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Monde Mort de Colin Powell. Ce jour de 2003 où il a menti à l’ONU et justifié la guerre en Irak

20:43  18 octobre  2021
20:43  18 octobre  2021 Source:   ouest-france.fr

Colin Powell, ancienne secrétaire d'État qui a examiné l'invasion irakienne, meurt de complications Covid à 84

 Colin Powell, ancienne secrétaire d'État qui a examiné l'invasion irakienne, meurt de complications Covid à 84 Colin Powell, ancien secrétaire d'État et président des chefs d'état-major, est mort de complications Covid à l'âge de 84 ans. "Laura et moi sommes profondément attristés par la mort de Colin Powell. Il était un excellent fonctionnaire, en commençant par son temps en tant que soldat au Vietnam", a déclaré l'ancien président George W. Bush. Powell a soutenu pour l'invasion américaine de l'Irak devant les Nations Unies, l'utilisation de renseignements qui s'étaient plus tardivement révélés.

Le secrétaire d’État américain Colin Powell, à l’ONU, brandit une fiole d’anthrax pour prouver la présence d’armes de destruction massive en Irak, le 5 février 2003. © TIMOTHY A. CLARY / AFP Le secrétaire d’État américain Colin Powell, à l’ONU, brandit une fiole d’anthrax pour prouver la présence d’armes de destruction massive en Irak, le 5 février 2003.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis lancent une croisade contre le terrorisme. En 2003, Colin Powell, secrétaire d’État américain, affirme alors à l’ONU que l’Irak détient des armes de destruction massive. S’appuyant sur de faux renseignements, il justifie le début d’une décennie de guerre. « Ouest-France » revient sur ces propos, après l’annonce du décès, ce lundi 18 octobre 2021, de l’ancien secrétaire d’État américain.

Colin Powell, premier secrétaire d'État noire, meurt de Covid-19 Complications

 Colin Powell, premier secrétaire d'État noire, meurt de Covid-19 Complications Washington - Colin Powell, le commandant militaire de la traction et la première secrétaire noire d'État, est décédé lundi des complications connexes de Covid-19. © Jim Watson, AFP via Getty Images L'ancien secrétaire d'État Colin Powell est décédé lundi des complications de Covid-19, a déclaré sa famille dans une déclaration postée sur Facebook. Powell, 84 ans, est né à New York et a rejoint l'armée après avoir obtenu son diplôme de l'Université de la ville de New York.

L’ex-secrétaire d’État américain Colin Powell est mort de complications liées au Covid-19, ce lundi 18 octobre, à l’âge de 84 ans. Chef de la diplomatie sous George W. Bush, il a milité pour l’intervention américaine en Irak en 2003. Retour sur un moment clé de sa carrière politique, un discours au Conseil de sécurité de l’ONU.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis se lancent dans une guerre contre le terrorisme. Ils envahissent d’abord l’Afghanistan en octobre 2001 mais suspectent l’Irak d’abriter des membres d’Al-Qaida. Pour justifier une guerre en Irak, Colin Powell monte à la tribune de l’ONU en 2003 et expose, pendant plus d’une heure, les menaces que représente le pays. Il parle d’armes de destruction massive et formule un mensonge qui changera le cours de l’histoire.

hommages des dirigeants gouvernementaux Versant la mort de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell

 hommages des dirigeants gouvernementaux Versant la mort de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell © Paul Morigi / Getty Images pour Capital Concerts Ancien secrétaire d'État Colin Powell. Paul Morigi / Getty Images pour Concerts Concerts L'ancien secrétaire d'État Colin Powell est décédé lundi des complications de Covid-19. Powell La mort a suscité des condoléances et du souvenir des dirigeants gouvernementaux et des politiciens. "Il était un tel favori des présidents qu'il a gagné la médaille présidentielle de la liberté - deux fois", a déclaré l'ancien président George W. Bush.

Des armes de destruction massive

Le 5 février 2003, alors que les États-Unis ont lancé leur intervention militaire en Irak, Colin Powell monte à la tribune de l’ONU pour défendre l’opération. Devant le Conseil de sécurité, il énumère une liste de menaces, dont la présence supposée d’armes de destruction massive et d’armes bactériologiques en Irak.

Le secrétaire d’État présente des photos satellites, évoque des prototypes de laboratoires mobiles spécialisés dans la recherche biologique, des bunkers, des usines d’armes chimiques. Il diffuse l’enregistrement d’une conversation entre des officiers irakiens qui parlent « d’agents neurotoxiques ».

