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Monde En Guinée, l’incertitude règne après le renversement d’Alpha Condé

08:45  06 septembre  2021
08:45  06 septembre  2021 Source:   lemonde.fr

Guinée. Tirs nourris dans la capitale, théâtre d’une probable tentative de coup d’État militaire

  Guinée. Tirs nourris dans la capitale, théâtre d’une probable tentative de coup d’État militaire Des tirs nourris d’armes automatiques ont retenti dimanche 5 septembre 2021 dans le centre de Conakry, théâtre d’une probable tentative de coup d’État mené par des militaires en Guinée, en proie depuis des mois à une grave crise économique et politique, ont rapporté plusieurs témoins à l’AFP. Aucune explication n’était disponible dans un premier temps sur les raisons de cet accès de tension sur la presqu’île de Kaloum, centre de Conakry, où siègent la présidence, les institutions et les bureaux d’affaires.

Le président est détenu depuis dimanche par des officiers des forces spéciales. Les putschistes, conduits par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, ont instauré un couvre-feu et la fermeture des frontières. La foule acclame les forces armées guinéennes après l ’arrestation du président Alpha Condé , à Conakry, le 5 septembre 2021. Cellou binani / afp. Les militaires putschistes n’avaient oublié aucun des ustensiles ni clichés, sortis en pareille circonstance pour leur première apparition sur les ondes guinéennes : bérets rouges vissés sur la tête, treillis camouflés fermement sanglés

Je condamne avec la plus grande fermeté le renversement du gouvernement par la force des armes, et j'appelle à la libération immédiate du président Alpha Condé ", a réagi le secrétaire général de l’ONU. Lire aussi-Colonel Mamady Doumbouya : "Nous ne referons pas les erreurs de A Conakry, l’annonce de la prise du pouvoir par le colonel Mamady Doumbouya, a été suivie par des scènes de liesses dans certains quartiers. Dans plusieurs quartiers de la banlieue jusqu’au centre-ville, c’est l’effervescence. Dans sa première réaction, le colonel Mamady Doumbouya, nouvel homme fort de la Guinée , a

Le président est détenu depuis dimanche par des officiers des forces spéciales. Les putschistes, conduits par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, ont instauré un couvre-feu et la fermeture des frontières.

La foule acclame les forces armées guinéennes après l’arrestation du président Alpha Condé, à Conakry, le 5 septembre 2021. © Fournis par Le Monde La foule acclame les forces armées guinéennes après l’arrestation du président Alpha Condé, à Conakry, le 5 septembre 2021.

Les militaires putschistes n’avaient oublié aucun des ustensiles ni clichés, sortis en pareille circonstance pour leur première apparition sur les ondes guinéennes : bérets rouges vissés sur la tête, treillis camouflés fermement sanglés, cagoules et lunettes noires. Voilà pour la panoplie. L’essentiel était ailleurs, dramatique, avec l’annonce de la mise sous tutelle des institutions républicaines par un mystérieux Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) aux contours imprécis. Le discours aux accents populistes justifiait le coup de force par la sauvegarde nécessaire de la patrie mise en danger, selon eux, par l’excès de pouvoir d’Alpha Condé. Celui-ci, président mal réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat après s’être taillé une nouvelle constitution à sa mesure, serait détenu par les acteurs de ce putsch conduit par de jeunes officiers des forces spéciales, habituellement chargés de la lutte antiterroriste.

Colonel de l'armée sur la télévision guinéenne indique que le gouvernement est dissous, les frontières fermées

 Colonel de l'armée sur la télévision guinéenne indique que le gouvernement est dissous, les frontières fermées Conakry, Guinée - Un colonel de l'armée guinéenne a saisi le contrôle de la télévision de l'État dimanche et a déclaré que le gouvernement du président Alpha Condé avait été dissous et que les frontières de la nation ouest-africaine ont été fermées, une annonce que est venu après des heures de feuillus lourds éruption à proximité du palais présidentiel.

