•   
  •   

France Assassinat de Samuel Paty. Des caricatures à l’hommage national, retour sur la chronologie des faits

19:30  20 octobre  2020
19:30  20 octobre  2020 Source:   ouest-france.fr

Kad Merad et Julia Vignali amoureux complices au Festival du film Lumière

  Kad Merad et Julia Vignali amoureux complices au Festival du film Lumière La star de Bienvenue chez les Ch'tis et l'animatrice du Meilleur Pâtissier ont pris la pose ensemble lors de la cérémonie de clôture du Festival du film Lumière à Lyon. De nombreux invités préstigieux avaient également fait le déplacement pour assister au triomphe des frères Dardenne. 1/63 DIAPOSITIVES © BestImage, Pascal Fayolle Kad Merad et Julia Vignali, lors de la cérémonie de clôture de la 12e édition du Festival du film Lumière à Lyon. Le festival rend, cette année, hommage aux cinéastes belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, doubles lauréats de la Palme d'Or.

Un rassemblement hommage à Samuel Paty place de la République à Paris, le 18 octobre. © Charles Platiau/Reuters Un rassemblement hommage à Samuel Paty place de la République à Paris, le 18 octobre.

Du cours d’éducation civique, début octobre, où ont été montrées des caricatures de Mahomet à l’hommage national rendu à Samuel Paty après son assassinat, organisé ce mercredi 21 octobre, retour deux semaines d’escalade, d’enquête et de réactions politiques.

Le vendredi 16 octobre, à proximité du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Samuel Paty était assassiné. Il a été tué par Abdoullakh A., jeune homme tchétchène d’origine russe, qui aurait visé le professeur d’histoire-géographie après que ce dernier a montré en classe des caricatures de Mahomet. Depuis, les enquêteurs tentent de remonter le fil des événements qui ont mené à cet acte, durant les jours précédant le meurtre. Seize personnes sont actuellement en garde à vue.

Attentat de Conflans : le terrible engrenage au collège du Bois-d'Aulne

  Attentat de Conflans : le terrible engrenage au collège du Bois-d'Aulne Après un cours sur la liberté de la presse ayant suscité l'inquiétude de certains parents d'élèves, Samuel Paty avait fait l'objet d'une campagne publique, appelant à son renvoi, par un père soutenu par des réseaux islamistes. Récit d'un emballement qui pourrait avoir mené à sa mort. Dans son cahier à carreaux, Célia (1), 13 ans, a soigneusement pris en note son cours sur la liberté de la presse. Au stylo rouge, l’élève de 4e 5 a écrit :Lundi 5 octobre. «Pendant le cours, il a demandé s’il y avait des musulmans dans la classe, plusieurs élèves ont levé la main, il leur a dit que s’ils préféraient sortir ou détourner les yeux c’était possible, et de même pour d’autres personnes si elles étaient choquées», relate Célia.

Depuis, une seizième personne, un collégien, a été placée en garde à vue. © Visactu Depuis, une seizième personne, un collégien, a été placée en garde à vue.

Dans le même temps, les réactions politiques s’enchaînent et les décisions gouvernementales tombent.

5 octobre : les caricatures sont montrées en cours

Ce jour-là, un lundi, le professeur d’histoire-géographie doit présenter un cours d’éducation civique sur le thème de la liberté d’expression à une classe de 4e. Il décide alors, comme lors d’années passées, de montrer deux caricatures de Mahomet parues dans Charlie Hebdo.

Selon Rodrigo Arenas, coprésident de la fédération de parents d’élèves FCPE, « la victime avait invité les élèves musulmans à sortir de la classe » avant de montrer ces dessins. Un témoignage corroboré par celui de Noredine, parent d’un élève de 13 ans qui se trouvait dans la classe de ce professeur. Il a indiqué à France Inter : « apparemment, il n’a pas fait ça méchamment. Il leur a dit : Je vais montrer une image. Je vous conseille de sortir pour pas être vexés, pour ne pas être choqués. Mon fils m’a dit qu’il avait fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas les vexer. »

La police française fait une descente dans les maisons d'islamistes présumés

 La police française fait une descente dans les maisons d'islamistes présumés La police française a fait une descente dans les maisons de dizaines de radicaux islamistes présumés à la suite de la décapitation d'un enseignant qui a montré des caricatures controversées du prophète Mahomet à ses élèves. Certaines des personnes interrogées auraient posté des messages de soutien au meurtrier de Samuel Paty. D'autres sont issus d'associations qui, selon le gouvernement, propagent un message de défi à l'Etat français. La police a abattu le meurtrier présumé de M.

