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France Covid-19 : quelles sont les alternatives à un reconfinement total ?

16:40  26 octobre  2020
16:40  26 octobre  2020 Source:   lexpress.fr

Les 2/3 des Français sous couvre-feu, la crainte d'un reconfinement... le point sur le coronavirus

  Les 2/3 des Français sous couvre-feu, la crainte d'un reconfinement... le point sur le coronavirus Nouveaux bilans, nouvelles mesures et faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde. © Dominique Boutin/SIPA La situation en FranceLa France a passé vendredi la barre du million de cas de Covid-19 depuis le début de l'épidémie, et la situation continue de se dégrader avec plus de 40.000 nouveaux cas enregistrés en 24 heures, selon Santé publique France.Au total 42.032 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés vendredi, 410 de plus que la veille, un nouveau record depuis la généralisation des tests à grande échelle, pour atteindre au total 1.041.

Face à la seconde vague de Covid-19, l'idée d'un reconfinement prend de l'épaisseur dans le débat public. Existe-t-il encore d'autres moyens d'endiguer l'épidémie ?

De rares passagers dans le métro parisien après l'entrée en vigueur du couvre-feu, le 17 octobre 2020. © afp.com/ABDULMONAM EASSA De rares passagers dans le métro parisien après l'entrée en vigueur du couvre-feu, le 17 octobre 2020.

Écartée pendant la douceur de l'été, devenue tabou à la rentrée, l'idée d'un "reconfinement" prend de plus en plus d'ampleur à mesure que la seconde vague de Covid-19 déferle sur la France. Emmanuel Macron, vendredi, a évoqué cette hypothèse, tout en reconnaissant qu'il est encore trop tôt pour se tourner vers ce type de mesure, que ce soit à l'échelle locale ou nationale. Le Pays de Galles ou encore l'Irlande ont, eux, déjà franchi le pas.

Coronavirus : Tour de vis, reconfinement... La France étudie plusieurs scénarios face à l'accélération de l'épidémie

  Coronavirus : Tour de vis, reconfinement... La France étudie plusieurs scénarios face à l'accélération de l'épidémie Deux Conseils de défense doivent se tenir ce mardi et mercredi, suivis d’une série de réunions, afin de prendre des mesures face à une situation « critique » © Alain ROBERT/SIPA Jean Castex, le 24 octobre 2020 à Marseille.

Dimanche, en France, plus de 52 000 nouveaux cas de coronavirus ont été recensés en une journée, selon les autorités sanitaires. Un record, alors que les effets des couvre-feux instaurés un peu partout en France se font encore attendre. Ce lundi, sur RTL, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a admis être "surpris par la brutalité de ce qui est en train de passer", évoquant une situation "critique". "Cette deuxième vague va être probablement plus forte que la première vague. Le retentissement sur les systèmes de santé va être là dans les trois semaines qui viennent au niveau des services de réanimation", a-t-il poursuivi.

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Coronavirus : Reconfinement, couvre-feu étendu… Quelles sont les options possibles ?

  Coronavirus : Reconfinement, couvre-feu étendu… Quelles sont les options possibles ? Après avoir réuni ces mardi et mercredi un Conseil de Défense, Emmanuel Macron devrait annoncer de nouvelles mesures de restriction sanitaire © ALLILI MOURAD/SIPA D'un couvre-feu étendu à un reconfinement total, le gouvernement envisage divers options (Illustration) EPIDEMIE - Après avoir réuni ces mardi et mercredi un Conseil de Défense, Emmanuel Macron devrait annoncer de nouvelles me Que va-t-il nous tomber sur la tête ? De nombreux Français se posent la question, alors que le président de la République réunit ce mardi et mercredi deux Conseils de défense consacrés à l’

Ce dernier a enfin appelé à durcir les restrictions mises en place, en dépit d'une méconnaissance générale sur les lieux de contamination des Français au Covid-19. Fermeture des universités, couvre-feu musclé, généralisation du télétravail... Quelles restrictions, seules ou cumulées, pourraient permettre de stopper la propagation du virus sans un confinement similaire à celui du printemps ?

