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France Samuel Paty, professeur décapité à Conflans-Saint-Honorine : le point sur l'enquête

22:05  17 octobre  2020
22:05  17 octobre  2020 Source:   parismatch.com

A Paris, les personnalités politiques rendent hommage à Samuel Paty

  A Paris, les personnalités politiques rendent hommage à Samuel Paty Plusieurs personnalités politiques étaient présentes dimanche, place de la République, pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur tué vendredi à Conflans-Sainte-Honorine. 1/10 DIAPOSITIVES © Patrice Pierrot/Avenir Pictures/Abaca Valérie Pécresse et Jean Castex à l'hommage à Samuel Paty à Paris, le 18 octobre 2020. Valérie Pécresse et Jean Castex à l'hommage à Samuel Paty à Paris, le 18 octobre 2020. 2/10 DIAPOSITIVES © Patrice Pierrot/Avenir Pictures/Abaca Jean Castex à l'hommage à Samuel Paty à Paris, le 18 octobre 2020.

Le point samedi soir sur le drame qui s'est joué vendredi soir à Conflans-Sainte-Honorine, où un professeur d'histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, lors d'un cours sur la liberté d'expression, a été décapité en pleine rue.

  Samuel Paty, professeur décapité à Conflans-Saint-Honorine : le point sur l'enquête © Michel Euler/AP/SIPA

Qui est le professeur décapité en pleine rue?

Samuel Paty, âgé de 47 ans et père de famille, enseignait l'histoire-géographie au collège du Bois d'Aulne. Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de quatrième dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Certains parents s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux. Le père d'une élève avait porté plainte le 8 octobre pour diffusion d'image pornographique (un dessin du prophète nu et accroupi, avec une étoile sur les fesses, ndlr). Le professeur avait en retour porté plainte pour diffamation. "Apparemment, c'était un prof qui avait l'habitude de leur parler de l'islam, de caricatures et tout ça, ce n'était pas la première fois que mon fils rentrait et qu'il disait 'le prof nous a parlé de cela aujourd'hui'", a raconté à l'AFP un parent d'élève.

Qui était Samuel Paty, le professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine ?

  Qui était Samuel Paty, le professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine ? L’émotion était vive samedi, à Conflans-Sainte-Honorine, pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie décapité vendredi près du collège. Les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux et ceux qui l’ont connu décrivent un enseignant engagé et un homme de dialogue. Vendredi, un enseignant a été retrouvé décapité en fin d’après-midi, en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, à proximité de son collège. Au lendemain de ce drame, ceux qui ont côtoyé Samuel Paty décrivent un formidable enseignant, engagé, investi. "Il était gentil, je l’aimais bien, il nous apprenait bien.

Le professeur a été attaqué dans la rue alors qu'il quittait son travail, pour rejoindre son domicile, à la veille des vacances de la Toussaint. Le procureur a indiqué que l'assaillant avait fait des repérages à Conflans-Sainte-Honorine et avait sollicité des élèves pour leur demander de lui désigner le professeur.

Lire aussi : Qui était Samuel Paty, quadragénaire "à fond dans son métier"?

L'assaillant est Abdoullakh Anzorov, était un Russe tchétchène de 18 ans

Le terroriste est un jeune Russe tchétchène de 18 ans, né à Moscou. Connu pour des antécédents de droit commun, il n'a jamais été condamné. Il n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation, selon plusieurs sources proches du dossier. Il a obtenu le 4 mars 2020 un titre de séjour valable jusqu'en mars 2030 . Il a le statut de réfugié et habitait à Evreux (Eure).

