•   
  •   

France Dissolution de Génération Identitaire : ce que l'on sait du groupe d'extrême droite

17:05  14 février  2021
17:05  14 février  2021 Source:   lexpress.fr

L’Italie s’offre une crise gouvernementale et se cherche un sauveur en pleine pandémie

  L’Italie s’offre une crise gouvernementale et se cherche un sauveur en pleine pandémie Après la chute de Giuseppe Conte, l’ancien gouverneur de la BCE Mario Draghi est chargé d'éviter à l’Italie des élections en pleine pandémie, qui pourraient voir l’extrême droite triompher. © Alessandra Tarantino/AP/SIPA L'ancien gouverneur de la BCE et futur chef du gouvernement italien, Mario Draghi. SUPER MARIO - Après la chute de Giuseppe Conte, l’ancien gouverneur de la BCE Mario Draghi est chargé d'éviter à l’Italie des élections en pleine pandémie, qui pourraient voir l’extrême droite triompherLe gouvernement italien de Giuseppe Conte est tombé, mardi.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé samedi le lancement de la procédure de dissolution de ce groupuscule, réclamée par de nombreux élus et associations.

Manifestation de Génération identitaire à Paris en novembre 2019 (illustration). © afp.com/Philippe LOPEZ Manifestation de Génération identitaire à Paris en novembre 2019 (illustration).

Après plusieurs semaines de débats, le groupe d'extrême droite Génération Identitaire sera finalement dissous. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé samedi soir avoir engagé la procédure de dissolution de cette organisation, réclamée de longue date par plusieurs associations, élus et partis politiques.

Dominion exigent que Facebook, YouTube, Twitter et Parler préservent les publications de Trump et d'autres personnalités d'extrême droite, avant les menaces de poursuites pour diffamation

 Dominion exigent que Facebook, YouTube, Twitter et Parler préservent les publications de Trump et d'autres personnalités d'extrême droite, avant les menaces de poursuites pour diffamation Les avocats de © Twitter / @ atrupar Twitter / @ atrupar Dominion a demandé à Facebook, YouTube, Twitter et Parler doit garder les messages avant les menaces de poursuites judiciaires. Il leur a demandé de garder les messages de Trump, des organes de presse d'extrême droite et des experts dans des lettres jeudi. Dominion a poursuivi Rudy Giuliani et Sidney Powell pour diffamation. Les lettres disaient "d'autres suivront". Visitez la section Affaires d'Insider pour plus d'histoires .

"Génération identitaire : la procédure de dissolution est enclenchée. Cette organisation a désormais 10 jours pour répondre au contradictoire", a-t-il indiqué sur Twitter, finalisant ainsi un processus évoqué dès le 26 janvier dernier, après que l'organisation a mené une opération "anti-migrants dans les Pyrénées". L'Express répond à six questions pour tout comprendre de cette affaire.

  • Qu'est-ce que Génération Identitaire ?

Fondé en 2012, ce groupe s'identifie comme un mouvement politique identitaire d'extrême droite. Adepte des opérations "anti-migrants", Génération Identitaire a déjà été plusieurs fois confronté à la justice, et notamment poursuivi pour "provocation à la discrimination raciale ou religieuse".

« Parti de la fête » ou « Jésus est en vie »… Record de 37 partis pour les législatives des Pays-Bas

  « Parti de la fête » ou « Jésus est en vie »… Record de 37 partis pour les législatives des Pays-Bas Les électeurs auront le choix lors des prochaines élections du 17 mars : une quarantaine de partis seront en lice. Un nombre record de partis encore jamais atteint depuis 1922 est autorisé à prendre part aux élections législatives de mars aux Pays-Bas, a affirmé vendredi 5 février 2021 le Conseil électoral néerlandais au cours d’une conférence de presse.

Le siège de Génération identitaire est installé à Lyon mais l'association dispose également d'une section historique à Paris et d'antennes à Dijon, Aix-en-Provence, Montpellier et en Normandie.

  • Pourquoi le groupe est-il dissous ?

Le 26 janvier dernier, une trentaine de militants de Génération Identitaire s'étaient déployés entre la commune de Luchon, en Haute-Garonne, et la frontière espagnole. Le but ? "Surveiller la frontière", afin d'empêcher d'éventuels migrants de la franchir illégalement. Avec des voitures sérigraphiées "Défend Europe", ils s'étaient installés au Col du Portillon, utilisant des drones et se déployant autour de la zone pour contrôler de potentielles entrées sur le territoire.

