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France Coronavirus : les doutes et l’angoisse des malades non dépistés

09:40  01 avril  2020
09:40  01 avril  2020 Source:   lemonde.fr

Kenya: des élus proposent de divulguer les noms des malades du coronavirus

  Kenya: des élus proposent de divulguer les noms des malades du coronavirus Alors que le pays n’a pas encore enregistré plus d’une dizaine de malades du Covid-19, plusieurs élus souhaitent que l’identité des Kényans contrôlés positifs soit révélée pour faciliter le traçage des personnes entrées en contact avec les malades. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Et le gouvernement a déjà écarté cette possibilité. Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh C’est le sénateur Moses Wetangula qui a mis les pieds dans le plat. Selon l’opposant, révéler l’identité des malades « permettra de mieux retrouver ceux qui sont entrés en contact avec des gens infectés ».

La France a adopté une doctrine de dépistage du coronavirus particulièrement sélective, notamment pour pallier son manque de moyens. Si les Français non testés présentant des symptômes du Covid-19 font preuve de compréhension, ils restent cependant dans une incertitude pesante

Des doutes , relayés par des infectiologues, émergent sur le bilan de l'épidémie en Chine. A Wuhan, de longues files d'attente se sont formées pour récupérer Probablement que les données de description des personnes atteintes du coronavirus ont été biaisées." Files d'attente pour récupérer des cendres.

Faute de dépistage massif, les nombreux Français présentant des symptômes du Covid-19 mais ne pouvant pas être testés oscillent entre le désarroi, la colère et l’angoisse.

Des résidents à leur fenêtre, à Paris, le 29 mars. © Fournis par Le Monde Des résidents à leur fenêtre, à Paris, le 29 mars.

Confinée dans son appartement, Pauline Clocher était en train de nettoyer sa salle de bain quand l’angoisse l’a saisie : l’eau de Javel n’avait plus d’odeur. Paniquée, cette designer parisienne de 27 ans s’est mise à renifler tous ses flacons et shampooings pour se rassurer, mais « rien, le néant ». Elle a soudain réalisé que ses repas avaient aussi perdu leur saveur depuis une semaine. Pour en avoir le cœur net, elle a fait le test avec la moutarde : « aucun goût ».

Coronavirus : 16 personnes décédées dans un Ehpad parisien

  Coronavirus : 16 personnes décédées dans un Ehpad parisien 16 personnes sont décédées dans cet établissement du 12e arrondissemet, et 81 sont actuellement positifs au Covid-19 © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Illustration d'un Ehpad CORONAVIRUS - 16 personnes sont décédées dans cet établissement du 12e arrondissemet, et 81 sont act Une situation dramatique. Selon les informations du Parisien, à la suite de l’épidémie de coronavirus, un Ehpad parisien situé dans le 12e arrondissement est particulièrement touché. Le bilan est très lourd : 16 personnes sont décédées dans l’établissement, et 81 sont act .

Une fois sortis de réanimation, de nombreux patients âgés, bien que guéris du coronavirus , sont trop faibles pour quitter l'hôpital. Face à l'afflux de patients infectés par le coronavirus , l 'objectif des soignants est bien entendu de les faire sortir au plus vite de la réanimation.

Propagation du coronavirus dépisté en Chine - 2020 (669). officiellement 3.304 morts attribués à l’épidémie de Covid-19, dont 2.535 à Wuhan, épicentre de la maladie dans ce pays, mais des doutes subsistent. La Chine va construire un hôpital en Algérie pour soigner les malades du coronavirus .

Perte d’odorat, perte de goût, grande fatigue, toux sèche… Depuis dix jours, elle vit avec ces symptômes caractéristiques du nouveau coronavirus. A-t-elle été contaminée ? Le médecin qui l’a reçue en téléconsultation lui a affirmé que c’était « probable » et lui a fait un arrêt maladie. Mais faute de test, elle n’en aura jamais la certitude. Comme beaucoup de Français.

La jeune femme fait partie de la zone grise de ces malades probables du Covid-19 mais non dépistés, qui échappent en partie aux statistiques officielles. La France compte 52 128 cas confirmés, auxquels s’ajoutent désormais 42 000 malades diagnostiqués par des médecins généralistes, selon une estimation de Santé publique France (SpF).

