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France Attentat de Conflans : le terrible engrenage au collège du Bois-d'Aulne

10:05  18 octobre  2020
10:05  18 octobre  2020 Source:   liberation.fr

Un an après l'attentat antisémite de Halle, un hommage mais des croix gammées

  Un an après l'attentat antisémite de Halle, un hommage mais des croix gammées Alors qu'un hommage a eu lieu un an après l'attentat antisémite de Halle, des croix gammées ont été peintes sur une série de graffitis à la mémoire des deux victimes. 1/10 DIAPOSITIVES © Fabrizio Bensch / Reuters A Halle, en Allemagne, hommage un an après l'attentat antisémite, le 9 octobre 2020. A Halle, en Allemagne, hommage un an après l'attentat antisémite, le 9 octobre 2020. 2/10 DIAPOSITIVES © Fabrizio Bensch / Reuters A Halle, en Allemagne, hommage un an après l'attentat antisémite, le 9 octobre 2020.

Une attaque qualifiée d'« attentat terroriste islamiste» par Emmanuel Macron. Interpellé samedi à Evry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné début octobre au collège du Bois d ' Aulne de Conflans -Saint-Honorine, le père d'une élève pour demander le renvoi de la victime, qui

Lors de sa conférence de presse le 17 octobre, Jean-François Ricard, procureur du parquet national antiterroriste, a évoqué le déroulé Le 8 octobre, le lendemain de sa publication, le père de l’élève accompagné d’un second individu se présentaient au collège du Bois - d ’ Aulne «où ils étaient reçus

A Eragny (Val-d'Oise), vendredi soir sur les lieux de l’attaque. A Eragny (Val-d'Oise), vendredi soir sur les lieux de l’attaque.

Après un cours sur la liberté de la presse ayant suscité l'inquiétude de certains parents d'élèves, Samuel Paty avait fait l'objet d'une campagne publique, appelant à son renvoi, par un père soutenu par des réseaux islamistes. Récit d'un emballement qui pourrait avoir mené à sa mort.

Dans son cahier à carreaux, Célia (1), 13 ans, a soigneusement pris en note son cours sur la liberté de la presse. Au stylo rouge, l’élève de 4e 5 a écrit : «Situation dilemme : être Charlie ou ne pas être Charlie.» Ce lundi 5 octobre, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a fait le choix de poser le délicat débat sur les limites de la liberté d’expression, un cours au programme de l’enseignement moral et civique, en prenant l’exemple de Charlie Hebdo. L’enseignant montre à sa classe des caricatures de l’hebdomadaire satirique et notamment celles du prophète de l’islam, Mahomet. Le lendemain il fera de même avec la classe de 4e 4. C’est le point de départ d’un terrible engrenage qui semble avoir mené à la mort, vendredi 16 octobre, de cet enseignant de 47 ans, décapité à proximité de son établissement, par Abdoullakh Abouyezidovitch A. Libération retrace la genèse de ce drame où se mêlent de simples incompréhensions de parents, une campagne publique menée par le père d’une élève musulmane, et l’instrumentalisation politique par des réseaux islamistes.

Un prof décapité à Conflans Saint-Honorine : « C’est la République qui est attaquée », déclare Blanquer

  Un prof décapité à Conflans Saint-Honorine : « C’est la République qui est attaquée », déclare Blanquer « L’islamisme nous mène une guerre : c’est par la force que nous devons le chasser de notre pays », déclare Marine Le Pen. « Il salit sa religion », pointe Jean-Luc Mélenchon. « C’est la République qui est attaquée » avec « l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs », a estimé vendredi soir le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, sur Twitter, après qu’un professeur a été décapité à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Aux abords du collège où enseignait le professeur d’histoire assassiné, à Conflans -Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre. Il devrait notamment préciser les circonstances dans lesquelles la polémique sur les caricatures au sein du collège du Bois d ’ Aulne a été remontée aux autorités

Collège du Bois d ' Aulne , collège général public à Conflans -Sainte-Honorine (78700) : options, taux de réussite au brevet, adresse, téléphone retrouvez toutes les informations utiles sur ce collège général public. Collège du Bois d ' Aulne . Moyenne nationale. Nombre de candidats présentés.

