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Monde Au Togo, plus de 300 numéros de téléphone ciblés par Pegasus

20:44  24 juillet  2021
20:44  24 juillet  2021 Source:   rfi.fr

Projet Pegasus. Maroc, France, Hongrie... Des journalistes mis sous surveillance

  Projet Pegasus. Maroc, France, Hongrie... Des journalistes mis sous surveillance Plus de 180 journalistes ont été la cible du logiciel espion Pegasus, révèle une enquête publiée dimanche par un consortium de dix-sept médias internationaux nommé « Projet Pegasus ». Parmi eux, des Français dont le fondateur du site d'information Mediapart, Edwy Plenel. Des journalistes du monde entier ont été espionnés grâce au logiciel espion Pegasus mis au point par l'entreprise israélienne NSO Group, selon une enquête publiée dimanche 18 juillet par un consortium de dix-sept médias internationaux, dont font notamment partie Le Monde, la cellule investigation de Radio France, The Guardian et The Washington Post.

Le projet Pegasus, ce gigantesque scandale d’espionnage révélé lundi après des mois d’enquête, a provoqué indignation, critiques et tensions diplomatiques dans le monde. © Thomas SAMSON AFP/File Le projet Pegasus, ce gigantesque scandale d’espionnage révélé lundi après des mois d’enquête, a provoqué indignation, critiques et tensions diplomatiques dans le monde.

Plus de 300 numéros togolais apparaissent dans la liste des cibles potentielles du logiciel espion israélien, Pegasus, alors que le Togo est l’un des pays africains les plus proches de l’État hébreu. Les personnes ciblées sont notamment des militants, des journalistes ou des opposants politiques.

Côté politique, on retrouve parmi les numéros visés par le logiciel espion Pegasus ceux d'opposants au régime de Faure Gnassingbé. C’est le cas de Tikpi Atchadam, leader du Parti national panafricain, ou encore Agbéyomé Kodjo, candidat malheureux à la présidentielle de 2020 contre le chef de l’État. Tous deux vivent aujourd'hui en exil.

Espionnage de journalistes et d'opposants: l'affaire Pegasus suscite l'indignation

  Espionnage de journalistes et d'opposants: l'affaire Pegasus suscite l'indignation Des organisations de défense des droits humains, des médias, l'Union européenne et des gouvernements s'indignaient lundi des révélations sur l'espionnage à l'échelle mondiale de militants et de journalistes au moyen du logiciel Pegasus, conçu par l'entreprise israélienne NSO Group. Avant NSO, d'autres entreprises israéliennes ont été soupçonnées de fournir des logiciels espion à des gouvernements peu regardants sur les droits humains, avec le feu vert du ministère israélien de la Défense.

Des militants et journalistes sont également ciblés, comme David Ekoué Dosseh, fondateur de la plateforme citoyenne Togo Debout ou encore le journaliste d'investigation Carlos Ketohou.

Joint par RFI, le directeur du journal L'Alternative, Ferdinand Ayité – lui aussi potentiellement espionné –, ne se dit pas surpris : « Nous ne sommes pas naïfs, nous savons qu'au Togo, certaines personnes sont sous surveillance ». Toutefois, le journaliste reconnaît qu'avec Pegasus, les choses vont plus loin. Car le logiciel espion est capable d'aspirer l'ensemble des informations – messages, photos, contacts – contenues dans le téléphone infecté et d'activer son micro. C'est comme si « une autre personne prenait le contrôle de notre vie privée et professionnelle », observe Ferdinand Ayité.

Affaire Pegasus : une enquête ouverte à Paris sur l’espionnage de journalistes

  Affaire Pegasus : une enquête ouverte à Paris sur l’espionnage de journalistes Le Parquet de Paris a ouvert une enquête, ce mardi 20 juillet, concernant le logiciel Pegasus à la suite de plaintes par plusieurs médias comme Le Canard Enchaîné et Médiapart, dont plusieurs journalistes ont été espionnés. Le parquet de Paris a ouvert mardi 20 juillet une enquête sur l’espionnage de journalistes français dont l’infiltration de téléphones par le logiciel Pegasus pour le compte de l’État marocain, qui le conteste, a été révélée dimanche par un consortium de médias, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Le président n’exclut pas l’espionnage de ses opposants

Si l'entreprise israélienne NSO qui édite et commercialise le logiciel Pegasus conteste ces révélations, les autorités togolaises, elles, ne nient pas. Interrogé par le journal Le Monde sur l’utilisation du logiciel Pegasus au Togo pour lutter contre le terrorisme, le président Faure Gnassingbé répond que « chaque État souverain s’organise pour faire face à ce qui le menace avec les moyens dont il dispose. »

Quant à l'espionnage de ses opposants, le chef de l'État répond qu'il ne peut pas le confirmer. Toutefois, note Le Monde, il ne l'exclut pas non plus.

Il faut dire aussi que le pays est particulièrement proche diplomatiquement d'Israël. « Le pouvoir entretient des relations privilégiées avec des réseaux israéliens animés par des anciens du Mossad, l’agence israélienne de renseignement extérieur », indique le journaliste Ferdinand Ayité.

À lire aussi : Pegasus, le logiciel espion mis en cause dans une nouvelle affaire au Togo

Pegasus: comment contre-attaquer juridiquement face au cyber-espionnage? .
L’enquête collaborative menée par un consortium international de journalistes a révélé en juillet 2021 le Projet Pegasus, un logiciel d’espionnage développé et commercialisé par l’entreprise israélienne NSO, dont certaines autorités étatiques, notamment marocaine et hongroise, auraient fait usage. Selon l’enquête, le logiciel aurait permis à des États de prendre le contrôle des téléphones d’un certain nombre de personnes, parmi lesquels des chefs d’États et des membres de gouvernements, mais aussi des journalistes, des avocats et diverses personnalités politiques ou de la société civile.

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