Les premières réactions sont celles des parents des personnes arrêtées et détenues à la maison centrale de Conakry depuis la réélection contestée d ’ Alpha Condé pour un troisième mandat à la tête de la Guinée . Les familles de ces centaines de Guinéens demandent aux militaires putschistes de libérer les leaders et de pacifier le pays. En attendant de revenir sur ce changement de régime en cours à Conakry, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, quelques vidéos des Guinéens qui manifestent leur soutien au coup d’État

Le Groupement des forces spéciales (GPS) mènent depuis, ce dimanche 5 septembre 2021, un assaut sur le Palais présidentiel de Conakry où le président Alpha Condé est placé sous la protection de sa garde présidentielle. Cet ancien légionnaire de l’armée française, a été rappelé en Guinée pour prendre la tête du Groupement des forces spéciales créé en 2018. Trois ans plus tard, le Colonel Mamady Doumbouya veut son autonomie. « C’est un officier breveté de l’Ecole de guerre, possédant plus de quinze années d’expérience militaire, notamment lors de missions opérationnelles

Vingt-quatre heures après l’apparition soudaine et brutale de ces militaires factieux, le déroulé des événements comporte toujours ses zones d’ombre. Les habitants du centre de Conakry racontent avoir été réveillés, dimanche au petit matin, par le « tac-a-tac » d’armes automatiques crépitant aux abords de la présidence de la république guinéenne située sur la presqu’île de Kaloum, quartier d’affaires de la capitale et centre administratif de l’Etat. Ces échanges de « tirs nourris », selon des témoins, opposaient vraisemblablement les éléments de la garde présidentielle aux hommes du lieutenant-colonel Mamady Doumbouya. Celui qui a émergé à la télévision guinéenne comme le leader du groupe.

En Guinée, le passage en force d’Alpha Condé laisse un pays divisé

Il semblerait que les hommes de ce colosse − un ancien de la Légion étrangère française − aient assez rapidement pris le dessus. Pour ce que l’on en sait, aucune victime n’est à déplorer. A l’exception d’Alpha Condé, tombé, au sens figuré, sur le champ de bataille politique. Le président du Parlement, Amadou Damaro Camara, deuxième personnage de l’Etat, généralement décrit comme un dur au sein du régime d’Alpha Condé, aurait également été arrêté. Le sort du ministre de la défense, Mohamed Diané, autre poids lourd du pouvoir, demeurait quant à lui incertain.

Tentative de coup d’Etat en Guinée, le président Condé «capturé» : ce que l’on sait

  Tentative de coup d’Etat en Guinée, le président Condé «capturé» : ce que l’on sait Tentative de coup d’Etat en Guinée, le président Condé «capturé» : ce que l’on saitLes faits : des tirs nourris à Conakry en début de journée

Suite à l’arrestation du président Alpha Condé par le Groupe des Forces spéciales ce 5 septembre 2021, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) s’est prononcé sur cette situation. Le FNDC observe cette situation qui prévaut actuellement dans notre pays et prend acte, notamment, de la déclaration faite par ce Comité militaire annonçant la dissolution de la « constitution » du 3ème mandat et de toutes les institutions issues du coup d’État constitutionnel imposé au peuple de Guinée à travers la répression et un simulacre d’élections le 22 mars 2020« , a.

Tags: Guinee Alpha Conde Putsch Coups-d-etat Colonel Mamady Doumbouya. Vous n avez rien compris ne voulant pas que le pouvoir ne tombe entre la main des peuls vu que alpha est trop vieux les militaires ont vite fait de prendre les choses en main cette situation n arrange pas Cellou ça faire l affaire d alpha il va se la couler douce avec les honneurs @@ le protocole de CONAKRY NE TIENNE PLUS.

« Les gens ont peur, ils se demandent quelle sera la suite et préfèrent rester en sécurité chez eux plutôt que de se frotter aux militaires »

Le vieux président, âgé de 83 ans, est apparu sur une vidéo diffusée par les putschistes, la mine défaite, vêtu d’un jean et d’une chemise froissée, assis dans un canapé. Sous la surveillance des militaires, il affichait ce regard noir et buté familier chez cet ancien opposant devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance (en 1958) de cette ancienne colonie française.

