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Monde Crise avec la Pologne : les Européens entre dialogue et fermeté

12:45  22 octobre  2021
12:45  22 octobre  2021 Source:   france24.com

Bras de fer avec l'Union européenne : comment analyser la stratégie polonaise?

  Bras de fer avec l'Union européenne : comment analyser la stratégie polonaise? L'Europe s'oriente-t-elle à court terme vers un Polexit? La question semble d'actualité : la sortie de la Pologne de l'UE est évoquée par de nombreux dirigeants et commentateurs politiques européens depuis que le Tribunal constitutionnel polonais a affirmé, le 7 octobre dernier, la primauté de la Constitution polonaise par rapport au droit de l'Union. Cet épisode est un nouvel avatar des transformations autoritaires qui se produisent en Pologne par "petites touches" et qui se sont traduites par plusieurs crises entre Varsovie et les autorités européennes.

La chancelière Angela Merkel en compagnie de Charles Michel, le président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, le 21 octobre 2021 à Bruxelles. © Johanna Geron, Reuters La chancelière Angela Merkel en compagnie de Charles Michel, le président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, le 21 octobre 2021 à Bruxelles.

Les dirigeants de l'Union européenne ont joué la montre, jeudi soir, en attendant de trouver une riposte appropriée contre la Pologne, accusée de mettre à mal la primauté du droit européen et de bafouer l'indépendance de la justice dans son pays.

Le gouvernement polonais va t-il enfin entendre raison ? Les dirigeants européens l'espèrent et ont préféré jouer la carte de l'apaisement, jeudi 21 octobre, avec la Pologne, en conflit avec Bruxelles sur l'indépendance de la justice et la primauté du droit européen, tout en se réservant la possibilité de sévir ultérieurement.

UE: face à la Pologne, la Commission européenne examine ses options de rétorsion

  UE: face à la Pologne, la Commission européenne examine ses options de rétorsion Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki devant les eurodéputés ce matin, campe sur ses positions. Il s’est livré à un plaidoyer sur la souveraineté des Etats face à Bruxelles et dénonce un chantage de la part de l’Union européenne qui a suspendu le versement de plusieurs milliards d’euros de fonds suite à une décision controversée de la Cour constitutionnelle polonaise. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen qui a fait le déplacement pour l’occasion, a promis de sévir contre la Pologne… avec notre envoyée spéciale à Strasbourg, Carlotta MorteoPlusieurs options sont sur la table, a déclaré la présidente de la Commission.

La crise de l'énergie, qui menace de faire dérailler la reprise économique, avait auparavant fait l'objet d'intenses débats entre les Vingt-Sept réunis en sommet, après que Prague et Budapest ont mis en cause le marché du carbone européen, principal outil climatique de l'UE.

Dans le bras de fer avec Varsovie, les chefs d'État et de gouvernement ont réaffirmé "leur conviction que l'État de droit et l'indépendance judiciaire sont absolument fondamentaux", mais ont temporisé sur les ripostes étudiées par Bruxelles, a indiqué une source européenne.

Face au risque de « Polexit », passe d’armes entre le gouvernement polonais et Ursula von der Leyen

  Face au risque de « Polexit », passe d’armes entre le gouvernement polonais et Ursula von der Leyen Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a dénoncé mardi 19 octobre 2021 à Strasbourg un « chantage » de l’UE envers son pays sur la primauté du droit européen, alors que le plan de relance de Varsovie est gelé par Bruxelles. Mateusz Morawiecki, le Premier ministre de la Pologne, s’est adressé dans la matinée de ce mardi 19 octobre 2021 au Parlement européen. Il a tenu à s’y expliquer dans un contexte de crainte d’un « Polexit » après la récente contestation par le Tribunal constitutionnel polonais de la primauté du droit européen.

Gardienne des traités, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait promis mardi au Parlement européen de sévir contre la Pologne : elle a reçu le soutien des États pour agir, mais sans précipitation pour donner sa chance au dialogue et "continuer de chercher des solutions", a indiqué une source européenne.

Pologne : Le Premier ministre dénonce un « chantage » de l’Union européenne, Paris défend le projet européen

  Pologne : Le Premier ministre dénonce un « chantage » de l’Union européenne, Paris défend le projet européen S’il confirme que la Pologne a vocation à rester dans l’Union européenne, Mateusz Morawiecki n’entend pas céder sur sa réforme judiciaire malgré les possibles sanctions © RONALD WITTEK / POOL / AFP Mateusz Morawiecki est venu défendre au Parlement européen l'idée de la primauté du droit national. DIVORCE - S’il confirme que la Pologne a vocation à rester dans l’Union européenne, Mateusz Morawiecki n’entend pas céder sur sa réforme judiciaire La tension ne retombe pas entre la Pologne et l' Union européenne.

L'UE pourrait déclencher une nouvelle procédure d'infraction pouvant conduire à la saisine de la justice européenne. Elle dispose également d'un nouveau mécanisme qui permet de suspendre les versements de fonds européens aux pays où sont constatées des violations de l'État de droit affectant le budget communautaire.

Plusieurs capitales jugent par ailleurs inconcevable l'approbation du plan de relance polonais de 36 milliards d'euros, actuellement bloqué par la Commission qui réclame des garanties sur l'indépendance judiciaire.

