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France Quels seraient les impacts économiques d'un reconfinement ?

20:20  28 octobre  2020
20:20  28 octobre  2020 Source:   lexpress.fr

Covid-19. À quoi pourrait ressembler un deuxième confinement ?

  Covid-19. À quoi pourrait ressembler un deuxième confinement ? Alors que la situation sanitaire se dégrade en France, le gouvernement pourrait envisager de nouvelles restrictions. Jusqu’au reconfinement ? Si la question n’est plus taboue, les mesures pourraient différer du printemps dernier. Le principe d’un reconfinement n’est plus tabou en France. La dégradation rapide de la situation épidémique dans le pays – plus de 50 000 nouveaux cas de Covid-19 dimanche 25 octobre - a poussé le gouvernement à faire évoluer son discours.Formellement écarté pendant l’été, un deuxième confinement de la population est devenu une option envisagée par l’exécutif.

Un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois à l'économie française, a indiqué mercredi matin le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (c), le ministre délégué aux PME Alain Griset (d) et le secrétaire d'Etat en charge du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne (g), lors d'un déplacement à Lourdes, le 10 août 2020. © afp.com/Lionel BONAVENTURE Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire (c), le ministre délégué aux PME Alain Griset (d) et le secrétaire d'Etat en charge du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne (g), lors d'un déplacement à Lourdes, le 10 août 2020.

Le reconfinement national, sans doute plus souple qu'au printemps, n'a pas été annoncé. Mais, sauf surprise majeure, il devrait l'être ce mercredi soir par Emmanuel Macron. Ces derniers jours, l'exécutif a préparé les Français à des mesures "difficiles", comme l'a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, afin de lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus en France.

Local, court ou seulement le week-end... A quoi pourrait ressembler un reconfinement ?

  Local, court ou seulement le week-end... A quoi pourrait ressembler un reconfinement ? La piste d'un reconfinement est explorée au sommet de l'Etat. Reste à savoir quelle forme celui-ci pourrait prendre. © Hans Lucas via AFP La place de l'étoile et l'arc de Triomphe désertés par les touristes pendant le confinement. La piste n'est plus exclue. Le reconfinement, jusqu'ici écarté par Emmanuel Macron, pourrait devenir une réalité dans les prochains jours. Deux Conseils de défense, prévus ce mardi et ce mercredi, pourraient en esquisser les contours. Quoiqu'il arrive, l'exécutif compte "durcir" ses mesures face à la propagation du Covid-19, a-t-il assuré dernièrement.

Ce mercredi matin, sur France 2, le numéro un de LREM Stanislas Guerini a justifié par avance le très probable reconfinement : "la santé avant l'économie". Mais les conséquences économiques sont malgré tout dans toutes les têtes des dirigeants de la majorité. Un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois à l'économie française, a indiqué ce mercredi matin sur Sud Radio le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. "Lorsque l'activité s'arrête pendant un mois entier, c'est entre 2 et 2,5 points de PIB que nous perdons. C'est plus de 10 milliards d'euros de dépenses d'intervention et c'est au moins 10 milliards d'euros de perte de recettes fiscales", a expliqué le ministre. Il a précisé que, depuis le début de la crise, l'Etat avait engrangé 70 milliards d'euros de recettes fiscales en moins.

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  EN DIRECT. François Bayrou ne veut pas d’un « reconfinement généralisé » Face à la brutalité de la seconde vague de coronavirus, le chef de l’Etat réunit un nouveau conseil de défense ce mercredi avant d’annoncer de nouvelles mesures. Un reconfinement de 4 semaines est à l’étude.Deux semaines après avoir annoncé le couvre-feu pour 46 millions de Français, Emmanuel Macron est contraint de réduire encore la voilure, face à une « hausse exponentielle, dans une majeure partie de l’Europe, de l’épidémie », selon les termes mardi soir du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

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Si une telle mesure était décidée, le gouvernement renforcerait encore le soutien aux entreprises les plus touchées, a assuré Olivier Dussopt. "Nous préparons les dispositifs qui seront nécessaires pour accompagner l'économie quelles que soient les mesures qui seront prises", a-t-il souligné. Cela conduirait aussi le gouvernement à aggraver ses prévisions économiques pour 2020 : il table pour l'instant sur une récession de 10 % et un déficit public de plus de 10,2 %.

Dans sa dernière note de conjoncture, publiée début octobre, l'Insee estimait à + 16 % l'ampleur du rebond du produit intérieur brut entre juillet et septembre, après la chute historique de 13,8 % du deuxième trimestre, marqué par le confinement. Une belle surprise à la sortie du confinement du printemps : dopée par les vacances, les mesures de préservation du pouvoir d'achat, ou encore la prime à l'achat de véhicules, la consommation des ménages avait en effet tiré la croissance au troisième trimestre.

Le reconfinement était-il inévitable ?

  Le reconfinement était-il inévitable ? Comme au printemps, le nouveau confinement décrété à partir de vendredi vise à gagner du temps pour éviter le débordement du système hospitalier. Encore taboue il y a peu, l’idée d’un reconfinement de la population s’est imposée en quelques jours au sommet de l’Etat français, jusqu’à l’annonce d’Emmanuel Macron, mercredi 28 octobre. Comme si cette mesure radicale, déjà éprouvée au printemps, était la seule réponse possible à la reprise incontrôlée de l’épidémie de Covid-19.


