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France Procès des attentats de janvier 2015 : «Je veux pas aller en taule pour ça !»

21:00  26 octobre  2020
21:00  26 octobre  2020 Source:   liberation.fr

Assassinat de Samuel Paty. Au procès des attentats de janvier 2015, un hommage rendu au professeur

  Assassinat de Samuel Paty. Au procès des attentats de janvier 2015, un hommage rendu au professeur Au procès des attentats de janvier 2015, un hommage a été rendu, lundi 19 octobre, à Samuel Paty, professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine. L’avocat de Charlie Hebdo a estimé que ce dernier avait « eu raison » de montrer les caricatures de Mahomet à ses élèves. Les acteurs du procès des attentats de janvier 2015 ont eu mot, ce lundi pour Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Isabelle Coutant-Peyre, l'avocate d'Ali Riza Polat,le 2 septembre à l'ouverture du procès. © CHARLES PLATIAU Isabelle Coutant-Peyre, l'avocate d'Ali Riza Polat,le 2 septembre à l'ouverture du procès.

La cour d’assises spéciale a commencé à entendre, ce lundi, le principal des onze accusés, Ali Riza Polat. Soupçonné d’être le «bras droit» d’Amedy Coulibaly et la cheville ouvrière des attentats, l’homme de 35 ans s'est défendu de façon éruptive.

Ils semblent loin les premiers jours d’audience, ces moments teintés d’une solennité historique, marqués par le poids des morts et les silences glaçants surgissant entre les témoignages des rescapés des attentats. Ils semblent décidément bien loin quand se lève le principal accusé, Ali Riza Polat, poursuivi pour complicité de crimes terroristes. Le Franco-Turc de 35 ans, au crâne dégarni et à la silhouette bedonnante – qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité – n’est que dénégations et gesticulations, une cocotte-minute de mots qui s’échappent dans tous les sens. De tout son corps tendu vers le cour, il hurle : «Je veux pas aller en taule pour ca! Je veux y aller pour ce que j’ai fait, pas pour ce que j’ai pas fait.» Le voyou multirécidiviste est soupçonné d’avoir aidé les terroristes à se procurer des armes, il «apparaît à tous les stades de la préparation des actions terroristes», avaient souligné les juges instruction. «Bras droit» d’Amedy Coulibaly, dit le dossier. «Bouc émissaire», éructe l’intéressé, tonitruant.

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Le royaume de Polat, c’est celui des «magouilles». Pendant longtemps, il a trafiqué à peu près tout ce qui se présentait, avec un certain talent selon ses dires («l’héroïne, je la touche à 8 000 euros pure, personne n’a ça»). D’ailleurs, il l’avoue sans ambages : «Je suis né sans rien. Moi, je veux de l’argent. C’est mon but dans la vie, je ne veux pas mourir pauvre.» Dans sa cité de la Grande Borne à Grigny (Essonne), il s’est lié avec Amedy Coulibaly : «C’était un bandit, moi aussi.» Entre eux, une solide amitié mais aussi une dette : Polat lui doit 15 000 euros. Or, quand ce dernier sort de prison, en 2013, il a «claqué tout l’argent chez Vuitton, Lamborghini… Et puis y a des mecs qui (l)’ont carotte». Alors pour se racheter, il va servir d’intermédiaire dans la transaction concernant la Mini Cooper du jihadiste, voiture qui aurait pu servir à financer les attentats. C’est ainsi que Polat débarque dans le garage de Metin Karasular, à Charleroi, pour négocier. A l’écouter, son rôle s’arrêterait là. «Comment on peut me mettre une complicité avec des gens que j’ai jamais vus (les frères Kouachi, ndlr), avec des armes que j’ai jamais vues ?» peste-t-il, d’une voix qui part dans les aigus.

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«Je fais des trucs de pieds nickelés»

«Néanmoins, on a trouvé chez Karasular un papier qui pose question», poursuit le président, faisant allusion à une liste d’armes et de matériel, rédigée de la main d’Ali Riza Polat, selon un graphologue. «Oui, j’ai écrit cette lettre, reconnaît l’accusé qui a nié durant toute l’instruction. Mais faut remettre dans le contexte.» A savoir : il aurait voulu braquer une banque ou un fourgon blindé, à Noël 2014. Par ailleurs, le jour de «la dinguerie»soit la tuerie du 9 janvier à l’Hyper Cacher – il était chez lui, insiste-t-il. Quand il a vu son ami à la télévision, il a même eu les «mains qui tremblent». Après avoir été chercher un dernier versement en Belgique, il s’est envolé, le 12 janvier, pour le Liban. Puis a tenté sans succès de gagner la Syrie. Il repartira trois jours en Thaïlande avant de rentrer. Connaissait-il le projet mortifère de Coulibaly, comme le soutient le ministère public ? «A en croire l’accusation, avant le 9 janvier, je suis McGyver. Je prépare des armes, j’arrive à ramener du C4, je fais des go-fast, tout ça sans laisser d’ADN. Mais après le 9, je fais des trucs de pieds nickelés, j’attends de regarder la télé pour partir avec mon passeport», se défend Ali Riza Polat. Même sa conversation à l’islam en 2014 ne l’a pas empêché de poursuivre «les magouilles» et les «meufs», veut-il montrer. Forçant le trait d’un malfrat vulgaire, vantard et sans vergogne, il aura tenté de repousser, à tout prix, le spectre du terrorisme. Son interrogatoire doit se poursuivre ce mardi.

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