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Monde « A l’heure du Covid-19, la relance de l’Afrique doit être axée sur l’action climatique »

15:10  23 septembre  2021
15:10  23 septembre  2021 Source:   lemonde.fr

Réchauffement climatique : 216 millions de personnes pourraient migrer d’ici à 2050

  Réchauffement climatique : 216 millions de personnes pourraient migrer d’ici à 2050 Réchauffement climatique : 216 millions de personnes pourraient migrer d’ici à 2050 pour fuir les effets néfastes du changement climatique tels que la baisse de la production agricole, la pénurie d’eau et la hausse du niveau de la mer, alerte la Banque mondiale. Un phénomène qui n’est toutefois pas irréversible.« Le changement climatique est un moteur de migration de plus en plus puissant », notent des experts de l’institution dans un rapport publié ce lundi, relevant « l’urgence à agir » alors que « les moyens de subsistance et le bien-être humain sont de plus en plus mis à rude épreuve ».

Deux responsables d’organisations environnementales appellent à « accélérer les investissements dans les énergies propres, les infrastructures vertes et l’innovation technologique ».

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Une centrale à charbon dans la province de Mpumalanga, en Afrique du Sud, en 2018. © Fournis par Le Monde Une centrale à charbon dans la province de Mpumalanga, en Afrique du Sud, en 2018.

Tribune. La crise climatique frappe l’Afrique avec une sévérité implacable. Alors que l’Europe et l’Amérique du Nord commencent à peine à constater ses impacts, nous, Africains, subissons depuis des années les vagues de sécheresse, les inondations et la désertification.

Allemagne: des jeunes en grève de la faim face à la "catastrophe climatique"

  Allemagne: des jeunes en grève de la faim face à la "La crise du climat tue. "Mais même avec les Verts nous ne remplirons par les objectifs que nous devons tenir en matière de climat", selon Hannah Lübbert.Au milieu du campement, six jeunes activistes, encadrés par une équipe de soutiens, ont cessé de s'alimenter depuis la fin août. Une mesure radicale pour alerter sur "la catastrophe climatique" dans laquelle l'humanité se débat, affirme à l'AFP l'un d'eux, Jacob Heinze.

Mais une opportunité de s’y attaquer pourrait émerger d’une autre crise mondiale : celle du Covid-19. À l’heure où l’Afrique se remet des ravages de la pandémie, placer l’action en faveur du changement climatique au cœur de nos plans de relance est en effet le moyen le plus sûr de créer une prospérité durable. En tant que dirigeants d’organisations basées au Nigeria et au Kenya, nous avons l’habitude d’entendre les gens faire des hypothèses sur ce qui est le mieux pour nos pays. Cette fois, écoutez-nous : la relance de l’Afrique doit être axée sur l’action climatique.

Un appel de dirigeants européens et africains « à un “new deal” » pour l’Afrique

La crise du Covid-19 a été catastrophique pour les économies africaines. Elle a interrompu une longue période de croissance économique régulière : les économies africaines voyaient leur PIB augmenter d’environ 3 % en moyenne avant la pandémie. Mais celle-ci a déjà entraîné une récession de 2,1 % l’an dernier, selon la Banque africaine de développement (BAD), et creusé les déficits publics. Une récession en Afrique n’est pas la même chose qu’une récession en Europe : les filets sociaux y sont faibles, et les dispositifs de soutien rares voire inexistants. Environ 30 millions d’Africains sont tombés dans l’extrême pauvreté en 2020 à cause de la crise sanitaire et 39 millions d’autres risquent de subir le même sort en 2021.

La supervision de la maison lance une enquête sur la désinformation de la crise climatique de l'industrie des combustibles fossiles

 La supervision de la maison lance une enquête sur la désinformation de la crise climatique de l'industrie des combustibles fossiles Le comité de surveillance et de réforme annoncé jeudi, il lance une enquête sur la désinformation de l'industrie des combustibles fossiles sur la crise climatique. Le Comité a invité la tête de six sociétés pétrolières et de grands groupes de lobbying à témoigner devant le Comité le mois prochain. © Luke MacGregor / Bloomberg / Getty Images La raffinerie d'huile Esso Fawley, exploitée par ExxonMobil, au Royaume-Uni.

Un avenir plus sûr et résilient

Dans ce contexte, la seule chose pire qu’une pandémie est une pandémie couplée au changement climatique. Avant le Covid-19, de nombreuses régions d’Afrique étaient déjà en première ligne. Ouragans, inondations, sécheresses, invasions de criquets, mauvaises récoltes, sans parler des migrations forcées dues à ces catastrophes : ces phénomènes étaient à l’origine de grandes souffrances humaines et freinaient le développement. Aujourd’hui, les pertes économiques liées au Covid-19 réduisent drastiquement la capacité budgétaire de nombreux pays africains pour s’adapter au changement climatique et amortir ses impacts.

Mais ces crises jumelles offrent également une opportunité : en intégrant des mesures de lutte contre le changement climatique dans leurs plans de relance économique post-Covid-19, les pays africains peuvent s’assurer un avenir plus sûr, neutre en carbone et résilient.

Charlene de Monaco : Nouvelle mission importante au côté d'Albert, malgré l'absence

  Charlene de Monaco : Nouvelle mission importante au côté d'Albert, malgré l'absence Déjà très investie auprès de la Croix-Rouge Monégasque depuis quelques années, Charlene de Monaco se voit confier une nouvelle fonction de taille : celle de vice-présidente de cette institution monégasque, au côté de son mari le prince Albert. 1/15 DIAPOSITIVES   Charlene de Monaco : Nouvelle mission importante au côté d'Albert, malgré l'absence 2/15 DIAPOSITIVES © BestImage, Dominique Jacovides Le prince Albert II et la princesse Charlène de Monaco au 71 ème gala de la Croix-Rouge Monégasque à Monaco.

