•   
  •   

Monde Droits des LGBT : les Européens tancent la Hongrie et regrettent de voir l'UEFA plier face à Budapest

00:55  23 juin  2021
00:55  23 juin  2021 Source:   lefigaro.fr

REPORTAGE. Euro 2021 : « Orbán a colonisé le foot », en Hongrie, le ballon au service du pouvoir

  REPORTAGE. Euro 2021 : « Orbán a colonisé le foot », en Hongrie, le ballon au service du pouvoir ​Des stades pleins, une ambiance brûlante et des visages découverts. Bienvenue à Budapest, où l’Euro 2021 se vit comme dans le monde d’avant. Derrière l’image de carte postale, il y a l’emprise du nationaliste Viktor Orbán, le Premier ministre fan de football, qui en a fait un instrument de son pouvoir. Reportage. C’est un village sans âme, traversé par une longue ligne droite et bordée des jardins d’habitations discrètes. On y trouve même la maison d’enfance du Premier ministre Viktor Orbán, mais l’essentiel se trouve de l’autre côté de la route, à l’entrée de Felcsút.

La Hongrie s’est retrouvée sous le feu des critiques, mardi 22 juin, à Luxembourg, où treize pays européens , « profondément inquiets » , ont appelé la Commission à agir après l’adoption à Budapest d’une législation interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs. Le ministre a salué « le bon sens » des dirigeants du football européen qui ont refusé l’illumination du stade de Munich, l’Allianz Arena. La ville a néanmoins décidé de pavoiser plusieurs de ses bâtiments.

Certains droits des personnes lesbiennes, gays , bisexuelles et transgenres sont protégés par des traités et des lois au sein de l ’ Union européenne . L’homosexualité est légale dans tous les États membres, la discrimination à l’embauche est bannie depuis 2000.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Budapest samedi, avant le match opposant la France et la Hongrie. © LASZLO BALOGH / REUTERS Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Budapest samedi, avant le match opposant la France et la Hongrie.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, n'est pas près d'oublier la réunion qu'il a eue mardi à Luxembourg et au cours de laquelle son pays a été très vivement critiqué par nombre de ses collègues de l'UE. En cause, les amendements aux textes existants – lois sur la protection de l'enfance, les activités publicitaires commerciales, les médias, la protection de la famille et l'éducation publique — votés la semaine dernière à Budapest afin d'interdire la «promotion» de l'homosexualité auprès des mineurs.

Euro 2021. L’UEFA ouvre une enquête après une banderole homophobe et des cris de singes à Budapest

  Euro 2021. L’UEFA ouvre une enquête après une banderole homophobe et des cris de singes à Budapest L’instance européenne ouvre une enquête après qu’une banderole homophobe et des cris racistes ont été rapportés lors des deux premiers matches de la Hongrie. L’UEFA a annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête disciplinaire sur une banderole homophobe déployée à Budapest pendant Hongrie-Portugal (0-3) mardi, puis des cris de singe entendus samedi dans la tribune des ultras hongrois lors du match Hongrie-France (1-1).

Les clubs de football de Francfort et Cologne ont également annoncé qu'ils illumineraient leurs propres stades en soirée à ces couleurs. "Les développements en Hongrie sont effrayants, il est d'autant plus important d'envoyer un signal", a déclaré le patron du FC Cologne Alexander Wehrle. " L ' UEFA n'a pas compris les signes de notre temps, et il est facile de voir de quel côté ils se placent, avec leur décision", a taclé de son côté le porte-parole de la Fédération allemande des LGBT Markus Ulrich.

Les lois homophobes votées en Hongrie ne sont pas du goût de la ville de Munich qui espère bien répliquer à Face à la presse, Paul Pogba retire une bouteille de bière posée sur le pupitre. Hostile à une telle législation liberticide, la ville de Munich s’adressera ce lundi à l ’ UEFA pour lui demander

Ces nouvelles dispositions, approuvées comme un seul homme par le Fidesz – le parti de Viktor Orban — , entendent «protéger les droits des enfants» en introduisant, pour les moins de 18 ans, une interdiction de «la représentation et de la promotion d'une identité de genre différente du sexe à la naissance, du changement de sexe et de l'homosexualité».

