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Monde Grève générale au Nicaragua sur fond de répression meurtrière

13:30  14 juin  2018
13:30  14 juin  2018 Source:   lefigaro.fr

Au Nicaragua, l'opposition lance une grève générale pour faire plier Ortega

  Au Nicaragua, l'opposition lance une grève générale pour faire plier Ortega Engagés dans un bras de fer avec le président Daniel Ortega, ses opposants espèrent paralyser le Nicaragua par une grève générale jeudi pour contraindre l'ancien guérillero à cesser la répression de manifestations, qui a fait plus de 150 morts en moins de deux mois. A l'annonce de cet arrêt de travail de 24 heures, qui doit débuter à minuit mercredi (06H00 GMT jeudi), les Nicaraguayens se sont précipités dans les supermarchés pour renflouer leurs stocks de nourriture.

Église, syndicats et milieux d'affaires réclament depuis deux mois le départ du président Daniel Ortega. Les attaques des paramilitaires progouvernementaux contre les manifestations ont fait 148 morts et plus de 1000 blessés depuis le début des protestations le 18 avril.

figarofr: Les funérailles de Jorge Carrion, 33 ans, tué lors d'une manifestation contre le président Daniel Ortega à Masaya, 35 km au sud de Managua. © INTI OCON/AFP Les funérailles de Jorge Carrion, 33 ans, tué lors d'une manifestation contre le président Daniel Ortega à Masaya, 35 km au sud de Managua.

La grève générale a été décidée au Nicaragua pour ce jeudi 14 juin par l'Alliance nationale pour la justice et la démocratie, qui regroupe organisations étudiantes, patronales, paysannes et l'épiscopat catholique. «Nous exhortons tous les chefs d'entreprise, petites et moyennes, ainsi que les professionnels et travailleurs indépendants à fermer leurs établissements», a déclaré José Adan Aguerri, président du Conseil supérieur de l'entreprise (Cosep).

Nicaragua: près de deux mois de crise politique

  Nicaragua: près de deux mois de crise politique Le Nicaragua, touché jeudi par une grève générale, est en proie depuis le 18 avril à un mouvement de contestation antigouvernementale durement réprimé, qui a fait plus de 150 morts et 1 340 blessés. Le Nicaragua, touché jeudi par une grève générale, est en proie depuis le 18 avril à un mouvement de contestation antigouvernementale durement réprimé, qui a fait plus de 150 morts et 1.340 blessés. Les manifestants ont d'abord dénoncé une réforme des retraites, depuis abandonnée, puis une confiscation du pouvoir par le président Daniel Ortega, dont ils réclament le départ.

Depuis le 18 avril, quand ont commencé les protestations contre le gouvernement de Daniel Ortega, près de 150 personnes ont été tuées et un millier blessées. Si les manifestants protestaient au départ contre une réforme des retraites, retirée depuis, c'est le régime autoritaire du président et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, qui est contesté dans les manifestations et les barricades qui se sont multipliées depuis plus de deux mois.

Des milices paramilitaires qui sèment la terreur

Le lourd bilan s'explique par l'intervention de milices paramilitaires de soutien au régime contre les opposants. De nombreux témoignages font état d'hommes armés intervenant dans les rues de Managua et des principales villes du pays. Plusieurs vidéos montrent des paramilitaires armés de AK47, accompagnés de policiers, faisant la chasse aux opposants. Regroupés aux seins des «turbas», ils sèment la terreur au sein de l'opposition.

La grève générale au Nicaragua endeuillée par de nouveaux affrontements

  La grève générale au Nicaragua endeuillée par de nouveaux affrontements De nouvelles violences meurtrières ont éclaté jeudi au Nicaragua, paralysé toute la journée par une grève générale, portant à plus de 160 le nombre de morts depuis le début de la vague de contestation contre le président Daniel Ortega, durement réprimée par le régime. Au moins trois personnes ont été tuées par balles ces denières heures lors d'assaut lancés par les forces anti-émeutes et des milices paramilitaires pro-gouvernementales contre les barricades érigées par les manifestants, selon le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh).

L'église catholique et les milieux d'affaires soutenaient encore il y a peu le régime du président Ortega. Le guérillero qui, à la tête de la guérilla du FSLN (front sandiniste de libération nationale), a fait tomber Somoza en 1979 après plus de 40 ans de dictature, a présidé aux destinées du pays de 1979 à 1990. Il revendiquait à l'époque une politique sociale et redistributive opposée à «l'oligarchie nicaraguayenne» et à l'église, représentant pour lui l'ancienne puissance coloniale. Il est revenu au pouvoir en 2007 appuyé cette fois par l'église et les milieux d'affaires, mais aussi par le Venezuela d'Hugo Chavez.

Une répression meurtrière

Mais l'aide du Venezuela a cessé à cause de la crise que subit le régime chaviste. L'église ne veut plus soutenir un régime dont les exactions sont chaque jour plus violentes. Les milieux d'affaires ont pris conscience que l'économie du pays était en train de s'effondrer du fait d'une politique gouvernementale inadaptée.

Un dialogue a pourtant été initié mi-mai. Mais la répression du 30 mai, jour de la fête des mères, qui a fait 15 morts, a coupé court aux discussions. Daniel Ortega a fait une proposition après l'annonce de la grève générale: anticiper l'élection présidentielle en 2019 alors qu'elle devait se dérouler en 2021. «Ortega propose d'anticiper les élections quand nous demandons sa démission», a sèchement répondu Medardo Mairena, du Conseil national de la terre.

Répression au Nicaragua: 212 morts .
La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a dénoncé vendredi 22 juin "l'action répressive de l'Etat" au Nicaragua, responsable selon elle d'au moins 212 morts en deux mois de manifestations contre le président Daniel Ortega. © afp.

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