Vidéo: Le chômage en baisse au 3e trimestre, dans un contexte très incertain (AFP)

Mais cette note positive ne va pas durer. Couvre-feu, restrictions d'activité et menace de reconfinement : la fin de l'année s'annonce difficile pour l'économie. "La croissance sera négative au quatrième trimestre", a ainsi prévenu mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Comme les secteurs qui seront les plus touchés par les décisions - l'hôtellerie-restauration, le tourisme, la culture, le transport et l'aéronautique - représentent environ 9 % du PIB français, rappelle Les Echos, il est probable que l'économie française fonctionnera au quatrième trimestre aux alentours de 90 % de ses capacités.

Entre 15 et 20 milliards d'euros par mois en cas de reconfinement généralisé

Vendredi, sur BFMTV et RMC, Bruno Le Maire a rappelé que le couvre-feu est bien moins cher qu'un reconfinement : les aides pour compenser les pertes économiques liées aux couvre-feux coûteront un milliard d'euros mais un reconfinement coûterait jusqu'à 20 fois plus, a estimé ministre de l'Economie. Le coût des mesures de soutien à l'économie annoncées jeudi s'élève à "un milliard d'euros pour la durée du couvre-feu", avait-il précisé.

Reconfinement : les tournages de films, séries, émissions télé pourront-ils continuer ? Roselyne Bachelot et Jean Castex répondent

  Reconfinement : les tournages de films, séries, émissions télé pourront-ils continuer ? Roselyne Bachelot et Jean Castex répondent Lors de sa conférence de presse de ce jeudi soir, le Premier ministre a annoncé une bonne nouvelle concernant le domaine du cinéma et de la télévision : les tournages vont pouvoir se poursuivre. Au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron sur le reconfinement du pays, effectif dès ce soir, minuit, Jean Castex détaillait les mesures prises. Sur les commerces ouverts ou fermés pendant cette période, sur les trois attestations à disposition des Français ou encore sur les déplacements autorisés.

En comparaison, "si nous procédions à un vrai reconfinement dans les zones où le virus circule activement - et seulement dans ces zones-là - le coût serait de cinq milliards d'euros", selon le ministre. Et "si nous avions un reconfinement généralisé, le coût serait, en fonction de la réaction du monde économique, de 15 à 20 milliards d'euros par mois", avait calculé Bruno Le Maire. C'est ce dernier scénario qui semble donc se dessiner pour novembre. Comme le rappelle Le Figaro, l'institut Rexecode avait calculé que le seul couvre-feu étendu à 54 départements coûterait de 0,7 à 0,8 point de croissance en moins au quatrième trimestre.

Ces nouvelles restrictions risqueraient également de grever la capacité de rebond de l'économie hexagonale en 2021 en touchant des entreprises déjà affaiblies. "Nous n'avons pas absorbé le choc précédent. Pour l'instant, beaucoup d'entreprises tiennent grâce aux prêts garantis par l'État (PGE), mais cela ne suffira pas en cas de reconfinement. La question de la solvabilité des entreprises deviendra alors très sensible", s'inquiète auprès du quotidien Mathieu Plane, directeur adjoint du département prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Le risque d'un "écroulement de l'économie française"

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) affirme également que "les entreprises sont aujourd'hui beaucoup plus fragiles qu'au mois de mars et beaucoup d'entre elles, notamment les plus petites, seraient dans l'incapacité d'assumer un endettement supplémentaire", selon un communiqué diffusé mardi.

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L'endettement des sociétés françaises, qui avait déjà atteint un niveau record avant la crise, s'est en effet considérablement accru, tandis que beaucoup d'entreprises ont vu leur chiffre d'affaires baisser. Plus de 123 milliards d'euros de PGE qui sont venus soutenir leur trésorerie face à l'arrêt partiel de l'activité durant les huit semaines de confinement du printemps avaient ainsi été accordés le 16 octobre à près de 600 000 entreprises, dont 89 % aux plus petites d'entre elles (TPE). "Si on reconfine de manière généralisée, les entrepreneurs de TPE et PME ne vont pas recourir à nouveau à un PGE", estime le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

"Si on reconfine totalement comme en mars, on va vers un écroulement de l'économie française, on risque de ne pas s'en remettre", a-t-il averti lundi. Toutefois, selon Anne-Sophie Alsif, interrogée par le Parisien, parler d'un effondrement de l'économie est exagéré, puisque les mesures de soutien de l'Etat, comme le chômage partiel ou les exonérations de charges, perdureront. Selon cette cheffe économiste au Bureau d'informations et de prévisions économiques (BIPE, un cabinet de conseil), un reconfinement en novembre permettrait également de sauver économiquement les fêtes de fin d'année.

Trois conseils pour vivre au mieux le reconfinement .
Alors que la France est entrée depuis vendredi dans une période de reconfinement, Anne-Sophie Godon, directrice de l'innovation de Malakoff Humanis, et le psychiatre Nicolas Frank, livrent leurs conseils pour aborder au mieux cette période, qui peut susciter chez certains une grande anxiété. Le reconfinement est effectif depuis jeudi soir minuit mais c’est lundi, avec la fin des vacances de la Toussaint, qu’il entre vraiment en vigueur pour tous en France. Beaucoup abordent cette nouvelle période de restrictions des libertés, destinée à endiguer la deuxième vague de coronavirus, avec appréhension, voire anxiété.

usr: 1
C'est intéressant!