PORTRAIT. Samuel Paty, "un prof très calme et attentif"

  PORTRAIT. Samuel Paty, Samule Paty, cet enseignant de 47 ans qui a été tué vendredi près du collège où il travaillait, était respecté. Ses élèvres rendent hommage à un homme juste, épris de liberté. "Monsieur Paty." Devant le collège du Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), samedi, tous les élèves venus rendre hommage à leur professeur d'histoire-géographie parlent de "Monsieur Paty". Ceux qui étaient dans ses classes en parlent vite, de façon frénétique, presque cathartique. Ils en parlent au présent. Les autres, qui l'ont eu les années précédentes, le décrivent au passé, sourdement.

Le déroulé de sa mise hors d'état de nuire

Le procureur du parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard, a donné quelques éléments samedi sur les circonstances du drame, l'assaillant et sa mise hors d'état de nuire par les policiers. Ainsi à 17h11, les policiers de la brigade anticriminalité de Conflans-Sainte-Honorine sont appelés par les policiers municipaux d'Eragny-sur-Oise (Val d'Oise) qui ont découvert le corps d'un homme décapité sur la voie publique, a-t-il expliqué. Les faits ont lieu non loin du collège du Bois d'Aulne, situé à Conflans-Saint-Honorine, dans un quartier pavillonnaire sans histoires.

En arrivant, les policiers tentent d'interpeller, à 200 mètres de la victime, un homme qui tire en leur direction "à cinq reprises" avec "une arme de poing", a poursuivi Jean-François Ricard. Les policiers ripostent, l'agresseur est atteint de "9 impacts". Il a, à ses côtés, une arme de poing de type Airsoft avec cinq cartouches de gaz, un couteau de type poignard. Selon le procureur, l'homme a tenté de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers. Des sources judiciaires avaient affirmé vendredi que l'agresseur avait crié "Allah Akbar" avant que les policiers ne fassent feu. Un second couteau ensanglanté, avec une lame de 35 cm, est découvert à une trentaine de mètres de la victime.

Meurtre de Samuel Paty : les réactions émues des personnalités

  Meurtre de Samuel Paty : les réactions émues des personnalités De nombreuses personnalités se sont jointes aux anonymes sur les réseaux sociaux pour rendre hommage à Samuel Paty. © Bestimage Dimanche, des milliers de personnes se sont rassemblées à Paris pour rendre hommage à Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie décapité en pleine rue deux jours auparavant à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) lors d'un attentat terroriste. Sur les réseaux sociaux, ce sont tout autant de personnes qui ont tenu à lui rendre hommage.


Vidéo: Professeur décapité près de Paris : l'hommage national aura lieu mercredi (France 24)

L'assaillant a revendiqué son acte sur Twitter

Abdoullakh Anzorov, a revendiqué son acte. Il est bien l'auteur du message posté sur Twitter par un compte (appelé @Tchetchene_270) désormais fermé et qui montre une photo de la tête de la victime. Sous cette photo, un message menace Emmanuel Macron appelé «marcon», «le dirigeant des infidèles», et son auteur assure avoir «exécuté un de tes chiens de l'enfer qui a osé rabaisser Muhammad». «Les investigations ont pu confirmer qu'il s'agissait bien d'un compte appartenant à l'auteur des faits», a déclaré Jean-François Ricard. La première exploitation du téléphone de l'assaillant, trouvé à proximité de son corps, «a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12h17 ainsi que la photographie de la victime décédée horodatée à 16h57», a-t-il ajouté.

Un hommage national mercredi

L'hommage national à Samuel Paty se tiendra mercredi. Cet hommage, dont le lieu n'a pas encore été annoncé, est organisé en coordination avec la famille. Emmanuel Macron s'était rendu dès vendredi soir sur les lieux de l'attaque, à Conflans-Sainte-Honorine, où il avait dénoncé un "attentat islamiste caractérisé".

Professeur décapité : que sait-on des onze personnes en garde à vue ?

