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Monde Nyiragongo : le long chemin de survie des réfugiés de Goma

20:20  05 juin  2021
20:20  05 juin  2021 Source:   lepoint.fr

milliers d'évacuation de goma de Congo après plus d'activité volcanique

 milliers d'évacuation de goma de Congo après plus d'activité volcanique Kinshasa, Congo (AP) - Des dizaines de milliers de personnes évacuent la ville de Goma dans l'est du Congo de la peur d'une autre éruption volcanique de Mount Nyiragongo. © Fourni par Associated Press Traffic Sabots Une route principale en tant que résidents tentez de fuir Goma, Congo, le jeudi 27 mai 2021, cinq jours après l'éruption du mont Nyiragongo. Les commandes d'évacuation ont été données à la majeure partie de la ville, craignant d'autres éruptions et tremblements.


Vidéo: Eruption du Nyiragongo : la ville de Goma évacuée (Dailymotion)

  Nyiragongo : le long chemin de survie des réfugiés de Goma © Fournis par Le Point

Il est bientôt midi. Florence, accompagnée d'autres femmes, cueille quelques feuilles dans un champ de haricots du parc national des Virunga. « Ces feuilles, c'est tout ce que nous allons manger », dit-elle. Florence est une rescapée. Le 22 mai dernier, sans que personne s'y attende, le volcan Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), est entré en éruption. Les coulées de lave ont provoqué un exode de la population congolaise. « Le jour où ça a commencé, nous sommes partis à Saké », explique Florence. « Dieu nous a aidés et nous avons pu rentrer. Sur le retour, on nous a dit que c'était très dangereux de rester à Goma alors qu'une autre éruption menaçait. Nous avons décidé de repartir, car nous avions peur. Du coup, nous sommes venus ici jeudi à pied avec les enfants », poursuit-elle.

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Pénurie d'eau et d'électricité, menace de cendres volcaniques

Ici, c'est Kibumba, une localité située sur la route de Rutshuru, non loin du volcan, à quelques centaines de mètres à peine du lieu où l'ambassadeur d'Italie au Congo, Luca Attanasio a été assassiné en février dernier avec deux membres de son équipe.

Florence a trouvé refuge dans le Centre des jeunes de Nyiragongo. Un centre qui n'est ni fourni en eau ni en électricité. C'est là qu'elle cuisine ses denrées sur un foyer improvisé avec du charbon. « Je mets juste un peu d'huile de palme avec et c'est tout. Il n'y a pas d'eau », dit-elle montrant les feuilles couvertes de cendres volcaniques. « Nous les cuisinons telles quelles, sans les laver », poursuit-elle. Problème : la cendre volcanique est toxique.

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De fait, manger des fruits et légumes sans les laver correctement après une éruption peut avoir des effets particulièrement néfastes pour la santé, mais Florence s'en moque. « Je n'ai pas peur des maladies. Je n'ai rien à manger. Cela fait quatre jours que nous sommes ici et c'est la seule nourriture disponible », indique-t-elle.

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Le choléra menace?

Mais il n'y a pas que la cendre volcanique qui est à craindre. Avec cette absence d'eau potable, le choléra menace. Samuel, un agent d'Unicef, s'inquiète : « Cette zone était avant l'éruption une zone géographique de transmission de la maladie. Cette concentration de personnes et les mouvements successifs de la population augmentent le risque d'expansion de la maladie. » Hautement transmissible, cette maladie s'attrape au contact de l'eau souillée et génère des diarrhées de forte intensité. Selon l'OMS, le choléra peut causer la mort en quelques heures si aucun traitement n'est administré.

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? mais la riposte s'organise?

À Saké, où plus de 56 000 personnes sont venues se réfugier après l'ordre d'évacuation de la ville de Goma, la riposte s'organise. « À Saké, l'eau potable manque. Nous avons fait venir une trentaine de citernes. Avec la Croix-Rouge, nous installons en ce moment des points d'eau chlorée à différents endroits de la ville. Nous distribuons à la population des bâches en plastique, des seaux mais aussi du chlore », explique-t-on. En plus des distributions, au centre de santé de Saké, des médecins sont sur le pont pour détecter la maladie. « Entre le 27 et 29 mai, douze cas suspects de choléra, dont neuf enfants, ont été rapportés dans le centre de santé de Saké », rapporte Unicef.

? malgré un environnement plein de carences

Mais à Kibumba, il n'y a ni médecins ni travailleurs humanitaires. Floribert, le gardien du centre des jeunes de Nyiragongo, est seul pour s'occuper de l'afflux de réfugiés. Il raconte : « Lorsque j'ai entendu que le gouverneur de la province avait ordonné l'évacuation de Goma, j'ai tout de suite ouvert le centre. Il y a plus d'une centaine de personnes qui sont venues s'abriter ici, mais nous n'avons reçu l'aide de personne. »

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Le centre est situé dans un coin reculé du parc des Virunga. Il est entouré de champs et de quelques pâturages, un paysage vert, presque idyllique avec, en fond, le volcan qui se dessine dans la brume. Les réfugiés passent la journée dans ces pâturages, les enfants y jouent pendant que les parents cherchent de l'eau et de la nourriture.

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Difficile de s'approvisionner?

« D'habitude, pour s'approvisionner dans le centre, on utilise l'eau de pluie qu'on stocke ici dans ce réservoir », explique Floribert en pointant du doigt une tour de pierre d'environ 1,80 m. « Mais, poursuit-il, avec l'afflux des réfugiés, notre stock a très vite baissé et maintenant il est vide. Il ne pleut pas. Il n'y a plus rien pour boire et plus de toilettes. » Et d'ajouter : « Pour se fournir en eau, certains réfugiés achètent des jerricans d'eau sur la route à quelques centaines de mètres de là. Mais avec l'éruption, la demande est devenue de plus en plus importante et les prix ont augmenté. » « Avant, je payais 500 francs congolais pour un jerrican, aujourd'hui, il faut 1 500 francs congolais », explique Nyota, une réfugiée. Pour l'instant, elle a les moyens de payer, mais ce n'est pas le cas de tous.

? faute d'argent

Lorsque l'éruption a eu lieu, dans la précipitation, beaucoup n'ont pas pris beaucoup d'argent. C'est le cas de Fatuma. Cette jeune mère de famille a juste eu le temps d'attraper ses enfants avant que la coulée de lave ne réduise sa maison en cendres. Aujourd'hui, elle n'a plus rien. La situation la met hors d'elle. « J'ai des enfants, la dernière n'a même pas un an et elle a la diarrhée, mais personne ne nous aide. Nous sommes exposés à la maladie. Je ne me suis même pas lavée depuis mon arrivée. Comment pourrait-on se laver alors qu'il n'y a pas d'eau pour préparer à manger », dit-elle avec colère. Dans ce chaos, une lueur d'espoir est là, cristallisée dans la solidarité dont font preuve les familles dans le centre. Dans l'attente que l'État ou les travailleurs humanitaires leur viennent en aide, elles s'inscrivent dans une logique de partage malgré l'angoisse qui les tenaille. Parmi les raisons d'espérer, cette réalité qui fait que plus de 700 enfants ont pu retrouver leur famille. Pour rappel, avec la panique de l'éruption, plus de 1 300 familles avaient été séparées conduisant à mettre en place un système incluant des rondes, des centres d'accueil et des bracelets électroniques.

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usr: 1
C'est intéressant!