Alpha Condé, président de Guinée, se voyait en Mandela, va-t-il finir en Mugabe ?

Des images le montrent ensuite circulant pour une destination inconnue – certains évoquent la caserne des forces spéciales située près du Palais du peuple à Conakry − visiblement prisonnier à l’arrière d’un véhicule blindé suivi par quelques poignées de Guinéens en liesse. Sauf quelques explosions de joie dans les quartiers rétifs de cette capitale plutôt favorable à l’opposition, le calme régnait dans la ville. « Les gens ont peur, ils se demandent quelle sera la suite et préfèrent rester en sécurité chez eux plutôt que de se frotter aux militaires », témoigne une habitante jointe au téléphone.

Guinée: Alpha Condé, la fin brutale d'une carrière politique mouvementée

  Guinée: Alpha Condé, la fin brutale d'une carrière politique mouvementée Un Comité national du rassemblement et du développement dirigé par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, annonce avoir arrêté Alpha Condé et suspendre la Constitution. Les putschistes disent que le chef d'État est avec eux et qu'il va bien. En dehors de quelques images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, aucune autre nouvelle d'Alpha Condé. Celui qui a dirigé la Guinée pendant onze ans et venait d'êtreAlpha Condé et la politique, c'est une histoire vieille d'un demi-siècle. La politique a toujours été son élément. Il y est entré dès ses études dans les années 1960, en France, au sein de la FEANF, la Fédération des étudiants d'Afrique noire.

Des officiers des forces spéciales guinéennes ont affirmé dimanche avoir capturé le chef de l'Etat Alpha Condé et "dissoudre" les institutions, mais une grande confusion régnait à Conakry sur qui était maître de la situation. Le ministère de la Défense a ainsi assuré avoir repoussé l'attaque des forces spéciales contre la présidence, malgré la diffusion d'une vidéo montrant le président Condé entre les mains des putschistes.

ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée et dans sa totalité », fait savoir Mamady Doumbouya. Il annonce de ce fait les décisions qui suivent : « Nous avons décidé ainsi après avoir pris le Président de la république qui est actuellement avec nous, de dissoudre la Constitution en vigueur, de dissoudre les institutions ainsi que le Gouvernement ». L’ancien légionnaire de l’armée française a aussi annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Il appelle ses frères d’armes à l’unité afin de répondre "aux aspirations légitimes" du peuple de Guinée tout en invitant chacun d’eux à

Les militaires putschistes des forces armées guinéennes, dans le quartier de Kaloum à Conakry, le 5 septembre 2021. © Fournis par Le Monde Les militaires putschistes des forces armées guinéennes, dans le quartier de Kaloum à Conakry, le 5 septembre 2021.

Au journal télévisé du soir, les putschistes ont annoncé l’instauration d’un couvre-feu « à partir de 20 heures sur toute l’étendue du territoire national », la fermeture des frontières terrestres et aériennes « pour une semaine au moins », le remplacement des membres du gouvernement par les secrétaires généraux de chaque ministère, celui des préfets, sous-préfets, et gouverneurs de région par des militaires. Ils ont aussi appelé « les fonctionnaires à reprendre le travail dès ce lundi » et convoqué les ministres sortants et les présidents des institutions à une réunion, lundi, sous peine d’être considérés comme en « rébellion contre le CNRD ».

La promesse d’une nouvelle constitution

Dans son allocution télévisée, en partie improvisée, le lieutenant-colonel a expliqué que « la politisation à outrance de l’administration publique, la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique ont amené l’armée guinéenne, à travers le CNRD à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée dans sa totalité ». Il a ainsi promis de « réécrire une constitution ensemble cette fois-ci [et de] mener une consultation inclusive pour décider de l’avenir de ce pays ». « La personnalisation de la vie politique est terminée, nous n’allons plus confier la politique à un homme (…) Il y a eu beaucoup de morts pour rien, beaucoup de blessés pour rien, beaucoup de larmes alors qu’on aime tous la Guinée », a-t-il ajouté.

