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France La sobriété, une idée en pleine croissance

16:10  01 juin  2020
16:10  01 juin  2020 Source:   liberation.fr

La Chine promet de poursuivre les travaux sur la phase 1 de l'accord avec les États-Unis malgré les tensions

 La Chine promet de poursuivre les travaux sur la phase 1 de l'accord avec les États-Unis malgré les tensions Le gouvernement chinois a promis vendredi de continuer à travailler à la mise en œuvre de la "phase 1" de l'accord commercial américano-chinois malgré les tensions persistantes entre les deux plus grandes économies du monde.

Sobriété heureuse : et s’il y avait une (vraie) vie après la croissance ? Non, nous ne serions pas condamnés à la croissance pour sortir de la crise. Pour les tenants de la sobriété heureuse, c’est donc à un véritable changement de modèle de société qu’il faudrait parvenir avant que le point de

Toutefois, l’ idée provocatrice de « décroissance » avait forcé les portes du débat public. « Les salles sont pleines dans nos débats », lui fait écho Paul Ariès, un autre intellectuel de référence de ce « Il n’y aura plus de croissance pour des raisons objectives. La décroissance est notre destin obligé

  La sobriété, une idée en pleine croissance © emmanuel pierrot

Promu depuis longtemps par les milieux écologistes, ce mouvement fondé sur la distinction entre l’utile et le superflu est revenu en force, et de force, avec le confinement. Après la sobriété subie, la sobriété choisie ?

Chaque mois, Libération creuse une thématique environnementale. Après la chasse, le ski, et la biodiversité, quatrième épisode, la sobriété est-elle notre futur ?

Alors que le tumulte de la société de consommation reprend progressivement du terrain, les consommateurs et consommatrices que nous sommes sortent de cette période de confinement en essayant de comprendre ce qui s’est passé et si tout doit reprendre comme avant. Durant deux mois, une grande partie des Français a moins travaillé et moins consommé, soumise par la force des choses à une forme de sobriété. Dans cette situation subie, qui ne s’est pas interrogé sur son mode de vie en regardant sa poubelle se remplir de déchets, sa consommation de certains produits réduite, son rapport au temps et à l’espace changer ? Et si, après cette période de sobriété contrainte, une sobriété choisie et maîtrisée pouvait être la première pierre d’une société plus résiliente ?

Mort de KJ Balla : le rappeur de 23 ans a été abattu en pleine rue

  Mort de KJ Balla : le rappeur de 23 ans a été abattu en pleine rue Il n’avait que 23 ans. Noel Kennedy, plus connu sous son nom de scène KJ Balla, a été abattu d’une balle en pleine poitrine alors qu’il marchait dans les rues de Brooklyn. Le rappeur était accompagné d’un ami, également touché par un coup de feu. Le monde du rap pleure encore l’un des siens. Noel Kennedy, plus connu sous le pseudonyme de KJ Balla, est mort à l’âge de 23 ans, abattu d’une balle dans la poitrine. C’est le dernier rappeur d’une longue série à mourir dans des circonstances brutales. En effet, ces derniers mois, les victimes dans les rangs des musiciens urbains sont nombreuses.

Économie, ETHIOPIE: Le président américain est arrivé dimanche 26 juillet dans la soirée en Ethiopie pour une visite de 48h. L’un des secteurs qui sera au

Voyez la nouvelle capsule du Centre collégial d'expertise en gérontologie (CCEG) : S'occuper les idées pour survivre au confinement : une journée dans la

Bien vivre avec moins

Retour sur une parenthèse exceptionnelle. Du 17 mars au 11 mai 2020, les magasins, hors commerces alimentaires, ont baissé leurs rideaux. Les transports ont été drastiquement réduits. Et bien que les achats sur Internet soient restés possibles, une baisse spectaculaire de la consommation a été observée. Les Français ont, malgré eux, fait une certaine expérience de la sobriété. D’après l’Insee, les dépenses de consommation des ménages ont plongé de 17,9% pour les biens matériels rien qu’au mois de mars. L’institut évoque «la plus forte baisse jamais enregistrée sur un mois depuis […] 1980». Les consommateurs ont acheté deux fois moins de voitures, de chaussures, de vêtements et un tiers d’électroménager de moins qu’au mois de mars de l’année précédente.

