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France Vaccin : comment expliquer le fiasco français ?

11:40  02 mars  2021
11:40  02 mars  2021 Source:   liberation.fr

Sanofi va aider un autre concurrent à produire un vaccin et lance un nouvel essai

  Sanofi va aider un autre concurrent à produire un vaccin et lance un nouvel essai Le groupe pharmaceutique français produira le vaccin de son concurrent américain Johnson & Johnson à partir du troisième trimestre 2021. Et ne désespère pas de trouver le sien. « Sanofi prendra en charge plusieurs étapes de la fabrication du vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson à partir du troisième trimestre de 2021 », le temps d’acquérir, d’installer et de qualifier ses installations pour le vaccin à vecteur viral du concurrent américain, annonce le labo français dans un communiqué.

  Vaccin : comment expliquer le fiasco français ? © Fournis par Liberation

La France, «pays de Pasteur», aurait pu, aurait dû, figurer parmi les premiers pays à produire un vaccin contre le coronavirus. Naguère en tête des recherches sur les vaccins, elle est désormais dans une position de spectateur ; la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Suède ont tous développé un vaccin aujourd’hui approuvé dans de nombreux pays, et dont 240 millions de doses ont déjà été administrées à travers le monde. En France, l’Institut Pasteur a annoncé l’arrêt de ses recherches, Sanofi peine à rester dans la course ; seule une start-up austro-bretonne, Valneva, semble être en mesure de démontrer, dans les prochains mois, l’efficacité de son candidat vaccin. Au passage, notons que malgré la présence de la Banque publique d’investissement (BPI) parmi ses actionnaires de référence, Valneva n’a pu obtenir de soutien suffisant auprès des autorités françaises pour obtenir des précommandes de l’Union européenne ; c’est grâce au Royaume-Uni qu’elle a pu poursuivre ses recherches et, si celles-ci sont concluantes, ce sont les Britanniques qui bénéficieront de 100 millions de doses.

Moderna commence à étudier une variante potentielle de ciblage du rappel du vaccin COVID-19 détectée pour la première fois en Afrique du Sud

 Moderna commence à étudier une variante potentielle de ciblage du rappel du vaccin COVID-19 détectée pour la première fois en Afrique du Sud © Andrew Vaughan-Pool / La Presse canadienne Une infirmière prépare une dose du vaccin Moderna à Halifax, le 11 janvier. Moderna dit que c'est prêt à tester un potentiel de rappel du vaccin pour cibler le variant détecté pour la première fois en Afrique du Sud. Le fabricant de médicaments Moderna a déclaré qu'il commencerait à tester une version spécifique à une variante de son vaccin COVID-19 qui ciblerait la variante B1351 détectée pour la première fois en Afrique du Sud.

Comment expliquer un tel fiasco ? Même si elle ne porte pas spécifiquement sur les vaccins, une note récente du Conseil d’analyse économique vient de paraître, qui passe en revue plusieurs éléments (1). Tout d’abord, le secteur pharmaceutique est l’un de ceux pour lesquels l’innovation repose le plus sur une articulation étroite entre recherche fondamentale, recherche appliquée, et développement industriel et commercial.

Pour ce qui est de la recherche fondamentale, pour l’essentiel conduite dans des laboratoires académiques, elle est mal financée en France : entre 2011 et 2018, les crédits publics en recherche et développement dans le domaine de la santé ont ainsi baissé de 3,5 à 2,5 milliards d’euros en France, alors que sur la même période, ils augmentaient de 5,4 à 6 milliards en Allemagne. Le salaire moyen d’un chercheur français en début de carrière s’établit à seulement 63 % de la moyenne des pays de l’OCDE. En outre, les essais cliniques financés par les agences publiques françaises ont «des normes scientifiques faibles, notamment car ils sont beaucoup plus souvent non randomisés qu’ils ne le sont dans d’autres pays». Enfin, certaines recherches qui évoquent une «manipulation du vivant» font l’objet en France de vives réticences sociales, qui peuvent conduire à une frilosité des agences de financement comme à une autocensure des équipes de recherches sur de tels sujets «sensibles». Ainsi Emmanuelle Charpentier, lauréate du prix Nobel de chimie pour la technologie révolutionnaire des «ciseaux moléculaires» Crispr-Cas9, estime que ses projets n’auraient jamais été financés en France. Dans sa première phase de recherche fondamentale, le processus d’innovation souffre donc en France : d’un sous-investissement, d’une faible attractivité, et d’un financement aussi peu en ligne avec le standard de plus en plus élevé de preuve d’efficacité que du potentiel des recherches sur le vivant.

Covid-19. Le vaccin de Johnson & Johnson efficace contre les formes graves et les variants

  Covid-19. Le vaccin de Johnson & Johnson efficace contre les formes graves et les variants L’Agence américaine des médicaments va probablement autoriser bientôt le vaccin de Johnson & Johnson aux États-Unis. Celui-ci est particulièrement efficace contre les formes graves du Covid-19. L’Agence américaine des médicaments (FDA) a confirmé mercredi 24 février l’efficacité du vaccin unidose contre le Covid-19 de Johnson & Johnson, y compris contre des variants, présageant de son autorisation très prochaine aux États-Unis.

Pour qu’elle aille jusqu’à la mise sur le marché d’un médicament, la recherche fondamentale doit ensuite faire l’objet de transferts vers le développement industriel. Ce transfert passe souvent par la création de start-up fondées par des chercheurs universitaires. Entre la déclaration d’invention, la prise en charge par une filière de transfert (Satt ou autre), et la Commission nationale de déontologie, la complexité des démarches est telle que la France «se situe à la 32e position du classement Collaboration université-industrie en recherche et développement de la Banque mondiale en 2016».

Après cette première course d’obstacles, une start-up doit ensuite s’engager dans des recherches longues, coûteuses, et risquées, pour évaluer si la découverte fondamentale peut faire l’objet d’un développement. Ces recherches nécessitent un financement important ; or, si les jeunes pousses trouvent en France un environnement assez favorable à leur démarrage, la phase de croissance, celle qui nécessite de lever des centaines de millions d’euros, souffre d’un déficit d’investisseurs stratégiques, capables de les accompagner dans leur développement de moyen terme.

(1) Margaret Kyle et Anne Perrot, «Innovation pharmaceutique : Comment combler le retard français ?» Conseil d’analyse économique https://www.cae-eco.fr/staticfiles/pdf/cae-note62v2.pdf

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Pour se protéger contre le coronavirus, le pays communiste des Caraïbes a choisi la souveraineté en développant son propre vaccin. Alors que ce dernier entre dans la dernière phase de ses essais cliniques début mars, le pays assure être déjà en capacité d’immuniser toute sa population d’ici la fin de 2021. La Havane en fait même un argument pour les touristes, qui pourraient aussi bientôt en profiter. De notre correspondante à la Havane, C’estDe notre correspondante à la Havane,

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