» LIRE AUSSI - Manifestation en Hongrie contre une loi interdisant la représentation de l'homosexualité

Dans une déclaration commune dont la Belgique a eu l'initiative, pas moins de 14 États membres – Belgique donc, Pays-Bas, Luxembourg, France, Allemagne, Danemark, Estonie, Lituanie, Lettonie, Irlande, Lettonie, Espagne, Suède et Italie — font état de leur «profonde inquiétude» face aux nouvelles dispositions hongroises «violant le droit à la liberté d'expression sous prétexte de protéger les enfants». Ils dénoncent «une forme flagrante de discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, l'identité et l'expression sexuelle » et une violation de «la liberté d'expression, en limitant la liberté d'opinion et de recevoir et communiquer des informations sans ingérence de l'autorité publique, comme le prévoit la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne». S'inquiétant d'une «stigmatisation des personnes LGBTQI contraire à la Charte des droits fondamentaux de l'UE», ils demandent «instamment à la Commission européenne en tant que gardienne des traités à utiliser tous les outils à sa disposition pour garantir le plein respect du droit de l'UE, y compris en saisissant la Cour de justice». Pour la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, cette déclaration est «un appel clair à l'action». «L'Europe des valeurs n'est pas un menu à la carte», affirme-t-elle dans un communiqué.

UEFA refuse de léger le stade de Munich dans les couleurs arc-en-ciel pour l'Allemagne-Hongrie Match

 UEFA refuse de léger le stade de Munich dans les couleurs arc-en-ciel pour l'Allemagne-Hongrie Match de la décision de l'UEFA de bloquer les plans de Munich à allumer l'arène Allianz dans les couleurs de Rainbow pour l'Allemagne-Hongrie Euro 2020 Match a été réuni mardi avec défi dans la ville bavaroise qui a promis de décorer d'autres repères de protestation lors d'une loi adoptée par le gouvernement hongrois.

Organisateur de l’Euro, l ’ UEFA rappelle en outre qu’elle mène depuis longtemps des campagnes en faveur de la diversité et de l’égalité dans le football . Des comportements discriminatoires ont entaché à la fois des matches et, en dehors des stades, le discours en ligne autour du sport que nous aimons », déclare l’instance, qui a annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête disciplinaire sur une banderole homophobe déployée à Budapest pendant Hongrie -Portugal (0-3) la semaine dernière.

Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune a dit mardi « regretter » le refus de l ' UEFA de permettre l'illumination du stade de Munich aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT pour le match de l'Euro Allemagne- Hongrie mercredi.

Budapest sous surveillance


Vidéo: Droits des LGBT : la Hongrie sous le feu des critiques européennes (Euronews)

Quid des autres pays de l'UE ? Comme c'est souvent le cas, certains n'ont pas répondu aux sollicitations. Selon une source européenne, la Grèce et l'Autriche auraient refusé de signer le texte. Tout comme l'Italie qui attendait d'entendre les explications de la Hongrie pour se faire son opinion et s'est finalement ravisée en début de soirée. «Aucune clarification satisfaisante n'est venue de la Hongrie sur les lois approuvées», a expliqué le ministre des Affaires européennes, Enzo Amendola. La liste des États membres va-t-elle s'allonger ? Probablement. D'autant que Viktor Orban a récemment claqué la porte du puissant PPE, le premier parti européen. «Il y aura d'autres pays», assure un diplomate.

Bien évidemment, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a, pour sa part, dénoncé des «fake news», affirmant que la loi «indique seulement que tant que les enfants ont moins de 18 ans, leur éducation sexuelle relève exclusivement de leurs parents» et qu'elle ne vise «aucune communauté en Hongrie (mais) seulement les pédophiles». Une formule pour le moins maladroite puisqu'elle fait un lien, comme l'ont souligné plusieurs ministres européens, entre homosexualité, pédophilie et pornographie dont il est aussi question dans les amendements aux lois hongroises.

Du stade de Munich aux couleurs LGBT au tweet de Griezmann, le « Rainbowgate » secoue le foot européen

  Du stade de Munich aux couleurs LGBT au tweet de Griezmann, le « Rainbowgate » secoue le foot européen La ville voulait illuminer son stade avec le drapeau arc-en-ciel pour le match Allemagne-Hongrie, mais l’UEFA a refusé. En soutien, d’autres initiatives pro-LGBT voient le jour. Le « Rainbow-gate » enflamme le football européen depuis trois jours. Dimanche, la ville de Munich a annoncé son intention d’illuminer son stade aux couleurs LGBT pour le match Allemagne-Hongrie de l’Euro 2021 prévu mercredi, en réaction à une loi hongroise discriminatoire visant cette communauté.

