•   
  •   

Monde Le « miracle éthiopien » à la croisée des chemins

00:30  18 juin  2021
00:30  18 juin  2021 Source:   lepoint.fr

EXCLUSIF-Ethiopie-Quelque 350.000 personnes souffrent de la famine dans la région du Tigré-document de l'Onu

  EXCLUSIF-Ethiopie-Quelque 350.000 personnes souffrent de la famine dans la région du Tigré-document de l'Onu ETHIOPIE-CONFLIT/FAMINE (EXCLUSIF):EXCLUSIF-Ethiopie-Quelque 350.000 personnes souffrent de la famine dans la région du Tigré-document de l'OnuADDIS ABEBA/NEW YORK, 9 juin (Reuters) - Une analyse non publiée réalisée par des agences des Nations Unies et des groupes d'aide estime que quelque 350.000 personnes sont en situation de famine dans la région éthiopienne du Tigré, déchirée par le conflit, selon un document interne des Nations Unies consulté par Reuters mercredi.

  Le « miracle éthiopien » à la croisée des chemins © Fournis par Le Point

L'Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, se prépare à des élections législatives cruciales le 21 juin, avec en toile de fond la guerre et la famine qui déchirent la région du Tigré. Le Premier ministre, Abiy Ahmed, a fait de ce scrutin, dont il est favori, une priorité : désigné à son poste en 2018 par la coalition au pouvoir, le Prix Nobel de la paix 2019 entend obtenir l'onction populaire qui lui fait défaut. Lundi, quelque 37 millions d'électeurs seront appelés à élire leurs députés, lesquels désigneront le Premier ministre.

Dès sa nomination, dans la foulée d'un important mouvement de contestation antigouvernemental, le Premier ministre quadragénaire avait fait libérer des centaines de prisonniers politiques, annoncé la modernisation d'une économie très dirigiste mais à bout de souffle. L'optimisme est alors de mise du côté d'Addis-Abeba : le marché de 110 millions d'habitants a rapidement aiguisé l'appétit d'investisseurs privés. Alors que la campagne électorale ne suscite pas vraiment d'enthousiasme, les réformes économiques sont revenues au c?ur des enjeux du scrutin.

Etats-Unis et UE appellent à mettre fin au "cauchemar" du Tigré menacé de famine

  Etats-Unis et UE appellent à mettre fin au Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont lancé jeudi un appel pressant à l'action pour lutter contre un début de famine provoquée par le conflit dans le Tigré éthiopien, à la veille d'un sommet des dirigeants du G7 au Royaume-Uni. Les Etats-Unis ont décidé d'imposer des restrictions de visa à des responsables érythréens et éthiopiens accusés d'avoir attisé le conflit."La famine est peut-être déjà en cours dans certaines zones, menaçant la vie de centaines de milliers de personnes. C'est inadmissible", a lancé l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, lors d'une visioconférence internationale organisée par les Etats-Unis et l'UE.

À LIRE AUSSIÉthiopie : ce que le Tigré coûte à Abiy Ahmed

L'explosion de la dette

Trois ans plus tard, la volonté réformatrice du Premier ministre bute sur de multiples urgences, dont le conflit dans la région du Tigré, tandis que s'aggravent les crises de la dette et du change. « C'est pire aujourd'hui [?] Le pays est exsangue, à deux doigts de faire défaut » sur sa dette extérieure, lâche à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un diplomate européen qui loue pourtant le programme de réformes du gouvernement.

L'accroissement de la dette extérieure (environ 30 milliards de dollars, empruntés notamment à la Chine) a permis de financer, avant l'arrivée d'Abiy Ahmed, des infrastructures majeures, comme le train Addis-Abeba-Djibouti. Mais son remboursement ? environ deux milliards de dollars dus en 2021 ? est un défi immense pour l'Éthiopie, qui tente de restructurer cette dette, jusqu'ici sans succès.

