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Monde Cheikh Jarrah, un quartier palestinien de Jérusalem en sursis

14:30  11 juin  2021
14:30  11 juin  2021 Source:   lepoint.fr

Nations Unies a déclaré expulsion forcée des Palestiniens une «violation» de la loi

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  Cheikh Jarrah, un quartier palestinien de Jérusalem en sursis © Fournis par Le Point

Le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est est devenu en quelques semaines l'un des nouveaux symboles du conflit israélo-palestinien. Mais Aref Hammad ne sait pas si cela l'empêchera de perdre sa maison au profit de colons israéliens.

"J'ai peur qu'ils nous jettent à la rue, qu'ils dégagent tous les habitants du quartier", affirme ce Palestinien, qui habite ici, aux abords de la Vieille ville, depuis l'enfance.

"La situation est vraiment mauvaise", ajoute ce septuagénaire, qui partage sa maison avec 17 membres de sa famille.

Comme six autres familles palestiniennes du quartier, ils espèrent une intervention de la Cour suprême israélienne pour empêcher la mise en application de la décision du tribunal de Jérusalem d'attribuer les terrains à des colons israéliens.

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 Muna al-Kurd: Israël Détarte en vue d'une éminente Sheikh Jarrah Militant La police israélienne a détenu militant Muna al-Kurd, qui a été à la pointe de la campagne visant à empêcher les expulsions forcées de Palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah d'Occupied East Jerusalem, selon Agence de presse palestinienne Wafa. © Muna Al-Kurd, 23 ans, a longtemps été un avocat soulignant le sort des résidents de Sheikh Jarrah [IB ...

Fin avril, les manifestations en soutien aux sept familles ont embrasé plusieurs quartiers de Jérusalem-Est, puis l'esplanade des Mosquées et des villes mixtes israéliennes, avant de donner lieu à 11 jours de guerre entre le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, et l'armée israélienne.

Depuis, la tension est retombée mais la mobilisation continue. Sur les réseaux sociaux, Cheikh Jarrah est devenu un hashtag viral, un cri de ralliement à la cause palestinienne.

Pour M. Hammad, c'est là sans doute son dernier espoir: "Nous demandons à la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement israélien, qu'ils nous apporte le minimum de justice", lance-t-il.

"Deux justices"

Comme beaucoup d'habitants palestiniens du quartier, les Hammad se sont installés à Cheikh Jarrah dans les années 1950, au lendemain de la guerre de 1948 qui a suivi la création de l'Etat d'Israël.

Une militante palestinienne et une journaliste d'Al-Jazeera interpellées à Jérusalem

  Une militante palestinienne et une journaliste d'Al-Jazeera interpellées à Jérusalem Une jeune militante au coeur d'une campagne sur les réseaux sociaux pour contrer la possible éviction de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, a été interpellée dimanche par la police israélienne, au lendemain de l'arrestation musclée sur place d'une journaliste de la chaîne qatarie Al-Jazeera. Le 15 mai, l'immeuble qui abritait notamment les équipes de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et l'agence deDimanche matin, Mona el-Kurd, 23 ans, a été "emmenée au poste de police" à Jérusalem, a indiqué son père à l'AFP, ce qui a aussitôt suscité une vague de protestations dans les milieux palestiniens et sur les réseaux sociaux.


Vidéo: Conflit israélo-palestinien : Cheikh Jarrah est "au cœur des tensions" (France 24)

Jérusalem-Est est alors sous contrôle jordanien et l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) construit 28 logements pour redonner un toit à des familles déplacées.

La famille d'Aref Hammad, qui a fui Haïfa (nord), repart à zéro dans une de ces petites bâtisses, entourée d'abricotiers et de pêchers.

Mais en 1967, après la guerre des Six jours, Israël prend la partie orientale de la ville pour ensuite l'annexer, une décision condamnée par la communauté internationale qui ne reconnaît pas la souveraineté de l'Etat hébreu sur Jérusalem-Est.

En 1970, une nouvelle loi permet aux Israéliens de s'installer à Jérusalem-Est, dans les maisons où vivent pourtant des Palestiniens, s'ils peuvent faire valoir devant la justice une preuve de propriété datant d'avant 1948.

#SheikhJarrah, un quartier de Jérusalem-Est devient un hashtag viral

  #SheikhJarrah, un quartier de Jérusalem-Est devient un hashtag viral Pendant des décennies, Cheikh Jarrah n'était qu'un autre quartier de Jérusalem-Est occupée par Israël et le monde n'en n'avait pas entendu parler.L'homme qui a agité la conscience politique des stars, catalysé la colère d'une génération de Palestiniens et propulsé le nom en tendance Twitter pendant des jours, est un habitant du quartier âgé de 23 ans, Mohammed El-Kurd.

A l'inverse, aucune loi ne permet aux Palestiniens où à leurs millions de descendants disséminés dans la région de revenir dans les maisons qu'ils ont dû quitter en 1948.

"Il y a deux justices: une pour eux, pour qu'ils puissent récupérer leur propriété, et une pour nous qui nous l'interdit", dit Mohammad al-Sabbagh, un habitant de Cheikh Jarrah dont les parents ont dû quitter la région de Jaffa et leurs vergers d'orangers après 1948.

"Des faux"

A l'offensive côté israélien, le lobby procolonisation Nahalat Shimon International met en avant la présence juive depuis le XIXe siècle dans le quartier, notamment autour de la tombe du sage Simon II le Juste.

Mais selon Hosni Abou Hussein, avocat des familles de Cheikh Jarrah, cette revendication n'a aucune base légale.

"Les colons n'ont aucun droit (...), les documents qu'ils ont présentés sont des faux", accuse l'avocat qui est allé jusqu'à Istanbul, affirme-t-il, pour explorer les archives de l'époque ottomane.

Si les plaignants israéliens du cas de Cheikh Jarrah s'en tiennent à l'aspect foncier de l'affaire, d'autres organisations poussent en coulisse un agenda nettement plus politique.

"La prochaine étape de ce renouveau national requiert bien plus que l'installation de quelques familles dans ces quartiers stratégiques, ce qui est déjà très bien", explique dans son plaidoyer Ateret Cohanim, l'organisation nationaliste dont le but déclaré est de "faire refleurir la vie juive" à Jérusalem et qui a déjà lancé des procédures judiciaires pour récupérer des bâtiments dans un autre quartier de Jérusalem-Est, Silwan.

Selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), depuis 1967, un tiers des terrains de Jérusalem-Est ont déjà été colonisés par des Israéliens.

A Cheikh Jarrah et à Silwan, plus de 1.000 Palestiniens sont concernés par ces procédures d'expulsion, selon l'ONG israélienne anticolonisation Ir Amim.

11/06/2021 09:48:16 -          Jérusalem (AFP) -          © 2021 AFP

Marche de l'extrême droite à Jérusalem-Est, premier test pour le gouvernement .
Sous haute surveillance policière, plus d'un millier de militants nationalistes et de l'extrême droite israéliens ont défilé mardi à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé de la Ville sainte, sans toutefois mener aux affrontements craints par le gouvernement et une partie de la communauté internationale. Les Etats-Unis et l'ONU avaient appelé à la "retenue" avant cette marche controversée que le nouveau gouvernement israélien de Naftali Bennett, en fonction depuis dimanche, avait autorisé tout en balisant son tracé pour éviter des confrontations avec les Palestiniens.

usr: 0
C'est intéressant!