•   
  •   

Monde Ethiopie : Metsa Worke, une ville fantôme piégée par les violences au Tigré

06:15  16 mai  2021
06:15  16 mai  2021 Source:   rfi.fr

Ethiopie: l'ex-parti au pouvoir au Tigré, le TPLF, classé organisation terroriste

  Ethiopie: l'ex-parti au pouvoir au Tigré, le TPLF, classé organisation terroriste Le parlement éthiopien a avalisé jeudi une décision récente du conseil des ministres de classer comme organisation terroriste le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui a longtemps dominé la vie politique éthiopienne et dirigeait jusque récemment la région du Tigré. Cette résolution, adoptée unanimement par des députés acquis au parti au pouvoir, concerne également l'Armée de libération oromo (OLA), un groupe armé actif notamment dans les régions Oromia et Amhara.

Le cas de Metsa Worke n’est pas isolé et le phénomène des villes-fantômes devrait continuer avec la fuite des Tigréens vers les agglomérations où se trouvent notamment les camps de déplacés.(image d'illustration) © AFP - EDUARDO SOTERAS Le cas de Metsa Worke n’est pas isolé et le phénomène des villes-fantômes devrait continuer avec la fuite des Tigréens vers les agglomérations où se trouvent notamment les camps de déplacés.(image d'illustration)

Le conflit continue au Tigré, dans le nord du pays. Les violences sont quotidiennes. Certaines localités ont même été complètement désertées. À quelques dizaines de kilomètres de Mekelle, la capitale du Tigré, le village de Metsa Worke a été entièrement vidé de ses habitants. Reportage.

Avec notre envoyé spécial dans le Tigré, Sébastien Németh

Metsa Worke est une ville fantôme. Les maisons de pierre à flanc de colline sont vides, les volets sont fermés et si certaines régions du Tigré sont ébranlées par le bruit des combats, ici, le silence règne. Seule deux femmes, leurs enfants et quelques animaux vivent encore sur place. Mariam raconte ce qui s’est passé.

Homme dont le tigre d'animal de compagnie échappé à Houston est en train de liens pour meurtre, la police dit

 Homme dont le tigre d'animal de compagnie échappé à Houston est en train de liens pour meurtre, la police dit La police cherche le propriétaire d'un tigre qui s'est échappé avec le grand chat après avoir été vus errant dans un quartier de Houston à la fin du dimanche soir. © Mark Evans / Getty Un homme qui possédait un tigre échappé s'est battu après que la police est arrivée pour gérer l'animal. Cette photo montre un tigre similaire, un tigre de Sumatra à Taronga Zoo le 18 novembre 2020 à Sydney, en Australie.

« Des soldats éthiopiens sont arrivés en octobre. Ils cherchaient des rebelles. Ils ont emmené des gens dans les montagnes. Certains ont été égorgés. D’autres ont reçu une balle dans la tête. Il y a eu 50 morts. Le 15 janvier, c’était au tour des Erythréens. Ils ont tout pillé. Ils nous ont demandé de nous déshabiller pour nous humilier. Tout le monde a fui. Il y avait environ 500 habitants. Il n’y a plus que nous deux. »

Sa compagne d’infortune, Zenab, explique avoir tenté de partir elle aussi, avant de renoncer.

« J’ai tenté d’aller au village le plus proche, mais il n’y avait pas d’abri, alors je suis revenue ici. C’est chez nous, nous n’avons nulle part où aller. Alors on a toujours de la nourriture prête dans un sac au cas où les soldats reviendraient. Comme ça on peut partir avec un peu de provisions pour survivre. Mais dès que des militaires approchent, des amis des localités voisines nous appellent et on part en courant. »

Le cas de Metsa Worke n’est pas isolé et le phénomène des villes-fantômes devrait continuer avec la fuite des Tigréens vers les agglomérations où se trouvent notamment les camps de déplacés.

Sanctions de Washington contre l’Éthiopie : Addis-Abeba contre-attaque .
C’est un nouveau cap franchi dans les relations entre les États-Unis et l'Éthiopie. Washington a décidé d'imposer des sanctions contre des officiels éthiopiens et érythréens. D’abord des restrictions de visa, puis de fortes sanctions financières suivront, notamment dans les domaines de la sécurité et de l'assistance économique. Les États-Unis accusent les responsables des deux pays de ne pas prendre de mesures significatives pour mettre fin aux hostilités dans la région du Tigré, presque sept mois après le début de la guerre. Le gouvernement éthiopien a riposté immédiatement.

usr: 1
C'est intéressant!