•   
  •   

Monde Affrontements entre Israéliens et Palestiniens : chronologie d’une semaine de violences

16:30  13 mai  2021
16:30  13 mai  2021 Source:   abonnement.leparisien.fr

Plus de 90 blessés dans de nouveaux affrontements à Jérusalem

  Plus de 90 blessés dans de nouveaux affrontements à Jérusalem De nouveaux heurts samedi soir entre policiers israéliens et manifestants palestiniens ont fait de plus de 90 blessés dans différents quartiers de Jérusalem-Est, au lendemain des plus importants accrochages des derniers années dans la Ville Sainte qui font craindre une nouvelle escalade des violences. Les tensions ne redescendent pas à Jérusalem. De nouveaux heurts samedi soir entre policiers israéliens et manifestants palestiniens ont fait de plus de 90 blessés dans différents quartiers de Jérusalem-Est, au lendemain des plus importants accrochages des derniers années dans la Ville Sainte qui font craindre une nouvelle escalade des violences.

Le Parisien © Fournis par Le Parisien Le Parisien

Le Proche-Orient, désormais aux portes d’une « guerre à grande échelle ». Israël et le Hamas se sont livrés ces derniers jours à de violents affrontements, les pires enregistrés depuis 2017, provoquant près d’une centaine de morts et alimentant l’inquiétude de la communauté internationale. Au cœur de ces tensions figure, entre autres, la question de Jérusalem, considérée par certains comme insoluble : l’Etat hébreu estimant toute la ville comme sa capitale « indivisible » et les Palestiniens, toujours plus nombreux dans la ville sainte, voulant faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Retour sur une semaine d’embrasement.

Paris : la police tente de disperser la manifestation de soutien aux Palestiniens

  Paris : la police tente de disperser la manifestation de soutien aux Palestiniens Un canon à eau a notamment été utilisé samedi à Paris pour disperser les manifestants rassemblés en soutien en Palestiniens, malgré l'interdiction de la Préfecture. 1/7 DIAPOSITIVES © Michel Euler/AP/SIPA Un canon à eau utilisé pour disperser la foule samedi, à Paris Un canon à eau utilisé pour disperser la foule samedi, à Paris 2/7 DIAPOSITIVES © Michel Euler/AP/SIPA Un canon à eau utilisé pour disperser la foule samedi, à Paris Un canon à eau utilisé pour disperser la foule samedi, à Paris 3/7 DIAPOSITIVES © REUTERS/Benoit Tessi

Vendredi : l’Esplanade des Mosquées sous une pluie de grenades

Si de premiers heurts avaient été observés dès la fin avril entre Palestiniens et Israéliens près de Jérusalem, le basculement s’est opéré le vendredi 7 mai. Ce jour-là, des dizaines de milliers de fidèles se réunissent dans l’enceinte de l’Esplanade des Mosquées pour la dernière grande prière de la semaine avant la fin du mois de ramadan. La journée sera marquée par des accrochages violents opposant d’un côté, les Palestiniens qui lancent des projectiles et de l’autre, la police israélienne qui use de grenades assourdissantes et tire sur la foule avec des balles en caoutchouc.

VIDÉO. Jérusalem : plus de 200 blessés lors de violents affrontements sur l’Esplanade des Mosquées

Conflit israélo-palestinien : Les Arabes israéliens ont une « ambivalence de sentiment à l’égard des Palestiniens » des territoires

  Conflit israélo-palestinien : Les Arabes israéliens ont une « ambivalence de sentiment à l’égard des Palestiniens » des territoires Malgré les graves émeutes de cette semaine, le maître de conférences à Science Po Paris Frédéric Encel note auprès de « 20 Minutes » que les Arabes israéliens ont été très loyaux à Israël depuis 1948 © AHMAD GHARABLI / AFP Lors d'une émeute à Arara, une ville arabe israélienne, le 14 mai.

Filmées sur place, les images montrent certains Palestiniens courant sous une pluie de grenades lacrymogènes, tandis que d’autres, plus déterminés, se tiennent face aux forces de l’ordre à coups de jets de pierres et de bouteilles. Le bilan est lourd : au moins 205 Palestiniens ont été blessés, dont plus de 80 hospitalisés dans la soirée. De son côté, la police israélienne fait état de 18 blessés dans ses rangs.

Dans la foulée, les images de l’Esplanade font réagir la communauté internationale qui appelle d’une voix commune à la « désescalade » des tensions. L’UE enjoint ainsi les autorités israéliennes à agir de « toute urgence » en ce sens, tandis que les Etats-Unis, alliés historiques d’Israël, insistent pour que « toutes les parties fassent preuve de retenue et s’abstiennent de toute action ou rhétorique provocatrice ».