  • Le couvre-feu massif

La première solution serait de rendre les couvre-feux plus "massifs", a plaidé ce lundi matin le président du Conseil scientifique. "A la fois dans ses horaires, dans son étendue au niveau du territoire national, et qui puisse également être mis en place le week-end", a-t-il précisé. Après "10 à 15 jours (...) on pourrait regarder la courbe des nouvelles contaminations (...) et si on n'est pas dans la bonne direction, aller vers le confinement".

Reste à savoir si le gouvernement souhaite aller dans ce sens. Le Premier ministre Jean Castex a indiqué jeudi qu'il était encore "trop tôt" pour mesurer les effets des restrictions nocturnes. La Guyane, qui vit sous couvre-feu depuis mars, a déjà vu ses horaires élargis au fil des mois, afin de s'adapter à la progression de l'épidémie.

EN DIRECT. François Bayrou ne veut pas d’un « reconfinement généralisé »

  EN DIRECT. François Bayrou ne veut pas d’un « reconfinement généralisé » Face à la brutalité de la seconde vague de coronavirus, le chef de l’Etat réunit un nouveau conseil de défense ce mercredi avant d’annoncer de nouvelles mesures. Un reconfinement de 4 semaines est à l’étude.Deux semaines après avoir annoncé le couvre-feu pour 46 millions de Français, Emmanuel Macron est contraint de réduire encore la voilure, face à une « hausse exponentielle, dans une majeure partie de l’Europe, de l’épidémie », selon les termes mardi soir du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

  • Un reconfinement, certes, mais allégé

Dans les colonnes du Parisien, dimanche, Renaud Muselier, président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), ne se dit pas contre un nouveau confinement, mais appelle, dans ce cas, le gouvernement à préserver l'économie, la culture et l'enseignement. "Est-ce qu'on doit fermer encore les lycées, alors que des gamins n'ont pas vu de salle de classe depuis mars ? On risque de créer une génération sacrifiée", a déclaré le patron de l'association des Régions de France. Un confinement "allégé", en somme, que l''élu n'est pas le seul à défendre.

Un "confinement écocompatible" : c'est la formule choisie par Philippe Amouyel et Luc Dauchet, auteurs d'une tribune dans le JDD, dimanche. Comme Renaud Muselier, les deux professeurs au CHU de Lille défendent un confinement avec écoles et entreprises ouvertes, transports fonctionnels, mais en réintroduisant des attestations de sortie obligatoires. L'objectif : favoriser au maximum le télétravail, et limitation, au maximum, des réunions privées et publiques. "Ainsi, peut-être dès Noël, pourrons-nous ouvrir à nouveau les restaurants, les bars, les salles de sport, les spectacles vivants et tout ce qui fait notre joie de vivre et notre culture française", écrivent-ils.

Quels seraient les impacts économiques d'un reconfinement ?

  Quels seraient les impacts économiques d'un reconfinement ? Un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois à l'économie française, a indiqué mercredi matin le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. © afp.com/Lionel BONAVENTURE Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (c), le ministre délégué aux PME Alain Griset (d) et le secrétaire d'Etat en charge du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne (g), lors d'un déplacement à Lourdes, le 10 août 2020. Le reconfinement national, sans doute plus souple qu'au printemps, n'a pas été annoncé. Mais, sauf surprise majeure, il devrait l'être ce mercredi soir par Emmanuel Macron.

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Au micro de RTL, ce lundi, le président du Conseil scientifique Jean-Claude Delfraissy a appuyé cette idée. Evoquant ainsi "un confinement moins dur que celui du mois de mars, qui permette à la fois le travail, qui évidemment s'accentuerait en termes de télétravail, qui permettrait probablement de conserver une activité scolaire et qui permettrait aussi de conserver aussi un certain nombre d'activités économiques, qui pourrait être de plus courte durée et qui serait suivi de conditions de déconfinement très particulières, puisqu'on déconfinerait en passant par un couvre-feu".

  • Une fermeture des écoles et des universités ?

Ces hypothèses sont, à l'heure actuelle, bien moins populaires. La fermeture des écoles, voire des universités, peuvent-elles toutefois avoir un impact sur l'épidémie ? En ce qui concerne les écoles primaires, une récente étude américaine affirme que cette mesure aurait permis de diviser par deux le nombre d'infections, et ce, bien qu'il n'existe à l'heure actuelle pas de certitudes quant à la contagiosité réelle des enfants. Rappelons qu'il s'agissait, à la veille de l'annonce du confinement, en mars, d'une des premières restrictions fortes annoncées par Emmanuel Macron.