En plein discours, Colin Powell brandit une fiole d’anthrax, une maladie infectieuse très grave, affirmant que l’Irak développe la substance comme arme de guerre.

Alors ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin s’adresse également à l’ONU pour s’opposer à une intervention armée en Irak.

Qu'est-ce que la surprise de Colin Powell approuvé de Barack Obama a révélé sa vision de l'avenir de l'Amérique

 Qu'est-ce que la surprise de Colin Powell approuvé de Barack Obama a révélé sa vision de l'avenir de l'Amérique © Getty Getty Images Le président américain Barack Obama (R) rencontre l'ancien secrétaire d'État général Colin Powell (L) dans le bureau ovale de la Maison Blanche Décembre 1, 2010 à Washington, DC. Selon une libération des médias de la Maison Blanche, Obama et Powell devaient discuter de divers problèmes, notamment l'éducation et la ratification du nouveau traité de départ.

Une guerre « préventive »

La « guerre préventive » américaine est lancée en mars 2003, sans approbation de l’ONU. L’armée irakienne est défaite et Saddam Hussein exécuté en 2006. On compte environ 100 000 morts côté irakien.

Pendant la guerre en Irak, l’ONU mène des investigations et ne trouve pas trace des armes de destruction massive dénoncées. Au contraire, les enquêtes sur place prouvent l’abandon du développement d’une arme nucléaire irakienne.

Intox à l’anthrax

Mais alors d’où vient l’argument d’une menace imminente brandi par les États-Unis ? Les informations de Colin Powell sont issues de renseignements de la CIA, rapportées par un informateur surnommé Curveball. Il s’agit d’un ingénieur chimiste irakien, qui révèle qu’il a tout inventé, pour précipiter l’intervention américaine et la chute d’Hussein.

« Chacune des déclarations que je fais aujourd’hui s’appuie sur des sources, des sources solides », avait pourtant affirmé Colin Powell. S’il a tant cru en la théorie de l’anthrax, c’est peut-être en raison des envois de lettres piégées au lendemain des attentats de 2001. Plusieurs médias et députés américains avaient reçu des missives contenant la maladie du charbon, faisant cinq morts.

Les nouvelles voitures les plus volées en Amérique

 Les nouvelles voitures les plus volées en Amérique C Olin Powell ont vécu une grande vie américano-américaine. © Brendan McDermid / Reuters ALORS-Secrétaire d'État Colin Powell parle au département d'État à Washington, DC, en 2003. Né à Harlem aux immigrants Jamaïcains, il est diplômé du City College, où il a participé à Rotc, puis a servi deux Visites au Vietnam, avant de monter l'échelle pour éventuellement occuper des positions supérieures au gouvernement des États-Unis.

« Le plus grand regret » de Bush

Le 1er décembre 2008, le président George Bush a reconnu l’erreur américaine dans un entretien sur la chaîne de télévision ABC News, « Le plus grand regret de toute cette présidence consistera dans la défaillance du renseignement en Irak », a-t-il concédé.

En 2013, dans un entretien à L’Obs , Colin Powell a aussi commenté les faits : « Depuis que j’ai découvert qu’un grand nombre d’informations que l’on m’avait fournies étaient inexactes, je ne cesse de me demander : qu’aurais-je dû faire pour éviter cela ? » Il s’est justifié : « Ce n’était pas un mensonge délibéré de ma part. Je croyais à ce que je disais. »

En 2015, le rapport des services américains de renseignement, utilisé par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, a été rendu public. Rien n’y indique que l’Irak possédait des armes de destruction massive.

Ce moment où Colin Powell sabota sa propre carrière .
Colin Powell, qui occupa le poste de plus grand diplomate des États-Unis, de plus haut général et qui fut le premier homme noir à l'avoir fait dans les deux cas, est mort ce lundi à 84 ans. Rarement, jamais peut-être, un homme d'État ou de guerre américain n'atteignit de telles cimes du pouvoir avant de déchoir, cassé par ses rivaux au sein même du gouvernement. À LIRE AUSSI Bush ne regrette pas les guerres en Irak et en Afghanistan La doctrine Powell Né à Harlem dans une famille jamaïcaine, exemple typique du gamin des classes laborieuses qui se fait tout seul, Powell s'engagea dans l'armée, se battit au Vietnam comme simple soldat, monta en grade et de

usr: 1
C'est intéressant!