Tigré: le gouvernement éthiopien reste ferme face au pape, au G7 et à Washington

  Tigré: le gouvernement éthiopien reste ferme face au pape, au G7 et à Washington Dans une semaine, les élections législatives se tiendront plusieurs fois reportées en Éthiopie, alors que le pays est de plus en plus isolé diplomatiquement en raison de la situation dans le Tigré. Le Premier ministre Abiy Ahmed a appelé ses concitoyens à participer au scrutin. Son gouvernement a rejeté les appels à la désescalade venus du G7, des États-Unis, de l'Union européenne et du pape François. Les États-Unis et l'Union européenne avaientLes États-Unis et l'Union européenne avaient une fois de plus appelé à un cessez-le-feu humanitaire, jeudi.

Preuve de l'inquiétude, l'agence de notation Moody's a dégradé la note souveraine éthiopienne en mai, la jugeant à « très haut risque ». Fitch Ratings l'avait déjà abaissée en février. « Nous ne sommes pas capables de payer », résume Alemayehu Geda, professeur d'économie à l'université d'Addis-Abeba.

Le problème réside moins dans le volume des prêts (la dette externe a baissé de 37,6 % à 26,8 % du PIB sous Ahmed) que dans la constante pénurie de dollars, nécessaires à l'État pour la rembourser, note l'économiste. L'Éthiopie importe bien plus qu'elle n'exporte, d'où un déficit structurel de devises.

Cette crise du change affecte aussi les entreprises, obligées de patienter des mois pour obtenir les dollars nécessaires à leur activité. Ainsi, l'actuelle pénurie de ciment s'explique notamment par l'impossibilité pour les cimentiers d'importer les pièces de rechange nécessaires à leurs usines devenues « obsolètes », explique Ashenafi Endale, rédacteur en chef du magazine Ethiopian Business Review.

Ethiopie: Abiy Ahmed, du vent du changement au tourbillon de la guerre

  Ethiopie: Abiy Ahmed, du vent du changement au tourbillon de la guerre Son arrivée au pouvoir en 2018 avait fait souffler un vent de changement en Ethiopie, consacré par le Nobel de la Paix. Mais à l'heure d'élections tant attendues, le Premier ministre Abiy Ahmed est embourbé dans les violences intercommunautaires et la guerre au Tigré. Malgré ces crises qui minent le pays et ont compliqué la préparation du scrutin, le Premier ministre maintient son cap et les bannières de son parti frappées d'une ampoule,Malgré ces crises qui minent le pays et ont compliqué la préparation du scrutin, le Premier ministre maintient son cap et les bannières de son parti frappées d'une ampoule, symbolisant un avenir radieux, s'affichent dans les rues de la capitale Addis Abeba.

À LIRE AUSSIÉthiopie : « La souveraineté du pays est en jeu »

La guerre dans le Tigré coûte cher

Parallèlement, l'inflation, récemment qualifiée par le Premier ministre de « cancer de l'économie », reste forte (13,1 %), avec notamment une hausse des prix alimentaires qui affecte le budget des ménages. Le niveau de pauvreté s'est aggravé et le Covid a par ailleurs fait basculer à lui seul « 3 à 4 millions » de personnes dans la pauvreté.

Dans un discours au Parlement, fin mars, Abiy Ahmed a admis que la volonté du gouvernement avait été freinée par la pandémie. « Lorsque nous avons conçu notre programme de réformes, il n'y avait pas le Covid-19 », a-t-il dit, ajoutant que d'autres crises, dont les « conflits », ont forcé Addis-Abeba à « dépenser de grandes quantités d'efforts, de temps et de ressources ».

Le gouvernement a lancé il y a sept mois une opération militaire au Tigré, dans le Nord, afin d'en déloger les autorités locales dissidentes. Un conflit qui s'enlise. Le coût de cette guerre est déjà énorme. Les entreprises installées dans la zone subissent les coupures des principales routes, sans compter la forte présence des militaires. D'après les observateurs, les autorités ont ciblé des entreprises éthiopiennes soupçonnées de travailler avec le Front populaire de libération du Tigré, l'ancien parti au pouvoir de la région, qui combat le gouvernement central.