A Metz, un sixième médecin hospitalier est mort du Covid-19

  A Metz, un sixième médecin hospitalier est mort du Covid-19 Placé en réanimation, un médecin du CHR de Metz a succombé au coronavirus ce lundi. « Je viens d’apprendre le décès d’un de nos médecins » qui était « hospitalisé dans le lit d’une autre réanimation » que celle du centre hospitalier régional (CHR) de Metz, a indiqué sa directrice générale, Marie-Odile Saillard, lors d’une audioconférence de presse.

Une attention particulière doit être portée aux patients souffrant de troubles anxieux dont les angoisses pourraient être majorées par le visionnage des chaînes On a défini les accès prioritaires qui sont les urgences et l ’hospitalisation, car cela concerne les personnes dont la situation n’est pas stabilisée.

Des doutes ont été formulés après que le président russe a rencontré la semaine dernière le médecin-chef du principal hôpital moscovite traitant les malades du coronavirus , testé positif au virus.

Pour ces derniers, toutefois, le doute subsiste et quantité de questions avec : quel comportement adopter, quel degré de confinement, doivent-ils s’isoler au sein de leur famille, pourront-ils se considérer comme immunisés une fois guéris ? Les tests, encore rares, sont réservés en priorité au personnel soignant et aux patients à risque.

Vivre avec l’incertitude

« La stratégie [de confinement] mise en œuvre par les autorités n’est pas fondée sur ce qui est souhaitable mais possible, compte tenu du manque de tests », dénonce Jacques Battistoni, le président du syndicat de médecins généralistes MG France. A la différence de la Corée du Sud, du Japon et de Singapour, où le dépistage massif est de rigueur, la France ne dispose que de 12 000 tests PCR (prélèvement par écouvillons) par jour.

Sa capacité de dépistage devrait toutefois bientôt augmenter. « Elle atteindra 25 000 à 30 000 tests d’ici une grosse semaine, puis 50 000 tests par jour d’ici la fin du mois d’avril », a annoncé samedi le ministre de la santé, Olivier Véran. La France a également commandé cinq millions de « tests rapides », censés arriver « prochainement ». En attendant, pour beaucoup, il faut vivre avec l’incertitude.

Coronavirus : départ de Paris vers la Bretagne d’un premier TGV avec des malades

  Coronavirus : départ de Paris vers la Bretagne d’un premier TGV avec des malades Ce premier TGV médicalisé transporte 24 patients, le second, qui doit partir dans les prochaines minutes, comptera 12 malades à son bord. © AFP/Thomas Samson Le Parisien Désengorger l’Ile-de-France. Le premier TGV médicalisé évacuant d’Ile-de-France, vers la Bretagne, des malades du coronavirus est parti mercredi de la gare d’Austerlitz à Paris, a constaté une journaliste de l’AFP.Vingt-quatre patients sont à bord de ce train, parti à 11h12 à destination de Saint-Brieuc et Brest.

Plusieurs semaines après l'identification du Covid-19, ce nouveau coronavirus reste encore largement méconnu, alors qu'il s'est répandu sur tous les Car certains sont similaires à d'autres symptômes de maladies hivernales, comme la grippe, dont la fièvre, les douleurs musculaires et les maux de tête

Les doutes subsistent sur le nombre de victimes du coronavirus en Chine. Les cendres de personnes décédés d’autres malades ont également été récupérées ces derniers jours afin de Pas sûr que cela suffise à éliminer les doutes sur le nombre des victimes du coronavirus en Chine.

Des milliers de Français présentant des symptômes en sont réduits à s’ausculter au jour le jour, oscillant entre le désarroi, la colère et l’angoisse. Beaucoup se convertissent à la téléconsultation médicale, apprennent les mots savants d’« anosmie » et d’« agueusie » pour désigner leur perte d’odorat et de goût, et suivent de près l’évolution des connaissances sur le virus.