Varsovie soutenu par Budapest

Varsovie est en conflit avec Bruxelles depuis plusieurs années à propos des réformes judiciaires engagées par le parti conservateur nationaliste au pouvoir (PiS), accusées de saper l'indépendance des juges.

Les tensions se sont accrues depuis une décision, le 7 octobre, du Tribunal constitutionnel polonais, qui a décrété certains articles des traités européens incompatibles avec la Constitution nationale. Une décision dénoncée par Bruxelles comme une attaque sans précédent contre la primauté du droit européen et la compétence de la Cour de justice de l'UE.

Sommet de l'UE: face à la Pologne, les Européens entre dialogue et fermeté

  Sommet de l'UE: face à la Pologne, les Européens entre dialogue et fermeté Le bras de fer entre la Pologne et l'Union européenne s'est invité au menu des discussions ce jeudi à Bruxelles, à l'occasion du sommet des dirigeants de l'UE. L'enjeu, c'est la primauté de droit européen sur le droit national, contestée par la Pologne, ce qui met en cause les fondements mêmes de l'UE aux yeux de nombreux dirigeants européens. Des dirigeants divisés sur la stratégie à adopter face à Varsovie, entre fermeté et volonté de dialogue. Les déclarations les plus fermes à l'encontre de Varsovie, au début de ce sommet européen, sont venues sans surprise du Premier ministre néerlandais.

>> À lire : Entre la Pologne et l'Union européenne, une escalade des tensions "très prévisible"

Varsovie peut compter sur le soutien de Budapest : "Il y a une chasse aux sorcières en Europe contre la Pologne, les Polonais ont raison", a déclaré le souverainiste Viktor Orban, lui aussi régulièrement épinglé par Bruxelles sur les questions d'État de droit.

Le dirigeant néerlandais, Mark Rutte, avait prôné la fermeté à son arrivée à Bruxelles, jugeant "non négociable" l'indépendance du système judiciaire. "La Pologne doit prendre très au sérieux les menaces de sanctions financières", avait renchéri son homologue autrichien, Alexander Schallenberg.

"Nous n'agirons pas sous la pression du chantage (mais) nous sommes prêts au dialogue", avait rétorqué le chef du gouvernement polonais, Mateusz Morawiecki, dans l'après-midi à l'issue d'un entretien avec le président français Emmanuel Macron.

L'Allemagne s'est montrée soucieuse d'éviter une "confrontation" avec Varsovie. "Des litiges en cascade devant la Cour de justice de l'UE ne sont pas une solution en matière d'État de droit", a averti la chancelière Angela Merkel.

Migrants du Bélarus : Berlin renforce ses contrôles frontaliers

  Migrants du Bélarus : Berlin renforce ses contrôles frontaliers Cette annonce est survenue alors que la police allemande est intervenue dans la matinée à la frontière avec la Pologne pour disperser une milice néo-nazie qui entendait patrouiller elle-même afin de refouler les étrangers cherchant à entrer sur le territoire national. View on euronews © Patrick Pleul/(c) dpa-Zentralbild via AP Des migrants au centre d'accueil initial pour demandeurs d'asile, ZABH, dans le Land de Brandebourg en Allemagne, mercredi 6 octobre 2021.

Conflit sur le marché carbone

Sur l'énergie, les Vingt-Sept ont salué les outils "utiles" proposés par la Commission pour amortir l'envolée des prix (rabais fiscaux, aides aux ménages...). À la demande notamment du Premier ministre tchèque sortant, Andrej Babis, ils ont également demandé à Bruxelles "d'étudier" les marchés énergétiques pour déterminer si "certains comportements" méritent des sanctions.

Andrej Babis avait bloqué momentanément l'adoption des conclusions sur le sujet, en dénonçant la "spéculation" sur le marché du carbone européen, de concert avec son homologue polonais. Sur ce marché, où les entreprises s'échangent des "droits à polluer", le prix du CO2 a plus que doublé en un an pour dépasser le niveau record de 60 euros la tonne. Commission et experts estiment pourtant que seul 1/5e de la hausse des prix de l'électricité est attribuable au marché du carbone.

>> À lire : La crise énergétique, "symptôme d'une transition écologique mal préparée”

Le plan climatique de l'UE, dont le marché carbone est un instrument-clé, "augmente les prix de l'énergie (...) et va tuer la classe moyenne européenne", avait pour sa part accusé Viktor Orban.

Le sommet se poursuit vendredi avec au menu des discussions la question des migrations, en particulier avec la Biélorussie, accusée d'organiser un afflux de migrants aux frontières de l'UE, en représailles aux sanctions adoptées par les Vingt-Sept.

Avec AFP

Les meilleurs tribunaux de l'UE Pologne 1 million d'euros par jour sur la judiciaire SPAT .
L'Union européenne a ordonné à Pologne de payer une amende quotidienne de 1 million d'euros (1,2 million de dollars) pour ne pas suspendre une chambre disciplinaire pour les juges que le Le Bloc indique une violation de la loi de l'UE, une autre escalade du conflit entre Varsovie et Bruxelles . © Omar Marques / SOPA Images / Lighttruct via Getty Images Varsovie, Pologne - 2019/06/28: Vue de la Cour suprême de la Pologne.

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C'est intéressant!