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Monde Logiciel espion Pegasus : dans le monde, un scandale au retentissement limité

01:00  23 juillet  2021
01:00  23 juillet  2021 Source:   abonnement.leparisien.fr

« Projet Pegasus ». Trois choses à savoir sur ce logiciel espion au cœur d’un immense scandale

  « Projet Pegasus ». Trois choses à savoir sur ce logiciel espion au cœur d’un immense scandale Le logiciel de l’entreprise israélienne NSO est au cœur d’un scandale d’espionnage mis au jour par le consortium de journalistes Forbidden Stories et Amnesty International. Il aurait servi à espionner des militants, journalistes et activistes illégalement dans de nombreux pays. Pegasus aurait permis la mise sous surveillance de 50 000 numéros de téléphone, dont ceux d’au moins 180 journalistes, 600 personnalités politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise, d’après l’analyse menée par le consortium qui a localisé de nombreux numéros au Maroc, en Arabie saoudite ou au Mexique.

Baptisé "Projet Pegasus ", ce nouveau scandale mondial sur la surveillance, met au jour les pratiques d’une dizaine de pays qui ont en commun d’avoir utilisé ces dernières années, sans le moindre contrôle, un logiciel espion surpuissant commercialisé par une société privée israélienne, NSO. La liste de numéros analysée par le consortium montre qu’au moins 180 journalistes ont été sélectionnés comme cibles avec ce logiciel dans le monde , particulièrement en Inde, au Mexique, au Maroc et en France. Parmi les numéros sélectionnés on trouve également ceux de militants des droits de l’homme

Scandale Pegasus : Sommes-nous tous inconsciemment en train de devenir des espions ? Gordon Corera. Correspondant Sécurité. Mais les problèmes sont plus larges que ce genre de logiciel espion pour téléphone. D'autres capacités de renseignement haut de gamme se répandent également rapidement. Même les outils pour perturber une entreprise en ligne sont désormais facilement accessibles. Dans le passé, de faux logiciels de décodage et de protection (ransomwares) - dans lesquels les pirates exigent un paiement pour déverrouiller l'accès à votre système - étaient l'apanage

Des membres du parti du Congrès indien portent des banderoles et des pancartes et crient des slogans lors d'une manifestation à New Delhi le 20 juillet 2021. Ils protestent contre le gouvernement dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP) et le Premier ministre indien Narendra Modi, potentiellement impliqués dans une opération de surveillance présumée utilisant le logiciel espion Pegasus. AFP / Prakash Singh © PRAKASH SINGH Des membres du parti du Congrès indien portent des banderoles et des pancartes et crient des slogans lors d'une manifestation à New Delhi le 20 juillet 2021. Ils protestent contre le gouvernement dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP) et le Premier ministre indien Narendra Modi, potentiellement impliqués dans une opération de surveillance présumée utilisant le logiciel espion Pegasus. AFP / Prakash Singh

L’affaire Pegasus, du nom de ce logiciel espion commercialisé par la société israélienne NSO Group, continue d’avoir des répercussions. En France, quatre jours après la publication d’une enquête révélant la surveillance potentielle de 50 000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016, un Conseil de défense exceptionnel a été convoqué par Emmanuel Macron ce jeudi.

Espionnés par le Maroc, Mediapart et Le Canard enchaîné portent plainte

  Espionnés par le Maroc, Mediapart et Le Canard enchaîné portent plainte Espionnés par le Maroc, Mediapart et Le Canard enchaîné portent plainteUn service de sécurité marocain a utilisé un logiciel espion mis au point par une société israélienne pour viser une trentaine de journalistes et de patron de médias français sur un millier de Français concernés. Outre Lénaïg Bredoux et Edwy Plenel, on retrouve le nom de Dominique Simonnot, ancienne enquêtrice du Canard enchaîné et désormais contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, mais aussi d’une journaliste du Monde qui a souhaité rester anonyme.

Après l'affaire du logiciel espion israélien Pegasus , qui aurait servi à espionner «des journalistes, des avocats, des militants et des responsables politiques de nombreux pays, dont la France», Ursula von der Leyen et Gabriel Attal ont réagi le 19 juillet. La présidente de la Commission européenne a estimé que des vérifications étaient nécessaires mais qu'en cas de véracité, cette affaire «est complètement Le Monde précise par exemple que le polémiste Eric Zemmour et le journaliste Edwy Plenel auraient tous deux fait l'objet de tentatives d'espionnage via ce logiciel , réussie dans le cas du second.

