent. Je ne tousse quasiment plus et ma température est revenue à la normale.

Un ami médecin m’avait également préconisé de prendre du paracétamol. Je n’en ai pas à la maison, mais je renonce à en commander : dans notre situation actuelle, il est probable qu’un tel achat, qui passerait nécessairement par des mains étrangères, soit communiqué à l’équipe qui nous suit. Je préfère m’en tenir à ce que j’ai sous la main pour ne pas susciter de doutes chez nos observateurs. Ce médicament ne pourrait certes pas faire mentir les tests biologiques prévus mercredi, mais il me faudrait peut-être expliquer son utilisation. Je préfère éviter tout risque de malentendu.

    Mercredi 11 mars, 10h30

L’équipe médicale revient, pour la deuxième série de prélèvements. Cette fois-ci, seuls deux « préleveurs », toujours en combinaison intégrale, entrent dans l’appartement. Le reste de l’équipe reste sur le palier. Comme la première fois, les enfants s’accrochent à moi.

Pas de piqûre sur le doigt aujourd’hui, mais la grande, qui avait accepté sans broncher les autres prélèvements la semaine dernière, refuse catégoriquement que quiconque la touche. Toutes les explications du monde n’y font rien. Nos visiteurs acceptent de ne faire qu’un seul des deux prélèvements, ce qui ne suffit pas à la convaincre. Elle est braquée.

Si un seul d’entre nous ne se soumet pas aux prélèvements, notre confinement sera prolongé de quatre jours – dans le cas où les analyses réalisées se révèlent négatives, bien entendu. Un prélèvement forcé me semble préférable à une extension de notre quarantaine. Ses réactions de frustration face à l’enfermement et à l’absence de Maman ont été de plus en plus fréquentes ces derniers jours, et tendent à s’amplifier. Il me semble préférable de mettre un terme au plus tôt à cette situation, fût-ce au prix d’un traumatisme passager. Me revient en mémoire une opération que j’avais subie à son âge, et qui, si elle m’a marquée sur le moment, ne me semble pas avoir affecté mon enfance.

Nous passons à l’acte. Comme la semaine dernière, les pleurs sont de courte durée. Mais je resterai attentif à ses réactions dans la journée et les jours et semaines à venir.

    Mercredi 11 mars, 20 heures

Pas de nouvelles de nos visiteurs de ce matin. Je leur demande sur le groupe WeChat quand ils recevront les résultats de nos prélèvements. La semaine dernière, ils nous les avaient envoyés vers 19h30. Je suis serein, je ne peux de toute manière rien faire pour modifier le cours du destin. Mais je souhaite être fixé sur notre sort le plus tôt possible, pour pouvoir préparer les enfants à une prolongation de notre quarantaine en cas de mauvaise nouvelle. Réponse : ils n’ont pas encore les résultats et nous les communiqueront dès réception.

    Mercredi 11 mars, 20h45

« Vos résultats sont bons », puis « vous serez libres demain soir ». La dernière inquiétude nous concernant s’envole, la famille sera réunie le lendemain, à minuit au plus tard.

Seule subsiste désormais la crainte face à ce qui se profile en France : l’attitude générale que je perçois sur les réseaux sociaux ou les groupes de messagerie laisse paraître une certaine inconscience face à une épidémie désormais inéluctable. Les exemples de la Chine, puis de la Corée du Sud et désormais de l’Italie n’ont visiblement pas suffi pour que les Français prennent conscience du danger que représente ce virus. Jusqu’au début de notre quarantaine, j’ai moi-même pensé qu’il resterait contenu, mais les nouveaux foyers, notamment en Italie, ont enterré mes illusions. J’analyse les données quotidiennes et je produis même des graphiques pour le docteur Zagury, dont je suivais les analyses au début de l’épidémie en Chine. Sans être un expert, j’ai saisi les grandes lignes de l’épidémie.

La Chine de Xi Jinping est-elle responsable de l’expansion du coronavirus ?

