•   
  •   

Monde Tunisie : en conclave, Ennahdha exprime ses inquiétudes sur l’avenir du pays

18:35  05 août  2021
18:35  05 août  2021 Source:   rfi.fr

Parlement suspendu, ministres limogés, médias visés... la Tunisie plonge dans l’inconnu

  Parlement suspendu, ministres limogés, médias visés... la Tunisie plonge dans l’inconnu Face aux blocages politiques et au mécontentement populaire, le président tunisien Kais Saïed a limogé le chef du gouvernement et deux ministres. Et les tensions persistent avec le principal parti parlementaire Ennahdha.Cette annonce fait suite aux manifestations de milliers de Tunisiens contre les dirigeants, notamment contre le principal parti parlementaire Ennahdha, dont les désaccords avec la présidence bloquent toute avancée depuis six mois, notamment dans la gestion de la crise sanitaire.

Le leader d'Ennahdha Rached Ghannouchi s'adresse à ses partisans, le 27 février 2021. (Photo d'illustration). © REUTERS - ZOUBEIR SOUISSI Le leader d'Ennahdha Rached Ghannouchi s'adresse à ses partisans, le 27 février 2021. (Photo d'illustration).

En Tunis, le mouvement Ennahdha était réuni en conclave, le conseil de la Choura, mercredi 4 août. La principale force de l’Assemblée nationale - gelée depuis les mesures exceptionnelles prises par le président le 25 juillet dernier - tente de s’affirmer dans ce contexte politique compliqué. Ce jeudi matin, le parti a publié un long communiqué pour exprimer ses différentes positions.

Avec notre envoyée spéciale à Tunis, Charlotte Cosset

Ennahdha y affirme comprendre la colère populaire en particulier chez les jeunes. Le parti dit s’inquiéter du vide gouvernemental et appelle à former un gouvernement capable de traiter les priorités sanitaires, économiques et sociales. Le parti d’opposition à Kaïs Saïed appelle à un retour rapide à l’État de droit et à la levée du gel des activités du Parlement.

Tunisie. L’Union européenne appelle à « stabiliser le pays » et à « préserver la démocratie »

  Tunisie. L’Union européenne appelle à « stabiliser le pays » et à « préserver la démocratie » L’Union européenne a appelé mardi 27 juillet au « rétablissement de la stabilité institutionnelle dans les meilleurs délais » en Tunisie après la suspension des activités du Parlement et le limogeage du Premier ministre par le président Kais Saied. « La préservation de la démocratie et la stabilité (de la Tunisie) sont des priorités », a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué ce mardi 27 juillet, appelant « à la reprise de l’activité parlementaire, au respect des droits fondamentaux et à l’abstention de toute forme de violence […] » ainsi qu’au « rétablissement de la stabilité institutionnelle


Vidéo: Tunisie : le parti Ennahdha demande "la reprise des travaux de l’Assemblée" (France 24)

Le parti islamo-conservateur se dit inquiet face aux arrestations qui ont eu lieu ces derniers jours et aux poursuites judiciaires de civils par les tribunaux militaires. Il souhaite l’ouverture d’un dialogue national et appelle à la vigilance et à la lutte pacifique.

Remplacer Ghannouchi…

Les discussions de la Choura se sont tenus jusqu’au petit matin. Ennahdha est actuellement très divisé. Certains membres du parti ont même annoncé sur les réseaux sociaux s’être retirés du conseil.

Une frange du mouvement souhaite même voir Rached Ghannouchi à la tête d’Ennahdha depuis 30 ans être remplacé. Il est considéré par certains comme le responsable des blocages politiques actuels. Âgé de 80 ans, l’homme politique a souffert d’un malaise le week-end dernier. Il s’est rendu à deux reprises à l’hôpital alors qu’il se remet tout juste du Covid-19.

À lire aussi : Crise politique en Tunisie: le parti Ennahdha prêt à des élections anticipées

Tunisie: la stratégie d'Ennahdha entre appel au dialogue et pression médiatique .
Six jours après la décision du président Kaïs Saïed de limoger le chef du gouvernement et de suspendre le travail du Parlement, la première formation politique du pays, Ennahdha, appelle à un dialogue national mais tente aussi de faire pression, via une campagne médiatique, pour que le président revienne sur ses décisions. Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise Au siège du parti islamo-conservateur, Ennahdha, le calme règne ce jeudi 29 juillet, malgré les chambardements des derniers jours. Ali Larrayedh est le vice-président du parti et l'ancien chef du gouvernement en 2013, durant une crise politique aigüe qui l’avait poussé à démissionner du gouvernement.

usr: 2
C'est intéressant!