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Messes sur réservation ou en plein air : les paroisses innovent pour la Pentecôte déconfinée.

L'industrie cosmétique est un des rares secteurs où la France est leader mondial. Une place de numéro un qu’elle doit principalement à la région parisienne

Alors qu’en bout de chaîne, les classes les moins aisées se sont retrouvées en situation de grande précarité, avec, parfois, des difficultés à s’alimenter, une partie des cadres, souvent en télétravail, ont soudain pris conscience qu’ils peuvent continuer à bien vivre avec moins. Ce concept, qui repose sur la distinction entre l’utile et le superflu, a un nom : la sobriété. Elle fait partie d’une galaxie de notions connexes allant de la frugalité à la modération en passant par la simplicité volontaire chère à l’écrivain du XIXe siècle Henry David Thoreau. Nombreux sont ceux qui y préfèrent cependant l’idée plus politique et collective de décroissance. «La période de confinement a permis de comprendre qu’en se limitant quelque part on revient à l’essentiel sans pour autant être malheureux», résume Vincent Liegey, porte-parole du Parti pour la décroissance, pour qui «la sobriété est un des pans de la décroissance, fondamental, mais pas suffisant».

Postes Canada passe à une perte au premier trimestre malgré une croissance de 10% des revenus de colis

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Dans un pays où 10 à 15 millions d’actifs arrivent sur le marché du travail chaque année, et où la croissance faiblit, le moindre emploi vaut de l’or Si les candidats sont prêts à débourser de l’argent pour passer un entretien d’embauche, « c’est à cause de l’ idée que tout ce qui a de la valeur a un prix

Le meuble, choisi pour sa sobriété esthétique – plateau tiroir en bois lasuré, piétement effilé en bois sombre –, se retrouve au cœur de la pièce mais Visitez des intérieurs à forte personnalité agencés et décorés par des passionnés. Déco par style, tendances, nouveautés, DIY, faites le plein d' idées et

La sobriété : d’hier à aujourd’hui

Economique, matérielle, énergétique, numérique… la notion de sobriété peut se décliner dans tous les domaines. Dès les années 70, les sphères écologiques dénoncent les limites de la croissance et critiquent le règne du consumérisme. En 2010, le paysan médiatique – et parfois controversé – Pierre Rabhi met le mot sur le devant de la scène dans son ouvrage à succès Vers la sobriété heureuse (Actes Sud). Cinq ans plus tard, ce n’est plus dans les discours de militants associatifs écolos mais dans la loi sur la transition énergétique que le nom est inscrit, avant que le Premier ministre, Edouard Philippe, en visite à l’usine Seb en 2018, cite «la sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi» comme une invitation à «consommer un peu moins».

Aujourd’hui, «la sobriété apparaît comme un concept vague, faisant appel lui-même à des concepts dont les définitions ne sont pas stabilisées, notamment la notion de besoins», résume un panorama de l’Agence pour la transition écologique (Ademe), paru en novembre 2019. Après avoir scruté les «signaux faibles» qui pourraient nous en apprendre plus sur l’importance de la sobriété dans notre société, Marie Mourad, coautrice du rapport et sociologue spécialiste de la réduction du gaspillage, estime que «ce n’est pas une notion qu’on peut qualifier de dominante. Mais elle émerge». Elle recense deux approches complémentaires : d’une part une recherche d’«efficacité», utiliser moins de ressources pour la même consommation, d’autre part une volonté de «réduction de la production et de la consommation donc un changement de modes de vie». L’association Négawatt, qui propose un scénario de transition énergétique radicale d’ici 2050, considère que «nous vivons dans un monde d’ébriété énergétique et nous nous en rendons à peine compte».

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  L’idée folle de la Chine pour freiner le nombre de divorces Pour éviter un trop grand nombre de divorces, les autorités chinoises ont voté une loi obligeant les couples à suivre une sorte de thérapie de "refroidissement" pendant un mois.Ainsi, selon cette nouvelle loi votée jeudi 28 mai, les Chinoises et Chinois souhaitant engager une procédure de divorce doivent auparavant attendre 30 jours avant que leur requête ne puisse être enregistrée, rapporte The Guardian. Cette mesure ne s'appliquera qu'en cas d'une demande commune de divorce formulée par les deux époux. Sont exempts de ce délais les cas de demandes pour violences conjugales.

