•   
  •   

France Affaire des écoutes : Pourquoi les politiques attaquent-ils le parquet national financier après la condamnation de Sarkozy ?

00:00  04 mars  2021
00:00  04 mars  2021 Source:   20minutes.fr

Carla Bruni : sa fille Giulia se dévoile comme jamais dans une adorable vidéo

  Carla Bruni : sa fille Giulia se dévoile comme jamais dans une adorable vidéo Ce mercredi 24 février, Carla Bruni a partagé avec ses abonnés Instagram les coulisses du tournage de son clip "Un grand amour". Durant celui-ci, l'épouse de Nicolas Sarkozy en a profité pour demander à sa fille Giulia sa définition du grand amour. La fillette a accepté de se prêter au jeu et a même fait une adorable confidence ! À 53 ans, Carla Bruni est comblée sur tous les plans. Fière de son mariage qui dure et de la famille qu'elle a construit, elle est aussi une artiste épanouie.

Après la condamnation de l’ancien chef d’Etat, les critiques pleuvent, à droite et à l’extrême droite, contre le PNF, parquet spécialisé créé en 2013

Nicolas Sarkozy, le 1er mars 2021. © Michel Euler/AP/SIPA Nicolas Sarkozy, le 1er mars 2021. JUSTICE - Après la condamnation de l’ancien chef d’Etat, les critiques pleuvent, à droite et à l’extrême droite, contre le PNF, parquet spécialisé créé en 2013

Haro sur le PNF. Depuis la condamnation de Nicolas Sarkozy lundi, une partie de l’opposition fustige le parquet national financier et l’accuse de jouer un rôle politique. Les critiques contre ce parquet spécialisé, créé en 2013 après l’affaire Cahuzac, ne sont pas nouvelles, mais le jugement dans l’affaire dite « des écoutes de Paul Bismuth » ravive les controverses. L’ancien président de la République, qui va faire appel de sa condamnation à trois ans de prison, dont un an ferme, sera ce mercredi soir l’invité du journal télévisé de TF1.

Nicolas Sarkozy sera-t-il relaxé ou condamné dans l’affaire des « écoutes » ? Le jugement est attendu lundi

  Nicolas Sarkozy sera-t-il relaxé ou condamné dans l’affaire des « écoutes » ? Le jugement est attendu lundi Quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis ont été requis contre l’ancien chef de l’Etat, suspecté de corruption et trafic d’influence. © Fournis par Le Monde Nicolas Sarkozy, le 8 décembre, au tribunal de Paris.

C’est le PNF qui, le 26 février 2014, avait ouvert une information judiciaire pour « trafic d’influence », conduisant à la mise en examen de Nicolas Sarkozy au mois de juillet de la même année. A partir du 23 novembre 2020, l’ancien chef de l’Etat a été jugé par la 32e chambre correctionnelle de Paris, et c’est sa présidente, Christine Mée, qui a prononcé la condamnation. Le PNF représentait l’accusation lors du procès, et avait requis quatre ans de prison, dont deux avec sursis.

  • Pourquoi le PNF est-il critiqué ?

Au lendemain du verdict, l’avocate de Nicolas Sarkozy, Jacqueline Laffont, a estimé que « le PNF a été très habile dans sa communication en instrumentalisant un combat qui est un combat purement juridique ». La droite a tiré à boulets rouges. « Il y aura un avant et un après cette affaire Sarkozy, que je lie quand même très fort à l’affaire Fillon », a affirmé mardi soir la sénatrice Les Républicains des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer. « Sans le PNF, je pense qu’Emmanuel Macron ne serait pas président de la République », ajoute-t-elle en référence à l'enquête visant François Fillon ouverte par le PNF pendant la campagne présidentielle de 2017.