« Il n’y a plus d’avenir ici » : en Afrique australe, les ravages du changement climatique

Il existe un risque réel que des mesures de relance à l’ancienne – soutenir les énergies fossiles, distribuer de l’argent aux industries polluantes – ne provoquent une forme de fuite en avant dans l’économie carbonée. L’Afrique se retrouverait alors avec des « actifs échoués » : des infrastructures coûteuses mais obsolètes, dans un monde en transition vers les énergies propres. Une situation qui affaiblirait encore sa capacité à investir et à attirer l’investissement privé.

Pour les économies dépendantes du pétrole, comme le Nigeria, la perspective d’une baisse des investissements dans le secteur des énergies fossiles pourrait avoir des conséquences sociales et économiques considérables. Et les régimes réglementaires tels que le « Green Deal » européen vont confronter les pays qui commercent fortement avec l’Europe, comme le Maroc et la Tunisie, à de nouvelles barrières commerciales si ces derniers ne musclent pas leur jeu en matière de climat.

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 Afrique du Sud Seatthes chez le Royaume-Uni Beta Bugeyman 'Discrimination' Afrique du Sud est la décision de la Grande-Bretagne de garder le pays sur sa coronavirus "Liste rouge", forçant les voyageurs dans une quarantaine à l'hôtel Prixy à leur retour au Royaume-Uni.

Des plans de relance verte

On le voit bien : négliger l’action climatique, ce serait rendre nos économies toujours plus vulnérables aux chocs. Au contraire, des investissements dans ce domaine, dans le cadre des plans de relance, peuvent assurer notre rétablissement. Les recherches montrent que les efforts de relance qui intègrent l’action pour le climat et des objectifs plus larges de durabilité sont plus susceptibles de générer une reprise résiliente à long terme.

Alors que l’économie mondiale réoriente – certes encore trop lentement – les capitaux vers des investissements respectueux du climat, nous pouvons exploiter le volume croissant des financements climat pour accélérer nos investissements dans les énergies propres, les infrastructures vertes et l’innovation technologique.

En Afrique, la reprise économique freinée par l’accès limité aux vaccins contre le Covid-19

Les pays africains commencent déjà à planifier des plans de relance verte. Ainsi, celui du Nigeria vise à installer des systèmes solaires domestiques et des miniréseaux pour 5 millions de foyers qui ne sont pas connectés au réseau national. S’il est couronné de succès, le projet permettra de créer 250 000 emplois supplémentaires, ce qui contribuera à atténuer le taux de chômage sans précédent résultant de la crise du Covid-19.

pays de faible altitude plaident en faveur d'une action pour éviter un changement climatique « condamnation à mort »

 pays de faible altitude plaident en faveur d'une action pour éviter un changement climatique « condamnation à mort » Les dirigeants des pays de faible altitude menacées par l'élévation du niveau de la mer ont appelé les pays riches à prendre des mesures sur le changement climatique à l'Assemblée générale U.N. cette semaine. © Getty Images pays de faible altitude plaident pour une action pour éviter un changement climatique « peine de mort » « Nous avons tout simplement pas un terrain plus élevé à céder, » Îles Marshall Président David Kabua dit à l'assemblée, selon Reuters.

Mais pour y parvenir et financer ces investissements, nous aurons besoin de la solidarité du Nord. Il est donc essentiel que les pays développés consentent à de vrais efforts pour alléger le fardeau des dettes souveraines et commerciales. Nous appelons à la mise en œuvre rapide d’une facilité de crédit pour soutenir les pays africains confrontés aux impacts économiques de la pandémie. Mais les investisseurs publics et privés du Nord devront eux aussi faire des efforts concertés pour réorienter leurs investissements vers des investissements durables.

Un potentiel largement inexploité

Seule une telle mobilisation peut permettre à l’Afrique de réaliser son potentiel, gigantesque mais encore largement inexploité, en matière d’économie verte et notamment d’énergies renouvelables. Le continent africain possède des ressources naturelles parmi les plus abondantes de la planète : un soleil puissant, des vents forts, des océans agités. En raison de l’héritage du colonialisme et de la pauvreté qu’il a engendrée, notre stock d’infrastructures est encore limité – nous ne sommes donc pas prisonniers de modes de vie à forte intensité en carbone.

Evénement : participez à la conférence sur la préservation des forêts d’Afrique centrale

Nous, Africains, comprenons le changement climatique parce que nous le vivons déjà. Nous sommes prêts à nous retrousser les manches afin de tirer le meilleur parti des investissements massifs nécessaires à la relance de nos économies après la pandémie.

Le Covid-19 a provoqué une onde de choc tragique dans toute l’Afrique. La plupart d’entre nous s’en souviendront à jamais. Mais la sortie de crise pourrait être le point de départ d’un nouvel avenir, équitable, vert et durable – si nous tournons le dos aux énergies fossiles pour investir résolument dans les technologies et les infrastructures du futur.

Mohamed Adow est directeur du groupe de réflexion sur le climat et l’énergie Power Shift Africa au Kenya ; Chukumwerije Okereke est président de la Society for Planet and Prosperity (SPP) au Nigeria.

président Afrique du Sud fait pression Boris Johnson sur l'interdiction .
Voyage président sud-africain Cyril Ramaphosa a dit qu'il a eu des discussions avec le Premier ministre britannique Boris Johnson visant à éliminer l'Afrique du Sud d'un Voyage « liste rouge » qui interdit les visiteurs du Royaume-Uni en raison de Covid- 19.

usr: 1
C'est intéressant!