Guinée : après le renversement d’Alpha Condé, une "liberté" célébrée "entre espoir et inquiétude"

  Guinée : après le renversement d’Alpha Condé, une Un groupe de soldats mutins des Forces spéciales guinéennes a arrêté dimanche 5 septembre le président guinéen Alpha Condé et annoncé la "dissolution" de la Constitution et du gouvernement. Au lendemain de ce putsch, qui a été suivi de scènes de liesses dans la capitale Conakry, la situation est revenue au calme. Nos Observateurs en Guinée restent toutefois prudents et témoignent de leurs inquiétudes quant à l’avenir du pays. "C'est fini, la"C'est fini, la Guinée est libre !" Dans les rues de Conakry le 5 septembre, des militaires ont été accueillis sous les acclamations de milliers d’habitants soulagés de tourner la page de onze années de présidence d’Alpha Condé et de violences politiques.

Ces quelques phrases concentrent les principaux griefs adressés au président Alpha Condé depuis que celui-ci a mis en branle, en 2019, le rouleau compresseur déblayant la voie vers un troisième mandat, interdit par la loi. Ce « coup d’Etat constitutionnel », tel que dénoncé par l’opposition et la société civile rassemblée au sein du Front national de défense de la constitution (FNDC), a jeté, au fil des mois, des centaines de milliers de Guinéens mécontents dans les rues. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été tués par les forces de sécurité, des centaines d’autres arrêtés arbitrairement, lors de la répression de cette contestation d’une ampleur jusqu’alors inédite.

« Corruption dantesque »

Ce mouvement s’est nourri des tensions politiques extrêmes. L’opposition a disparu du Parlement après avoir boycotté les législatives de 2020. Parallèlement, la présidence concentrait l’essentiel des pouvoirs entre ses mains. Il s’inscrit aussi dans un paysage « de forte agitation du front social », observe Paul Amegakpo, directeur de l’antenne guinéenne du National democratic institute (NDI) américain. Ces dernières semaines, l’augmentation du prix des carburants et l’annonce d’une nouvelle retenue sur le traitement des fonctionnaires menaçaient en effet de ranimer la flamme de la contestation alors que le pays s’enfonce dans une crise économique aggravée par la mauvaise gouvernance et « une corruption dantesque », décrit un investisseur français.

Rien ne permet de dire aujourd’hui que le nouveau pouvoir pourra redresser la situation. Quelques heures après le coup de force, la société civile et les partis d’opposition, satisfaits de voir partir un président honni, se gardaient de tout excès d’optimisme. « Je ne suis pas surpris qu’un coup d’Etat militaire succède au coup d’Etat constitutionnel », explique Abdourahmane Sano, coordinateur national du FNDC. « Nous prenons acte des déclarations du CNRD promettant une transition inclusive et apaisée mais nous attendons des précisions sur les modalités », ajoute-t-il. De leurs côtés, l’ONU et l’Union africaine ont condamné ce coup de force et appelé à la libération du président Condé.

Chacun en Guinée a encore en mémoire l’expérience douloureuse et sanguinaire d’une précédente junte dirigée brièvement (décembre 2008-décembre 2009) par le fantasque et non moins dangereux capitaine Dadis Camara. Lui aussi avait promis le meilleur, pour finalement sombrer dans le pire.

Guinée : organiser la transition et décider du sort d'Alpha Condé, les défis de la junte .
Un peu plus d'une semaine après le coup d'Etat du 5 septembre, la junte lance des pourparlers sous l'œil attentif de la communauté internationale. © Fournis par franceinfo Quelle est la situation en Guinée depuis le coup d'Etat qui a mis fin au règne d'Alpha Condé ? Des consultations démarrent le 14 septembre 2021 à Conakry la capitale afin de parvenir à "la transition inclusive et apaisée" promise par les putschistes.Un putsch globalement bien accueilli par les Guinéens "On veut que Doumbouya redresse la Guinée, confie un chauffeur guinéen de 35 ans. Sous Condé, on souffrait de tous les côtés.

usr: 0
C'est intéressant!