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Monde Au Liban, le triste sort des fonctionnaires face à la débâcle du secteur public

22:50  01 août  2021
22:50  01 août  2021 Source:   ouest-france.fr

Iraq, le Liban Signer le problème pour échanger du pétrole de combustible pour des services médicaux

 Iraq, le Liban Signer le problème pour échanger du pétrole de combustible pour des services médicaux L'Iraq fournira au Liban avec un million de tonnes de mazout pour ses centrales électriques en échange de services médicaux, sous un accord signé samedi à Bagdad. © - Le Premier ministre irakien, Mustafa al-Kadhemi (c) considère comme le ministre du Léban, Raymond Ghajar (L) et le ministre des Finances de l'Iraq Ali Allawi (R) Signer des accords bilatéraux dans la capitale Bagdad des deux pays souffrant de crises énergétiques majeures , avec des pénuries d'électricité sur les hôpitaux.

Tony Kayrouz et Georges Nader. © Chloé DOMAT Tony Kayrouz et Georges Nader.

Un an après l’explosion du port de Beyrouth, au Liban, qui a dévasté la capitale, discrédité encore plus la classe politique et accéléré la ruine de l’économie, les administrations sont frappées de paralysie et les fonctionnaires ont faim.

Dans un quartier populaire de Beyrouth, au Liban, Jean (le prénom a été modifié) tient le bureau du mokhtar ​– un service de proximité de la municipalité qui fournit des documents officiels aux habitants. Son imprimante n’a plus d’encre. « Revenez demain, je vais essayer d’aller en acheter, ​dit le vieil homme aux administrés. C’est à l’image de l’État, plus rien ne fonctionne. »

Crisis-Hit-Hit Lebanon détient des consultations pour choisir un nouveau président de PM

 Crisis-Hit-Hit Lebanon détient des consultations pour choisir un nouveau président de PM Lebanon lancé des discussions lundi avec les législateurs de désigner un nouveau premier ministre qui fera la troisième tentative au cours d'un an pour former un gouvernement éventuellement aggravant des troubles politiques et économiques.

En pleine faillite, l’État libanais ne parvient plus à acheter des fournitures de base comme le papier A4 ou les timbres fiscaux. Dans les ministères, les coupures d’électricité paralysent ascenseurs, climatiseurs et systèmes informatiques. Halim, venu chercher un justificatif de domicile, repart bredouille : « C’est complètement fou ce qu’on vit », ​lâche-t-il.

Des salaires divisés par dix

Les Libanais sont pourtant habitués aux galères administratives. En 2019, le pays occupait la 157e place au classement de l’efficacité gouvernementale de la Banque mondiale. Théâtre par excellence de la corruption et du clientélisme, le secteur public emploie environ un quart de la population, dont 40 % dans les forces armées. Désormais, à la débâcle des services publics, s’ajoute le triste sort des fonctionnaires dont les salaires ont été divisés par dix avec l’effondrement de la monnaie locale. Un soldat, par exemple, ne perçoit plus que 50 € par mois.

Najib Mikati, un milliardaire honni par la rue pour diriger un Liban en crise

  Najib Mikati, un milliardaire honni par la rue pour diriger un Liban en crise Homme le plus fortuné du Liban, Najib Mikati, désigné lundi pour former un gouvernement de sauvetage dans un pays en plein effondrement, fait partie d'une classe politique inamovible depuis plusieurs décennies, accusée par la rue d'être corrompue et d'avoir laissé couler le pays.Grand et chauve, l'homme d'affaires sunnite de 65 ans est originaire de Tripoli, l'une des villes les plus pauvres du Liban, dont la population estime souvent être oubliée par l'Etat.Engagé en politique depuis plus de deux décennies, ce parlementaire a occupé le poste de Premier ministre à deux reprises.

À Dekwaneh, banlieue chrétienne défavorisée, les déchets s’amoncellent au bord des rues faute de ramassage. Georges Nader, 64 ans, reçoit au deuxième étage d’un immeuble décrépit. Au-dessus d’un restaurant de poulet, il se réunit avec les membres du Front du 17 octobre, un groupe militant né lors des manifestations de 2019, auxquelles beaucoup d’ex-militaires ont participé.

« C’est une catastrophe »

« Les soldats en activité n’ont pas le droit de s’exprimer, donc on le fait pour eux. La situation économique est en train de les étouffer », explique cet ancien général rasé de près. L’an dernier, l’armée a retiré la viande des rations des soldats et demande depuis régulièrement des colis d’aide humanitaire. La gorge serrée, Georges Nader dénonce l’inaction des dirigeants. « C’est une catastrophe, c’est honteux… »

À côté de lui, l’adjudant-chef Tony Kayrouz, 51 ans, collier de barbe blanche, porte le poing de la révolution sur son tee-shirt. Sa retraite de 1 000 € ne vaut plus que 70 €. « La classe politique corrompue a tué le peuple et volé l’argent. J’ai servi mon pays pendant trente ans et j’ai perdu ma dignité. »

Ensemble, ils préparent de prochaines manifestations. En défilant avec les civils, ils espèrent que les élections législatives, prévues au printemps 2022, apporteront un changement de régime.

Liban : face à la précarité, une classe moyenne tentée par l'exil .
L'explosion du port de Beyrouth, au Liban, le 4 août 2020, a exacerbé une crise économique et financière d'une ampleur inédite. Un an plus tard, alors que de nombreuses familles plongent dans la précarité, la tentation de quitter le pays se fait de plus en plus forte. Témoignages. À la fin du mois d'août, Fouad et sa famille quitteront le Liban pour Paris. Cet entrepreneur dans les nouvelles technologies a pris sa décision il y a un an, le 4 août 2020. Ce jour-là, 2 750 tonnes de nitrate ont explosé dans le port de la capitale, Beyrouth. En quelques secondes, l'onde de choc a fait 218 morts, 7 000 blessés, et détruit une grande partie de la ville.

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