•   
  •   

France Pour une régularisation des migrants sur le sol français et européen

15:50  10 avril  2020
15:50  10 avril  2020 Source:   liberation.fr

Grèce : un cas de coronavirus dans un deuxième camp de migrants

  Grèce : un cas de coronavirus dans un deuxième camp de migrants Le camp de Malakasa, non loin d’Athènes, a été placé en « confinement sanitaire total ».Le camp de Malakasa, à quelque 38 km au nord-est d’Athènes, a été placé « en confinement sanitaire total » pour 14 jours, avec interdiction d’y entrer ou d’en sortir.

A Calais, le 9 avril. © BERNARD BARRON A Calais, le 9 avril.

A l'instar du Portugal, qui accorde un titre de séjour jusqu’au 30 juin, un collectif demande l’obtention d’une carte de résident pour les personnes migrantes afin qu'elles puissent accéder à un travail et à un logement digne.

Tribune. Nous vivons aujourd’hui une situation de crise sanitaire mondiale inédite face à laquelle les plus vulnérables d’entre nous sont les plus exposés. Aujourd’hui environ 500 000 personnes sans-papiers sont présentes sur le sol français, elles sont environ 4 millions sur le territoire de l’Union européenne, vivant souvent dans des conditions précaires inadmissibles et rendant impossible le respect des mesures préconisées par l’Organiation mondiale de la santé (OMS) pour lutter contre la diffusion du coronavirus.

États-Unis: indignation après l’expulsion de migrants haïtiens en temps de pandémie

  États-Unis: indignation après l’expulsion de migrants haïtiens en temps de pandémie Malgré la crise sanitaire engendrée par la pandémie de Covid-19, les États-Unis n’ont pas suspendu les expulsions de migrants en situation irrégulière et arrêtés sur leur territoire. Mardi 7 avril, 68 Haïtiens ont été renvoyés à Port-au-Prince. Une opération largement dénoncée tant aux États-Unis par des élus du Congrès qu’en Haïti. Face à l’indignation et aux peurs, les autorités haïtiennes sont confiantes et jouent la carte de la solidarité nationale. Avec notre correspondante à Port au Prince, Amélie BaronLe ministre haïtien des Affaires étrangères, Claude Joseph, s’est voulu rassurant.

Le Portugal a décidé d’accorder un titre de séjour temporaire (jusqu’au 30 juin) aux migrant·e·s présent·e·s sur son territoire. Une vingtaine de députés français demande également la régularisation temporaire des sans-papiers présents sur le territoire français pendant l’épidémie de coronavirus ; ils invoquent «une mesure de salubrité publique» face à la «situation dramatique des sans-papiers et des sans-abri». Si cette mesure permettra à certain·es personnes sans papiers d’améliorer provisoirement leur situation, elle ne doit pas se faire au détriment de conditions de travail dignes et sécurisées. Nous demandons pour tous les travailleurs et travailleuses l’application du code du travail, en y ajoutant les mesures prescrites par l’OMS.

Malte dit ne plus pouvoir secourir ni accepter de migrants

  Malte dit ne plus pouvoir secourir ni accepter de migrants Malte dit ne plus pouvoir secourir ni accepter de migrants © Reuters/DARRIN ZAMMIT LUPI MALTE DIT NE PLUS POUVOIR SE LA VALETTE (Reuters) - Malte ne peut plus garantir de porter secours aux migrants ou de leur permettre de débarquer sur l'île du fait de la crise sanitaire, a déclaré jeudi le gouvernement maltais, indiquant que ses ressources étaient déployées dans la lutte contre le coronavirus et craindre que les migrants en soient porteurs.