  Professeur décapité : que sait-on des onze personnes en garde à vue ? Quatre membres de la famille du terroriste et plusieurs proches sont actuellement en garde à vue. Le parent d'élève à l'origine des vidéos demandant une mobilisation contre l'enseignant a également été interpellé. © Fournis par Franceinfo La police tente de retracer le fil des événements après la décapitation, vendredi 16 octobre, de Samuel Paty, un professeur d'histoire-géo du collège du Bois d'Aulne, situé à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L'auteur des faits, Abdoullakh Anzorov, a été abattu par la police peu de temps après avoir commis cet assassinat.

Un rassemblement dimanche à Paris

La préfecture de police de Paris a autorisé un rassemblement dimanche à 15h00 place de la République à Paris pour rendre hommage à Samuel Paty, après l'appel lancé par plusieurs associations et syndicats. L'appel a été initié par SOS Racisme, la FSU, le Sgen-CFDT, l’Unsa-Education, le SNALC, la FCPE, la FIDL (syndicat lycéen) la FAGE, l’UEJF et "Dessinez Créez Liberté" après l'assassinat vendredi de ce professeur qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Neuf personnes en garde à vue

Neuf personnes étaient en garde à vue samedi, dont les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Evreux, dans l'Eure. Sont également en garde à vue, le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant. Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes. L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé la fille de ce parent d'élève dans une vidéo, ainsi que sa compagne, le sont également. Tous deux ont été interpellés à Evry. L'homme est connu des services de renseignement, il s'agit d'Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste très actif. Se présentant comme "membre du Conseil des imans de France, il avait diffusé il y a quelques jours sur Youtube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur.

Professeur décapité. Manifestations prévues dans toute la France, de nombreuses figures politiques attendues

  Professeur décapité. Manifestations prévues dans toute la France, de nombreuses figures politiques attendues Deux jours après la décapitation d’un professeur d’Histoire-Géographie à Conflans-Sainte-Honorine, des rassemblements sont prévus dans plusieurs dizaines de villes de France ce dimanche. Jean-Michel Blanquer, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure sont notamment attendus place de la République à Paris. Contre l’horreur, la mobilisation : d’importantes manifestations sont attendues ce dimanche 18 octobre partout en France en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, un attentat qui a suscité une énorme émotion et pour lequel dix personnes ont été placées en garde à vue

Le procureur a également souligné que le père de l'élève avait une demi-soeur qui était partie en 2014 rejoindre l'organisation Etat islamique en Syrie et faisait l'objet d'un mandat de recherche. Deux personnes ayant été en contact avec l'agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, sont aussi en garde à vue.

Vive émotion à Conflans-Sainte-Honorine

Un millier de personnes se sont recueillies samedi devant le collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, où enseignait Samuel Paty et à proximité duquel il a été tué. En milieu d'après-midi, un millier de parents, élus ou simples citoyens de toutes générations se sont rassemblés avec émotion devant l'établissement scolaire. Certains brandissaient des pancartes "Je suis instit" ou "Je suis enseignant". L'hymne national a été entonné, puis des applaudissements ont parcouru la foule.

Voir aussi : A Conflans-Saint-Honorine, émotion et roses blanches en hommage à Samuel Paty

Quel est le contexte?

Cette attaque survient trois semaines après celle devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, en plein procès des attaques de janvier 2015, qui avaient décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique. Et dans un contexte "de très haut niveau de la menace terroriste", a ajouté Jean-François Ricard.

La rédaction de Charlie Hebdo a fait l'objet de nouvelles menaces, de la part d'Al Qaïda notamment, depuis la republication des caricatures de Mahomet le 2 septembre pour l'ouverture du procès. La représentation des prophètes est strictement interdite par l'islam sunnite. Ridiculiser ou insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort dans certains pays musulmans.

Conflans : 11 personnes en garde à vue, le déroulé de l'attaque... le point sur l'enquête .
Onze personnes étaient encore en garde à vue dimanche, tandis que les enquêteurs retracent le déroulé de l'attaque qui coûté la vie à un enseignant d'histoire-géographie.

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usr: 27
C'est intéressant!