Envoyé de l'UE: leadership éthiopien envisage de «effacer» Tigrayans

 Envoyé de l'UE: leadership éthiopien envisage de «effacer» Tigrayans Nairobi, Kenya (AP) - Les dirigeants de l'Éthiopie dans des pourparlers à la porte fermée avec un envoyé spécial de l'Union européenne plus tôt cette année ont déclaré: «Ils vont éliminer les Tigrayans pour 100 années, "l'envoyé a déclaré cette semaine, avertissant qu'un tel objectif" nous cherche comme le nettoyage ethnique ".

S'ajoute à ce coût déjà bien élevé le soutien à la population du Tigré, où 5,2 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire et 350 000 sont menacées de famine, selon l'ONU. Le Covid-19 a freiné la croissance, passée selon le FMI de 9 % en 2019 à 6,1 % en 2020 et à 2 % prévus en 2021. Si l'agriculture (1/3 du PIB) a bien résisté, d'autres secteurs comme le tourisme ont vu leurs revenus baisser « énormément », note l'économiste. La croissance est cependant restée positive et le FMI prévoit qu'elle revienne à 8 % dès 2022.

Le ministère des Affaires étrangères a beau tenter de rassurer les investisseurs en affirmant que certaines usines du Tigré avaient repris leurs activités et les exportations, la réalité est que le secteur du textile (et il est loin d'être le seul) était déjà en souffrance avant le conflit et la pandémie. Alors que l'Éthiopie s'est lourdement endetté notamment auprès de la Chine pour construire les infrastructures et les parcs industriels, se rêvant en future usine du monde, les autorités ont misé sur un modèle difficile à dupliquer sur place basé sur une forte production et des salaires très bas.

À LIRE AUSSIL'Éthiopie, un pays plein de promesses

Un modèle économique qui tangue

Mais pour sauver son fauteuil, le Premier ministre a un argument de taille. Le pays est plus ouvert. Moins de 10 % des secteurs étaient ouverts aux investisseurs étrangers il y a quelques années, et « c'est maintenant l'inverse », note Olivier Poujade, fondateur de East Africa Gate, société de conseil en investissement. Il salue « une mentalité très différente. »

Certes, certaines réformes spectaculaires se font encore attendre, comme la privatisation partielle d'Ethiopian Airlines. Mais celle de l'opérateur public Ethio Telecom vient d'être lancée et, fin mai, une licence télécom a été attribuée à un consortium mené par le kényan Safaricom, mettant fin au monopole d'État sur ce secteur-clé.

De son côté, le groupe français Soufflet, l'un des leaders mondiaux du malt ? composé essentiel de la bière ?, vient de lancer une usine à Addis-Abeba, sa première implantation en Afrique. La construction, dans l'un des parcs industriels créés par le gouvernement pour attirer les investisseurs, a connu quelques accrocs. « Le défi important pour nous, c'est de gérer le décalage qu'il peut y avoir entre le discours et la réalité », explique son directeur général Christophe Passelande, soulignant cependant l'attrait de ce marché prometteur.

À LIRE AUSSIÉthiopie : l'abiymania ne fait plus rêver

Matériel de suspension? Barzal a été éjecté pour une vérification croisée Rutta dans le jeu 5 .
Star Star Mathew Barzal a reçu une faute de jeu et une vérification croisée majeure après avoir attrapé le défenseur de la foudre Jan Rutta Up High. Ce peu de violence a eu lieu à un moment commun: après le sifflet final de la période. (Dans le cas de cette vérification croisée de Barzal sur Rutta, elle s'est produite à la fin de la deuxième période d'insulaires - Jeu de foudre 5.) Après avoir empoté deux autres buts après que Barzal ait été éjecté, La foudre battez les insulaires 8-0 dans le j

usr: 2
C'est intéressant!