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Monde RDC : la semaine où le volcan Nyiragongo s'est réveillé

20:25  30 mai  2021
20:25  30 mai  2021 Source:   lexpress.fr

Éruption du volcan Nyiragongo en RDC. Au moins 32 morts et 5 000 personnes ayant perdu leur foyer

  Éruption du volcan Nyiragongo en RDC. Au moins 32 morts et 5 000 personnes ayant perdu leur foyer Au moins 32 personnes sont mortes dans l’éruption du volcan Nyiragongo en République Démocratique Du Congo. Entre 900 et 2 500 habitations ont été détruites par la lave alors que la situation est toujours très instable. Entre 900 et 2 500 habitations ont été détruites par les coulées de lave lors de l’éruption samedi du volcan Nyiragongo, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), indiquent ce mardi des sources humanitaires.

Les Congolais ont gardé les yeux rivés sur le volcan Nyiragongo. Alors que des milliers de personnes ont dû fuir leur domicile, le gouvernement s'est illustré par ses couacs.

Des transporteurs de marchandises conduisent leurs motos à travers la coulée de lave solidifiée du volcan Nyiragongo dans les quartiers nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, le 28 mai 2021. © AFP Des transporteurs de marchandises conduisent leurs motos à travers la coulée de lave solidifiée du volcan Nyiragongo dans les quartiers nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, le 28 mai 2021.

L'art de manier les oxymores est bien connu des hommes politiques. Alors que la République démocratique du Congo craint le pire après l'éruption du volcan Nyiragongo, son président Félix Tshisekedi tente de colmater les brèches : la situation est "grave" mais "sous contrôle", a-t-il commenté ce dimanche. Pourtant, Kinshasa ne s'est pas distingué par sa gestion de la crise : évacuations mal gérées, fausses alertes et contradictions étaient au menu cette semaine. Pendant ce temps, plusieurs milliers d'habitants de la ville de Goma - à l'Est du pays - ont été obligés d'évacuer au risque de se retrouver embourbés dans une crise humanitaire.

La terre gronde autour du volcan Nyiragongo, la peur grandit

  La terre gronde autour du volcan Nyiragongo, la peur grandit Dans la nuit de mardi à mercredi, des tremblements de terre ont été ressentis à intervalles réguliers, au pied du volcan Nyiragongo (RDC) alimentant la psychose des habitants, qui, pour beaucoup n'ont pas dormi.De forts séismes ont secoué toute la nuit de mardi à mercredi la ville de Goma, au pied du volcan Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dont deux très fortes secousses au petit matin qui ont fait des dégâts, a constaté un correspondant de l'AFP. Comme ces deux derniers jours, les tremblements de terre ont continué toute la nuit à intervalles réguliers, alimentant la psychose des habitants, qui, pour beaucoup n'ont pas dormi.

22 mai 2021. Personne n'attend son réveil, mais le volcan Nyiragongo n'a pas besoin d'autorisation pour entrer en éruption. Surplombant la ville de Goma, ce monstre géologique prend la population de cours. Les radios locales et les réseaux sociaux s'embrasent. Sur les ondes, le général Constant Ndima - en charge de la gestion de la province bégaye : "Nous allons donner de plus amples explications à la population pour la canaliser vers les directions où elle sera en sécurité." Quelques minutes plus tard, le mot d'ordre se précise : Goma doit être évacuée. Les habitants s'exécutent. Les routes en direction de la région du Masisi sont prises d'assaut. Les véhicules sont pleins à craquer d'effets personnels - comme si certains craignaient de ne pas revenir.

DR Congo Volcano Rownshocks Rattle Rattles, Bâtiments de dégâts

 DR Congo Volcano Rownshocks Rattle Rattles, Bâtiments de dégâts L'Eastern Dr Congo City of Goma a été secoué mercredi par une série de chocs du volcan Mount Nyiragongo à proximité Quatre jours après son éruption, a dit gravement plusieurs bâtiments, a déclaré un journaliste AFP. © Patricio Arana Le volcan Mount Nyiragongo.

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Dans la nuit, 3000 personnes s'enfuient. L'objectif est simple : mettre sa famille à l'abri coûte que coûte. Dans le pays voisin, au Rwanda, les autorités et ONG se préparent à accueillir les réfugiés, encore sous le choc. Le lendemain, les Congolais constatent que la coulée de lave descendue des flancs du volcan Nyiragongo s'est immobilisée dans les faubourgs de Goma, épargnant de justesse la ville. Mais en périphérie, les dégâts sont conséquents. Dans la ville de Buhene, entre 900 et 2 500 habitations ont été englouties sous cette langue de lave rocheuse, selon les comptes du Comité international de la Croix rouge (CICR) à Goma.

