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Monde Catalogne : Carles Puigdemont, le casse-tête de Madrid et Barcelone

23:05  24 septembre  2021
23:05  24 septembre  2021 Source:   20minutes.fr

Espagne: l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont arrêté à son arrivée en Italie

  Espagne: l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont arrêté à son arrivée en Italie L'eurodéputé indépendantiste et ex-président catalan Carles Puigdemont a été arrêté jeudi 23 septembre en Italie, a annoncé son avocat. Il était en exil en Belgique depuis 2017 après la tentative de sécession de la Catalogne la même année. « Le président Puigdemont a été arrêté à son arrivée en Sardaigne, où il se rendait en tant qu'eurodéputé », a affirmé son avocat Gonzalo Boye sur Twitter, expliquant que son arrestation avait eu lieu sur la base d'un mandat d'arrêt européen datant du 14 octobre 2019. Le leader catalan, âgé de 58 ans, a été arrêté à Alghero, a confirmé sur Twitter son chef de cabinet, Josep Lluis Alay.

L’ancien président sécessionniste de la Catalogne a été arrêté jeudi, puis libéré vendredi en Italie, mais risque l’extradition vers l’Espagne dans un contexte où le dossier catalan s’était apaisé

Carles Puigdemont, l'ancien président du gouvernement catalan, devant Pere Aragonès, l'actuel président. (archives) © Horst Wagner/EFE/SIPA Carles Puigdemont, l'ancien président du gouvernement catalan, devant Pere Aragonès, l'actuel président. (archives) FUITE - L’ancien président sécessionniste de la Catalogne a été arrêté jeudi, puis libéré vendredi en Italie, mais risque l’extradition vers l’Espagne dans un contexte où le dossier catalan s’était apaisé

Arrêté, puis libéré. Si Carles Puigdemont, l’ancien président de la Catalogne qui avait unilatéralement déclaré l’indépendance de la région en 2017, a été arrêté jeudi, il a depuis été libéré de prison ce vendredi en Italie (en Sicile). Toutefois, il reste toujours sous le coup d’une possible extradition vers l’Espagne. De quoi refaire flamber un dossier qui avait plutôt tendance à s’apaiser, ces derniers mois.

Catalan Indépendance Leader Carles Puigdemont arrêté en Italie

 Catalan Indépendance Leader Carles Puigdemont arrêté en Italie L'ancien président catalan Carles Puigdemont a été arrêté jeudi sur l'île italienne de Sardaigne, relatifs aux accusations liées à ses activités dans la soumission infructueuse de Catalogne en 2017, d'une officie de justice et de son L'avocat a dit à CNN. © Odd Andersen / AFP / Getty Images L'ancien président catalan Carles Puigdemont a fui en Belgique à la suite de l'enchère de son gouvernement de sache à séchaler de l'Espagne en octobre 2017.

Certes, les indépendantistes gouvernent toujours la Catalogne mais des discussions avaient été engagées avec Madrid. 20 Minutes vous explique pourquoi ce possible retour en Espagne de Puigdemont tombe plutôt mal à la fois pour le gouvernement central et celui de Catalogne.

Quel est le contexte politique avant l’arrestation de Carles Puigdemont en Italie ?

Depuis le début de l’année, la tension est quelque peu retombée entre Madrid et Barcelone. Le gouvernement de Pedro Sanchez a fait un énorme pas vers le gouvernement catalan en offrant une grâce aux dirigeants indépendantistes condamnés pour avoir participé à la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne en octobre 2017. « C’est bien une grâce, pas une amnistie comme c’était réclamé par les indépendantistes. Le gouvernement socialiste a bien répété qu’il s’agissait d’une grâce, les condamnations ne sont pas annulées », rappelle à 20 Minutes Carole Viñals, enseignante-chercheuse à l’université de Lille.

Catalogne : Carles Puigdemont, retour sur quatre années de fuite

  Catalogne : Carles Puigdemont, retour sur quatre années de fuite L’arrestation de Carles Puigdemont en Italie, jeudi, marque l'épilogue d’une fuite de quatre ans depuis la tentative de sécession de la Catalogne conduite en Espagne, en 2017. France 24 revient sur les étapes clés de cette crise séparatiste en plein cœur de l’Europe. Près de quatre ans après avoir tenté de déclarer l’indépendance de la Catalogne, en 2017, et sa fuite à l'étranger, l’ex-président catalan Carles Puigdemont – réclamé par la justicePrès de quatre ans après avoir tenté de déclarer l’indépendance de la Catalogne, en 2017, et sa fuite à l'étranger, l’ex-président catalan Carles Puigdemont – réclamé par la justice espagnole – a été arrêté, jeudi 23 septembre, en Italie.

La libération de ces neuf responsables, considérés comme des prisonniers politiques par le gouvernement catalan, était une sorte de condition sine qua non pour tenter de remettre tout le monde autour de la table. Dans le même temps, si les indépendantistes sont restés, et largement, majoritaires au parlement régional lors des élections du 14 février, c’est l’aile gauche et modérée (ERC) qui a pris le dessus sur celle de droite, plus jusqu’au-boutiste (JxCat).

Pere Aragonès, le nouveau président de la région, a, en dépit du refus de ses partenaires de JxCat, décidé d’accepter la main tendue de Madrid et de venir s’asseoir autour d’une « table de dialogue ». « Pedro Sanchez a bien manœuvré, car il a encore plus exposé les divisions des indépendantistes », pense Carole Viñals.

L’arrestation de Carles Puigdemont pouvait-elle remettre en cause ce processus ?

