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France Conflans : qui est Abdelhakim Sefrioui, ce militant islamiste placé en garde à vue ?

23:55  17 octobre  2020
23:55  17 octobre  2020 Source:   lexpress.fr

Professeur décapité dans les Yvelines : Les réactions des politiques

  Professeur décapité dans les Yvelines : Les réactions des politiques La classe politique a dénoncé d'une même voix l'attaque à Conflans-Sainte-Honorine, où un professeur d'Histoire a été retrouvé décapité. © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA Un «ignoble crime» pour Jean-Luc Mélenchon, «un crime insoutenable» pour Aurore Bergé, un exemple de «l'horreur sans limite du fanatisme djihadiste» pour Raphaël Glucksmann. L'attaque qui a eu lieu vendredi à à Conflans-Sainte-Honorine, au cours de laquelle un professeur d'Histoire qui avait montré les caricatures de Mahomet en classe a été décapité, a fait réagir des politiques de tous bords.

Ce fondateur du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, placé en garde à vue, serait l'un des principaux responsables de la montée des tensions autour de l'enseignant décapité.

Le nom d'un militant islamiste actif réapparait dans le dossier de l'attaque de Conflans-Sainte-Honorine. (Photo d'illustration) © Getty Images/AFP Le nom d'un militant islamiste actif réapparait dans le dossier de l'attaque de Conflans-Sainte-Honorine. (Photo d'illustration)

Il n'est pas totalement inconnu. Abdelhakim Sefrioui est membre d'une association intitulée "conseil des imams de France". Le nom de ce militant islamiste très actif au cours des dernières années réapparaît dans le dossier de l'attaque de Conflans-Sainte-Honorine, où un enseignant a été décapité vendredi après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4ème.

arrête neuf personnes après la décapitation d'un enseignant dans la rue

 arrête neuf personnes après la décapitation d'un enseignant dans la rue La police française PARIS (Reuters) - La police française a arrêté neuf personnes après qu'un sympathisant islamiste présumé ait décapité un enseignant dans la rue d'une banlieue parisienne vendredi, ont indiqué des sources policières. © Reuters / CHARLES PLATIAU Attaque à coups de couteau dans la banlieue parisienne de Conflans St Honorine Les enquêteurs tentaient de déterminer si l'attaquant, abattu par la police, avait agi seul ou avait des complices.

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Début octobre, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné au collège du Bois d'Aulne de Conflans-Saint-Honorine le père d'une élève pour demander le renvoi de la victime. Abdelhakim Sefrioui vient d'être placé en garde à vue, comme neuf autres personnes, dans le cadre de l'enquête sur la décapitation de Samuel Paty, selon une source proche du dossier contactée par l'AFP, confirmant une information de Marianne, du Pointet de BFMTV. Il a été interpellé ce samedi à Evry (Essonne) avec sa compagne.

Le Point révèle en outre qu'une note des agents locaux du service central du renseignement territorial avait été rédigée le lendemain de la rencontre entre le père mécontent du cours de Samuel Paty et la principale du collège. Problème : cette note ne serait parvenue aux responsables du renseignement qu'au milieu de la semaine...

Professeur décapité. Qui est Abdelhakim Sefrioui, le militant islamiste placé en garde à vue ?

  Professeur décapité. Qui est Abdelhakim Sefrioui, le militant islamiste placé en garde à vue ? Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste très actif, fait partie des dix personnes en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la décapitation du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine. Imam, libraire, soutien de Dieudonné, prédicateur, pro-Hamas et militant antisioniste virulent, Abdelhakim Sefriouia a été interpellé avec sa compagne à Évry et placé en garde à vue, samedi 17 octobre. Les enquêteurs tentent de déterminer le rôle de ce Franco-Marocain dans l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

L'enseignant, un "voyou" selon lui

"Compte tenu du contexte" Charlie Hebdo "entre le procès et l'attaque au couteau devant ses anciens locaux, il est clair qu'on aurait dû au minimum faire évaluer une protection pour Samuel Paty", regrette dans Le Point un officier du renseignement territorial des Yvelines. D'autant plus qu'Abdelhakim Sefrioui aurait été l'un des responsables de la montée des tensions.

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Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, il qualifie en effet de "voyou" l'enseignant Samuel Paty pour avoir montré aux élèves les caricatures de Mahomet. Il déclare aussi : "Nous sommes partis de là-bas (la rencontre avec la principale du collège) avec la ferme intention de mobiliser pour une action devant l'établissement et devant l'Inspection académique. Mais, dans l'après-midi, l'Inspection académique a contacté le parent d'élève et lui a exprimé son étonnement et (...) qu'ils allaient sévir".

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  Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : l'exécutif sous le feu des critiques Droite et extrême droite ont d'emblée ciblé le gouvernement après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, la gauche seule appelant à l'unité.L'unité n'aura même pas duré le temps d'une soirée. Contrairement à ce qui s'était passé après les attentats de janvier 2015, au lieu de serrer les rangs, la classe politique s'est déchaînée contre l'exécutif dès vendredi soir, quelques heures après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. L'appel d'Emmanuel Macron aux Français, depuis Conflans, à "faire bloc" n'a pas franchement été suivi.

Militant islamiste actif

Comme L'Express l'écrivait déjà en 2010, Abdelhakim Sefrioui est un militant islamiste actif en région parisienne depuis la fin des années 1980. A la tête du collectif Cheikh Yassine, il a notamment été l'organisateur des manifestations hostiles à l'imam de la mosquée de Drancy. Il a également créé un groupuscule, le collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le nom est une référence au fondateur et guide religieux du Hamas, tué par l'armée israélienne en 2004.

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Selon Le Point, il a tenté de faire pression en 2011 sur la proviseure du lycée de Saint-Ouen qui voulait alors imposer dans son règlement intérieur la fin des jupes longues. Il affirmait que la communauté musulmane était stigmatisée et, toujours selon Le Point, il se faisait alors passer pour l'oncle d'une élève de l'établissement.

En juillet 2014, il avait participé à Paris à des manifestations pro-Gaza, en scandant des slogans à la gloire du Hamas et du Jihad islamique.

Pour le voile intégral

En 2004, il menait des actions dans la rue Jean-Pierre Timbaud , réputée pour être un bastion de l'islam rigoriste, en faveur de "la liberté des femmes de porter le voile". On le retrouve dans une autre affaire quelque temps après, en 2010. Comme le rapportait Europe 1, une femme intégralement voilée, qui était assise dans le public lors d'un procès, avait été exclue de la salle. De quoi provoquer l'ire du militant : "Cette femme a été exclue comme une malpropre en disant qu'elle ne fait pas partie des citoyens qui ont le droit à la justice dans ce pays", disait-il, avant de conclure : "tout cela donne le ton de ce qui va se passer à l'avenir".

Selon Le Point, dans ces années-là, le préfet de Seine-Saint-Denis et le patron des renseignements généraux voulaient lancer une procédure de déchéance de nationalité contre le militant. Mais l'opération a finalement échoué.

Assassinat de Samuel Paty. Des caricatures à l’hommage national, retour sur la chronologie des faits .
Du cours d’éducation civique, début octobre, où ont été montrées des caricatures de Mahomet à l’hommage national rendu à Samuel Paty après son assassinat, organisé ce mercredi 21 octobre, retour deux semaines d’escalade, d’enquête et de réactions politiques. Le vendredi 16 octobre, à proximité du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Samuel Paty était assassiné. Il a été tué par Abdoullakh A., jeune homme tchétchène d’origine russe, qui aurait visé le professeur d’histoire-géographie après que ce dernier a montré en classe des caricatures de Mahomet.

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