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Monde Pegasus : Amnesty pointe « une crise des droits humains mondiale »

16:45  24 juillet  2021
16:45  24 juillet  2021 Source:   lepoint.fr

Projet Pegasus. Maroc, France, Hongrie... Des journalistes mis sous surveillance

  Projet Pegasus. Maroc, France, Hongrie... Des journalistes mis sous surveillance Plus de 180 journalistes ont été la cible du logiciel espion Pegasus, révèle une enquête publiée dimanche par un consortium de dix-sept médias internationaux nommé « Projet Pegasus ». Parmi eux, des Français dont le fondateur du site d'information Mediapart, Edwy Plenel. Des journalistes du monde entier ont été espionnés grâce au logiciel espion Pegasus mis au point par l'entreprise israélienne NSO Group, selon une enquête publiée dimanche 18 juillet par un consortium de dix-sept médias internationaux, dont font notamment partie Le Monde, la cellule investigation de Radio France, The Guardian et The Washington Post.

Pegasus, espionnage, Amnesty International © Forbidden Stories / Cellule Investigation / Radio France Pegasus, espionnage, Amnesty International

Amnesty International monte une nouvelle fois au créneau après les révélations sur le logiciel d'espionnage Pegasus. Pour l'ONG, cette affaire révèle « une crise des droits humains mondiale ». De quoi la pousser à demander un moratoire sur la vente et l'utilisation des technologies de surveillance avant la mise en place d'un cadre réglementaire. L'ONG alerte dans un communiqué sur « les effets dévastateurs sur les droits humains partout dans le monde d'un secteur de la cybersurveillance peu réglementé ».

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  Espionnage de journalistes et d'opposants: l'affaire Pegasus suscite l'indignation Des organisations de défense des droits humains, des médias, l'Union européenne et des gouvernements s'indignaient lundi des révélations sur l'espionnage à l'échelle mondiale de militants et de journalistes au moyen du logiciel Pegasus, conçu par l'entreprise israélienne NSO Group. Avant NSO, d'autres entreprises israéliennes ont été soupçonnées de fournir des logiciels espion à des gouvernements peu regardants sur les droits humains, avec le feu vert du ministère israélien de la Défense.

Les révélations du projet Pegasus « montrent clairement les dangers et les préjudices auxquels sont exposées les personnes illégalement prises pour cible », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, citée dans ce communiqué. La société israélienne NSO, qui a conçu le logiciel, « est une entreprise parmi d'autres. Il s'agit d'un secteur dangereux qui opère depuis trop longtemps à la limite de la légalité », déplore Amnesty. « Il est absolument urgent que soient renforcés la réglementation du secteur de la cybersurveillance (?) et le contrôle de ce secteur très opaque », estime l'ONG.

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50 000 numéros de téléphone

Amnesty International demande qu'un moratoire soit « immédiatement instauré sur l'exportation, la vente, le transfert et l'utilisation des technologies de surveillance jusqu'à ce qu'un cadre réglementaire respectueux des droits humains soit mis en place ». « Le fait que de hauts responsables politiques aient eux-mêmes été pris dans les filets des technologies de surveillance va, espérons-le, alerter enfin les États du monde entier sur l'impérieuse nécessité de réagir en réglementant ce secteur », écrit l'ONG. « Si des dirigeants de la planète sont ainsi pris pour cible, cela confirme davantage encore que les droits de toutes les personnes, notamment ceux des militant·e·s des droits humains, des journalistes et des avocat·e·s, sont en danger », souligne Amnesty.

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Introduit dans un smartphone, le logiciel Pegasus permet d'en récupérer les messages, photos, contacts, et d'activer à distance les micros. Les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés, et l'ont partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence dimanche. La liste des cibles potentielles comprend les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise, d'après l'analyse du consortium ? qui en a localisé beaucoup au Maroc, en Arabie saoudite ou encore au Mexique. Le Monde et Radio France, membres du consortium, ont révélé qu'une ligne de téléphone d'Emmanuel Macron faisait partie des « numéros sélectionnés par un service de sécurité de l'État marocain (?) pour un potentiel piratage ».

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usr: 2
C'est intéressant!