Selon un message de Génération identitaire posté sur les réseaux sociaux, cette campagne, baptisée "Défend Europe", entend lutter contre le "risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées". "Cette immigration massive contre laquelle les différents gouvernements n'ont jamais lutté véritablement, nous, Génération identitaire (...) avons décidé de nous y opposer concrètement donc nous avons voulu prêter main-forte aux forces de l'ordre", indiquait à l'AFP une porte-parole de Génération identitaire à Toulouse, Thaïs d'Escufon.

L'historien Jean-François Colosimo : "Erdogan considère les Turcs d'Europe comme ses sujets"

  L'historien Jean-François Colosimo : Le président turc Erdogan renforce sa politique identitaire à l'intérieur de son pays et tente de reconstruire un empire à l'extérieur, analyse l'historien Jean-François Colosimo. Auteur en 2020 du livre Le Sabre et le Turban – Jusqu'où ira la Turquie? (Editions du Cerf), Jean-François Colosimo pointe les menaces que représentent le régime de Recep Tayyip Erdogan et les pressions qu'il exerce sur la France et l'Allemagne. Pour lui, la Turquie, membre de l'Otan, ne peut plus être considéré comme un allié.

Une opération loin de plaire à Gérald Darmanin, qui s'est dit, le 27 janvier dernier, "scandalisé" par cette initiative. Le ministre de l'Intérieur avait alors demandé aux services de son ministère de réunir les éléments permettant "de proposer la dissolution" du groupe. "Si les éléments sont réunis, je n'hésiterai pas à proposer la dissolution", avait alors déclaré le ministre. Plusieurs élus d'Occitanie avaient également demandé la dissolution de "ce groupuscule d'extrême droite violent et dangereux".

Une enquête préliminaire pour "provocation publique à la haine raciale" avait été ouverte dans la foulée, confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie de Saint-Gaudens et justifiée par une banderole déployée sur les lieux, dont les propos avaient été qualifiés de "clairement anti-immigration" par le procureur de Saint-Gaudens, Christophe Amunzateguy. Une plainte de SOS Racisme avait également été recueillie.

  • Quelles suites ?

Pour le moment, le dossier a été confié au Service central du renseignement territorial (SCRT) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les actions du groupuscule pourraient relever, selon le code de la sécurité intérieure (CSI), de "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine".

Le procès de Marine Le Pen peut-il tourner à son avantage ?

  Le procès de Marine Le Pen peut-il tourner à son avantage ? Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national et candidate pour 2022, fait face aux juges mercredi pour avoir diffusé des images d'exactions de Daesh sur Twitter. Puis, elle s'opposera au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin jeudi lors d'un débat télévisé. Une actualité chargée, à quinze mois de la présidentielle, que décrypte Jean-Yves Camus, politologue et spécialiste de l'extrême-droite, sur Europe 1.

Clément Martin, porte-parole de Génération Identitaire, déplore au Figaro "une manoeuvre politique de la part du gouvernement", et prévient de "l'utilisation de toutes les voies juridiques possibles pour contester cette décision", motivée selon lui par des "actions" pour lesquelles le groupe "n'a pas été condamné". "Nous sommes des lanceurs d'alerte, au même titre que Greenpeace. Il nous est reproché l'objet même de notre combat, on essaye de nous faire taire alors que l'on s'oppose pacifiquement à l'immigration massive", fait-il valoir.

  • Quels antécédents ?

Ce n'est pourtant pas la première fois que le groupuscule est visé par la justice. En décembre dernier, Génération identitaire et trois de ses cadres avaient été relaxés par la cour d'appel de Grenoble pour des précédentes opérations anti-migrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne. Il leur était reproché d'avoir "exercé une activité dans des conditions créant la confusion avec une fonction publique".

Le mouvement s'était aussi fait remarquer le 13 juin 2020 en déployant une banderole sur laquelle était inscrit "Justice pour les victimes du racisme anti-blanc. White Lives Matter", sur un balcon surplombant la place de la République à Paris, lors d'une manifestation antiraciste, menée à l'appel du comité la Vérité pour Adama.

L’affaire du prof de Trappes bouscule un débat à gauche

  L’affaire du prof de Trappes bouscule un débat à gauche A l’invitation du mouvement Generation. s, des représentants de toute la gauche avaient prévu un débat sur la République ce jeudi soir. Mais la présence du maire de Trappes a refroidi la représentante du Parti socialiste.L’affiche du meeting postée le 9 février promettait une discussion franche et sans détour. On y trouvait les coordinateurs nationaux de Generation. s, Benjamin Lucas et Sophie Taillé-Polian, le patron d’EELV Julien Bayou, le député LFI Alexis Corbière mais aussi l’ex-ministre socialiste Laurence Rossignol et la sénatrice Marie-Noëlle Lieneman. Soit tout le nuancier de la gauche ou presque en matière de République et de laïcité.