Nicolas Sarkozy condamné à trois ans de prison dont un an ferme dans l’affaire des écoutes

  Nicolas Sarkozy condamné à trois ans de prison dont un an ferme dans l’affaire des écoutes L’ancien chef de l’Etat est jugé coupable de corruption et de trafic d’influence dans « l’affaire des écoutes ».L’ancien chef de l’Etat a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme. C’est la première condamnation pour Nicolas Sarkozy, mis en examen dans plusieurs affaires.

Ces critiques ne sont pas nouvelles à droite : dans la foulée de la condamnation de François Fillon justement, en juin 2020, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avait annoncé le dépôt d'une proposition de loi pour le supprimer.

La patronne du Rassemblement national a elle aussi tancé le parquet spécialisé dans la grande délinquance économique et financière. « C’est devenu le parquet de l’opposition : à chaque fois qu’un responsable politique d’opposition a une difficulté, on confie cela au PNF, cela pose un problème d’impartialité », a-t-elle estimé mardi sur Europe 1. Evoquant l’affaire Fillon et ses propres ennuis judiciaires, elle a affirmé que « la justice ne s’est pas comportée de la même manière avec les candidats qu’avec n’importe quel quidam, et a cherché clairement à influer directement sur l’élection. Or je ne souhaite pas que les magistrats fassent la primaire de la présidentielle. »

Le point sur les douze affaires de Nicolas Sarkozy : une condamnation, deux non-lieux et plusieurs dossiers ouverts

  Le point sur les douze affaires de Nicolas Sarkozy : une condamnation, deux non-lieux et plusieurs dossiers ouverts Pour la première fois, l’ancien président de la République a été condamné, dans l’affaire des écoutes. Mais son nom est encore cité dans plusieurs affaires en cours. © Fournis par Le Monde L’ancien président Nicolas Sarkozy à Paris, le 14 mai 2017. Dans la longue chronique des ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy, le 1er mars 2021 fera date : l’ancien président a été condamné pour la première fois par un tribunal, dans l’affaire des écoutes (dite également affaire Paul Bismuth). Cette affaire n’est pas la seule dans laquelle l’ancien chef d’Etat est cité ou mis en cause.

  • Ces critiques se cantonnent-elles à la droite ?

Les avis varient en fonction des tendances politiques. Le PS défend le PNF, né sous le quinquennat de François Hollande. L’ancien ministre Michel Sapin a déclaré mardi à L'Express que sa création constitue « une très belle réussite ». Pour le député La République en marche Didier Paris, « dire que le PNF est un organe politique est absolument faux ». « Sur les 600 à 700 procédures en cours, seules quelques poignées concernent des hommes et des femmes politiques », souligne le rapporteur de la commission d'enquête sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le parlementaire de la Côte-d’Or estime que les réactions de la droite sont « une forme d’instrumentalisation politique, car la décision n’est pas celle qu’elle souhaitait ».

Le député insoumis Ugo Bernalicis observe que « la droite a une stratégie de défense qui est une stratégie de rupture », remettant en cause la légitimité de l’enquête sans parler du fond. Quant aux critiques sur l’indépendance du PNF, l’élu les partage en partie. « Quoi que fasse le PNF, il sera toujours soupçonné [de partialité], car en France le parquet n’est pas indépendant de l’exécutif. Tant que cette question n’est pas réglée, il y a potentiellement un cocktail explosif en confiant à un procureur l’enquête sur des affaires politico financières. » Pour y remédier, La France insoumise plaide pour une réforme d’ampleur de la justice française et, en attendant, pour une hausse des moyens alloués au PNF, qui compte 18 magistrats.

Affaire des écoutes : « Stupéfaction » et « tristesse » à droite après la condamnation de Sarkozy

  Affaire des écoutes : « Stupéfaction » et « tristesse » à droite après la condamnation de Sarkozy La droite dénonce un acharnement judiciaire contre Nicolas Sarkozy condamné à trois ans de prison dont un ferme © J.E.E/SIPA La condamnation de Nicolas Sarkozy a suscité beaucoup de réactions à droite PROCES - La droite dénonce un acharnement judiciaire contre Nicolas Sarkozy condamné à tro « Stupéfaction » et « tristesse » face à un « acharnement judiciaire » : la droite a réagi avec virulence lundi à la condamnation de Nicolas Sarkozy à tro pour « corruption » dans l’affaire dite des « écoutes ».