Entretien avec cette "grande" dame pleine de sagesse et de bon sens qui partage avec nous ses idées sur ce bon sens à acquérir, cette juste direction que nous pouvons choisir, et sur la Vie en général qui nous est donnée à tous, et en abondance !

L’art classique doit joindre l’utile à l’agréable. La peinture montre donc des actions vertueuses, puisées dans la mythologie ou la bible, tout en procurant un plaisir esthétique. – Sobriété des poses. Les personnages sont représentés dans des positions statiques qui montrent leur respectabilité.

Pour Cyria Emelianoff, professeure d’aménagement et d’urbanisme à l’université du Mans, «l’idée d’un passage de la sobriété subie à la sobriété choisie ne date pas du confinement, c’est une question assez centrale depuis plus de quinze ans. Elle va être ravivée à chaque crise». Si les jalons philosophiques ont été posés depuis belle lurette, de nombreux penseurs du «monde d’après» ont vu dans le ralentissement imposé par le confinement une aubaine pour remettre la sobriété dans le débat public. Dès le 13 mai, une soixantaine de parlementaires, dont certains membres de la majorité, lancent un appel à respecter quatre mots d’ordre : «Santé, sobriété, solidarité, souveraineté.» Mais le vieux monde résiste et, en parallèle, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, proposait de mettre en place des «incitations à la demande et à la consommation».

«On essaie de relancer un modèle économique qui est actuellement totalement mort», réagit Vincent Liegey, qui déplore qu'«on injecte de l’argent dans l’aviation qui est aussitôt dépensé et perdu». Laissés-pour-compte, inégalités… «Il n’y a rien de pire pour un modèle économique organisé autour du consumérisme, du productivisme, du travaillisme – toujours plus, toujours plus vite, toujours plus fort – que quand ça s’arrête», poursuit-il.

Comment regarder l'éclipse de «lune aux fraises» de n'importe où vendredi

 Comment regarder l'éclipse de «lune aux fraises» de n'importe où vendredi © Fourni par CNET Une brillante pleine lune se lève au Kennedy Space Center de la NASA en Floride en 2017. NASA / Kim Shiflett Une pleine «lune aux fraises» arrive vendredi, et il viendra avec une éclipse partielle discrète pour certaines parties du monde. Alors que la lune sera à son maximum le vendredi vers midi PT, vous aurez plusieurs occasions de profiter de la vue.

Vers une sobriété voulue et collective

Les travaux de l’Ademe relèvent que la sobriété peut être appliquée d’un point de vue individuel mais aussi au niveau des territoires, des entreprises et enfin de la société tout entière. De nombreuses initiatives émergent par le bas, localement, mais cela est insuffisant pour que le concept s’impose à plus grande échelle. Sans une volonté politique forte au niveau de l’Etat, la transformation collective ne peut aboutir, relèvent nos interlocuteurs.

Le changement doit d’une part être culturel. Inciter à produire ou consommer trois fois moins ne suffirait pas à instaurer plus de sobriété sur la durée : l’organisation sociale et nos modes de vie doivent être repensés. Aujourd’hui, la consommation est survalorisée car elle permet d’être reconnu socialement, comme l’a montré l’anthropologue Mary Douglas. Pour s’extirper du modèle de développement fondé sur le consumérisme, il faut donc «voir ce que l’on peut y substituer», explique Cyria Emelianoff, qui précise que les pratiques de nature culturelle et sociale beaucoup plus coopératives peuvent être un autre moyen de construire sa relation aux autres. L’économiste Serge Latouche promeut de son côté la «satisfaction d’un nombre judicieusement limité de besoins».

Fenêtre d’opportunité

Bâtir, acheter, fabriquer ou encore voyager «moins mais mieux» bouscule forcément certains pans de l’économie et fait redouter des pertes massives d’emplois. D’où la nécessité d’une transition ambitieuse, stratège et donc planifiée sur le long terme. «Avec la crise du coronavirus, tout s’est passé du jour au lendemain sans aucune transition, avec le risque que les gens associent les objectifs de sobriété à la crise économique», souligne Marie Mourad. Une telle sobriété n’est «pas souhaitable», abonde la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré «car elle n’est pas le résultat de changements structurels et organisés».