Lundi 5 octobre. «Pendant le cours, il a demandé s’il y avait des musulmans dans la classe, plusieurs élèves ont levé la main, il leur a dit que s’ils préféraient sortir ou détourner les yeux c’était possible, et de même pour d’autres personnes si elles étaient choquées», relate Célia. Plusieurs collégiens sortent alors de la classe accompagnés d’un adulte, pendant quelques instants. Sans incident. Elias, de confession musulmane, en fait partie : «Je suis sorti, même si j’étais curieux de voir. Monsieur Paty a eu raison, c’était pour nous protéger, ne pas nous choquer.» Célia assure que chaque élève a pu choisir ce qu’il préférait. En classe, l’enseignant montre alors un dessin de la caricaturiste Coco, rescapée de l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015. Mahomet y est représenté nu. «Un ami musulman n’est pas sorti, lui, parce qu’il avait envie de voir les images et il n’a pas été choqué, son père lui avait déjà montré ces caricatures», poursuit la collégienne. «Les élèves sortis sont ensuite revenus et le cours a repris comme si de rien n’était», assure Ludovic, un camarade de classe.

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Un professeur de 47 ans a été décapité en pleine rue ce vendredi en fin d’après-midi à Conflans Saint-Honorine dans les Yvelines. Emmanuel Macron est actuellement au collège du Bois d ’ Aulne où enseignait l'homme. L’agresseur a été abattu par la police dans la ville voisine, Eragny-sur-Oise.

Le collège du Bois d ' Aulne de Conflans -Sainte-Honorine, où enseignait le Il s'agit de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie du collège du Bois d ' Aulne , un quartier pavillonnaire calme de Attentat de Conflans : Jean-Paul Huchon, ancien maire de la ville, et Alexis Poulin réagissent.

«La veille, il nous avait prévenus»

Mardi 6 octobre. Samuel Paty donne donc le même cours à son autre classe, la 4e 4. Mais cette fois, aucun des élèves musulmans présents ne quitte le cours. «La veille, il nous avait prévenus qu’il allait nous montrer cette caricature», se souvient Dounia. Selon la collégienne, ce jour-là une, de ses camarades, dont les enquêteurs ne parviennent pas pour l’heure à déterminer si elle était bien présente en classe, proteste : «Sarah a fait un scandale en disant "ça ne se fait pas", et elle en a parlé à son père.» Une note du renseignement territorial des Yvelines datée du 12 octobre, révélée par Libération, étaye les témoignages des élèves. Très vite, des parents s’inquiètent. «Une mère de famille contactait la principale en pleurs, consigne le document, lui rapportant "que sa fille avait été mise à l’écart dans le couloir sous prétexte qu’elle était musulmane" et qu’elle vivait cette situation comme "une discrimination".» La directrice de l’établissement, Audrey Fouillard, s’entretient alors avec Samuel Paty, lui propose de recevoir cette mère de famille et l’invite à s’excuser s’il a été maladroit.

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Des fleurs déposées au collège de Conflans -Sainte-Honorine en hommage au professeur assassiné. Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.

d'histoire du collège du Bois - d ' Aulne à Conflans -Sainte-Honorine, avait récemment montré à ses élèves des caricatures de Mahomet en cours. levés en début de soirée pour saluer la mémoire de la victime de ce que le président de séance Hugues Renson (LREM) a qualité d'«abominable attentat ».

Mercredi 7 octobre. C’est une série de messages postés ce soir-là sur la page Facebook du père de Sarah qui vont vraisemblablement faire basculer la situation. Brahim C., très actif sur ce réseau social, écrit : «Ce professeur dit en se vantant à ma fille qu’il a participé à la marche de Charlie.» Ou dans un autre post : «Ce professeur diffuse l’image de quelqu’un nu et leur dit que c’est le prophète des musulmans notre cher bien aimé prophète […]. C’est une honte venant de la part d’un professeur qui apprend à nos/vos enfants l’histoire. Pour ma part je ne laisse pas passer, demain je vais aller voir le directeur car ma fille est exclue deux jours du collège.» Manifestement très en colère, le parent d’élève termine par cette sentence : «Il faut virer ce professeur d’histoire du collège.» Dans le même temps, selon la note du renseignement territorial du 12 octobre, des messages anonymes sont reçus par l’administration de l’établissement, faisant référence «au climat actuel […] d’islamophobie» : «Pourquoi cherchez-vous à diviser dès le plus jeune âge ?» Des coups de fil «menaçants» aussi, indiquera le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard, lors d’une conférence de presse ce samedi.

Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : l'exécutif sous le feu des critiques

  Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : l'exécutif sous le feu des critiques Droite et extrême droite ont d'emblée ciblé le gouvernement après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, la gauche seule appelant à l'unité.L'unité n'aura même pas duré le temps d'une soirée. Contrairement à ce qui s'était passé après les attentats de janvier 2015, au lieu de serrer les rangs, la classe politique s'est déchaînée contre l'exécutif dès vendredi soir, quelques heures après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. L'appel d'Emmanuel Macron aux Français, depuis Conflans, à "faire bloc" n'a pas franchement été suivi.

Devant le collège du Bois d ' Aulne à Conflans -Sainte-Honorine, samedi matin 17 octobre. Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé le lancement d'une cellule d'écoute et de soutien psychologique après l'assassinat d'un professeur à Conflans -Saint-Honorine.

Les policiers de la Bac Conflans Saint-Honorine ont été appelés pour un individu suspect rôdant autour d’un établissement scolaire, selon cette source. Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près du collège du Bois d ’ Aulne de Conflans Sainte-Honorine. Les policiers de la brigade anticriminalité

Jeudi 8 octobre. Comme annoncé dans son post Facebook, Brahim C. se présente donc au collège en fin de matinée. Il est accompagné d’un homme qui n’est autre qu’Abdelhakim Sefrioui, fondateur du collectif propalestinien Cheikh Yassine et bien connu des services de renseignement. Les deux hommes, placés depuis en garde à vue, sont reçus par la principale du collège, Audrey Fouillard. «Nous avons dit que nous exigions la suspension immédiate de ce voyou», rapporte Abdelhakim Sefrioui, actif en région parisienne, dans une vidéo mise en ligne le 12 octobre. Au nom du «conseil des imams de France», l’homme de 61 ans déclare que lui et Brahim C. ont exprimé leur «désaccord» et leur «stupéfaction», faisant notamment valoir «le droit des enfants à garder leur intégrité psychologique». Aucun terrain d’entente n’est trouvé. «La cheffe d’établissement ne parvenait pas à apaiser la situation (les protagonistes refusant de rencontrer le professeur concerné)», indique la note du renseignement territorial.

Une plainte déposée

La fureur du père de Sarah ne retombe pas. Le même jour, l’homme décide de se rendre avec sa fille au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine pour déposer plainte pour diffusion d’images pornographiques. Une enquête est ouverte. Aux policiers, l’adolescente de 13 ans décrit une des caricatures du prophète publiées dans Charlie Hebdo et relate que Samuel Paty «préalablement à son exposé, avait demandé aux élèves musulmans de lever la main et de sortir», expliquera le procureur antiterroriste. Elle affirme avoir été renvoyée deux jours, «à la demande du professeur», pour avoir exprimé sa désapprobation. Une version que contestera la principale, expliquant que son renvoi était en réalité «indépendant de l’incident des caricatures, mais lié à des problèmes de comportement et de multiples retards», a précisé Jean-François Ricard.

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  Attentat à Conflans: Qui est Abdelhakim Sefrioui, le militant islamiste qui fait partie des gardés à vue? Figure de l’islamisme radical, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné le père d’une élève au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine pour demander le renvoi de la victime © MIGUEL MEDINA / AFP Abdelhakim Sefrioui, ici lors d'une manifestation pro-Gaza, fait partie des onze personnes placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Conflans.

Puis, le même jour dans la soirée, le père de Sarah publie une vidéo sur sa page Facebook, où il raconte, sans mentionner qu’il s’agit de caricatures, que l’enseignant «a dit [aux élèves] qu’il allait diffuser une photo qui allait les choquer. […] Il a montré un homme tout nu, en leur disant que c’était le prophète des musulmans.» Brahim C. appelle à se rassembler, à dire «stop», et laisse son numéro de téléphone. Il exhorte enfin à ce qu’«on ne touche pas à nos enfants» : «Ce voyou ne doit plus rester dans l’Education nationale, il ne doit plus éduquer des enfants, il doit aller s’éduquer lui-même», clame-t-il. Samuel Paty n’est pas nommé dans cette vidéo, mais celle-ci se retrouve rapidement sur d’autres réseaux sociaux, parfois accompagnée de commentaires nommant l’enseignant et donnant l’adresse de son établissement scolaire de Conflans.

