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Monde Liban : une journée de deuil national au lendemain des violences meurtrières à Beyrouth

11:53  15 octobre  2021
11:53  15 octobre  2021 Source:   france24.com

Le Liban privé d’électricité, faute de carburant pour alimenter les centrales

  Le Liban privé d’électricité, faute de carburant pour alimenter les centrales Les deux principales usines de production d’électricité étaient à l’arrêt, samedi 9 octobre, faute de gazole pour les alimenter. Englué dans une crise inédite, qualifiée par la Banque mondiale d’une des pires dans l’histoire du monde depuis 1850, le Liban connaît depuis des mois des rationnements draconiens de courant, culminant à plus de 22 h par jour, et peine à importer du carburant, sur fond d’une dégringolade historique de la monnaie nationale et d’un assèchement des devises étrangères.

Des soldats de l'armée libanaise patrouillent dans la zone des affrontements, dans Beyrouth, le 14 octobre 2021. © Anwar Amro, AFP Des soldats de l'armée libanaise patrouillent dans la zone des affrontements, dans Beyrouth, le 14 octobre 2021.

Au lendemain des affrontements armés qui ont éclaté, jeudi, dans les rues de Beyrouth, en marge d'une manifestation organisée par les mouvements chiites Hezbollah et Amal, le calme est revenu dans le secteur de Tayouné, où l'armée s'est déployée. Les funérailles des six victimes doivent avoir lieu, vendredi, décrété journée de deuil national.

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Des combats de rue ont opposé, jeudi 14 octobre, des hommes armés à Beyrouth après des tirs lors d'une manifestation organisée par les mouvements chiites Hezbollah et Amal, des violences qui ont fait six morts et ravivé le spectre de la guerre civile au Liban. Leurs funérailles doivent avoir lieu vendredi, décrété journée de deuil national.

REPORTAGE. A Beyrouth, le Hezbollah prêt à tout pour saborder l'enquête sur l'explosion du port

  REPORTAGE. A Beyrouth, le Hezbollah prêt à tout pour saborder l'enquête sur l'explosion du port La manifestation contre les investigations du juge Bitar mettant en cause des proches du parti chiite dans l'explosion d'août 2020 a dégénéré, faisant six morts. © afp.com/JOSEPH EID Des blessés sont évacués après des heurts mortels lors d'une manifestation à Beyrouth, au Liban, le 14 octobre 2021 Dans les rues qui jouxtent le palais de justice de Beyrouth, une marée de jeunes hommes s'avançant vers le point de ralliement vient interrompre le silence de mort. Les magasins ont baissé leurs rideaux de fer et l'armée s'est déployée dans toute la zone pour empêcher la circulation.

Les affrontements se sont déroulés près du Palais de justice, où se sont massés des partisans des deux mouvements pour exiger le remplacement du juge Tarek Bitar, chargé de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth en 2020.

Appels à la "désescalade"

À l'étranger, la France a appelé à "l'apaisement" et les États-Unis à la "désescalade", les deux pays insistant sur "l'indépendance de la justice". Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a appelé à "cesser les actes provocateurs" et plaidé pour une "enquête impartiale" sur l'explosion au port.

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Après plusieurs heures d'échanges de tirs nourris à l'arme légère et aux roquettes RPG qui ont terrorisé les habitants, le calme est revenu en fin d'après-midi dans le secteur de Tayouné, où l'armée s'est déployée.

Violences meurtrières à Beyrouth : "Le Liban pourrait être à l'aube d'une ère très sombre"

  Violences meurtrières à Beyrouth : Alors qu’au moins six personnes ont été abattues lors d’un rassemblement, jeudi, à Beyrouth, pour réclamer le dessaisissement du juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur l'explosion dans le port, le Hezbollah pointe du doigt la responsabilité des Forces libanaises. Cet épisode meurtrier ravive le spectre des violences communautaires qui avaient agité le Liban durant la guerre civile (1975-1990). Des tirs d'origine inconnue ont visé, jeudi 14 août, une manifestation organisée par le Hezbollah et le mouvement Amal contre le juge Tarek Bitar, chargé de l'enquête sur les explosions au port de Beyrouth.

Celle-ci a indiqué dans un communiqué laconique qu'un "échange de tirs a eu lieu dans le secteur de Tayouné au moment où les manifestants étaient en route pour protester devant le Palais de justice", tout proche. Le ministre de l'Intérieur, Bassam Mawlawi, a affirmé que des "francs-tireurs" avaient tiré sur les manifestants.

Rapidement après les premiers coups de feu, un grand nombre d'hommes armés, certains masqués et beaucoup portant des brassards d'Amal et du Hezbollah, ont accouru sur les lieux et ont commencé à tirer, selon des correspondants de l'AFP sur place. Mais les circonstances exactes de ces violences restent confuses dans la mesure où l'on ignore qui a tiré lors de la manifestation et sur qui ont tiré les combattants du Hezbollah et d'Amal.

Les deux mouvements chiites ont accusé la formation chrétienne des Forces libanaises d'avoir posté des snipers mais celle-ci a catégoriquement démenti.