Cela fait plusieurs jours que je m’inquiète pour mes parents, qui comme la plupart des Français n’ont quasiment pas modifié leurs habitudes, alors qu’ils ont tous deux plus de 70 ans et sont donc statistiquement plus vulnérables. Or, avec 2 000 cas officiellement détectés, ce sont déjà quelques dizaines de milliers de Français qui sont porteurs du virus. Même si la grande majorité d’entre eux ne manifestent pas de symptôme pour l’heure, ils représentent un réservoir qui peut faire exploser l’épidémie dans les semaines à venir.

Jeudi 12 mars, 14 heures

On frappe à la porte. Deux personnes entrent, cette fois-ci sans combinaison. Ils portent des masques, mais je reconnais leurs regards, ils étaient là lors des deux sessions de prélèvements. Ils me remettent le certificat de fin de quarantaine. Je dois le signer pour qu’ils le scannent. Je reçois également une carte qui me permettra d’entrer et de sortir de la résidence tant que la fin de l’épidémie ne sera pas déclarée.

Aucun malade n’a été détecté dans notre ville depuis le début de l’épidémie. Aucun nouveau cas dans la préfecture depuis plus de trois semaines. Et tous les malades pris en charge dans la région sont désormais guéris. Mais la fin de l’épidémie semble encore bien loin : les mesures de quarantaine vis-à-vis des autres villes chinoises restent en vigueur. Quatorze jours si nous passons plus de vingt-quatre heures à Shanghai, à deux heures de route. Pareil pour les retours de l’étranger, qui doivent désormais se faire non plus à domicile, mais en centres de quarantaine, un adulte par chambre maximum.

« Les grandes épidémies suscitent un mélange de terreur et de fascination »

Mais pour l’heure, notre confinement est terminé, nous avons enfin le droit de sortir. Je libère la nounou, qui peut rentrer chez elle. Avec les enfants, nous mettons chacun un masque et descendons vers les toboggans. Ils s’en donnent à cœur joie. Puis nous partons faire quelques courses. Notre habituel magasin de légumes, juste en bas de chez nous, n’a pas encore pu rouvrir, il faut se rabattre sur l’hypermarché.

A la seule entrée ouverte du centre commercial, un vigile me demande ma nationalité. Je peux entrer même si la France fait désormais partie des pays les plus à risque. Un autre contrôle nos températures. Avant d’entrer, je dois en plus signer un registre et laisser mes coordonnées. A l’intérieur, quasiment tous les commerces sont ouverts, mais il n’est pas possible de s’asseoir dans les restaurants et salons de thé : ils ne proposent qu’à emporter ou en livraison. Dans l’hypermarché, il y a autant d’employés que de clients, mais les rayons sont achalandés, et les prix similaires à ce qu’ils étaient avant l’épidémie. Dans la rue, tous les visages sont masqués. La vie a commencé à reprendre son cours avant notre sortie, mais l’ambiance reste pesante, et va sans doute le rester quelque temps.

Témoignage recueilli par Alexandre Phalippou

Camilla Parker Bowles coupée de ses enfants et petits-enfants : elle craque pour une application qui fait fureur chez les jeunes .
Confinée au manoir de Birkall, en Ecosse, Camilla Parker Bowles accuse le coup. Loin de ses enfants et de ses petits-enfants, dont elle est très proche, la duchesse de Cornouailles a cependant trouvé le parfait moyen pour rester en contact avec les siens grâce à une application qui fait fureur chez les jeunes, rapporte le Daily Mail. Depuis l'annonce de la contamination du prince Charles au coronavirus Covid-19 ce mercredi 25 mars, Camilla Parker Bowles est préoccupée. Tenue à l'écart du prince de Galles dans le manoir écossais où ils avaient célébré leur lune de miel, la duchesse de Cornouailles tente tant bien que mal de rester optimiste.

usr: 0
C'est intéressant!