«Après ça, les autres élèves au collège ont posté des messages dans leurs stories Snapchat qui disaient qu’il fallait rendre justice et virer ce professeur, se souvient Célia en 4e 5. Mais ils n’étaient même pas dans la classe, ils avaient juste lu ce qui circulait sur les réseaux sociaux.» Carine, la mère de Célia, décide de donner la version des faits de sa fille en commentaire de la vidéo du père de Sarah. «Désolée mais ça ne s’est pas passé comme ça. Ne pas confondre photo avec caricature !!!!» écrit-elle en réponse au terme employé par Brahim C. «Quand j’ai vu ce qui se passait sur les réseaux sociaux, j’ai estimé que c’était mon devoir de dire "attention, il ne faut pas croire tout ce qui se dit, ça ne s’est pas passé comme le père le dit dans sa vidéo". Mais j’avais beau dire à ceux qui ne me croyaient pas sur Internet que je suis la maman d’une élève concernée, ça ne servait à rien», déplore Carine aujourd’hui.

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  Attentat à Conflans : Emmanuel Macron pressé d’intensifier la lutte contre l’islam radical La décapitation d’un professeur à Conflans-Sainte-Honorine oblige l’exécutif à compléter son projet de loi contre les « séparatismes » © Abdulmonam Eassa/AP/SIPA Emmanuel Macron, vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine ATTENTAT - La décapitation d’un professeur à Conflans-Sainte-Honorine oblige l’exécutif à compléter son projet de loi contre les « séparatismes » « Les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquilles dans notre pays. » Après la décapitation du professeur Samuel Paty dans les Yvelines vendredi, Emmanuel Macron durcit le ton.

«Pris de panique»

Vendredi 9 octobre. Une réunion de crise est organisée au collège. Un peu en amont de celle-ci, il est rappelé à Samuel Paty dans le cadre d’un entretien «les règles de la laïcité et de la neutralité», mentionne la note du renseignement territorial. La rencontre avec les parents d’élèves, initialement prévue avec l’enseignant, se déroule finalement sans lui. «Nous avons été reçus par la principale avec un autre parent, raconte la mère d’Elias, l’un des élèves de 4e 5 sortis de la classe lors du cours. Monsieur Paty avait tenu à nous rencontrer, mais je pense qu’il a été pris de panique face à l’ampleur de la situation. Il y avait deux voitures de police devant le collège. Le père qui avait réalisé la vidéo voulait aussi assister à la réunion, mais la directrice lui a dit qu’il avait déjà été reçu la veille, qu’il avait porté plainte et devait partir.»

Après cette entrevue avec les familles, la principale adresse aux parents un mail, consulté par Libération, sur ce «fait bref et ponctuel» ayant pu «susciter de l’émotion auprès de quelques élèves». La responsable explique que la démarche proposée «de sortir quelques minutes accompagnés d’un adulte ou de détourner le regard quelques secondes» avait pour «but de protéger les enfants qui auraient pu être offensés par cette caricature (et seulement dans ce but)». Néanmoins, reconnaît-elle : «Sans vouloir froisser qui que ce soit, il s’est avéré qu’en proposant cette possibilité aux élèves, il a tout de même froissé. Monsieur Paty a tout de suite reconnu sa maladresse et s’en est excusé.» Un «temps d’écoute» entre les collégiens et leur professeur a d’ailleurs été rapidement mis en place, en présence de la principale et de la conseillère principale d’éducation. «Il nous a reparlé de ça, est venu s’excuser et expliquer le malentendu qu’il y avait», se souvient Célia. Ces tentatives d’apaisement ne suffisent pas à contenir la rumeur, d’autant que certains petits sites, médias, ou pages Facebook proches de communautés musulmanes (comme celle de la mosquée de Pantin) se sont au même moment emparés de l’histoire de Brahim C. et la relaient.

Attentat à Conflans : Pourquoi le ministère de l'Intérieur a ordonné la fermeture de la mosquée de Pantin

  Attentat à Conflans : Pourquoi le ministère de l'Intérieur a ordonné la fermeture de la mosquée de Pantin Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé lundi soir sa décision de fermer ce lieu de culte pour une durée de six mois © AFP La grande mosquée de Pantin devra fermer ses portes à partir du 21 octobre 2020. RADICALISATION - Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé lundi soir sa décision de fermer ce lieu de culte pour une durée de six mois Les 1.300 fidèles de la mosquée de Pantin trouveront-ils porte close à partir de ce mercredi ? C’est en tout cas ce que souhaite le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Ce même 9 octobre, le maire de Conflans est averti par téléphone de la situation, affirme le président de la Fédération des conseils des parents d’élèves (FCPE). «Trois sources différentes m’ont signalé cette vidéo, qui circulait énormément sur les réseaux sociaux. Donc j’ai tiré la sonnette d’alarme pour prévenir les autorités, comme on doit le faire dans ces moments-là. Depuis, plus de nouvelles, jusqu’à ce drame. Ce n’est pas le moment, mais il faudra savoir ce qu’il s’est passé depuis», réagissait Rodrigo Arenas quelques heures après l’attaque, encore sonné, auprès de Libération.