L’autorité du football européen refuse toute politisation, souligne Kévin Veyssière, spécialiste de la géopolitique du sport. Le service communication de l ’ UEFA ne chôme pas durant l’Euro. Entre le maillot ukrainien antirusse, les génuflexions antiracistes de plusieurs équipes et la proposition La proposition de la municipalité munichoise d’envoyer «un signe visible de solidarité avec la communauté LGBTI de Hongrie » avait fait bondir Budapest . C’est donc avec soulagement que le ministre hongrois des Affaires étrangères a appris la nouvelle: «Dieu merci», les dirigeants du football européen ont fait

De la droite , le milieu français tente un centre fort devant le but mais Gulacsi repousse avec vigilance ! Les Bleus vont devoir se montrer patients pour déstabiliser cette Hongrie . Mais manquées. La Hongrie a été efficace en contre et oblige les Français à prendre des risques en seconde période. La Hongrie mène à la pause face aux Bleus (1-0).

Budapest est, depuis plusieurs années, sous surveillance de l'UE pour ses atteintes régulières à l'État de droit, notamment l'indépendance de la justice, la liberté des médias ou encore des universités. La Hongrie est, comme la Pologne, sous le coup d'une procédure article 7 qui peut, dans l'absolu, déboucher sur une suspension des droits de vote au Conseil. Mais qui n'a aucune chance d'aboutir. Elle requiert en effet l'unanimité mais Budapest et Varsovie se soutiennent.

L'UEFA critiquée pour sa décision

La réunion de mardi a pris d'autant plus de relief que l'UEFA a également annoncé le matin qu'elle n'illuminerait pas le stade de Munich aux couleurs du drapeau arc-en-ciel à l'occasion du match, qui opposera l'Allemagne à la Hongrie, mercredi soir. C'était une demande du maire de la ville bavaroise, pour protester contre la loi hongroise. «Je regrette cette décision parce que je crois que cela aurait été un symbole très fort. L'UEFA argue de règles internes que je peux comprendre : pas de message politique», a déploré le ministre aux Affaires européennes, Clément Beaune, ajoutant qu'on est dans ce cas précis dans «un message de valeurs profondes» et non dans «une option partisane». La décision de l'UEFA semble également avoir créé un certain malaise à la Commission alors que les deux institutions travaillent main dans la main et ont de nombreux partenariats, notamment sur l'inclusion, la lutte contre l'obésité ou encore la vaccination. «Je n'arrive pas à comprendre pourquoi l'UEFA a pris cette décision. Elle se tire une balle dans le pied et se met du mauvais côté», confie un haut fonctionnaire européen. Budapest, au contraire, s'est réjoui du refus de l'instance du football européen. «L'UEFA a pris la bonne décision en choisissant de ne pas participer à la provocation politique contre la Hongrie», a réagi sur Twitter le porte-parole de Viktor Orban, Zoltan Kovacs.

Ce mercredi, lors du match Allemagne-Hongrie, le «spectacle» pourrait aussi avoir lieu dans les tribunes. Une banderole homophobe avait été déployée le 15 juin à Budapest pendant le match Hongrie-Portugal et des cris de singe ont été entendus samedi lors du match Hongrie-France. L'UEFA a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête.

Droits LGBT en Hongrie : La Commission européenne avertit une nouvelle fois Budapest .
L’UE ne veut pas qu’une loi qu’elle juge contre les valeurs européennes entre en vigueur en Hongrie © Bela Szandelszky/AP/SIPA Une manifestation LGBT devant le parlement hongrois, à Budapest le 14 juin 2021. DISCRIMINATIONS - L’UE ne veut pas qu’une loi qu’elle juge contre les valeurs européenn La Hongrie est une fois de plus sous le feu des critiques de ses partenaires européens. Bruxelles a lancé mercredi un nouvel avertissement à Budapest pour que les autorités renoncent à la loi accusée de discriminer les personnes LGBT​.

usr: 1
C'est intéressant!