Pour que le temporaire devienne permanent

Nous soulevons la question éthique posée par l’embauche temporaire de personnes dites «migrantes» pour pallier la pénurie de personnel en France et la diminution de la main-d’œuvre disponible liée à la pandémie et la fermeture des frontières. Nous soutenons cette mesure minimale, mais nous appelons à aller plus loin. Pour que l’autorisation de séjour ne soit pas qu’un instrument pour déléguer le travail durant la pandémie, il faut que le temporaire devienne permanent. C’est pourquoi nous demandons qu’une carte de résident soit attribuée à toutes les personnes migrantes, afin de leur permettre d’accéder à un travail, et donc à un logement digne.

En Belgique, des associations lancent également un appel demandant la régularisation définitive des étranger·e·s présent·e·s dans les pays de l’Union européenne. La régularisation massive et collective des sans-papiers ne génère pas un «appel d’air». Les régularisations massives passées n’ont pas entraîné de mouvement migratoire particulier, car ce sont avant tout les conditions de vie dans les pays d’origine qui déterminent les flux migratoires. Qu’ils soient africains, asiatiques ou latino-américains, la majorité des flux migratoires sont intracontinentaux et seule une minorité arrive aux frontières de l’Union européenne, atteintes par les migrant·e·s au péril de leur vie. L’argument de l’appel d’air est d’autant plus inadapté à la situation actuelle que les frontières sont actuellement fermées.

Plus de 100 000 morts du coronavirus, relance économique, Pâques confinée... L'actu de ce vendredi

  Plus de 100 000 morts du coronavirus, relance économique, Pâques confinée... L'actu de ce vendredi France Bilan. La pandémie du nouveau coronavirus a fait plus de 100 000 morts dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie selon un comptage de l’AFP. Notre direct. Pâques au balcon. Après plus de 13 000 morts du coronavirus en France selon le bilan annoncé ce vendredi, la surveillance du confinement restera stricte lors du week-end pascal. Emmanuel Macron et Edouard Philippe menaient une série de réunions vendredi pour préparer l’allocution aux Français du chef de l’Etat prévue lundi sur les nouvelles mesures dans la lutte contre le Covid-19. L’OMS craint «une résurgence mortelle» de la pandémie en cas de déconfinement hâtif. Sauvetage.

Si les dernières régularisations collectives de sans-papiers en France datent de 1981 et 1997, de telles opérations ont régulièrement eu lieu dans d’autres pays européens : en Belgique (1999, 2009), en Espagne (2005) et en Italie (2012). Ces régularisations massives ont toujours eu des effets bénéfiques, autant pour leurs bénéficiaires directs que pour l’économie du pays accueillant et pour sa cohésion sociale (son «vivre-ensemble»). Nous sortirons bientôt de cette pandémie avec une économie affaiblie, une société en manque de repères et de cohésion, et une crise sociale et humaine dont nous ne pouvons pas encore mesurer l’ampleur.

Egalité de droits avec les autres travailleurs

Parmi les milliers de personnes migrantes présentes sur nos territoires, nombreuses sont celles qui ont une formation et une expérience professionnelles dans des domaines variés et dans lesquels les entreprises de l’Union européenne manquent de main-d’œuvre (bâtiment, industrie, agriculture ou restauration, par exemple). Ces compétences et ces expériences, la France et l’UE en auront besoin à la sortie de la crise que nous traversons. Même sans qualification particulière, ces personnes participeront au redressement économique. Quelles que soient les compétences professionnelles ou la formation des personnes migrantes sur notre territoire, nous souhaitons qu’ils aient la liberté de trouver leur place dans la société, en égalité de droits avec les autres travailleurs.

Inde: émeute dans un centre d'accueil pour travailleurs saisonniers à New Delhi

  Inde: émeute dans un centre d'accueil pour travailleurs saisonniers à New Delhi Les autorités sont dépassées par le nombre de travailleurs saisonniers sans domicile depuis le confinement en Inde. Samedi 11 avril, une émeute a éclaté dans un des centres qui tente de les héberger à New Delhi. De notre correspondant en Inde, C’est un sabotage qui reflète la saturation et le désespoir qui règne au sein des centres pour travailleurs migrants en Inde. Trois bâtiments ont été incendiés par leurs occupants à New Delhi, près de la rivière Yamuna.Le refuge accueillait des travailleurs journaliers sans aucune ressource et incapables de regagner leurs campagnes, alors que l’activité économique et les transports sont paralysés en Inde.