Le lendemain, le 6 octobre, le professeur propose le même cours à une autre classe de 4e. Cette fois-ci, aucun élève ne fait le choix de sortir, mais l’histoire se répand comme une traînée de poudre dans l’établissement et chez les parents d’élèves. Peu après les faits, certains de ces derniers s’inquiètent. Parmi eux, la mère d’une élève, qui appelle la principale du collège, selon Libération . Elle affirme que sa fille aurait été mise à la porte du cours. Samuel Paty s’entretient avec la cheffe d’établissement, et cette dernière lui propose une de « s’excuser s’il a été maladroit ».

7 octobre : une première vidéo sur Facebook

Le père de l’élève qui s’est dite particulièrement choquée par le cours de Samuel Paty la veille, publie une vidéo à charge sur Facebook. Dans celle-ci, il rapporte la version de l’histoire, racontée par sa fille de 13 ans, et explique que le professeur aurait diffusé des images de quelqu’un nu, ainsi que des images du prophète. Pour lui, le professeur doit être renvoyé. Il lance un appel à la mobilisation contre l’enseignant. On a appris, depuis, que le père de famille avait été contacté par l’assaillant, et avait échangé avec lui sur WhatsApp.

Assassinat de Samuel Paty. Au procès des attentats de janvier 2015, un hommage rendu au professeur

  Assassinat de Samuel Paty. Au procès des attentats de janvier 2015, un hommage rendu au professeur Au procès des attentats de janvier 2015, un hommage a été rendu, lundi 19 octobre, à Samuel Paty, professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine. L’avocat de Charlie Hebdo a estimé que ce dernier avait « eu raison » de montrer les caricatures de Mahomet à ses élèves. Les acteurs du procès des attentats de janvier 2015 ont eu mot, ce lundi pour Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

8 octobre : un parent d’élève et Abdelhakim Sefrioui rencontrent Samuel Paty

Le parent d’élève, accompagné d’Abdelhakim Sefrioui, soutien de Dieudonné, prédicateur, pro-Hamas et militant antisioniste virulent, se rend au collège de Conflans. Ils sont reçus par la principale du collège du Bois-d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine, et avaient demandé la suspension de Samuel Paty. Ils refusent alors de rencontrer le professeur.

Tous deux se rendent ensuite au commissariat, accompagnés de la jeune fille, où ils déposent plainte pour « diffusion d’images pornographiques ». Selon l’ Express , cette dernière assure aux forces de l’ordre, avoir été exclue de cours pour avoir protesté contre les caricatures. Version contredite par le procureur antiterroriste Jean-François Ricard : son renvoi temporaire était « indépendant de l’incident des caricatures, mais lié à des problèmes de comportement et de multiples retards ». Une enquête est ouverte et des auditions ont lieu.

Dans la soirée, une seconde vidéo est diffusée sur Facebook par le père de famille, au propos encore plus virulent. Il y cite cette fois-ci le nom du collège, et laisse son propre numéro de téléphone. L’homme ne parle pas de diffusion de caricature, mais de photos diffusées aux élèves. Dans les commentaires sous la publication, le nom de Samuel Paty circule.

`` Monsieur Paty '': le professeur de français était un professionnel populaire

 `` Monsieur Paty '': le professeur de français était un professionnel populaire Samuel Paty, le professeur d'histoire de 47 ans décapité pour avoir montré à sa classe des dessins animés du prophète Mahomet dans une leçon sur la liberté d'expression, est dans les mémoires comme un professionnel engagé qui aimait entraîner ses élèves dans le débat.