La Banque du Canada surveille les principaux marchés d'exportation dans la reprise du COVID-19

 La Banque du Canada surveille les principaux marchés d'exportation dans la reprise du COVID-19 © Reuters / Chris Wattie PHOTO DE FICHIER: Un joggeur passe devant le bâtiment de la Banque du Canada à Ottawa Par Kelsey Johnson et Julie Gordon OTTAWA (Reuters) - Banque centrale du Canada voit une raison d'être optimiste quant à la reprise économique du pays, mais garde un œil attentif sur la façon dont COVID-19 affecte la croissance et la demande sur ses principaux marchés d'exportation, a déclaré jeudi le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Toni Gravelle.

Et si une réflexion est déjà engagée en France et en Europe sur l’économie circulaire, la sobriété énergétique ou la réduction des déchets et du gaspillage, l’organisation post-confinement peut être une fenêtre d’opportunité. Vincent Liegey appelle de ses vœux un plan de relance qui irait «dans le sens d’une simplification de l’économie réelle et qui s’appuierait sur un ralentissement, une relocalisation, un projet de transition, et l’abandon d’un certain nombre de secteurs ou une transformation radicale avec de la reconversion industrielle». Et c’est toute la société qui doit se mettre en mouvement. «Après la gestion de crise, il va y avoir des investissements à plus long terme pour que la société et l’économie repartent de longue haleine. C’est dans le plan de relance qu’on va vraiment pouvoir regarder ce que l’on veut financer : des infrastructures qui nous aident à aller vers la neutralité carbone et la sobriété», explique Corinne Le Quéré.

Conducteur accusé de retard de croissance après avoir dépassé la limite de vitesse de 78 km / h

 Conducteur accusé de retard de croissance après avoir dépassé la limite de vitesse de 78 km / h © NS GRC NS GRC Conducteur accusé de retard de croissance pour avoir dépassé la limite de vitesse de 78 km / h La GRC de la Nouvelle-Écosse a accusé un homme de 18 ans de Beaverbank de retard de croissance à la suite d'un incident survenu le week-end à Bedford. Un agent de la GRC a remarqué un véhicule circulant à grande vitesse sur la route 102 près de la sortie 2B vers 17 h. le 6 juin. EN SAVOIR PLUS: Trois Néo-Écossais inculpés après la saisie de drogues en route vers N.-B.

Le rapport du Haut Conseil pour le climat qu’elle préside propose notamment le développement des modes de déplacements quotidiens doux, la réduction des transports aériens, l’extension du télétravail. «On peut aussi encourager la consommation responsable. La convention citoyenne réfléchit aux moyens de soutenir les innovations bas carbone comme les circuits courts dans l’alimentation ou l’offre végétarienne dans les cantines», ajoute-t-elle.

«Economie de la fonctionnalité»

Parmi les outils à mettre en place pour enclencher cette transition, des indicateurs alternatifs au PIB existent et peuvent être améliorés. Le principe : prendre en compte, en plus des performances économiques, des mesures environnementales et sociales afin que consommer moins et produire moins ne plombent pas un bilan global. La critique des indicateurs de richesse est ancienne, elle donne même lieu à un rapport gouvernemental annuel depuis 2015. Mal connus, ces indicateurs permettraient s’ils étaient mis en avant de réorienter l’économie réelle vers des secteurs d’emploi moins gourmands en ressources.

Tout l’enjeu est de savoir si les entreprises peuvent rediriger leurs activités vers un modèle qui ne soit pas destructeur des terres, de la qualité de l’eau ou de l’air. Pour devenir plus sobres, elles pourront s’orienter vers une «"économie de la fonctionnalité", qui repose moins sur l’utilisation de ressources et de matériaux et davantage sur les services ou la réutilisation», selon Marie Mourad. La raison d’être des entreprises qui ne sont pas viables écologiquement commence à être remise en question.

«Engageons les secteurs incapables d’y parvenir suffisamment rapidement, comme l’aviation et le tourisme de masse, à suivre des impératifs écologiques et sociaux très forts, et à réduire progressivement leur activité. […] Accompagnons également la formation et la reconversion des salariés qui ne doivent pas subir les conséquences des choix industriels effectués par le passé», écrivent des dizaines d’ONG et associations dans un appel commun à la reconstruction. Environ 500 étudiants de l’aéronautique se sont d’ailleurs unis pour proposer une reconversion partielle de leur secteur pour que celui-ci devienne «résilient, respectant les objectifs des accords de Paris : limiter le réchauffement global à moins de 2°C». Ils proposent une réduction de l’activité et estiment qu’il est temps de «convertir une partie de notre savoir-faire et de nos chaînes de production vers les activités à même de porter la transition écologique, par exemple le ferroviaire ou l’efficacité énergétique».