Les circonstances exceptionnelles actuelles nous engagent à exiger cette mesure et à l’appliquer rapidement, efficacement, sans controverses, et dans l’intérêt de chacun. Alors même que la crise sanitaire que nous traversons exige de toutes et tous de faire preuve d’entraide et de solidarité, nous demandons la régularisation via une carte de résident de l’ensemble des personnes migrantes actuellement présentes sur le sol français ainsi que dans tous les pays de l’Union européenne.

Les signataires : Michel Agier, directeur d’études EHESS, Paul Aries, politologue, rédacteur en chef de la revue les Zindigné(e)s, Esther Benbassa, sénatrice de Paris, EE-LV, Jacques Boutault, maire du IIe arrondissement de Paris, EE-LV, François Bourdillon, ancien directeur Santé publique France, William Bourdon, avocat, Françoise Bressat-Blum, présidente de l’Université populaire de Lyon, Patrick Brody, militant CGT, ancien conseiller confédéral, Julia Cage, économiste, PSE, Damien Carême, député européen, EE-LV, Leila Chaibi, députée européenne LFI, Johann Chapoutot, historien, Philippe Corcuff, maître de conférences de science politique à Sciences-Po Lyon, Christian Delorme, prêtre du diocèse de Lyon, Didier Fassin, anthropologue et médecin, Institut d’études avancées de Princeton et Collège de France, Eric Fassin, sociologue, Université Paris-8, Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, Roland Gori, professeur émérite de psychopathologie, psychanalyste, André Grimaldi, médecin endocrinologue, APHP, Corinne Iehl, conseillère métropolitaine de Lyon Ensemble !, secrétaire d’Anvita, Thierry Lang, Haut Conseil de la santé publique, Myriam Laidouni-Denis, conseillère régionale, Auvergne-Rhône-Alpes, EE-LV, Gustave Massiah, membre du conseil international du forum social mondial, Dominique Méda, sociologue, Université Paris-Dauphine, El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie, Paris-Dauphine, Nathalie Perrin-Gilbert, maire Ier arrondissement Lyon, Frédéric Pierru, chercheur en sciences sociales et politiques, CNRS, Fabien Roussel, député du Nord, PCF, Michèle Riot-Sarcey, historienne, Alfred Spira, professeur d’épidémiologie, Thomas Piketty, économiste, PSE, Jacques Revel, historien, ancien président EHESS, Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste à la Métropole de Lyon, Serge Slama, professeur de droit public, Université de Grenoble, Barbara Stiegler, professeur de philosophie à l’Université de Bordeaux, Marie-Christine Vergiat, militante des droits de l’homme, ex-députée européenne (2009-2019), Stéphane Velut, neurochirurgien et auteur, Jacques Walter, pasteur à Lyon.

Le Collectif soutiens/migrants  Croix-Rousse-Collège sans frontières Maurice Scève

Sauvetage de migrants : à cause du Covid, MSF arrête ses opérations en mer avec SOS Méditerranée .
SOS Méditerranée espère toutefois reprendre dès que possible ses opérations pour éviter « que la crise sanitaire n’en cache une autre », humanitaire.MSF a mis fin au partenariat qui liait depuis quatre ans les deux associations et qui a permis de sauver 30 000 personnes en Méditerranée. Elle a toutefois rappelé la gravité de la situation de ceux qui continuent de fuir la Libye : en pleine crise du nouveau coronavirus, Malte et l’Italie ont officiellement fermé leurs ports aux migrants.

—   Partager dans le Soc. Réseaux
usr: 0
C'est intéressant!