9 octobre : une réunion de crise organisée au collège

Selon Libération, qui a pu consulter une note de renseignement, Samuel Paty est convoqué le vendredi à un entretien au cours duquel il lui est rappelé les « règles de la laïcité et de la neutralité ». Des parents d’élèves sont reçus dans l’établissement par la principale. Là encore, Samuel Paty n’est pas présent. Le père d’élève qui a porté plainte souhaite y assister, mais n’est pas accepté dans l’enceinte du collège. Les tentatives d’apaisement – mail de la principale aux parents d’élèves, excuses du professeur – ne suffisent pas à calmer la rumeur.

Toujours selon Libération, le maire de Conflans est mis au courant de l’affaire et des vidéos qui circulent de plus en plus sur les réseaux sociaux et qui dépassent désormais le simple environnement de la ville des Yvelines.

12 octobre : Samuel Paty est convoqué au commissariat

Après la plainte du parent d’élève, survenue le 8 octobre, le professeur d’histoire-géographie est convoqué au commissariat. Il s’y rend avec comme justificatif ses documents diffusés en cours, dont les caricatures. Il décide également de porter plainte, pour diffamation.

Une troisième vidéo est postée le mercredi 12 octobre sur les réseaux sociaux par le père de famille. Celle-ci est diffusée sur YouTube. Abdelhakim Sefrioui tient la caméra dans cette séquence, précise Le Monde .

VIDEO Emmanuel Macron au bord des larmes lors de l’hommage à Samuel Paty

  VIDEO Emmanuel Macron au bord des larmes lors de l’hommage à Samuel Paty Ce mercredi 21 octobre avait lieu dans la cour de la Sorbonne à Paris l’hommage national à Samuel Paty. Emmanuel Macron a dédié un discours poignant au professeur, au cours duquel l’émotion pouvait se lire son visage. Le vendredi 16 octobre, le professeur Samuel Paty était assassiné en pleine rue près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. Cette attaque terroriste islamiste a chamboulé tous les Français, à commencer par le président de la République. Ce mercredi 21 octobre, Emmanuel Macron a prononcé un long discours de 15 minutes lors de l’hommage national rendu à Samuel Paty dans la cour de la Sorbonne.

15 octobre : Abdoullakh A. se procure l’arme du crime

Selon BFMTV , le jeune homme se serait promené à Rouen, en compagnie de deux amis. Il y achète ce qui sera l’arme du crime. Le père de l’un de ses compagnons a affirmé à la chaîne qu’Abdoullakh A. a vu un magasin qui vend des couteaux et a indiqué vouloir en acheter un pour l’offrir à « son grand-père », comme « souvenir ».

16 octobre : Samuel Paty est assassiné

Ce vendredi, Abdoullakh A. se rend du quartier de la Madeleine, à Evreux, où il réside, jusqu’à la ville des Yvelines. On ne connaît pour l’heure pas encore les détails du trajet. Selon Le Monde , « c’est en partie en voiture qu’Abdouallakh A. pourrait ainsi s’être rendu jusqu’en région parisienne, vendredi 16 octobre. Deux de ses amis, âgés de 17 et 18 ans, avec qui il aurait voyagé, se sont rendus spontanément à la police dans la nuit de vendredi à samedi. Ils sont actuellement en garde à vue. » Ces deux mêmes personnes sont les mais qui étaient avec lui à Rouen la veille.

En début d’après midi, le jeune homme arrive devant le collège. Il aurait proposé à des élèves de l’argent contre des informations sur le professeur. L’un d’entre eux aurait accepté. Actuellement, quinze personnes sont en garde à vue, dont quatre collégiens.

Vers 17 h, Abdoullakh A. attaque Samuel Paty, avant d’être tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là. Il poste sur Twitter un message de revendication, ainsi qu’une photo de la victime.

Emmanuel Macron se rend sur les lieux de l’attaque durant la soirée. « Tous et toutes nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. Ils ne nous diviseront pas. C’est ce qu’ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble », martèle le chef de l’État, dénonçant clairement un « attentat terroriste islamiste caractérisé » lors d’une courte allocution.

