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France ENTRETIEN. Pourquoi les réacteurs nucléaires de 40 à 50 ans vont continuer à être exploités

11:17  25 février  2021
11:17  25 février  2021 Source:   ouest-france.fr

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Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). © ASN, V. Bourdon Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rend, ce jeudi 25 février 2021, une décision permettant de continuer à exploiter au-delà de 40 ans les réacteurs de 900 mégawatts d’EDF, à l’issue d’un quatrième réexamen et de travaux.

L’Autorité de sûreté nucléaire a pris position sur les conditions de poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MW pour dix ans après leur quatrième réexamen décennal. Le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, détaille à Ouest-France cette décision prise après une « longue instruction ». Précisant notamment des « améliorations de sûreté prescrites » et « l’examen de conformité approfondi » lors des visites décennales de chaque réacteur. Les chantiers vont représenter une forte charge de travail pour EDF. Et le calendrier sera très surveillé. Bernard Doroszczuk rappelle aussi qu’il « faut anticiper les besoins à moyen et long terme en capacité de production du système électrique ». Il appelleégalement « à prendre des décisions dans les cinq ans » sur la question des déchets. Et revient enfin sur le « chantier » des soudures de l’EPR de Flamanville. Entretien.

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L’Autorité de sûreté nucléaire doit se prononcer dans les semaines à venir sur les modes opératoires de réparation des soudures défectueuses situées dans les traversées d’enceinte du réacteur EPR de Flamanville. © Ouest-France L’Autorité de sûreté nucléaire doit se prononcer dans les semaines à venir sur les modes opératoires de réparation des soudures défectueuses situées dans les traversées d’enceinte du réacteur EPR de Flamanville.

Quelle est la décision de l’ASN sur une prolongation de vie des réacteurs de 900 MW au-delà de 40 ans ?

Nous rendons aujourd’hui une décision clairement positive, après une longue instruction démarrée en 2013 avec EDF, de nombreuses concertations et des échanges avec le public. Elle ouvre la perspective de la poursuite de fonctionnement de ces trente-deux réacteurs, les plus anciens, à l’issue de leur quatrième visite décennale.

Était-ce inévitable en raison de l’augmentation des besoins en électricité ?

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Notre décision générique est exclusivement basée sur l’évaluation de la sûreté des réacteurs et les améliorations à y apporter. En rien les besoins en production d’électricité actuels ou futurs n’ont pesé : c’est à l’exploitant de les intégrer dans sa stratégie industrielle et au gouvernement de décider de la politique énergétique.

Il s’agit d’une décision « générique » avant le réexamen réacteur par réacteur ?

Le réexamen de sûreté comporte en effet un volet générique, pour tous les réacteurs : celui de la réévaluation de la sûreté. Cela consiste à comparer tous les dix ans le niveau de sûreté des réacteurs anciens par rapport au plus récent, c’est-à-dire l’EPR en France, et de tendre le plus possible à s’en rapprocher. Pour cela, nous prescrivons par notre décision un certain nombre d’améliorations.

Elles s’intégreront dans les travaux à réaliser après la visite de chaque site ?

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Exactement. Ces quatrièmes visites décennales des réacteurs de 900 MW, lancées en 2019 et programmées jusqu’en 2031, comportent par ailleurs un examen de conformité approfondi, avec une vérification plus poussée cette fois des installations dont le vieillissement pourrait générer des risques. Notamment des équipements non remplaçables (cuve réacteur, enceinte, etc.) pour s’assurer qu’ils peuvent fonctionner dix ans de plus.

Quels objectifs d’améliorations de sûreté visés dans votre décision ?

Trois essentiels, qui ont été pris en compte dans la conception de l’EPR. Le premier, c’est de rendre plus robustes les réacteurs de 900 MW face aux agressions pouvant être d’origine interne (inondation, incendie…) ou externe (séismes, canicules…). Des modifications additionnelles seront proposées en fonction de la spécificité de chaque site.

Quel autre ?

Le deuxième objectif essentiel est d’améliorer la sûreté de la piscine de refroidissement du combustible, accolée à chaque réacteur. Il s’agit d’éviter des risques de découvrement et donc d’échauffement des barres combustibles en cas d’accident ou d’agression externe (comme une chute d’aéronef). L’objectif est de renforcer la sûreté de ces piscines par un système d’alimentation en eau supplémentaire et indépendant.