Samedi : des quartiers de Jérusalem s’embrasent

Jérusalem : nouveaux heurts sur l’esplanade des Mosquées, des centaines de blessés

  Jérusalem : nouveaux heurts sur l’esplanade des Mosquées, des centaines de blessés Les affrontements entre fidèles palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est ont de nouveau fait des centaines de blessés ce lundi.Alors que les appels internationaux au calme se multiplient, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a salué la «fermeté» des forces de l’ordre pour garantir la «stabilité» à Jérusalem. L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a, elle, dénoncé une «agression barbare». Tôt le matin, des centaines de Palestiniens ont lancé des projectiles en direction des forces israéliennes positionnées à l’intérieur de l’esplanade des Mosquées.

Au lendemain de ces accrochages, beaucoup craignaient de voir de nouvelles violences éclater dans l’enceinte du lieu saint. Mais un calme précaire est revenu samedi sur l’esplanade, où des dizaines de milliers de Palestiniens ont prié à la suite de l’iftar, le repas de rupture du jeûne pendant le ramadan. Loin de s’être toutefois dissipées, les tensions se sont déplacées dans plusieurs quartiers de Jérusalem, faisant plus de 90 blessés, parmi lesquels plusieurs mineurs. Là encore, les grenades et les balles en caoutchouc d’un côté s’opposent aux projectiles et aux bouteilles, de l’autre.

Un quartier a été particulièrement touché par ces heurts : celui de Cheikh Jarrah, devenu le théâtre de protestations quotidiennes contre la possible éviction de familles palestiniennes au profit d’Israéliens. Car selon la loi israélienne, les citoyens juifs en mesure de prouver que leurs ancêtres vivaient à Jérusalem-Est avant la guerre israélo-arabe de 1948 peuvent demander la restitution de leur droit de propriété. Une telle loi n’existe toutefois pas pour les Palestiniens qui espèrent obtenir gain de cause auprès de la Cour suprême israélienne, dont le verdict est attendu le lundi suivant.

Plus de 90 blessés dans de nouveaux heurts entre policiers israéliens et manifestants palestiniens

  Plus de 90 blessés dans de nouveaux heurts entre policiers israéliens et manifestants palestiniens Selon les secouristes, la majeure partie de ces personnes, incluant des mineurs, ont été blessées par des impacts de balles en caoutchouc ou de grenades assourdissantes.

Dimanche : une audience clé reportée face aux tensions

L’espoir sera de courte durée. Devant la montée des violences, la justice israélienne annonce le report de l’audience tant attendue sur le sort des familles menacées d’éviction. Une nouvelle date sera annoncée « d’ici les 30 prochains jours », assure le ministère de la justice. Une décision qui ravive les tensions à Cheikh Jarrah mais pas seulement. Les tensions gagnent cette fois la bande de Gaza depuis laquelle des ballons incendiaires et sept roquettes sont tirées pour atteindre le sud d’Israël.

Lundi : une « journée de Jérusalem » sous tension

Chaque année, les tensions redoublent lors de la « journée de Jérusalem », commémoration de la conquête israélienne de la ville lors de la guerre des Six Jours. Cette année n’a pas fait exception. Trois jours après ces premiers accrochages, l’Esplanade des Mosquées a vu l’éclatement de nouveaux affrontements entre fidèles palestiniens et policiers israéliens, faisant cette fois, plus de 330 blessés.

De nouveaux affrontements ont éclaté lundi entre Palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. © Fournis par Le Parisien De nouveaux affrontements ont éclaté lundi entre Palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.

Plus tard dans la journée, le Hamas, organisation considérée comme terroriste par la France et l’Union européenne, tire depuis Gaza une salve de roquettes en direction d’Israël, provoquant l’évacuation immédiate du Mur des Lamentations et de l’esplanade. Une « ligne rouge » a été franchie selon le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui promet qu’Israël « réagira avec force ». Résultat : les raids de l’Etat hébreu feront au moins 20 morts, dont des enfants et un commandant du Hamas, selon l’organisation.

Face aux violences, des Juifs et des Arabes israéliens se mobilisent ensemble pour la paix

  Face aux violences, des Juifs et des Arabes israéliens se mobilisent ensemble pour la paix L’éruption de violence à Gaza a entraîné de nombreuses manifestations un peu partout dans le monde le week-end dernier. Alors que certains dénonçaient les frappes aériennes israéliennes, d’autres condamnaient les roquettes tirées par le Hamas et soutenaient le droit d’Israël à se défendre. Des Juifs et des Arabes israéliens sont descendus dans la rue pour lancer un appel à la fraternité et lutter contre les violences entre les deux communautés qui ont éclaté au sein de l’État hébreux.

Mardi : Tel-Aviv visée par une salve de roquettes

Ignorant les appels au calme de la communauté internationale, Israël et le Hamas poursuivent leurs offensives. Plus d’un millier de roquettes auraient été tirées depuis la bande de Gaza depuis lundi soir, selon le porte-parole de l’armée israélienne. Des attaques qui conduisent Benyamin Netanyahou à de nouvelles menaces, assurant que ses frappes vont « s’intensifier ». Un immeuble d’une douzaine d’étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux, s’effondre sous les frappes israéliennes. Le Hamas répond, en lançant une salve de roquettes sur la station balnéaire israélienne de Tel-Aviv. Une telle situation ne s’était pas produite dans la ville depuis deux ans et à l’époque, les tirs n’avaient pas été aussi puissants.