EN DIRECT. Castex veut que le télétravail soit généralisé cinq jours sur cinq

  EN DIRECT. Castex veut que le télétravail soit généralisé cinq jours sur cinq Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement au moins jusqu’au 1er décembre, qui entrera en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, pour tenter d’endiguer la deuxième vague du coronavirus.Jusqu’au 1er décembre « a minima », « vous pourrez sortir de chez vous uniquement pour travailler, vous rendre à un rendez-vous médical, porter assistance à un proche, faire vos courses essentielles ou prendre l’air à proximité de votre domicile », a-t-il détaillé en annonçant le retour de l’attestation.

Les universités, elles, ont été pointées du doigt à la rentrée pour le nombre important de clusters s'y déclarant. Beaucoup ont mis en place, depuis, de plus fortes restrictions comme le recours généralisé aux cours à distance. Mais une fermeture généralisée n'est pas d'actualité. Il reste possible d'aller plus loin dans les restrictions scolaires. L'Italie, qui connaît également une résurgence du virus sur son sol, a décrété que 75% des classes dans les lycées et les universités auront lieu en ligne.

Sur BFMTV, ce lundi, l'épidémiologiste Antoine Flahault a en tout cas préconisé de ne pas rouvrir collèges, lycées et universités le 2 novembre après les vacances de la Toussaint. "Les écoles primaires pourraient rester ouvertes mais devraient imposer le port du masque, même aux enfants de plus de 6 ans", a-t-il avancé, alors que le masque n'est pour l'instant obligatoire que pour les plus de 11 ans, à partir du collège.

  • Une extension massive du télétravail

Seulement "recommandé", deux à trois jours par semaine par Emmanuel Macron, le télétravail peut-il devenir la norme ? Depuis le 14 octobre, non loin, aux Pays-Bas, il est obligatoire. Rappelons qu'en France, les contaminations au travail représentaient, au 5 octobre, 20% des clusters sous investigation. Si, d'après les autorités sanitaires, ce critère n'est plus un indicateur fiable pour mesurer la propagation de l'épidémie, l'entreprise n'en reste pas moins un lieu de rencontre.

L'obligation du télétravail se heurte malgré tout à un principe de réalité. Il est impossible d'obliger une entreprise à y avoir recours. "Ce n'est ni un droit ni une obligation", rappelait récemment auprès de L'Express Michaël Hayat, avocat en droit du travail (SDA Avocats). Au tout début de l'épidémie, le ministère du Travail chiffrait à près de 8 millions (plus de 4 emplois sur 10) le nombre d'emplois compatibles avec le télétravail dans le seul secteur privé. Chiche ?

  • La "ville sous cloche" : l'exemple madrilène

C'est ce qui s'apparenterait le plus à un "confinement partiel". Depuis la fin du mois de septembre, la capitale espagnole vit "sous cloche". Les habitants peuvent sortir de chez eux. Mais pas de leur quartier. Une manière, pour le gouvernement espagnol, de limiter les échanges privés, souvent identifiés comme les principaux vecteurs de la maladie, mais difficiles à quantifier.

Plusieurs métropoles, en France, se trouvent en grande souffrance face à l'épidémie. C'est le cas de Saint-Etienne, qui affiche un taux d'incidence supérieur à 1000 cas pour 100 000 habitants, ou encore de Lille, Lyon et Grenoble. Cette restriction pourrait s'avérer particulièrement impopulaire, alors que pas moins de 92 départements se situent en situation de vulnérabilité élevée. Signe que l'épidémie n'est pas restreinte à un ou plusieurs territoires, mais s'étend bien à l'intégralité du pays.

Angleterre, Autriche, Portugal… Dans les pas de la France, toute l’Europe se reconfine .
Tous les pays européens se remettent l’un après l’autre sous cloche. Même si tous n’ont pas la même recette, entre reconfinement renforcé et reconfinement light.Ne l’oublions pas : la France n’a pas été la première à reconfiner sa population. L’Irlande et la province britannique du Pays-de-Galles avaient franchi le pas avant elle.

usr: 2
C'est intéressant!