Ce sont les méthodes qui ont l’air de changer», confie au Monde un haut fonctionnaire algérien, lui-même ciblé par le logiciel - espion . De fait, les deux plus importantes puissances maghrébines se livrent à une sourde rivalité dans la région, par le biais de leurs initiatives diplomatiques respectives. Exemple symptomatique: sur le dossier libyen, le Maroc n’avait pas invité l’Algérie, qui partage une frontière de près de 1.000 kilomètres avec la Libye, à participer aux cycles de discussions de Skhirat ou de Bouznika à l’automne 2020.

Et à l’étranger ? Si la liste comprend au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de nombreux pays, d’après l’analyse du consortium Forbidden Stories, les réactions semblent modérées. Tour d’horizon.

Dans le camp des accusés, le Maroc. Le royaume a décidé de répondre judiciairement à ce qu’il qualifie de « campagne médiatique mensongère, massive et malveillante », en poursuivant ceux qui accusent Rabat d’utiliser le logiciel espion. Parallèlement, le parquet général marocain a annoncé « l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations afin d’identifier les parties à l’origine de leur publication ».

Des enquêtes aussi en Hongrie et en Israël

Affaire Pegasus : une enquête ouverte à Paris sur l’espionnage de journalistes

  Affaire Pegasus : une enquête ouverte à Paris sur l’espionnage de journalistes Le Parquet de Paris a ouvert une enquête, ce mardi 20 juillet, concernant le logiciel Pegasus à la suite de plaintes par plusieurs médias comme Le Canard Enchaîné et Médiapart, dont plusieurs journalistes ont été espionnés. Le parquet de Paris a ouvert mardi 20 juillet une enquête sur l’espionnage de journalistes français dont l’infiltration de téléphones par le logiciel Pegasus pour le compte de l’État marocain, qui le conteste, a été révélée dimanche par un consortium de médias, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Un haut responsable du géant israélien de cybersécurité NSO a soutenu mercredi 21 juillet que le président français Emmanuel Macron n'avait pas été ciblé par son logiciel controversé Pegasus , au cœur d' un scandale mondial d'espionnage qui a poussé l'ONG Reporters sans frontières à demander un Le président français Emmanuel Macron, le roi du Maroc Mohammed VI et le premier ministre pakistanais Imran Khan figurent sur la liste des cibles potentielles de Pegasus , tout comme plus de 180 journalistes à travers le monde qui auraient été espionnés par différents Etats ayant eu accès au

Selon France Info et Le Monde , un numéro de portable du président français aurait été sélectionné par le Maroc pour une éventuelle mise sous surveillance par le logiciel espion Pegasus . Rabat a néanmoins déjà démenti tout espionnage via ce logiciel . Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse» : c'est ainsi que l'Elysée a commenté ce 20 juillet, auprès de l'AFP, les informations rapportées par plusieurs médias selon lesquelles un téléphone du président de la République aurait été sélectionné dans l 'optique d'une potentielle mise sous surveillance par un ou

En Hongrie, autre pays accusé d’avoir eu recours aux services de la société israélienne, le parquet de Budapest a ouvert une enquête à la suite de plusieurs plaintes. En Israël, où tout a commencé, c’est une enquête parlementaire qui a été ouverte. « La Défense a désigné une commission composée d’un certain nombre de groupes », a indiqué à la radio militaire Ram Ben-Barak, à la tête de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien (Knesset). « À l’issue de l’enquête (…) nous évaluerons si nous devons apporter des corrections », a ajouté le député centriste et ancien directeur adjoint du Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens.

En Europe, la présidente de la commission européenne, Ursula Van der Leyen, a haussé le ton et condamné une affaire « complètement inacceptable » si elle est avérée. « La liberté de la presse est une valeur centrale de l’Union européenne », a-t-elle dit devant des journalistes en déplacement à Prague.

Pegasus: l’un des reporters les plus connus en Hongrie à la fois chasseur et cible

  Pegasus: l’un des reporters les plus connus en Hongrie à la fois chasseur et cible C’est l’un des reporters les plus connus en Hongrie, plusieurs fois couronné meilleur journaliste d’investigation du pays (2015, 2016, 2020). Szabolcs Panyi travaille pour le journal en ligne Direkt 36, un média indépendant spécialisé dans les affaires de corruption. Il fait partie du consortium de journalistes qui a révélé l’affaire Pegasus, ce vaste scandale d’espionnage. Son cas est un peu spécial : il est à la fois le chasseur… et la cible ! Car son téléphone a été infecté par le logiciel espion.

Le Maroc, accusé d'avoir eu recours au logiciel d'espionnage Pegasus , a décidé d'attaquer en diffamation Amnesty International et Forbidden Stories devant le tribunal correctionnel de Paris, a annoncé ce 22 juillet son avocat dans un communiqué transmis à l'AFP. Le 21 juillet, Le Monde et Radio France, membres du consortium, ont révélé qu'une ligne de téléphone du président français faisait partie des «numéros sélectionnés par un service de sécurité de l'Etat marocain ( ) pour un potentiel piratage».