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Et le troisième objectif ?

Il vise à réduire les risques en cas d’accident grave. Limiter notamment les conséquences radiologiques à l’extérieur. Pour l’EPR a été prévue, par exemple, l’installation d’un récupérateur de corium sous le réacteur en cas de fusion du cœur. Pour les réacteurs de 900 MW, la construction d’origine ne le permet pas, mais nous avons prescrit des mesures produisant des effets comparables. Comme l’épaississement du radier (dalle béton) ou la mise en place de dispositifs d’évacuation de la chaleur en dehors de l’enceinte.

La possibilité de relever la sûreté au niveau de celle de l’EPR est parfois mise en doute.

L’objectif est de s’en rapprocher le plus possible. Tous les réacteurs de 900 MW devront intégrer ces prescriptions de l’ASN. Il s’agit de les faire progresser tous, en tenant compte des spécificités de chacun.

Les associations antinucléaires s’inquiètent souvent d’un état « préoccupant » du parc.

Je partage l’idée qu’il faut maintenir la vigilance auprès de l’exploitant. C’est ce que nous faisons avec nos inspections. Et nous avons plutôt constaté des améliorations pour résorber par exemple des écarts de conformité de matériel ou d’organisation, sur la réalisation de programmes de maintenance, etc. Mais il y a encore des points de faiblesse sur l’état des matériels importants pour la sûreté, et donc une vigilance à avoir, il n’y a pas de débat là-dessus. D’un autre côté, nous ne pouvons pas nier les améliorations qui sont constatées chez EDF.

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Les travaux après le réexamen des réacteurs vont entraîner une forte activité ?

Elle va considérablement augmenter pour l’exploitant et ses prestataires. C’est un sujet de préoccupation majeur. Pour la première fois, nous avons prévu dans notre décision de demander à EDF de nous rendre compte chaque année de l’état d’avancement des travaux imposés sur chacun des réacteurs. Également de se projeter sur les années suivantes pour pouvoir nous présenter leur analyse de la capacité industrielle à faire les modifications ou les études dans les délais prévus. Ce bilan sera rendu public chaque année.

L’ASN aura-t-elle le pouvoir de faire respecter le calendrier ?

En choisissant de procéder par une « décision » fixant les prescriptions génériques à respecter pour la prolongation de fonctionnement des réacteurs, nous avons choisi juridiquement une forme nous permettant, en cas d’écart, d’utiliser les moyens de coercition prévus (mises en demeure et éventuellement sanctions).

Faut-il aussi mieux anticiper les besoins de capacité du système électrique ?

L’instruction de la phase générique du réexamen des réacteurs de 900 MW n’a pas mis en évidence de problèmes de sûreté liés à la poursuite de leur fonctionnement. Mais personne ne peut garantir que ça n’arrive pas à l’occasion du 5e réexamen, comme à n’importe quel moment. Il faut donc anticiper les besoins à moyen et long terme en capacité de production du système électrique et prévoir des marges de précaution pour pouvoir faire face à un défaut ou un aléa sur des réacteurs qui vieillissent. Il ne faudrait pas que les décisions de l’ASN en matière de sûreté soient un jour d’une certaine manière challengées, ou mises en regard des risques pour la sécurité électrique.

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  Gironde : Vers une prolongation pour dix ans de l’activité de la centrale de Blaye, une des plus vieilles de France L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne s’oppose pas à l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires de 900 MWe, dont celle de Braud-et-Saint-Louis, près de Bordeaux, qui va fêter ses quarante ans © SEBASTIEN ORTOLA / 20 MINUTES La centrale nucleaire du Blayais. A Braud et Saint-Louis, 26 janvier 2012. NUCLEAIRE - L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne s’oppose pas à l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires de 900 MWe, dont celle de Braud-et-Saint-Louis, près de Bordeaux, C’était le 12 juin 1981.

La politique énergétique prévoit une réduction de la part du nucléaire.

