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France Coronavirus : les difficultés des brigades de traçage

19:55  23 mai  2020
19:55  23 mai  2020 Source:   lejdd.fr

Boris Johnson promet un système de test, de suivi et de traçage des coronavirus d'ici le 1er juin

 Boris Johnson promet un système de test, de suivi et de traçage des coronavirus d'ici le 1er juin © PA Le Premier ministre Boris Johnson prend la parole lors des questions du Premier ministre à la Chambre des communes, à Londres. Coronavirus a tout changé. Donnez un sens à tout cela avec la Zone Waugh, notre briefing politique du soir. Inscrivez-vous maintenant . Boris Johnson a promis qu'un programme de test, de suivi et de traçage du coronavirus sera en place d'ici le 1er juin.

Des spécialistes redoutent que ces équipes de l’Assurance maladie ne soient pas assez efficaces. Les plus précaires pourraient passer entre les mailles du filet. © AFP

Des spécialistes redoutent que ces équipes de l’Assurance maladie ne soient pas assez efficaces. Les plus précaires pourraient passer entre les mailles du filet.

Depuis le déconfinement, des brigades de traçage sont en place au sein des caisses primaires d'assurance maladie (CPAM). Leur mission : briser les chaînes de contamination. Pour ce faire, médecins généralistes et établissements de santé leur adressent des patients positifs au Covid-19, charge ensuite aux brigades d'identifier rapidement toutes les personnes avec lesquelles ils ont été en contact. Si ces cas sont complexes ou nombreux, les agences régionales de santé prennent le relais. Depuis deux semaines, environ 5.500 personnes ont ainsi été dépistées à travers le pays et 14.000 cas contacts identifiés.

Apple et Google lancent un système de traçage des contacts numériques

 Apple et Google lancent un système de traçage des contacts numériques Apple et Google entrent dans l'espace de traçage des contacts numériques, ont annoncé conjointement les sociétés mercredi. © Jakub Porzycki / NurPhoto via Getty Images akub Porzycki / NurPhoto via Getty Images Ensemble, les géants de la technologie ont déployé un système de notification d'exposition COVID-19 , essentiellement une interface de programmation unifiée qui permettra aux services publics de santé de créer leurs propres applications de recherche de contacts.

Ce bilan plutôt prometteur ne calme pas l'inquiétude de certains spécialistes de santé qui redoutent "des failles dans le système", d'après l'un d'entre eux. La première crainte concerne la porte d'entrée du dispositif. Un patient ne peut l'intégrer qu'à condition de présenter un test PCR positif au Covid-19 ou un scanner aux signes évocateurs. Or, certains tests ont une sensibilité insuffisante, conduisant à des erreurs chez 20 à 30% des infectés.

"En cas de symptômes persistants, on conseille un deuxième test quelques jours après", assure Aurélie Combas-Richard, directrice de la CPAM de Seine-Saint-Denis. Insuffisant, d'après les praticiens sollicités pour qui il faudrait s'appuyer aussi sur des diagnostics cliniques afin d'être sûr de ne manquer personne.

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Pas de solution miracle

Mais le reproche principal réside dans la méthode même d'identification des "cas contacts", par téléphone. Dans d'autres pays, comme en Autriche où c'est un succès, le système est certes aussi organisé autour du démarchage à distance mais avec également des visites à domicile. En France, il fut un temps question d'ériger le traçage physique en règle plutôt qu'en une exception limitée aux seules situations complexes. Le 15 avril, le président du conseil scientifique avait d'ailleurs évoqué le chiffre de 30.000 personnes à mobiliser dans cette optique. Elles ne sont finalement que 6.500 à effectuer ces missions, et seulement à distance.

Et nombre d'épidémiologistes estiment que ce seul traçage par téléphone risque de manquer ceux qu'ils appellent dans leur jargon les "hard-to-reach populations". En bon français, les publics fragiles, difficiles à atteindre parce qu'exclus du système de soin, précaires ou marginalisés. L'enjeu est primordial : statistiquement, ils sont parmi les plus touchés par le Covid-19.

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Covisan, le dispositif de l'AP-HP, a opté pour le traçage physique, à l'aide de binômes qui sillonnent la région. Actifs en Île-de-France depuis la mi-avril, ils cohabitent désormais avec les brigades de la CPAM. Pour autant, si Covisan fonctionne bien par endroits, le taux de refus des visites à domicile reste très élevé en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, durement frappé par le virus. "Il n'y a pas de solution miracle, il faut s'adapter, décrit le Pr Olivier Bouchaud, chef du service infectiologie de l'hôpital Avicenne de Bobigny, impliqué dans Covisan. Les gens sont parfois dans un tel désarroi social qu'ils sont méfiants envers quiconque viendrait chez eux."

La peur de "dénoncer" ses connaissances

D'après lui, le terme de brigade n'arrange rien. De plus en plus, ses équipes doivent lutter pour se distinguer d'un dispositif dont la dénomination martiale inquiète. Et même au sein d'une CPAM où l'on assure que les appels suffisent pour détecter les cas contacts, on admet éviter cette appellation gouvernementale qui prête à confusion.

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"Cela donne l'impression d'une police sanitaire, se désespère Jérôme André, directeur de HF Prévention, qui s'occupe du dépistage VIH auprès de publics marginalisés. Donc les gens ne veulent pas 'dénoncer' leurs connaissances." De telles situations se multiplieraient. À l'image de cet habitant d'un quartier populaire positif au Covid-19 qui s'est rapproché de HF Prévention, laquelle l'a redirigé dans le circuit CPAM : "Ils lui ont dit de donner le nom de ses relations. Il a eu peur et a répondu qu'il ne les connaissait pas, alors que c'étaient ses voisins, soupire Jérôme André. Le travail éducatif n'est pas fait." Rue de Ségur, des discussions sont en cours pour intégrer ces structures habituées aux actions sanitaires d'urgence. "On attend, s'impatiente-t-il. On perd encore du temps."

Ce vendredi, une première opération de dépistage de rue à destination des plus précaires a été expérimentée à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avec l'ARS, la municipalité et l'AP-HP. Un tel modèle pourrait être multiplié pour rendre plus performantes les opérations de traçage. "Le gouvernement n'a pas pris conscience de ces spécificités, déplore le Pr Bouchaud. Dès le début de l'épidémie, il aurait pu mettre en place ces dispositifs. Et ça a manqué."

publie un procès-verbal de réunions en faveur de la transparence sur le virus .
Le conseil consultatif scientifique britannique © Reuters / PIPPA FOWLES / 10 DOWNING ST Conférence de presse COVID-19 Daily à Londres LONDRES (Reuters) - Publication du Scientific Advisory Group for Emergencies (SAGE) britannique procès-verbal de ses premières réunions de vendredi dans le cadre d'un engagement de transparence concernant les discussions sur les orientations du gouvernement concernant la gestion de COVID-19.

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usr: 4
C'est intéressant!