Autoroutes cyclables

Paris, le 3 juin 2009. Malgré la popularité des Vélib, la bicyclette urbaine n'est pas encore devenue un moyen de transport courant.   © Laurent TROUDE Paris, le 3 juin 2009. Malgré la popularité des Vélib, la bicyclette urbaine n'est pas encore devenue un moyen de transport courant. Photo Laurent Troude pour Libération

Le secteur de l’automobile aussi s’interroge sur sa capacité à faire sa mue. Réglementations pour construire des voitures plus petites, électriques, réorientation vers la fabrication de vélos, interdiction la publicité, sont des pistes plus ou moins radicales. La raréfaction de la voiture individuelle en ville ne peut que s’accompagner d’un déploiement massif des infrastructures de transport doux, à travers les autoroutes cyclables par exemple. Les gains ne sont pas qu’écologiques, cela réduirait considérablement aussi les dépenses de santé (sédentarité, surpoids, pollution atmosphérique, etc.).

Le BTP pourrait, lui, miser sur les déchets de déconstruction et les biomatériaux pour devenir moins consommateur d’énergies fossiles. Selon Cyria Emelianoff, «une partie des espaces verts urbains pourrait être non pas décorative mais utile, cultivée en agroforesterie. Le sol récupéré par la diminution de l’usage de la voiture peut être mis en culture pour produire du bois, des bambous et du chanvre pour la construction» ou la réhabilitation de bâtiments.

Enfin, la sobriété numérique ne doit pas être oubliée. Le rapport du Shift Project estime que le numérique génère 3,7% du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il recommande d’acheter les équipements les moins puissants possible, les changer le moins souvent possible, et réduire les usages énergivores superflus. «D’une part des déperditions d’énergie peuvent être récupérées, notamment celle des data centers. D’autre part il y a aussi des politiques à mener pour que nos besoins soient alimentés localement en énergie et redimensionnés. On sort du modèle des Gafa pour aller vers une gestion d’internet plus artisanale, un web low-tech qui mutualise, beaucoup moins énergivore. C’est une révolution de filière, comme pour l’automobile, qu’il faudrait mener», complète Cyria Emelianoff.

Quel rôle pour les villes ?

Alors que la campagne municipale a beaucoup parlé d’écologie, n’oublions pas que les villes peuvent être un échelon décisif pour faire émerger des initiatives et tenter de généraliser des expériences. Initié dans la petite cité de Totnes (Royaume-Uni), le mouvement des villes en transition fait figure de pionnier dans la recherche d’un nouveau modèle, parfois contraint par la désindustrialisation des territoires. En France, après Grenoble, Douai et Dunkerque se sont récemment orientés vers plus de sobriété énergétique et près de 12 000 communes ont réduit l’éclairage public nocturne, selon l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement.

Charlotte Halpern, chercheuse au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences-Po, qui a coordonné l’écriture de Villes sobres, souligne qu’un développement urbain plus sobre en ressources naturelles requiert souvent une mise en place «sur dix-vingt ans, dans différents secteurs et à plusieurs échelles territoriales, en mettant autour de la table de multiples acteurs, privés et associations. Selon la couleur politique, on s’interroge sur les effets, en termes d’inégalités par exemple». Elle poursuit : «Dans certaines villes, la sobriété vise l’optimisation des ressources existantes. Cela revient à éviter la course au high-tech, aux grands projets, pour privilégier le low-tech, l’investissement dans les infrastructures existantes, par exemple des réseaux de transport».