Pere Aragonès a apporté un soutien appuyé à Carles Puigedemont lors de son arrestation. Il a même annoncé qu’il allait se rendre en Sicile avant qu’il ne soit libéré, « mais il n’a pas indiqué qu’il quittait la table de dialogue », note Carole Viñals. Elle pense que ni lui ni le gouvernement de Madrid ne le souhaite, en tout cas aujourd’hui. Cela pourrait se corser si Carles Puigdemont est effectivement extradé et donc emprisonné en Espagne en attente d’un procès. L’actuel président de la Catalogne est en effet sous pression. Il a accepté seul la main tendue de Madrid et a pris un sacré risque.

Ex-Catalonia Chef régional Puigdemont libéré de la prison Italienne

 Ex-Catalonia Chef régional Puigdemont libéré de la prison Italienne Catalan Séparatiste Leader Carle Puigdemont a été libéré de prison sur l'île italienne de la Sardaigne après qu'un juge a décidé qu'il pouvait aller gratuitement en avance sur une audience d'extradition de 4 octobre.

Vendredi matin, JxCat et la CUP (un petit parti d’extrême gauche indépendantiste, indispensable au gouvernement catalan pour être majoritaire) ont à nouveau dénoncé le processus de dialogue engagé avec Madrid. Pour eux, l’arrestation de Carles Puigdemont « prouve que Pedro Sanchez n’a pas l’intention de négocier une solution politique au conflit » en Catalogne. Des manifestations ont été organisées, notamment par ces deux partis et la puissante association indépendantiste ANC. Aucun parlementaire actuel d’ERC n’y a participé. Néanmoins rien n’est moins sûr pour l’extradition de Carles Puigdemont.

Réfugié en Belgique depuis 2017, le leader catalan a déjà été arrêté une fois, en Allemagne, en 2018. Il avait finalement été relâché. Depuis 2019 et son élection comme député européen, il bénéficie d’une immunité parlementaire. Celle-ci a été levée en mars, l’appel de Puigdemont a été refusé, mais la procédure n’est pas totalement terminée. Les juges italiens auraient tout à fait la possibilité de relâcher le leader catalan sur la base de cet imbroglio.

Catalogne : Une centaine de personnes manifestent à Perpignan en solidarité avec Carles Puigdemont

  Catalogne : Une centaine de personnes manifestent à Perpignan en solidarité avec Carles Puigdemont L’ancien président de la Catalogne, Carles Puigdemont, risque l’extradition vers l’Espagne après son arrestation en Italie, jeudi © RAYMOND ROIG / AFP Carles Puigdemont, lors d'un passage à Perpignan en 2020.

Le retour de Carles Puigdemont en Espagne est-il une bonne chose pour Pedro Sanchez ?

Pas certain effectivement que Pedro Sanchez veuille d’une extradition tout de suite, même s’il s’est bien sûr félicité de l’arrestation et a appelé à un procès en Espagne. Quand il est arrivé à la tête du gouvernement espagnol, en 2018, il avait encore une position dure sur la question catalane. « En 2019 il a encore dit qu’il voulait que Carles Puigedemont réponde de ses actes en Espagne », se souvient Carole Viñals. Depuis, il a mis de l’eau dans son vin, notamment parce qu’il est contraint de gouverner avec le parti de gauche Podemos, favorable à un référendum en Catalogne.

Une grâce de Puigdemont paraît impossible « ne serait-ce que parce que pour le gracier, il faudra qu’il soit condamné et ça prendra du temps », juge l’enseignante-chercheuse. Et parce que la figure de l’ancien président catalan est la plus clivante d’un dossier extrêmement épidermique. Le premier ministre socialiste a déjà dépensé un capital politique considérable pour gracier les neuf indépendantistes emprisonnés. Il le paie encore : dans les sondages, il est à la traîne derrière le Parti populaire (droite) à la position radicale et intransigeante sur le dossier catalan. Voir les discutions avec le gouvernement de Barcelone s’arrêter juste après les avoir commencées rendrait plus qu’improbable un éventuel retour sur investissement politique pour Pedro Sanchez.

Leader séparatiste catalan pour assister à l'audience en Italie le 4 oct.

 Leader séparatiste catalan pour assister à l'audience en Italie le 4 oct. Milan (Reuters) - Leader séparatiste catalan Carles Puigdemont a déclaré same samedi, il serait en Sardaigne le 4 octobre pour assister à une audience de la Cour sur son mandat d'arrêt européen après avoir été gardé en garde à vue en Italie pour moins de 24 heures.

« Il pourra toujours se prévaloir d’avoir ramené Puigdemont en Espagne alors qu’il avait fui sous le gouvernement du PP », estime Carole Viñals. Et encore : le gouvernement espagnol est en pleine préparation de son budget pour 2022. Or, la coalition formée par les socialistes et Podemos ne détient pas la majorité absolue aux Cortes (l’Assemblée nationale locale). Elle aura besoin de l’appuie de divers partis régionalistes ou nationalistes. Sanchez comptait bien sur les voix des députés et députées d’ERC pour faire passer son budget. Ce soutien paraît aujourd’hui plus incertain, en tout cas suspendu à la suite des évènements en Sicile. Un échec sur le vote du budget ferait tomber le gouvernement de Pedro Sanchez.

Catalogne : Puigdemont de retour à Bruxelles après sa brève arrestation en Italie .
Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a atterri à Bruxelles (Belgique) ce lundi . Son retour intervient après avoir étébrièvement arrêté en Italie la semaine dernière alors qu’il est poursuivi en Espagne pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. « Il est à Bruxelles et retournera en Sardaigne dimanche » pour assister lundi prochain à une audience judiciaire sur son extradition réclamée par l’Espagne, a détaillé Gonzalo Boye, son avocat.

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