  • Les attaques sont-elles fondées ?

La question de la séparation des pouvoirs, en l’occurrence entre la justice et l’exécutif, fait régulièrement débat en France. Mais ce soupçon de manque d’indépendance de la justice peut s’appliquer à tous les parquets, et pas uniquement au PNF, souligne Julie Gallois. « Les magistrats du parquet sont placés sous l’autorité du garde des Sceaux, qui fait partie de l’exécutif », rappelle la maîtresse de conférences à l’université de Lorraine, et membre de l’Observatoire de l’éthique publique. « Il peut leur donner des directives générales, mais n’a pas à livrer d’instructions pour des affaires. »

Par ailleurs, « le procureur financier est un magistrat spécialisé dans les infractions d’affaires dans lesquelles ce sont souvent des politiques qui sont impliqués ». « Et ce sont des personnalités publiques, donc les enquêtes sont médiatisées, et tous ces éléments peuvent donner l’impression que le PNF s’acharne contre les politiques », poursuit Julie Gallois.

Un effet de loupe, en somme, alors que le PNF a aussi lancé des investigations à l’encontre d’entreprises, dont Airbus, Veolia ou Lycamobile. Les membres de la majorité ne sont pas non plus épargnés, et le parquet a ouvert une enquête sur l'emploi des filles du socialiste Bruno Le Roux à l’Assemblée en mars 2017, sous le quinquennat de François Hollande. En juin 2018, le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, proche d’Emmanuel Macron, a lui aussi été visé par une enquête, classée sans suite en août 2019.

Nicolas Sarkozy condamné : pourquoi le PNF jouait gros

  Nicolas Sarkozy condamné : pourquoi le PNF jouait gros Le Parquet national financier a porté de bout en bout l'affaire des "écoutes", dossier pour lequel Nicolas Sarkozy a été condamné lundi en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme. Pour l'instance, une relaxe de l'ex-chef de l'État aurait représenté un véritable camouflet. Condamné à trois ans de prison dont un an ferme dans l'affaire dite des "écoutes", Nicolas Sarkozy a décidé de faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris. Cette décision de justice est qualifiée de "sévère" par son entourage.

« Le PNF est ici un prétexte : si on le supprime, ça ne règle pas le problème », estime Julie Gallois, qui souligne toutefois que plusieurs épisodes ont pu alimenter les « controverses » sur ce parquet : le témoignage de l’ex-procureure financière Eliane Houlette, et les enquêtes demandées par les ministres de la Justice Nicole Belloubet puis Eric Dupond-Moretti, justement au sujet de l’affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy.

Les critiques devraient vraisemblablement ressurgir en novembre prochain, lors du procès en appel de François Fillon, voire bien plus tôt, dès le mois d’avril et la présentation de la réforme de la justice du gouvernement.

Condamnation de Nicolas Sarkozy : qu’est-ce qui fait polémique ? .
Depuis la condamnation de l’ancien chef de l’État par le tribunal judiciaire de Paris, ses proches multiplient les critiques à l’égard du parquet national financier à l’origine de l’enquête. Quels sont ces points qui font polémique ? Notamment une enquête préliminaire longtemps restée « cachée ». Après sa défense et ses soutiens politiques, premiers à critiquer vivement, dès lundi 1er mars, la décision du tribunal, Nicolas Sarkozy qui s’exprimera ce soir au journal de 20 h sur TF1, dénonce « une profonde injustice » et n’exclut pas « d’aller devant la Cour européenne des droits de l’Homme ».

usr: 0
C'est intéressant!