Voraces en ressources naturelles, les grandes métropoles jouent un rôle important dans l’invention d’une autre manière de penser la ville, qui ne se limite pas à la construction d’écoquartiers ou à l’affichage d’un objectif de neutralité carbone reposant sur des mécanismes de compensation contestables. Les pistes sont nombreuses et diverses : limitation des pertes sur un réseau d’eau, réseaux de chaleur, développement des transports en commun, isolation thermique du bâti ancien, soutien aux habitats passifs…

Souvent oubliée, l'«énergie grise», utilisée pour produire et transporter nos biens de consommation, peut être réduite avec des politiques locales «centrées sur la relocalisation de l’alimentation en circuits courts, le secteur de la construction, les infrastructures, la fabrication des biens de consommation», rappelle Cyria Emelianoff. Hambourg, Rennes ou encore Brest, le mouvement des Fab Cities (à ne pas confondre avec les Smart Cities qui misent sur la technologie pour régler nos problèmes écologiques), s’appuient sur ce constat. Ces villes veulent mettre les savoirs en commun et «s’emparer de la production à l’échelle locale», explique la chercheuse. Barcelone est la figure de proue en la matière, elle vise l’autosuffisante en énergie, alimentation et biens de consommation en 2050.

Une utopie de riches ?

Paris, mai 2020. Illustration pour le dossier Fil vert sur la Sobriété. © emmanuel pierrot Paris, mai 2020. Illustration pour le dossier Fil vert sur la Sobriété. Photo Emmanuel Pierrot pour Libération

Comme si le passage par la case surconsommation était inévitable, aucun pays émergent, à l’exception du Bouthan, ne s’est donné officiellement l’objectif de se développer sur un modèle «sobre». Localement, des communautés s’organisent néanmoins comme certains indigènes du Brésil les écoféministes en Inde. En Chine, pays phare du productivisme, l’heure est à la remise en question. «Le pays se demande ce qu’a amené son industrialisation rapide, et une forme de consumérisme qui va à l’encontre de ses fondements culturels et historiques. Il y a des débats au sein des forces dirigeantes sur le retour aux fondamentaux plus humbles, sobres, à des formes plus rurales, le développement du bio et du low tech, de la vente directe et de la relocalisation», signale Vincent Liegey.

Les sociétés riches sont celles qui participent le plus aux émissions de gaz à effet de serre et vivent bien au-delà de leurs moyens écologiques, ce qui explique aussi que l’idée d’un retour à plus de sobriété soit plus présente. Et les plus riches des pays riches sont les plus directement visés par les changements à mettre en place. «Les émissions des CO2 sont proportionnelles aux revenus», pointe Cyria Emelianoff. La chercheuse relève : «Paradoxalement, les gens qui ont la plus forte conscience écologique, à l’exception de ceux qui vivent dans des communautés décroissantes, ont de fortes empreintes carbone. Et ce parce que les niveaux de mobilité sont exacerbés lorsqu’on a un haut niveau de diplôme.» On a beau être zéro déchets et locavore, si l’on prend l’avion trois fois dans l’année pour des raisons professionnelles, l’effet écologique est moindre.

Les moins aisés sont par essence plus sobres, mais pas par choix. Ce qui peut avoir des effets néfastes. «Dans une société en phase haute de confort matériel, plus le niveau d’inégalités augmente et plus le mal-être subjectif augmente parce que la partie de la population la plus précarisée va créer une forme de représentation d’elle-même négative, et crée de la frustration qui pousse à la consommation pour y répondre», expose le décroissant Vincent Liegey. «Il faut mettre l’accent sur des mesures qui réduisent les émissions et les inégalités», comme la rénovation énergétique des bâtiments, qui permet de réduire la facture d’énergie, explique Corinne Le Quéré.

«Les choix économiques nouveaux doivent être placés au cœur des débats politiques et réorientés par la notion de biens communs», explique Cyria Emelianoff. Pour redessiner un imaginaire collectif, l’exercice démocratique et la réflexion collective seront essentiels pour ne pas exclure une partie de la population.

Conducteur accusé de retard de croissance après avoir dépassé la limite de vitesse de 78 km / h .
© NS GRC NS GRC Conducteur accusé de retard de croissance pour avoir dépassé la limite de vitesse de 78 km / h La GRC de la Nouvelle-Écosse a accusé un homme de 18 ans de Beaverbank de retard de croissance à la suite d'un incident survenu le week-end à Bedford. Un agent de la GRC a remarqué un véhicule circulant à grande vitesse sur la route 102 près de la sortie 2B vers 17 h. le 6 juin. EN SAVOIR PLUS: Trois Néo-Écossais inculpés après la saisie de drogues en route vers N.-B.

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