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  Le Liban à cran au lendemain de violents affrontements Le Liban se prépare à inhumer vendredi les victimes des plus violents affrontements depuis des années dans le pays, dans une atmosphère tendue au lendemain de heurts qui ont secoué le centre de Beyrouth et ravivé le spectre de la guerre civile.Un nouveau bilan fait état de sept morts vendredi après le décès d'un des blessés, selon le ministère de la Santé.

Funérailles, deuil national

Terrifiés par les tirs, les habitants du quartier de Tayouné se sont terrés dans leurs appartements et d'autres ont été évacués des immeubles.

Sur les réseaux sociaux, des images ont montré des enfants d'une école se cachant sous leurs bureaux ou rassemblés par terre devant les salles de classe. Ces images, ainsi que celles des morts et des blessés, sans oublier les tireurs embusqués, sont venues rappeler les jours noirs de la guerre civile, qui avait éclaté en 1975 non loin de là.

Pour Mariam Daher, une mère de famille de 44 ans, l'idée d'un retour à la guerre civile est "terrifiante". "Je ne peux plus revivre cette expérience. Je veux partir et protéger mes enfants."

Bassam Mawlawi a fait état de six morts. Parmi eux, un homme tué d'une balle à la tête, un autre atteint à la poitrine et une femme de 24 ans touchée par une balle perdue chez elle, selon des sources médicales. Le mouvement Amal a affirmé que trois de ses partisans avaient péri "lors de la manifestation pacifique". Selon le ministère de la Santé, 32 personnes ont été blessées.

Liban. Le Hezbollah menace le parti chrétien et affirme disposer de 100 000 combattants

  Liban. Le Hezbollah menace le parti chrétien et affirme disposer de 100 000 combattants Quatre jours après l’issue tragique de la manifestation exigeant la destitution du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth en 2020, le chef du Hezbollah a accusé le parti chrétien de vouloir déclencher une guerre et a prévenu que plusieurs milliers d’hommes étaient prêts à intervenir. Le chef du Hezbollah pro iranien au Liban Hassan Nasrallah a affirmé lundi que son mouvement disposait de « 100 000 combattants armés et entraînés », prévenant le parti chrétien des Forces Libanaises (FL) de ne pas tenter de l’entraîner dans « une guerre civile ».

Les funérailles des six victimes doivent avoir lieu ce vendredi, décrété journée de deuil national.

Explosions à Beyrouth : le gouvernement paralysé par la campagne contre le juge Tarek Bitar

  Explosions à Beyrouth : le gouvernement paralysé par la campagne contre le juge Tarek Bitar En liant le sort du juge d’instruction libanais Tarak Bitar, qu’ils veulent voir dessaisi de l'enquête sur les explosions du port de Beyrouth, à celui du gouvernement du Premier ministre Najib Mikati, les ministres proches du tandem chiite composé du Hezbollah pro-iranien et du mouvement Amal, paralysent l’exécutif. Formé le 10 septembre après treize longs mois de vide politique et en plein naufrage économique du Liban, le gouvernement du Premier ministre Najib Mikati risque déjà l’implosion.

Dans un discours, le président Michel Aoun, un allié chrétien du Hezbollah, a jugé "inacceptable de revenir au langage des armes car nous avons tous convenu de tourner cette page sombre de notre histoire".

L'armée a annoncé avoir arrêté "neuf personnes des deux bords, dont un Syrien", assurant contrôler la situation.

"Tout son poids"

Ces violences surviennent dans un contexte politique extrêmement tendu : le Hezbollah, un poids lourd de la politique libanaise, et ses alliés exigent le départ du juge Bitar qui, malgré les fortes pressions, veut poursuivre plusieurs responsables dans le cadre de son enquête sur l'explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 (plus de 200 morts).

Mais les responsables politiques refusent d'être interrogés même si les autorités ont reconnu que les énormes quantités de nitrate d'ammonium qui ont explosé avaient été stockées au port pendant des années sans précaution.

La manifestation s'est produite après que la Cour de cassation a rejeté des plaintes de députés et ex-ministres à l'encontre de Tarek Bitar, lui permettant de reprendre ses investigations.

"Le fait que le Hezbollah descende dans la rue et jette tout son poids dans cette bataille pourrait mener à (...) la déstabilisation du pays tout entier", selon l'analyste Karim Bitar.

Ces violences viennent s'ajouter aux multiples graves crises politique, économique et sociale dans lesquelles est plongé le Liban, où la classe politique inchangée depuis des décennies est accusée de corruption, d'incompétence et d'inertie.

Avec AFP

Karim Émile Bitar : «La polarisation communautaire libanaise est très inquiétante et se renforce» .
ENTRETIEN - Après les affrontements de la semaine dernière, le directeur de l'Institut de sciences politiques à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth dénonce un climat «extrêmement malsain». Karim Émile BITAR. - Nous assistons à une sorte d'union sacrée de tous les partis politiques pour torpiller cette enquête et maintenir leur impunité. Il faut rappeler pour bien comprendre que tous sont habitués à cette impunité depuis la fin de la guerre civile libanaise. Il y a eu en effet une loi d'amnistie, votée à la sauvette, qui a permis aux chefs des milices d'être exonérés de leurs crimes et de troquer leurs treillis par des costumes-cravates pour s'intégrer au jeu politique.

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C'est intéressant!