Des secousses telluriques en cascade

Dans le calme cette fois, les milliers de Congolais reprennent la route en sens inverse. À la précipitation succèdent les questions dont une en particulier : pourquoi cette éruption n'a-t-elle pas pu être anticipée ? Faute de financements pour soutenir l'Observatoire de volcanologie locale, le volcan Nyiragongo - considéré comme le plus dangereux d'Afrique - n'était plus surveillé depuis sept mois. C'est ce que rapporte la radio onusienne Okapi. Si les habitants restent intrigués par cette éruption, certains rentrent chez eux la boule au ventre. Et pour cause : lundi matin, les secousses telluriques se multiplient.

'Éruption limique': Volcano de DR Congo Nightmare

 'Éruption limique': Volcano de DR Congo Nightmare Commandes jeudi à évacuer Goma, une ville allongée à l'ombre du mont Nyiragongo de Dr Congo, a éclaté un risque rare mais potentiellement catastrophique - une "éruption limique" Lorsque l'activité volcanique combinée à un lac profond peut vomir de manière mortelle et étouffante.

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Du côté du gouvernement, les commentaires sur la situation se distinguent par leur rareté. Même la radio-télévision publique, la RTNC, a été mise en cause pour sa couverture plutôt distanciée des événements. La chaîne congolaise n'a pas bousculé son programme lorsque le volcan est entré en éruption. Comme si de rien n'était. Pourtant, les inquiétudes autour du volcan ne cessent de croître. Mardi matin, les habitants de Goma se réveillent mortifiés : deux longues fissures, large de quelques dizaines de centimètres par endroits, apparaissent au pied du volcan Nyiragongo. De leurs côtés, les séismes continuent à un rythme régulier. Plus de 250 sont enregistrés en trois jours à Goma, indique mercredi l'observatoire volcanologique local (OVG).

La sirène d'alerte s'emballe

Lorsque les autorités sortent du silence, c'est pour apaiser les craintes de la population. Se référant au laboratoire local de volcanologie, elles soutiennent que les tremblements de terre "ne sont pas magmatiques" et devraient baisser en intensité, éloignant l'hypothèse d'une nouvelle éruption. "Le danger tend à s'éloigner", assure ainsi une délégation ministérielle arrivée lundi de Kinshasa. L'exécutif ne donne pas l'ordre d'évacuer. Le président Félix Tshisekedi préfère jouer les chefs de guerre. Alors que la ville de Goma est secouée toutes les dix minutes, le chef de l'Etat nomme des officiers de police pour remplacer les maires civils à la tête des principales villes des provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, où sévissent d'innombrables groupes armés.

RD Congo : Goma vidée de ses habitants, le volcan Nyiragongo plus calme

  RD Congo : Goma vidée de ses habitants, le volcan Nyiragongo plus calme La ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, était étrangement calme et en grande partie vidée de ses habitants vendredi matin, au lendemain de l'évacuation "préventive" ordonnée par les autorités par crainte d'une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo. Les rues de Goma étaient étrangement calmes vendredi 28 mai au matin. La ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) était en grande partie vidée de ses habitants vendredi matin, au lendemain de l'évacuation "préventive" ordonnée par les autorités par crainte d'une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo.

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Pendant ce temps, l'ONU tente de mettre à l'abri ses troupes. Elle décide, mercredi, de relocaliser son personnel présent à Goma et de le réduire au strict nécessaire. Dans la capitale du Nord-Kivu, les dégâts s'intensifient. Les tremblements de terre à répétition provoquent l'effondrement de nouveaux bâtiments à étages dans la ville et lézardent les murs des habitations. C'est dans un tel décor que l'on joue encore avec les nerfs des Congolais. Dans la soirée de mercredi, nouveau coup de théâtre : la sirène d'alerte à Goma pour prévenir des risques d'éruption du volcan Nyiragongo se déclenche à la suite d'une "erreur technique".

