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France Covid, terrorisme : l'Assemblée nationale sidérée par le télescopage des crises

19:20  29 octobre  2020
19:20  29 octobre  2020 Source:   liberation.fr

Dans un coup de pouce historique, Trump dit qu'il radiera le Soudan de la liste des sponsors de la terreur

 Dans un coup de pouce historique, Trump dit qu'il radiera le Soudan de la liste des sponsors de la terreur Le président Donald Trump a déclaré lundi qu'il était prêt à retirer le Soudan de la liste noire américaine des États sponsors du terrorisme, un coup de pouce historique pour le gouvernement soutenu par des civils alors qu'il transforme le page sur les décennies de la nation en tant que paria international.

Richard Ferrand (à gauche) s'adresse à l'Assemblée nationale ce jeudi. © BERTRAND GUAY Richard Ferrand (à gauche) s'adresse à l'Assemblée nationale ce jeudi.

Alors qu'ils débattaient, ce matin, des mesures pour endiguer l'épidémie, le gouvernement et les députés ont appris en direct l'attaque de Nice. Une scène qui traduit l'emballement des deux dangers.

A quelle urgence faut-il parer en premier ? Quelle crise s’emballe plus que l’autre ? Le gouvernement et les députés ont vécu, ce jeudi matin à l’Assemblée nationale, un surréaliste télescopage de l’embrasement épidémique et de la poussée de fièvre terroriste. La scène est saisissante. Il est 9 h 43 lorsque Jean Castex descend de la tribune de l’hémicycle où il vient de prononcer son discours en ouverture du débat sur «l’évolution de la situation sanitaire», au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron du reconfinement national. Après un court tête-à-tête avec un conseiller, le Premier ministre grimpe à nouveau les marches pour susurrer quelques mots au président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Les applaudissements de la majorité et les quelques protestations de l’opposition s’interrompent pour laisser monter un léger flottement. «Nous venons d’apprendre, à l’instant, qu’un attentat d’une gravité extrême s’est produit à Nice», déclare Richard Ferrand, faisant état d’informations encore «parcellaires» et demandant une minute de silence.

Trump annonce son intention de retirer le Soudan de la liste des États sponsors du terrorisme

 Trump annonce son intention de retirer le Soudan de la liste des États sponsors du terrorisme Le président Donald Trump a annoncé lundi qu'il avait l'intention de lever la désignation de sponsor de terrorisme d'État du Soudan - une nouvelle qui survient alors que le gouvernement de transition à Khartoum pourrait lui offrir une victoire diplomatique avant l'élection présidentielle américaine.

Forcé de courir d’un cas de force majeure à l’autre, Jean Castex doit s’éclipser pour se rendre à la cellule de crise montée au ministère de l’Intérieur. Quelques minutes après avoir demandé aux parlementaires «de faire corps» face à l’imminente deuxième vague de Covid, il les appelle «à l’unité et à la cohésion» face à cette «nouvelle épreuve». Le chef du gouvernement reviendra trois heures plus tard au Palais Bourbon, faire le point sur l'«attaque lâche et barbare» et promettre «une réponse implacable»… Puis il tente de répondre aux orateurs qu’il n’a pas pu écouter mais dont on lui a, dit-il, rapporté les propos.

«Continuer à faire vivre notre République»

Un pays confiné et désormais passé en plan Vigipirate au niveau «urgence attentat». De deux Conseils de défense sur le Covid, mardi et mercredi, à un Conseil de défense et de sécurité, vendredi matin. Si l’exécutif doit éteindre deux feux, les parlementaires hésitent aussi sur laquelle des deux catastrophes s’exprimer.

Trump dit qu'il retirera le Soudan de la liste des pays qui parrainent le terrorisme

 Trump dit qu'il retirera le Soudan de la liste des pays qui parrainent le terrorisme © Fourni par Washington Examiner Le président Trump a a annoncé que les États-Unis retireraient bientôt le Soudan de la liste des pays qui parrainent le terrorisme, ouvrant la voie collaboration internationale. Cette décision, annoncée lundi, intervient après des mois de négociations par des responsables soudanais sur les conditions du retrait du pays africain de la liste, qui comprend l'Iran, la Syrie et la Corée du Nord.

Faut-il seulement poursuivre le débat du jour, aussi percuté soit-il par le drame de Nice et tandis que le bilan de l’attantat est en train de s’alourdir ? Première à intervenir, la socialiste Valérie Rabault suggère qu’il aurait fallu l’interrompre : «La République continue mais le respect que nous devons aux trois morts qu’il y a à Nice aurait dû nous imposer de reporter notre débat.» Le groupe Les Républicains décide, lui, qu’il ne participera pas au vote sur les nouvelles mesures censées endiguer l’épidémie «pour ne pas ajouter des fractures dans notre pays», avance son président Damien Abad, imité ensuite par le groupe Libertés et Territoires. Richard Ferrand répond à la cheffe de file socialiste que, «précisément lorsque des terroristes attaquent notre démocratie, c’est l’honneur de l’Assemblée nationale de continuer à faire vivre notre République». Et Jean Castex réplique à la droite : «Quand la maison France est dans la difficulté, on doit prendre ses responsabilités, on ne détourne pas le regard.»

Les victimes américaines du terrorisme rejettent l'accord de Trump avec le Soudan

 Les victimes américaines du terrorisme rejettent l'accord de Trump avec le Soudan Les victimes américaines du terrorisme rejettent le plan du président Trump visant à faire payer au Soudan des centaines de millions de dollars pour régler les réclamations en échange de l'abandon de sa désignation en tant qu'État sponsor du terrorisme.

«Il n’y a pas de jours heureux sans qu’il y ait eu auparavant de résistance humaine»

A la tribune, les orateurs tétanisés ajustent leurs discours. Les deux sujets s’entremêlent et l’on passe d’un hommage aux soignants au soutien aux forces de l’ordre qui ont arrêté l’assaillant à Nice et ont été attaquées à Avignon. Chacun, en préambule, a un mot de recueillement pour les victimes, avant d’enchaîner sur le dossier sanitaire. «Dans ces circonstances effroyables, il est difficile de regarder ailleurs que vers Nice», convient Jean-Jacques Gaultier (LR). La députée LREM Aurore Bergé parle de «protection des Français», à la fois face au terrorisme et pour désigner «les mesures vitales et parfois mêmes brutales» pour contrer le Covid-19. Jean-Luc Mélenchon commence par exprimer ses «condoléances affligées et horrifiées aux familles des victimes» de l’attentat et sa «solidarité avec les catholiques de France». Puis il termine sombrement : «Nous sommes tous étreints de la même inquiétude. Dans quel pays allons-nous vivre ? Sans joie, sans gaieté, sans contacts humains, sans rires familiaux ni amicaux.» Quand le leader des insoumis affirme qu’«il n’y a pas de jours heureux sans qu’il y ait eu auparavant de résistance humaine», la résistance semble valoir pour les deux dangers, tant, aujourd’hui, ils s’ajoutent et se confondent.

Nuñez : "La menace est essentiellement endogène, venant d'individus présents en France" .
Trois attentats en moins de quatre semaines : la France est en alerte maximale face à la menace terroriste. "La menace est essentiellement endogène", explique Laurent Nuñez, coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme sur Europe 1. L'assassinat du professeur Samuel Paty, l'attentat de la basilique Notre-Dame à Nice : la France connaît une nouvelle vagues d'attaques sur son sol.

usr: 1
C'est intéressant!