Des roquettes ont été lancées depuis Gaza sur la ville de Tel-Aviv, dans la nuit de mardi à mercredi. © Fournis par Le Parisien Des roquettes ont été lancées depuis Gaza sur la ville de Tel-Aviv, dans la nuit de mardi à mercredi.

Mercredi : l’état d’urgence décrété à Lod

Alors que le bilan ne cesse de s’alourdir - 83 morts dont 17 enfants et près de 500 blessés côté palestinien, et 7 morts côté israélien -, les tensions frappent désormais plusieurs villes mixtes de l’Etat hébreu, notamment à Lod, au sud de Tel-Aviv où un état d’urgence a été décrété par Benyamin Netanyahou. Des commerces, des voitures, ainsi que trois synagogues et un cimetière musulman ont été incendiés, selon le Times of Israel.

Le maire de la ville Yaïr Revivo, un proche de Benyamin Netanyahou, a comparé la situation au « pogrom de la nuit de Cristal, en 1938 ». « Nous sommes au bord de la guerre civile », a-t-il affirmé auprès du quotidien. Une inquiétude qui ne cesse désormais de s’accentuer alors que le Conseil de sécurité de l’ONU vient de boucler une dernière session infructueuse sur le conflit, les Etats-Unis s’étant opposés une nouvelle fois à une déclaration commune. La Russie a demandé une nouvelle réunion en urgence du Quartet - Union européenne, Etats-Unis, Nations unies et Russie - afin de stopper l’escalade de violences qui sévit depuis une semaine.

Les forces israéliennes blessent des dizaines de Palestiniens à la fête de la Nakba Marches

 Les forces israéliennes blessent des dizaines de Palestiniens à la fête de la Nakba Marches Ramallah et Beit El, occupée West Cisjoncle - Les forces israéliennes ont blessé des dizaines de Palestiniens dans la Cisjordanie occupé pendant les manifestations pour marquer la Nakba, lorsque près de 800 000 Palestiniens ont été expulsés de force de leur Maisons à faire place à la création de l'État d'Israël en 1948. © Jeunes femmes palestiniennes participent à une protestation près de la colonie juive illégale de Beit El, près de ...

Si les échanges de tirs de roquettes ont continué dans la journée entre le Hamas et Israël, c’est la diffusion en direct à la télévision israélienne du lynchage d’un homme, considéré comme arabe par ses agresseurs, qui a profondément choqué le pays. La scène se déroule près de Tel-Aviv, on y voit la victime être sortie de force de sa voiture. Alors au sol, un attroupement se forme autour d’elle et la dizaine de personnes présentes la roue de coups. Si son état est « stable », l’homme a été « grièvement blessé », a indiqué l’hôpital de Tel-Aviv qui l’a pris en charge.

Jeudi : les vols vers Tel-Aviv détournés jusqu’à nouvel ordre

Malgré le couvre-feu instauré la vieille à Lod, la ville s’est à nouveau embrasée dans la nuit, à l’image d’autres villes considérées comme « mixtes » dans le pays. Des tirs par armes à feu ont fait au moins deux blessés. Les tirs de roquettes du Hamas ont cette fois-ci visé le nord du pays qui avait été jusqu’à présent épargné, contrairement au sud et au centre d’Israël, cibles depuis lundi soir d’attaques venant de Gaza. Face à la situation extrêmement tendue, tous les vols à destination de Tel-Aviv sont détournés jusqu’à nouvel ordre.

En raison des violences qui touchent de nombreuses villes mixtes israéliennes, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a décrété ce jeudi un renforcement « massif » des forces de sécurité.

Une nouvelle réunion du Conseil de sécurité des Nations unies pourrait avoir lieu ce vendredi - la troisième en une semaine - en présence d’Israël et des Palestiniens, après une demande exprimée mercredi par la Tunisie, la Norvège et la Chine.

Des premiers heurts à l'escalade, l'embrasement entre Israël et la Palestine en six actes .
Les Israéliens et les Palestiniens sont engagés depuis début mai dans l'une des plus importantes escalades de violences de ces dernières années. Récit de près de deux semaines sous tension. © afp.com/MOHAMMED ABED Des roquettes sont tirées depuis la bande de Gaza, enclave palestinienne sous contrôle du Hamas, en direction d'Israël, le 16 mai 2021 La tension ne faiblit pas au Proche-Orient. L'armée israélienne a indiqué avoir mené ce dimanche une frappe sur le domicile du chef du bureau politique du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, sans préciser s'il s'y trouvait.

usr: 1
C'est intéressant!