Convoqué au commissariat

Lundi 12 octobre. Après une semaine mouvementée au sein de l’établissement, Samuel Paty est convoqué au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine. Il présente aux policiers son support de cours, où figurent plusieurs caricatures de Charlie Hebdo. Toutefois, d’après le procureur national antiterroriste, «il contestait énergiquement avoir demandé aux élèves musulmans de s’identifier et de sortir de la classe. En revanche, il précisait avoir pris soin, avant de montrer certains des dessins concernés, de proposer à ses élèves de ne pas les regarder dans l’hypothèse où ils pourraient être heurtés par ceux-ci». En réponse à la vidéo du père de Sarah, le professeur porte plainte pour diffamation publique.

Ce même jour, vers 20h30, Brahim C. partage une vidéo YouTube sur son compte Facebook. On y voit sa fille, Sarah, devant le collège du Bois-d’Aulne. L’instant a été filmé quelques jours plus tôt, juste avant la rencontre entre la directrice, Brahim C. et Abdelhakim Sefrioui. Dans cette mise en scène, ce dernier, coutumier des diatribes radicales et antisémites, interviewe la jeune fille : «Salam […], peux-tu nous raconter ce qu’il s’est passé ?» L’adolescente déroule ce que son père a déjà rapporté et fait part de son indignation : «Je suis choquée qu’on me montre un homme tout nu pendant un cours d’histoire. Il ne nous respecte pas, il ne nous voit pas comme les autres, en fait. Pourquoi il montre ça sur notre religion à nous ?»

Mardi 14 octobre. Convoqués au commissariat, Brahim C. et sa fille ne se présentent pas.

Vendredi 16 octobre. Samuel Paty est décapité sur le chemin du retour vers son domicile d’Eragny-sur-Oise, au soir des vacances scolaires. Peu avant 17 heures, un compte Twitter (depuis suspendu) identifié depuis comme appartenant à l’assaillant publie une macabre photo de la tête de l’enseignant. S’adressant nommément à Emmanuel Macron, il menace : «J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad [Mahomet, ndlr], calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment.» Puis, en réponse à une question sur l’identité de la victime, il écrit un second message : «C’est Mr Paty.» Moins de deux heures avant les faits, Brahim C. avait, lui, de nouveau publié sur Facebook la vidéo où il s’indignait qu’une «photo» de Mahomet «nu» ait été montrée à sa fille. «On a appris la mort de notre professeur sur Snapchat à 17h50, raconte Dounia. Un copain de la classe a mis une story, en disant qu’il y avait la BAC au collège, et a dit d’allumer la télé. On a compris direct. "Un prof décapité qui avait montré les caricatures", on a tous su que c’était monsieur Paty. C’était le seul à avoir fait ça. Et tout le monde parlait que de cette histoire au collège.»

Eragny, Samedi matin. Rue du Buisson Moineau ou le cours de l'enseignai a été décapité et retrouvé. Eragny, Samedi matin. Rue du Buisson Moineau ou le cours de l'enseignai a été décapité et retrouvé. Eragny, rue du Buisson-Moineau où a été retrouvé le corps de Samuel Paty. Photo Stéphane Lagoutte. Myop pour Libération

(1) Les prénoms des collégiens ont tous été modifiés.

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Attentat à Conflans : Pourquoi le ministère de l'Intérieur a ordonné la fermeture de la mosquée de Pantin .
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé lundi soir sa décision de fermer ce lieu de culte pour une durée de six mois © AFP La grande mosquée de Pantin devra fermer ses portes à partir du 21 octobre 2020. RADICALISATION - Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé lundi soir sa décision de fermer ce lieu de culte pour une durée de six mois Les 1.300 fidèles de la mosquée de Pantin trouveront-ils porte close à partir de ce mercredi ? C’est en tout cas ce que souhaite le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

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