« Samuel Paty est devenu le visage de la République » : l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron

  « Samuel Paty est devenu le visage de la République » : l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron Le chef de l’Etat a rendu hommage, mercredi, dans la cour de la Sorbonne, au professeur d’histoire-géographie assassiné à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre. © Fournis par Le Monde Emmanuel Macron, lors de l’hommage à Samuel Paty dans la cour de la Sorbonne, mercredi 21 octobre. Lors de la cérémonie consacrée à Samuel Paty, dans la cour de la Sorbonne, mercredi 21 octobre, le président de la République, Emmanuel Macron, a prononcé un discours en son hommage. Nous publions ci-dessous son discours.

Dans la soirée, neuf personnes sont placées en garde à vue, dont le père de la jeune élève, et Abdelhakim Sefrioui.

18 octobre : marches de soutien et conseil de défense

Partout en France, des manifestations fleurissent dans de nombreuses villes, comme à Rennes ou encore à Brest. À Paris, des milliers de personnes se sont rassemblées place de la République.

Dans le même temps, le gouvernement s’organise et veut répondre, vite. Une cellule de crise est organisée dans la soirée, autour d’Emmanuel Macron. Le renforcement de la sécurité des établissements scolaires à la rentrée est décidé. La présidence de la République annonce également que les auteurs de quelque 80 messages de soutien à l’homme qui a assassiné Samuel Paty vont être contrôlés dès le lendemain.

19 octobre : quatre collégiens placés en garde à vue

Ce lundi, les opérations de polices s’accélèrent. Gérald Darmanin annonce des opérations de police ont eu lieu ce lundi contre des « dizaines d’individus » issus de « la mouvance islamiste » . Quinze personnes sont désormais placées en garde à vue, dont quatre collégiens.

Le ministre exprime également son souhait de dissoudre le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et l’ONG BarakaCity. Billal Righi, président de l’ONG Ummah Charity, est placé en garde à vue. Il avait lancé une cagnotte de soutien au parent d’élève qui avait pris position contre Samuel Paty.

Invité sur TF1 , le ministre de l’Intérieur annonce avoir demandé « au préfet de Seine-Saint-Denis de faire fermer la mosquée de Pantin dont le dirigeant avait relayé les appels à intimider le professeur ». Il accuse son dirigeant d’avoir notamment relayé l’adresse du collège.

20 octobre : Emmanuel Macron à Bobigny

Ce mardi 20 octobre, Emmanuel Macron est attendu à Bobigny, pour y présider une séance de la Cellule de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire (CLIR) et faire le bilan des résultats en Seine-Saint-Denis, accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, cinq jours après l’attentat terroriste.

Un collégien de Conflans-Sainte-Honorine, déjà placé en garde à vue dimanche dans l’enquête antiterroriste avant d’être relâché, a été à nouveau placé en garde à vue mardi, portant à 16 le nombre de personnes placées en garde à vue.

En début de soirée, une marche blanche est prévue à Conflans-Sainte-Honorine.

21 octobre : hommage national à la Sorbonne

L’hommage national à Samuel Paty se déroulera demain, mercredi 21 octobre en fin d’après-midi dans la cour de l’université de la Sorbonne.

« Ce choix a été fait en accord avec la famille du défunt », précise-t-on à la présidence française, où on souligne que « la Sorbonne à travers les siècles a toujours su être une tribune pour l’expression des libertés et des idées, un lieu qui aujourd’hui revêt une dimension symbolique forte ».

Rentrée du 2 novembre : comment les profs vont parler de l’assassinat de Samuel Paty ? .
Le ministre Jean-Michel Blanquer attend un « cadrage clair » après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine. L’Obs a interviewé des enseignants au sujet d’une leçon qui s’annonce pleine d’émotions…La matinée du 2 devra être découpée en trois temps, un premier d’échange entre professeurs sans les élèves, un second d’échange en classe et un troisième d’hommage par une minute de silence et la lecture de la « Lettre aux instituteurs et institutrices » de Jean Jaurès. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale a promis « un cadrage clair et précis pour ne laisser aucun enseignant dans le flou ».

usr: 1
C'est intéressant!