Cette décision d’arrêt de réacteurs, en dehors de toute considération de sûreté, va encore tendre la situation si des décisions d’investissement dans des nouvelles capacités de production électrique ne sont pas prises rapidement, quelles qu’elles soient. Je n’ai pas d’avis à avoir en tant qu’ASN sur les choix de ces sources de production, mais je dis qu’il en faut pour restaurer des marges permettant de faire face aux enjeux de sûreté du parc nucléaire existant.

Par ailleurs vous avez appelé à des décisions sur la gestion des déchets ?

C’est un sujet fondamental : celui de l’anticipation. Il est indispensable que le prochain plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR 2021-2025) soit le plan du choix des solutions pour chaque filière de gestion. Ces solutions seront longues à se concrétiser. Il faut donc décider dans les cinq années qui viennent. Parce qu’elles ne produiront leurs effets qu’à l’horizon 2035-2040.

Quels risques sinon ?

C’est très simple : aucun déchet radioactif en France n’aura de solution sûre pour un stockage ultime. Leur volume augmente et les capacités de stockage actuelles seront saturées. Il en faut de nouvelles et trouver des solutions pour les filières qui n’en disposent pas. Si ces décisions sont reportées, on n’arrivera pas à avoir une solution opérationnelle sûre en 2040, tant pour stocker des déchets très faiblement radioactifs que pour ceux de haute activité à vie longue.

Pour ces derniers est toujours étudié le projet Cigéo ?

Oui. Il s’agit du projet de stockage en couche géologique profonde, à Bure (Meuse). Ce projet doit avancer dans les 5 ans. Il correspond aux recommandations internationales sur les solutions à retenir pour ce type de déchets, mais c’est aussi une solution étudiée et mise en œuvre par certains de nos voisins européens.

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L’instruction de l’ASN se poursuit sur les modes opératoires des réparations des soudures défectueuses de l’EPR. Où en êtes-vous ?

Une centaine de soudures du circuit secondaire sont concernées par des écarts. EDF a prévu de réparer certaines de ces soudures et de justifier le maintien en l’état des autres. Leur réparation est organisée par étapes, soumises à chaque fois à un accord préalable de l’ASN.

À ce stade, pour l es huit soudures situées dans la traversée de l’enceinte de confinement, les plus délicates à réparer compte tenu des conditions d’accès, EDF a franchi un premier jalon fin 2020 sur la préparation du chantier. L’ASN doit se prononcer dans les semaines à venir sur la qualification des modes opératoires de réparation : l’utilisation d’un robot télé-opéré, les conditions de traitement thermiques des soudures, les contrôles, etc.

Et pour les autres soudures du circuit secondaire ?

Les réparations, réalisées par lots, ont démarré. Sept sur une cinquantaine ont été faites, pour un résultat tout à fait satisfaisant, sans besoin de reprise. La qualification des modes opératoires a porté ses fruits. Les opérations sur le circuit vapeur vont donc se poursuivre jusqu’à l’été. Puis il y aura, de l’été 2021 jusqu’à début 2022, les soudures de la tuyauterie d’alimentation en eau du circuit secondaire. Tout cela avance progressivement.

Vous êtes dans l’attente d’autres résultats ?

Nous avons aussi demandé à EDF d’effectuer une revue complète des soudures classées en « exclusion de rupture » sur le circuit primaire du réacteur. C’est un sujet que nous suivons avec beaucoup d’attention. Nous n’avons pas encore tous les résultats de cette revue, c’est pour cela que je reste prudent sur les délais. Mais s’il n’y a pas de mauvaise surprise, les réparations du circuit secondaire sont sur le chemin critique du projet, c’est clair. C’est ce qui conditionne la mise en service de l’EPR. Il n’y a plus de marge aujourd’hui.

Dix ans après Fukushima, le nucléaire toujours moribond au Japon .
Dix ans après la catastrophe de Fukushima, la filière nucléaire japonaise bat toujours de l'aile, avec une grande partie des réacteurs du pays à l'arrêt ou en voie de démantèlement. Tous les réacteurs japonais avaient été mis à l'arrêt après l'accident, pour renforcer drastiquement les normes nationales de sécurité nucléaire. La part de l'atome dans la production d'électricité du pays représentait seulement 6,2% en 2019, contre 30% avant 2011, selon des données officielles.L'objectif actuel du gouvernement est de la porter à 20-22% d'ici 2030.

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