En proie à une grande fatigue, une toux et des maux de gorge, Nicolas Eisen, enseignant et chercheur à Poitiers, a appelé son généraliste et un médecin du SAMU. « Ils m’ont dit de surveiller et de m’isoler, ce que je fais. Du coup je deviens plus hypocondriaque que Woody Allen, raconte-t-il. C’est vraiment une sensation étrange de se demander si on est malade ou si c’est psychologique. »

« On a peur de mourir »

Les plus âgés ou vulnérables craignent de voir leur état se dégrader brutalement. « Le plus dur n’est pas de savoir si on l’a ou pas, c’est de ne pas savoir si cela ne va pas s’aggraver dans l’heure qui vient. Cela génère beaucoup d’angoisse, on a peur de mourir », témoigne Andreas Gmür. Ce joaillier de 58 ans a développé les premiers symptômes le 10 mars, mais son médecin lui a expliqué qu’il ne faisait pas partie des personnes à risque. « Je suis resté chez moi, seul, en prenant de l’ibuprofène au début, mais j’ai arrêté quand le ministre de la santé a signalé sa dangerosité en cas de Covid-19 », explique-t-il, soulagé d’entrevoir « la fin du tunnel » après deux semaines éprouvantes.

Coronavirus : un bus transportant des malades forcé de faire demi-tour

  Coronavirus : un bus transportant des malades forcé de faire demi-tour Un bus qui transportait mardi huit patients malades du coronavirus du CHU de Reims en direction de Tours a dû faire demi-tour subitement car ces patients n'étaient pas prioritaires.Depuis quelques jours, les régions moins touchées par le coronavirus accueillent des malades d'hôpitaux saturés d'autres parties de la France. De cette manière mardi, huit patients atteints du coronavirus ainsi que trois médecins ont quitté Reims pour se rendre au CHRU de Tours à bord d'un bus. Mais une heure après son départ et alors qu'il se trouvait sur l'autoroute, le bus a dû faire demi-tour, fait savoir France Bleu Grand Est. Et ceux parce que les huit patients n'étaient pas prioritaires.

À lire aussi : Coronavirus : le tardif réveil de l’Amérique. Épicentre de l'épidémie américaine et déjà métamorphosée sous l'effet du nouveau coronavirus , New York se préparait mardi au pire. La ville a été forcée de se transformer pour pouvoir soigner des dizaines de milliers de malades potentiels du

Nous avons peur de mourir du coronavirus au point d’avoir accepté la résidence surveillée pour tous ! Et pourtant, « nous n’avions qu’une peur au monde, celle d’offenser Notre Seigneur. » Nous avons chassé Dieu ou accepté de vivre sans Dieu dans la sphère publique. Nous avons cru possible de

Les malades les plus jeunes s’inquiètent moins pour eux-mêmes que pour leur entourage, redoutant d’être une menace. Malgré toutes les précautions dont ils font preuve, certains se retrouvent à avoir peur de tuer leurs parents, un proche âgé, un collègue ou un conjoint à la santé fragile.

Aline, ingénieure en informatique de 56 ans, a vécu dans la terreur d’avoir contaminé sa mère, âgée de 87 ans, dont elle a dû s’occuper malgré ses symptômes. Trois jours durant, elle s’est efforcée de rester à distance. A chaque repas, mère et fille mangeaient aux deux bouts de la table. « Quand j’ai perdu le goût, son médecin m’a dit que j’avais sans doute le Covid-19, raconte-t-elle. Je me suis isolée dans une chambre, mais ma mère avait besoin d’aide pour s’habiller et se lever. Je la prenais sous les bras en lui disant de ne pas me regarder, pour ne pas lui respirer sur le visage. »

Aline venait de rentrer chez elle lorsque les pompiers l’ont appelée : sa mère était tombée et présentait à son tour des symptômes suspects. Hospitalisée, la vieille dame a subi un test pour le Covid-19. Pour Aline, le temps s’est suspendu dans l’attente des résultats. Des heures à pleurer dans son lit, des échanges affolés avec son frère au téléphone, et ce cri d’angoisse : « J’ai tué maman ! ». « Jusqu’à présent, le coronavirus c’était abstrait, pour moi. J’avais occulté le risque, reconnaît-elle. C’est devenu concret quand ma mère et moi avons commencé à avoir des symptômes ». Ecrasée par la culpabilité, Aline a depuis été rassurée : le test s’est révélé négatif.