En France, Le Monde et la cellule d'investigation de Radio France ont pris part à cet effort et d'autres histoires sont à venir. On a travaillé dans presque tous les pays du monde pour révéler un scandale mondial qui est loin d'être terminé", assure le journaliste et réalisateur de documentaires d'investigation. Logiciel espion Pegasus : Emmanuel Macron et de nombreux ministres ont été visés. Projet Pegasus : vers une polémique politique ? les sujets associés.


Vidéo: Emmanuel Macron demande "un renforcement de tous les protocoles de sécurité" (Dailymotion)

La chancelière allemande Angela Merkel, elle, a demandé jeudi plus de restrictions sur la vente de logiciels espion du type de « Pegasus ». « Il est important » que de tels logiciels « n’arrivent pas entre de mauvaises mains » et « il ne faudrait pas vendre ces logiciels à des pays où la surveillance des opérations (d’écoute) par la justice n’est peut-être pas garantie », a déclaré la chancelière, récemment espionnée par les services américains via le Danemark.

Un appel qui a trouvé un écho du côté de New York et de l’Organisation des Nations unies, où la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a réclamé elle aussi une meilleure « réglementation » du transfert et des technologies de surveillance. « Sans cadre réglementaire respectueux des droits de l’homme, il y a tout simplement trop de risques que ces outils soient détournés pour intimider les critiques et réduire au silence ceux qui contestent », a-t-elle souligné. « Les gouvernements devraient cesser immédiatement d’utiliser ces techniques de surveillance pour violer les droits humains, et doivent prendre des mesures concrètes pour protéger contre ces intrusions dans la vie privée en réglementant la distribution, l’utilisation et l’exportation de ces technologies de surveillance créées par d’autres. »

Un ex-diplomate et ex-conseiller NSO, avait vu "les dérives possibles" de Pegasus

  Un ex-diplomate et ex-conseiller NSO, avait vu Peu de personnes extérieures ont accès au monde ultra-secret de NSO Group, le fabricant israélien du logiciel espion Pegasus, au cœur d'un scandale mondial de piratage téléphonique. Gérard Araud, ancien ambassadeur de France, est l'une d'entre elles. Le diplomate récemment retraité a pris un poste de consultant auprès de NSO en 2019, pour conseiller sur les questions liées aux droits humains, peu après avoir quitté son poste d'ambassadeur deLe diplomate récemment retraité a pris un poste de consultant auprès de NSO en 2019, pour conseiller sur les questions liées aux droits humains, peu après avoir quitté son poste d'ambassadeur de France à Washington pendant les années tumultueuses de la présidence de Donald Trump

Manifestations en Inde

C’est toutefois en Inde que l’on a assisté aux réactions les plus importantes. Des rassemblements ont été organisés notamment à New Delhi par le Parti du Progrès, mardi, après les révélations concernant le pays. Les téléphones du chef de l’opposition, d’une trentaine de journalistes, d’hommes d’affaires et de militants des droits humaines entre autres auraient été visés. Sushant Singh, un journaliste ciblé par le logiciel Pegasus, parle d’un « moment Watergate » en Inde. Le ministre de l’Intérieur a dénoncé sur Twitter des « conspirations ». Le gouvernement de Narendra Modi est confronté, en plus de ces révélations, a d’importants mouvements des paysans, opposés à une réforme agricole, et aux critiques contre sa gestion de la pandémie de Covid en Inde.

Dans une déclaration à propos de Pegasus, le président mexicain Andrès Manuel Lòpez Obrador a enfin estimé que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, devrait être libéré. « Il est en prison injustement (…) pour avoir fait connaître des informations similaires. »

Des proches de l’actuel président mexicain auraient été visés par le logiciel Pegasus. Le ministère public général de la République a indiqué l’ouverture d’une enquête qui vise l’ancien procureur général de la République.

Pegasus: comment contre-attaquer juridiquement face au cyber-espionnage? .
L’enquête collaborative menée par un consortium international de journalistes a révélé en juillet 2021 le Projet Pegasus, un logiciel d’espionnage développé et commercialisé par l’entreprise israélienne NSO, dont certaines autorités étatiques, notamment marocaine et hongroise, auraient fait usage. Selon l’enquête, le logiciel aurait permis à des États de prendre le contrôle des téléphones d’un certain nombre de personnes, parmi lesquels des chefs d’États et des membres de gouvernements, mais aussi des journalistes, des avocats et diverses personnalités politiques ou de la société civile.

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