  • Est-ce la première fois qu'un tel groupuscule est dissous ?

En 2019, les dissolutions de plusieurs groupuscules d'ultradroite, dont "Bastion social", "Blood and Honour" et "Combat 18", avaient été prononcées à la demande d'Emmanuel Macron, mais celle de Génération identitaire semblait plus difficile à matérialiser. "Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les lignes jaunes, mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin", soulignait alors auprès de l'AFP le ministère de l'Intérieur.

Le prédécesseur de Gérald Darmanin et chef de file des députés LREM Christophe Castaner affirmait ainsi sur France Inter le 27 janvier dernier que s'il avait "pu dissoudre Génération identitaire pour ce qu'ils représentent et font", il "l'aurait fait". "Mais à chaque fois on m'a répondu qu'ils avaient commis des actes politiques très 'border line', à la limite, mais jamais de faute juridique permettant de justifier la dissolution", avait-il ajouté. "J'espère que ces gens-là, qui se cachent derrière un militantisme associatif et qui en réalité sont xénophobes, racistes, et provoquent de la haine dans notre société, puissent effectivement perdre cet écran derrière lequel ils se protègent comme des lâches", précisait-il.

  • Quelle récupération politique ?

Loin de faire l'unanimité, Génération Identitaire est pourtant soutenu par différentes personnalités politiques, dont Marine Le Pen. Fin janvier, la présidente du Rassemblement National a ainsi défendu la liberté d'expression à propos du groupe, dont elle avait salué en 2018 l'action dans les Alpes.

Génération identitaire proche de la dissolution

  Génération identitaire proche de la dissolution Gérald Darmanin, qui avait évoqué le 26 janvier pour la première fois sa volonté d'obtenir cette dissolution, a annoncé samedi sur Twitter que la procédure était désormais "enclenchée". Conformément à la loi, "cette organisation a désormais dix jours pour répondre au contradictoire", a-t-il ajouté.Le ministère de l'Intérieur, qui reproche à Génération Identitaire (GI) un "discours de haine assumé" et son organisation en "milice privée", a engagé la procédure de dissolution du groupe d'extrême droite, réclamée de longue date par plusieurs associations et partis politiques.

Gérald Darmanin "a dit qu'il était "scandalisé". Donc ce qui scandalise Mr Darmanin doit faire l'objet d'une dissolution. Ça, ce n'est pas l'État de droit", avait-elle estimé sur France Info. "La CEDH [Cour européenne des droits de l'Homme] dit que la liberté d'expression, je le lis, "vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur, ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'État ou une fraction quelconque de la population"", faisait-elle valoir. "Donc attention que le ministre de l'Intérieur ne torde pas le droit, les grandes libertés publiques, parce qu'il n'apprécie pas tel ou tel 'pas, dont les actions me choquent, me heurtent, et pour ça je ne réclame pas leur dissolution'", avait-elle ajouté.

La vice-présidente LR de l'Assemblée nationale, Annie Genevard, y a vu de son côté un "tempo assez politique" de Gérald Darmanin, en rapportant que pendant l'examen du projet de loi contre "le séparatisme", La France insoumise n'avait "pas cessé de lui demander la dissolution de Génération identitaire". "Il y a de la part de Gérald Darmanin la volonté de montrer qu'il n'y a pas que les associations islamistes qu'il peut dissoudre" et qu'il "peut aussi dissoudre des associations d'extrême droite", a-t-elle expliqué sur Sud Radio le 27 janvier dernier.


Brésil: un député d'extrême droite arrêté après avoir proféré des menaces contre la Cour suprême .
Le Brésil connaît un regain de tension politique : un député bolsonariste, Daniel Silveira a été arrêté dans la nuit du 16 au 17 février après avoir violemment attaqué et insulté les membres du Tribunal supérieur fédéral. La Cour suprême est actuellement réunie pour confirmer la détention de l'élu d'extrême droite ou décider de le remettre en liberté. Avec notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard Au Brésil, le député bolsonariste Daniel Silveira a lancé des attaques extrêmement violentes et agressives contre les juges de la Cour suprême. Dans une vidéo, il les traite de « bons à rien » et les accuse de lâcheté et de corruption.

usr: 1
C'est intéressant!