Le risque d'une éruption limnique

Mais jeudi matin, l'ordre donné par les autorités d'évacuer Goma est bien réel. Le principe de précaution semble de mise. "On ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac (Kivu) qui pourrait advenir sous très peu, voire sans aucun signe précurseur", explique le général Ndima, citant les noms de dix quartiers de la ville. Bis repetita. Des dizaines de milliers de personnes s'entrechoquent sur les routes, entraînant des embouteillages sur des kilomètres. Alors qu'ils quittent leur domicile, chargés de vivres, la situation sur le terrain évolue. La menace d'un scénario catastrophe est agitée par le gouvernement : le risque d'une éruption limnique.

Nyiragongo: "fausse alerte" sur une éruption, le gouvernement face à l'urgence

  Nyiragongo: Le gouvernement congolais a annoncé samedi par erreur l'éruption d'un petit volcan voisin du Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une bourde qui intervient au mauvais moment pour l'exécutif, de plus en plus critiqué pour sa gestion de la crise alors qu'il doit gérer l'urgence humanitaire. Le gouvernement fait désormais face à une crise humanitaire d'ampleur, une de plus dans une région déjà meurtrie depuis trois décennies par les violences des groupes armés.

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De quoi s'agit-il ? Cet événement survient quand les eaux profondes de lacs très riches en gaz remontent soudainement à la surface, libérant des quantités gigantesques de CO2 dans l'air et asphyxiant les populations alentour. Cette catastrophe ferait des milliers de victimes à Goma et au Rwanda voisin. Le scénario aurait pour conséquences d'asphyxier tous les êtres vivants autour du lac Kivu du côté congolais et rwandais. Ce type d'événement, rare, a déjà frappé le Cameroun en 1986, où le retournement du lac Nyos a tué près de 1 800 habitants et décimé plusieurs milliers de têtes de bétail.

L'incurie du pouvoir congolais critiquée

Vendredi matin, la ville de Goma - qui compte 600 000 habitants - est en grande partie vidée de ses habitants. Bonne nouvelle : la fréquence des séismes s'est atténuée. Si le calme semble avoir repris ses droits, la crise s'est déplacée, tout en prenant un tournant humanitaire. Les autorités rapportent que près de 400 000 personnes ont quitté la capitale de la province. Alors qu'il voit des milliers de personnes affluer sur son sol, le président rwandais Paul Kagame, se déclare "très préoccupé" par la situation du volcan Nyiragongo en RDC. Le chef de l'Etat appelle à un "soutien mondial et urgent" face à la "crise humanitaire.

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Pendant ce temps, le gouvernement congolais continue d'enchaîner les couacs. Après avoir annoncé l"éruption d'un petit volcan proche du Nyiragong, samedi, l'exécutif se rétracte estimant qu'il s'agit encore d'une "fausse alerte". Encore une fois, cette crise semble montrer l'incurie du pouvoir congolais qui essuie de nombreuses critiques sur la gestion de l'éruption soudaine. L'évacuation ordonnée jeudi s'est réalisée sans aucune organisation apparente ou soutien logistique, malgré les promesses des autorités. "Il est difficile d'avoir leur nombre exact pour organiser une prise en charge efficace, voilà pourquoi il y a eu un temps qui s'est passé", se défend l'exécutif, ce dimanche.

Loin des tribulations gouvernementales, plus d'un millier de réfugiés ont toutefois décidé de regagner Goma - un retour pourtant déconseillé par le président congolais qui a rappelé qu'une "coulée souterraine de lave peut surgir à tout moment n'importe où dans la ville." Les réplications sismiques secouent toujours la région en état d'alerte. Au total, 92 autres tremblements de terre ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, a déclaré un responsable du gouvernement local, ce dimanche à CNN. Si le dernier bilan fait état de 31 morts, la RDC retient encore son souffle. En espérant que le volcan fasse de même.

RD Congo : après l’éruption du volcan Nyiragongo, des familles recherchent toujours leurs enfants .
L’éruption du volcan Nyiragongo le 22 mai et l’ordre d’évacuation de la ville de Goma cinq jours plus tard ont entraîné le déplacement de milliers d’habitants dans l’est de la République démocratique du Congo. Lors de ces départs précipités, des enfants ont été séparés de leurs parents. Pour leur venir en aide, des organisations se mobilisent sur les réseaux sociaux et sur le terrain. Dans la nuit du 22 au 23 mai, l’entrée en éruption inattendue du volcan Nyiragongo a provoqué la panique à Goma, dans la province du Nord-Kivu, en RD Congo.

usr: 1
C'est intéressant!