Patrick Bruel et CharlElie Couture malades du coronavirus

  Patrick Bruel et CharlElie Couture malades du coronavirus Patrick Bruel et CharlElie Couture ont tous les deux attrapé le coronavirus, ont-ils chacun annoncé jeudi. © ROMUALD MEIGNEUX/SIPA/ NIVIERE/NIKO/SIPA Les chanteurs Patrick Bruel et CharlElie Couture ont annoncé jeudi se remettre du coronavirus après "quelques jours de fièvre" pour le premier et "huit jours/nuits terribles" pour le deuxième. "Pas d'inquiétude, tout va bien", rassure Patrick Bruel, 60 ans, sur son compte Instagram.

« Les gens sont désemparés »

Face à ces malades non dépistés, les médecins généralistes sont en première ligne. Avec la propagation exponentielle de l’épidémie, l’insouciance a fait place à une « angoisse sans précédent », affirme Georgina Hufschmidt, médecin à Ajaccio. « Les gens sont désemparés. Ils appellent pour tout ». L’un s’inquiète d’avoir 36,7 °C de température, un autre d’avoir le nez qui coule, un troisième de ne pas réussir à ouvrir sa bouteille de bain de bouche, y voyant le signe d’une soudaine faiblesse physique. « Les patients ont perdu tout bon sens, affirme cette médecin. Nous sommes leur bouée de secours. »

Même son voisin de palier s’y est mis. Chaque jour, ce veuf lui dépose une lettre pour décrire ses symptômes et lui demander son avis. « C’est touchant, mais il n’y a plus de filtre. Je suis sollicitée en permanence par mes patients et des connaissances dont je n’avais plus de nouvelles depuis dix ans pour avoir un “deuxième avis” après celui de leur médecin traitant. Réseaux sociaux, Facebook, Instagram… Ils tentent de me contacter par tous les moyens, c’est la folie », s’étonne Georgina Hufschmidt. A chaque cas suspect, elle rappelle les consignes, informe, rassure, conseille.

Outre les cas graves, les malades sans symptômes, susceptibles de propager le virus sans qu’ils en aient conscience, inquiètent particulièrement les professionnels de santé. « S’ils savaient qu’ils sont positifs, ils respecteraient peut-être mieux les mesures de confinement : chez moi je vois encore beaucoup de gens se promener dans la rue », se désole Sébastien Adnot, médecin généraliste à Carpentras.

Coronavirus : en France, 7.800 places supplémentaires dans des hôtels pour les sans-abris

  Coronavirus : en France, 7.800 places supplémentaires dans des hôtels pour les sans-abris Le ministère du Logement a annoncé samedi l'ouverture de plus de 7.800 places supplémentaires dans des hôtels pour héberger des sans-abris pendant la pandémie de coronavirus, ainsi que 2.800 places dans 73 sites de confinement pour les SDF malades. Plus de 7.800 places supplémentaires sont désormais mobilisées dans des hôtels pour héberger des sans-abris pendant la pandémie de coronavirus, ainsi que 2.800 places dans 73 sites de confinement pour les SDF malades, a annoncé dimanche le ministère du Logement.

Pauline Clocher, la designer parisienne, est elle-même convaincue d’avoir été contaminée par sa sœur, asymptomatique, avec qui elle est confinée. « Je pense à tous ces malades qui s’ignorent et vont transmettre le virus chez eux, avec le risque de créer des foyers épidémiques au sein même de leurs familles », dit-elle. Un risque bien réel, que ces malades soient symptomatiques ou non, compromettant encore davantage les chances d’en finir rapidement avec l’épidémie, déjà responsable d’au moins 3 523 morts en France.


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Quatre morts sur un navire de croisière en direction de la Floride .
Quatre personnes sont mortes du coronavirus sur un navire de croisière qui se dirigera vers le port de For Lauderdale, en Floride. Holland America a confirmé plus tôt cette semaine que 77 membres d'équipage et passagers du navire Zaandam . étaient malades avec des symptômes de coronavirus. Le navire est actuellement à la dérive après que les autorités chiliennes ont refusé de laisser les passagers et l'équipage débarquer, mettant le navire en route vers la Floride.

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